Qui est Jésus ?

Cet article fait partie d’un dossier composé de 3 parties successives :

  1. Dieu existe-t-il ?
  2. Qui est Jésus ?
  3. Qu’est-ce que Jésus nous révèle ?

Dans la première partie, nous avons vu, par l’exercice de la raison naturelle, que Dieu existe. Dans cette deuxième partie, nous allons voir qui est Jésus.

Introduction

Jésus est la personne qui a eu la plus grande influence sur le cours de l’histoire humaine, au point que nous datons notre calendrier à partir de sa naissance.

Mais qui est-il exactement ?

  • Pour les chrétiens, il est le Fils unique de Dieu venu, en personne, sur Terre pour nous sauver et nous donner la possibilité d’accéder au Paradis ;
  • Pour les musulmans, il est l’un des prophètes ;
  • Pour les adeptes du new age, il est un maître ascensionné essénien, initié dans sa jeunesse en Inde et conjoint de Marie-Madeleine ;
  • Pour les néo-marxistes, il est un contestataire des rapports de domination capitalistes, patriarcaux et raciaux ;
  • Et pour la plupart de ceux qui ne sont ni chrétiens, ni musulmans, ni adeptes du new age ou marxisme, et qui ont entendu parler de de lui, il est un influent sage-philosophe ayant transmis de belles valeurs sur l’amour universel, comme le fait de nous aimer les uns les autres, de pardonner ou d’aimer ses ennemis.

Nous pourrions nous arrêter là en haussant les épaules, à chacun sa croyance. Mais nous allons voir qu’en étudiant posément l’ensemble des données factuelles au sujet de Jésus, il est possible de conclure de manière certaine sur sa nature, sa vie, son enseignement et sa volonté.

Pour commencer, nous allons identifier les sources antiques les plus fiables que nous ayons sur Jésus et voir qu’il a bien existé.

(Cette page est en cours de rédaction. N’hésitez pas à y revenir pour profiter de ses mises-à-jour.)

Les sources historiques de l’Antiquité sont unanimes : Jésus a bien existé

Les sources chrétiennes

La Bible

Le mot bible vient du latin biblia (« livres »), issu du grec ancien biblos ou biblion (« livres »).

La Bible n’est pas un livre, mais un recueil de dizaines de livres ; 73 au total.

Elle se présente en deux grandes parties :

  1. L’Ancien Testament : 46 livres relatant l’histoire de l’humanité en générale et du peuple juif en particulier, de la création du monde jusqu’à la naissance de Jésus ; ce corpus est commun avec la Tanakh juive ;
  2. Le Nouveau Testament : 27 livres relatifs à Jésus Christ et à ses disciples :
    • les quatre Évangiles (du latin evangelium, issu du grec ancien euangélion, signifiant « Bonne nouvelle »)
    • les Actes des Apôtres
    • les Épîtres
    • l’Apocalypse (les visions prophétiques de l’apôtre Saint Jean)

Le Nouveau Testament commence ainsi avec 4 livres (les Évangiles) dans lesquels :

  • 2 témoins directs :
    • Saint Matthieu, un collecteur d’impôt de Capharnaüm appelé par Jésus pour être l’un de ses douze apôtres
    • Saint Jean, fils de Zébédée, frère de Jacques le Majeur et apôtre de Jésus
  • 2 témoins indirects :
    • Saint Marc, disciple et interprète de l’apôtre Saint Pierre
    • Saint Luc, médecin et disciple de l’apôtre Saint Paul (après son évangile, il écrivit le livre des Actes des apôtres racontant la vie des tout premiers chrétiens)

rapportent la vie, les actes et les paroles de Jésus.

C’est essentiellement grâce à ces quatre témoignages croisés et concordants que l’humanité a pu découvrir Jésus.

Comme souvent à l’époque, les auteurs de ces textes (les « évangélistes ») ne mentionnent pas explicitement leurs propres noms. Il est toutefois certains que leurs textes n’ont pas circulé de manière anonyme, sinon les lecteurs leur auraient donné des noms divers et variés. Leurs identités étaient donc connues. Ainsi, dès le IIème siècle, quatre Pères de l’Église :

confirment unanimement que ces quatre évangiles furent bien composés par Matthieu, Marc, Luc et Jean.

Ces attestations multiples et concordantes sont une excellente chose en matière d’authenticité. Les auteