Qui sont les anges ?

Loin d’être des figures imaginaires et symboliques, les anges sont des créatures bien réelles, créées par Dieu avant les humains, immortelles et libres.

Présentation générale

Lectures sur les anges

Révélation privée :

Jésus : “les anges sont de purs esprits créés par Dieu à sa ressemblance spirituelle, servant de lien entre l’homme – la perfection de la création visible et matérielle – et Dieu – la perfection du Ciel et de la terre, le Créateur du Royaume spirituel et du règne animal. En l’homme, même le plus saint, il y a toujours la chair et le sang pour mettre un abîme entre Dieu et lui. Et cet abîme s’approfondit par suite du péché qui alourdit même la partie spirituelle de l’homme. Alors Dieu crée les anges, ces créatures qui atteignent le sommet de l’échelle de la création comme les minéraux en marquent la base : les minéraux, la poussière qui forme la terre, les matières non organiques en général. Ils sont de purs miroirs de la Pensée de Dieu, des flammes qui s’appliquent à agir par amour ; ils sont toujours prêts à comprendre, empressés d’agir ; leur volonté est libre comme la nôtre, mais cette volonté toute sainte ignore les révoltes et l’attrait du péché. Voilà ce que sont les anges adorateurs de Dieu, ses messagers auprès des hommes, nos protecteurs, qui nous donnent la Lumière qui les enveloppe et le Feu qu’ils recueillent en adorant.” (Valtorta, 266.11)

Les anges dans la Bible

Les anges sont mentionnés plus de 200 fois tout au long de la Bible. Voici quelques passages bibliques parlant des anges :

Dans l’Ancien Testament :

Nouveau Testament :

La hiérarchie angélique des saint anges

Les neufs chœurs des anges

Pour la première fois, Saint Ambroise (IVème siècle) parle des “neufs chœurs des anges” ou “neufs chœurs angéliques” :

  1. Séraphins
  2. Chérubins
  3. Trônes
  4. Dominations
  5. Vertus
  6. Puissances (ils agissent particulièrement contre les mauvais esprits)
  7. Principautés
  8. Archanges (il y aurait sept archanges ; seuls les noms des trois premiers nous sont connus de manière certaine : Michel, Gabriel, Raphaël ; ils sont fêtés le 29 septembre)
  9. Anges (d’où viennent les anges gardiens)

Leur ordre peut varier selon les traditions.

Les archanges

En raison de cette phrase de l’archange Saint Raphaël dans le Livre de Tobie, nous croyons que les saints archanges sont au nombre de sept :

Saint Raphaël archange : “Moi, je suis Raphaël, l’un des sept anges qui se tiennent ou se présentent devant la gloire du Seigneur.” (Tb 12, 15)

Le vingtième chapitre du Livre d’Hénoch (éthiopien) donne les noms et les rôles des sept saints archanges :

“Voici les noms, des saints anges qui veillent :
Uriel, l’un des saints anges, celui du monde et du tartare ;
Raphaël, l’un des saints anges, celui des âmes des hommes ;
Raguel, l’un des saints anges, qui tire vengeance du monde des luminaires ;
Michaël, l’un des saints anges, préposé aux meilleurs des hommes, (à la garde) du peuple ;
Saraqiel, l’un des saints anges, préposé aux esprits des enfants des hommes qui pèchent contre les esprits ;
Gabriel, l’un des saints anges, préposé au paradis, aux dragons et aux chérubins ;
Remeiel, l’un des saints anges, que Dieu a préposé sur les ressuscités.
Des archanges (ce sont les) sept noms.” (Hénoch 20, 1-8)

Saint Michel archange

Signification de son nom en hébreu :

“Qui est comme Dieu ?” (Quis ut Deus ? en latin).

Rôles principaux :

Chef de la milice céleste des saints anges. Guerrier sauroctone terrassant le diable dans l’Apocalypse. Porteur de la balance pesant les âmes lors du jugement dernier, et psychopompe introduisant les élus au Paradis. “Protecteur attitré du peuple hébreu” (Dn 10, 21 ; Dn 12, 1). Il est le saint patron de la France, de la Normandie, de l’Allemagne, de la Belgique, de Bruxelles et de la Cité du Vatican (depuis avril 2017). Il protège et chasse les démons (cf. la prière à Saint Michel composée par le pape Léon XIII).

Textes :

  • Dans l’Ancien Testament, il apparaît comme un guerrier dans le Livre de Daniel (Dn 10, 21 ; Dn 12, 1)
  • Dans le Nouveau Testament, il apparaît dans la Première épître de Saint Paul apôtre aux Thessaloniciens (1 Th 4, 16), dans la lettre de Saint Jude (Jude 12), et dans le livre de l’Apocalypse selon Saint Jean (Ap 12, 7-9) où il terrasse satan et l’expulse du Paradis.

Fêtes :

  • 29 septembre (fête des saints archanges) ;
  • 16 octobre (dédicace de la basilique du Mont-Saint-Michel).

Prière d’exorcisme du pape Léon XIII liée à Saint Michel Archange :

Saint Michel Archange, défendez-nous dans le combat, soyez notre secours contre la malice et les embûches du démon.
Que Dieu exerce sur lui son empire, nous le demandons en suppliant.
Et vous, prince de la milice céleste, repoussez en enfer, par la force divine, satan et les autres esprits mauvais qui rôdent dans le monde en vue de perdre les âmes.
Amen.

Chapelet de Saint Michel Archange :

Il existe aussi un chapelet de Saint Michel Archange, aussi appelé “prière de la couronne angélique”.

→ Cliquez-ici pour le découvrir.

Quelques éléments au sujet de l’origine de ce chapelet :

Un feuillet pour les missions populaires répandu par les deux dominicains napolitains, Hyacinthe Serrao et Vincenzo Cestari, et imprimé à Trani par Lorenzo Valerii en 1655 avec la permission des Supérieurs (puis réimprimé à Trani en 1664) semble constituer la première mention connue d’un chapelet donné par l’Archange à une sœur nommée Antonia Astonac.

En 1671, sœur Maria Felice Spinelli – fondatrice des Sœurs capucines de Sainte Marie des Anges, à Venise – perpétue cette dévotion.

Mais, le 24 octobre 1755, le cardinal Caracciolo, archevêque de Naples, tombe sur un texte détaillant la dévotion et les grâces qu’elle promettait. Le cardinal questionne le Saint-Office à ce sujet, qui la conteste le 7 décembre 1675. Mgr Caracciolo publie alors un texte dans lequel “condamne par les peines de l’Inquisition tous ceux qui récitent en privé ou en public une telle dévotion, à celui qui publie ledit document ou promeut la dévotion inventée”.

Malgré ce coup d’arrêt, le texte est de nouveau publié en 1688 dans le Directoire et manuel très utile pour l’exercice de la sainte mission d’Hyacinthe Serrao (p170).

Le nom d’Antonia Astonac semble absent des archives de la Congrégation des Rites et du Dicastère pour les Causes des Saints, et son procès en béatification n’a jamais été introduit bien qu’elle soit présentée comme bienheureuse.

En revanche, il semblerait que sœur Marie Colombe (née Marie Marguerite Leonardi en 1685 à Lucques et décédée le 15 juin 1751), ait introduit la dévotion du chapelet de Saint Michel (auquel est fut vraisemblablement initiée dans sa jeunesse) dans son Carmel de Vetralla (diocèse de Viterbe, près de Rome). Sœur Marie Colombe, âme victime, resta alitée les 34 dernières années de sa vie, suite à “une paralysie générale des nerfs, qui la laissa raide comme le bois, incapable de se courber, n’ayant que les mains libres […] dans cet état, elle se perfectionna et reçut de grands dons de Dieu” tels que des bilocations et des “empreintes de la Passion”. Elle fut très proche du père Saint Paul de la Croix (1694-1775), fondateur de la Congrégation des “Passionistes” et lui aussi grand dévot de Saint Michel, qui la tenait en très haute estime. Avant de mourir, sœur Marie Colombe demanda instamment que cent ans après sa mort, on demande au Souverain Pontife de publier dans l’Église la prière du Chapelet des Anges, car prié de la sorte, le Saint Archange aurait défendu l’Église dans ses besoins.

Et, effectivement, en 1851, la servante de Dieu sœur Maria Felice Spinelli (fondatrice et abbesse du Monastère des Mères Capucines de Sainte Marie des Anges sur l’île de Grazie, à Venise) chargea son frère qui travaillait au Gouvernement Supérieur des États pontificaux de porter la requête au Bienheureux Pape Pie IX, donnant lieu au décret suivant :

“C’est une pieuse tradition des temps passés que l’Archange Saint Michel, prince de la milice céleste, déclara à une pieuse femme qui avait l’habitude de l’honorer chaque jour par des actes particuliers de dévotion, qu’il lui serait agréable de voir introduire l’usage d’une certaine formule de prières en son honneur et en l’honneur de tous les saints Anges du Ciel ; qu’il récompenserait pour cela ses dévots serviteurs en venant à leur secours par les plus abondantes faveurs dans les besoins publics, surtout dans ceux de l’Église catholique dont il est le protecteur perpétuel, de même qu’il le fut autrefois de la Synagogue d’Israël. De là vient que cette formule de prières en l’honneur du saint Archange faisait les délices d’une carmélite du monastère de Vetralla, au diocèse de Viterbe, décédée en odeur de sainteté en 1751, après beaucoup de maladies très pénibles endurées par elle pendant de très longues années, avec une héroïque patience ; de sorte que cette pratique s’y étant maintenue sans interruption jusqu’à présent, y persévère avantageusement encore aujourd’hui.
C’est pourquoi certaines de ces moniales eurent le désir de partager à tous les fidèles ces biens spirituels qu’elles possédaient déjà, et supplièrent humblement sa Sainteté le Pape Pie IX, pour obtenir que quiconque pratiquerait dévotement la formule de prière ci-dessus, appelée de son nom propre “Chapelet de Saint Michel”, puisse obtenir les indulgences suivantes :

  • De 7 ans et 7 quarantaines chaque fois qu’on récite ce chapelet ;
  • De 100 jours, chaque jour qu’on porte sur soi ce chapelet, ou simplement que l’on en baise la médaille à l’effigie de Saint Michel ;
  • L’indulgence plénière une fois par mois si l’on récite tous les jours ce chapelet, et qu’en s’étant confessé et communié on prie spécialement pour l’exaltation de la Sainte Mère Église et la protection du Souverain Pontife ;
  • L’indulgence plénière, en y rajoutant les mêmes œuvres, lors des festivités :
    1. de l’Apparition de Saint Michel le 8 mai,
    2. de la dédicace de ce Saint Archange le 29 septembre,
    3. de Saint Gabriel Archange le 24 mars,
    4. de Saint Raphaël Archange le 24 octobre,
    5. des saints Anges gardiens le 2 octobre.”

(Décret de la Sacrée Congrégation des Rites, 8 août 1851)

Saint Gabriel archange

  • Signification de son nom en hébreu : “la force de Dieu”, “Dieu est ma force”, “le héros de Dieu”.
  • Rôle principal : messager de Dieu.
  • Textes :
    • Dans l’Ancien Testament, il apparaît au prophète Daniel pour lui expliquer une vision de la fin des temps que Dieu lui a transmise (Dn 8, 15-17 ; Dn 9, 20-22) et lui transmettre la prophétie des 70 semaines.
    • Dans le Nouveau Testament, il apparaît à Zacharie pour lui annoncer la naissance de Jean (Lc 1, 11-20), à la Vierge Marie pour lui annoncer la naissance de Jésus (Lc 1, 26-38).
    • Gabriel est également mentionné dans la littérature juive de l’Antiquité : Livre d’Hénoch, Apocalypse de Moïse, Règle de la Guerre, Nombres Rabba.
  • Fête : 29 septembre (fête des saints archanges).

Saint Raphaël archange

  • Signification de son nom en hébreu : “Dieu guérit”.
  • Textes :
    • Dans l’Ancien Testament, Raphaël reçoit la mission de guider Tobie lors de son voyage dans la région de Médie (nord-ouest de l’Iran), de libérer la jeune Sarah des malédictions du démon Asmodée, et de rendre la vue à Tobit, le père de Tobie (Tb 12).
    • Dans le Nouveau Testament, il serait, selon beaucoup de Pères de l’Église, l’ange guérissant miraculeusement les malades à la piscine de Bethesda (Jn 5, 4).
    • Raphaël est également mentionné dans la littérature juive de l’Antiquité, dans le Livre d’Hénoch (Hénoch 10-6).
  • Fête : 29 septembre (fête des saints archanges).

Les anges gardiens

Dieu confie chaque personne, chaque famille, chaque diocèse, chaque territoire et chaque nation a un ange gardien.

Chaque être humain est accompagné d’un ange gardien, veillant sur lui tout au long de son pèlerinage terrestre. Notre ange gardien a un rôle de protecteur, de messager, d’aide et de conseil dans les relations et le discernement, de correcteur. À l’heure de notre jugement, notre ange gardien se tiendra à nos côtés, comme un défenseur.

Selon Saint Anselme de Cantorbéry, les humains reçoivent un ange gardien dès leur conception. Saint Thomas d’Aquin pense, lui, qu’ils le reçoivent à leur naissance (avant, l’embryon serait sous la protection de l’ange gardien de sa mère).

La Bible donne deux exemples en parlant de nations confiées à un ange gardien :

  • “L’ange du royaume des Perses” (Dn 10, 13)
  • “L’ange de la Grèce” (Dn 10, 20)

Il est bon de prier et de remercier notre ange gardien en toute circonstance.

Saint François de Sales : “Cherchez à vous familiariser avec les anges : regardez-les comme réellement présents, bien qu’invisibles. Aimez surtout et respectez l’ange du diocèse dans lequel vous vivez, les anges des personnes avec lesquelles vous vivez, et spécialement le vôtre. Priez-les souvent, offrez-leur de fréquentes louanges, et recherchez leur aide dans toutes vos affaires, qu’elles soient spirituelles ou temporelles, afin qu’ils coopèrent à vos intentions.” (Introduction à la vie dévote)

Révélation privée :

Azarias (l’ange gardien de Maria valtorta) : “Les gens s’imaginent que la mission de l’ange gardien cesse à la mort de son protégé. Or il n’en va pas toujours ainsi. Elle s’arrête, et c’est logique, à la mort du pécheur impénitent, à l’immense douleur de l’ange gardien de la personne qui ne se repent pas [et part seule vers l’enfer]. Mais elle se transfigure en gloire joyeuse et éternelle à la mort d’un saint qui passe de la Terre au Paradis sans halte au purgatoire. Et elle continue telle quelle, sous la forme d’une protection qui intercède et aime celui qui lui est confié, pour ceux qui passent de la Terre au Purgatoire pour y expier et se purifier. Nous, les anges gardiens, prions alors pour vous avec amour devant le trône de Dieu et, en union à ces prières d’amour, nous lui présentons les intercessions de vos parents et amis sur Terre. Ah, je ne puis dire à quel point le lien qui nous unit encore à vous, qui vous purifiez, est vif, actif et doux. Nous ressemblons à ces mères qui guettent le retour à la bonne santé d’un enfant convalescent, ou à ces épouses qui comptent les jours qui les séparent de leur réunion à leur époux prisonnier. Pas un instant nous ne cessons d’observer la justice divine, aimante, et vos âmes qui s’épurent au milieu des feux de l’amour [du Purgatoire]. Et nous jubilons lorsque nous voyons l’Amour s’apaiser à votre égard, et que vous devenez de plus en plus dignes de son Royaume. Et quand la Lumière nous ordonne : ’Va l’en sortir pour l’amener ici’, nous nous précipitons à la vitesse de l’éclair pour apporter au purgatoire un instant de paradis, qui est foi, espérance, réconfort, à ceux qui y restent pour expier. Nous serrons contre nous l’âme aimée pour laquelle nous avons agi et souffert, et nous remontons en sa compagnie en lui enseignant l’hosanna paradisiaque.
Les deux moments les plus doux de la mission des anges gardiens sont, d’une part, celui où [Dieu qui est] Amour nous dit : “Descends, car un nouvel homme est engendré et il te faut le garder comme un joyau qui m’appartient”, et d’autre part quand nous pouvons monter avec vous au ciel. Mais le second est supérieur au premier. Les autres moments de joie tiennent à vos victoires sur le monde, la chair et le démon. Mais de même que nous tremblons devant votre fragilité dès que nous vous prenons sous notre protection, nous vibrons de joie à chacune de vos victoires, car l’Ennemi du Bien veille à tenter d’abattre ce que l’esprit construit. C’est pourquoi l’instant où nous entrons avec vous au ciel est joyeux, d’une joie parfaite, car plus rien ne saurait détruire ce qui est désormais achevé.” (Message du 16 juillet 1946)

En 364, le Concile de Laodicée a précisé qu’il n’était pas souhaitable de chercher à connaître le nom de son ange gardien (pour éviter de se tromper et d’invoquer un démon). Cette prudence fut réitérée en 2011 par la Congrégation romaine.

Les anges gardiens adorent Dieu qui habite l’être humain qui est en état de grâce :

Révélation privée :

Maria Valtorta : “Pendant que j’étais abandonnée sans avoir la force de bouger et que je priais les yeux tournés vers mon ange gardien agenouillé au pied du lit, à droite — il paraît prier avec moi et je me demandais pourquoi il se tenait ainsi et était vêtu de cette façon —, j’entendis mon Maître invisible me dire :
« L’ange gardien de chaque créature adore en elle le Dieu qui l’habite, si elle est dans la grâce du Seigneur.
Vous êtes des temples vivants dans lesquels Dieu habite. La faute chasse l’Hôte divin, mais sinon toute âme humaine est le tabernacle — contenu dans ce temple qu’est votre corps consacré par les sacrements — dans lequel se trouvent le Père, le Fils et l’Esprit Saint, de par l’union indissoluble des trois Personnes.
Quand la créature n’est plus en état de grâce, son ange gardien, en pleurs, vénère l’œuvre de son Créateur. Il ne peut plus rien vénérer d’autre. Mais puisque c’est une œuvre de son Dieu, il la vénère tout comme vous vénérez un lieu autrefois habité par moi puis profané par mes ennemis, mais toujours digne de vénération, non parce qu’il me contient, mais parce qu’il m’a contenu. Pour bien comprendre cela, rappelle‑toi le saint Cénacle.
Voici donc pourquoi chaque ange gardien se tient avec le plus grand respect auprès de la personne dont il a la garde. Heureux l’ange qui peut dire, auprès d’une créature : “Je t’adore, mon Seigneur, enfermé dans cette créature” et n’a pas besoin de voler au ciel pour rencontrer le regard de Dieu.
Que le vêtement du tien te renseigne sur le caractère de sa mission auprès de toi : te donner de l’espérance. Des trois vertus théologales, c’est celle qui doit t’être le plus donnée, car ta croix te la met en pièces et la détruit à toute heure. Il faut donc qu’il descende du ciel à toute heure pour t’en nourrir. La foi est sûre, forte comme l’aile de ton ange gardien. L’amour est vif comme le manteau qui en orne les épaules. Mais son vêtement est ample et resplendissant, et il te dit : “Espère !”
Tu vois que tu n’es jamais seule ? Tu le voyais aux heures de grande assurance en ta condition spirituelle et de grande joie. Tu le vois maintenant que les événements te portent à douter totalement de ta mission et alors que la tristesse de la solitude spirituelle te ronge.
Tu le vois parce qu’il t’est présent, toujours. C’est l’ange de ton Gethsémani. Aime‑le comme un frère glorieux qui t’aime. »

Note personnelle.
L’ange est à genoux du côté droit de mon lit, au fond. Il se tient la tête inclinée en témoignant du plus grand respect, les bras croisés sur sa poitrine. Il a la même attitude que celle qu’il avait début janvier [le 10 janvier], je crois, lorsque j’ai vu le paradis et le Père, le Fils et l’Esprit Saint, tandis que Marie et Jean se trouvaient auprès de moi.
L’ange est le même. C’est le mien ! Qu’il est beau ! Son visage de lumière condensée, aux lignes parfaites bien qu’il soit incliné ainsi, me sourit. Son vêtement incorporel semble une claire émeraude devenue habit de lumière. Il porte sur les épaules un court manteau d’un rouge clair très vif, comme un rubis traversé par un rayon de soleil. Ses ailes sont deux lumières éclatantes blanches repliées le long des côtés. Et dans quelle attitude d’adoration il est !
Je ne fais que lui réciter des  Anges de Dieu !” pour le saluer ainsi que des “Je vous salue, Marie”, car je me souviens que, en janvier, il m’apprenait à saluer Marie, présente, par cette prière dans cette attitude convenable de vénération. Peut‑être devrais‑je dire des “Gloire à Dieu”. Mais je crois qu’il me le ferait comprendre. Marie est sa Reine et, en louant Marie, on adore aussi Dieu dont elle est la Fille, la Mère et l’Épouse. Je pense donc faire ce qui est agréable à Dieu et à mon ange gardien en priant de cette façon.
Soyez‑moi toujours présent, car je suis vraiment dans cette “tristesse à en mourir” avec laquelle Jésus pleurait à Gethsémani… (Mt 26,38 ; Mc 14,33‑34)” (Valtorta, Les Cahiers, 26 juin 1944)

Les anges déchus

L’orgueil est le seul péché que peuvent avoir les anges

Comme nous, les anges possèdent une âme immortelle, mais pas de corps physique. Comme nous, ils possèdent une personnalité et un libre arbitre. Ainsi, certains d’entre eux ont librement choisi de se séparer de Dieu, devenant alors et pour toujours des démons.

Révélation privée :

Jésus : “[Les anges] voient Dieu. Ils vivent dans son Paradis. Ils n’ignorent pas les passions des hommes, car l’Intelligence, qui est leur vie, les met au courant de tout, même ceux qui ne sont pas gardiens d’un homme. Mais, spirituels comme ils le sont, ils ne peuvent avoir qu’un péché, comme l’eut l’un d’eux qui entraîna les moins solides en charité : l’orgueil […] après la chute de Lucifer, [les anges] sont saisis d’horreur à la moindre trace d’une pensée d’orgueil.” (Valtorta, 69.4)

La mystique catholique et visionnaire de La Salette, Mélanie Calvat, note dans son autobiographie : “Je compris et je vis dans cette lumière sans fin la création des anges innombrables, leur épreuve, la rébellion d’un grand nombre dans les neufs chœurs, la création d’Adam et d’Ève et leur chute.”

Elle décrit la chute des anges en plusieurs temps :

  1. Anges tous remplis de science infuse, aiment Dieu, connaissent le bonheur sans avoir encore contemplé l’essence de Dieu (ce qui les rendrait impeccables).
  2. Connaissance claire communiquée aux anges de la future union hypostatique du Verbe de Dieu avec la nature humaine (non déchue)
  3. Dieu laisse les anges quelques instants avec leur libre arbitre dans l’obscurité de la foi (foi sur l’union hypostatique) et commandement d’adorer le Verbe sous cette nature humaine.
  4. Obéissance des anges fidèles, révolte d’un grand nombre qui suivent Lucifer. Combat des anges, Michel et Lucifer. Condamnation des anges déchus. Les anges fidèles sont confirmés et deviennent impeccables.

(Cf. Vie de Mélanie Calvat, bergère de La Salette, écrite par elle-même en 1900.)

Les anges ayant chuté proviennent de tous les chœurs angéliques.

Exemples :

Lucifer/satan

Lucifer était “le plus beau des archanges” (Valtorta, 69.4). Il utilisa son libre arbitre pour laisser croître l’orgueil en lui au point de refuser servir le projet de Dieu et de se séparer de Lui, provoquant ainsi sa chute (Is 14, 11-21 ; Lc 10, 18). Son refus s’exprime par ces mots : “Je ne servirai pas !” (Non serviam en latin) que l’on trouve dans le deuxième chapitre du Livre du prophète Jérémie (Jr 2, 20). Sa chute fit de lui ” le monstre horrible de l’Abîme” (Valtorta, 69.4). Depuis, il est “meurtrier[, …] menteur et père du mensonge” (Jn 8, 44), voulant blesser Dieu indirectement en s’attaquant aux humains, en séduisant les âmes pour les damner avec lui et les voler à leur Créateur.

Révélation privée :

Jésus : “Lucifer était un ange, le plus beau des anges, un esprit parfait qui n’était inférieur qu’à Dieu. Dans son être de lumière, naquit pourtant une bouffée d’orgueil. Au lieu de la dissiper, il la condensa en la couvant. Le mal est né de cette incubation. Il existait avant l’apparition de l’homme. Dieu avait précipité hors du paradis cet Incubateur du mal qui l’avait souillé. Mais il est resté l’éternel Incubateur du mal et, comme il ne pouvait plus souiller le paradis, il s’en est pris à la terre.” (Valtorta, 17.3)

Il tenta, en vain, Jésus au désert (Mt 4, 1-11 ; Mc 1, 12-13 ; Lc 4, 1-13).

Les démons

Le démon Asmodée

Dans l’Ancien Testament, le livre de Tobie raconte que la jeune Sarra, la fille de Ragouël, vivant à Ecbatane en Médie, fut mariée sept fois et que, systématiquement “Asmodée, le pire des démons” tua ses sept maris le jour de leurs noces (Tb 3, 8).

Selon Saint Françoise Romaine, Asmodée aurait été un chérubin avant de se rebeller contre Dieu et de devenir le démon de la luxure (cf. Saint Françoise Romaine, Traité de l’enfer, chapitre VI, 1414).

En septembre 1848, la Vierge Marie dit aux voyants de La Salette : “Tremblez, terre, et vous qui faites profession de servir Jésus-Christ, et qui, au dedans, vous adorez vous-mêmes, tremblez, car Dieu va vous livrer à son ennemi, parce que les lieux saints sont dans la corruption. Beaucoup de couvents ne sont plus les maisons de Dieu, mais les pâturages d’Asmodée et des siens.”

Le démon Mammon

Selon Saint Françoise Romaine, Mammon aurait été un trône avant de se rebeller contre Dieu et de devenir le démon présidant “aux divers péchés que fait commettre l’amour de l’argent” (cf. Saint Françoise Romaine, Traité de l’enfer, chapitre VI, 1414).

Le démon Béelzéboul

Selon Saint Françoise Romaine, Béelzéboul aurait été un ange appartenant au chœur des dominations avant de se rebeller contre Dieu et de devenir le démon établi “sur tous les crimes qu’enfante l’idolâtrie” et présidant “aux ténèbres infernales” (cf. Saint Françoise Romaine, Traité de l’enfer, chapitre VI, 1414).

Le démon Abaddôn/Apollyôn

Ange déchu mentionné dans Apocalypse, il dirige une armée démoniaque à la fin des temps. Il est “l’ange de l’abîme” et son nom, Abaddôn en hébreu et Apollyôn en grec, veut dire “destructeur” (Ap 9, 11).

Ressources

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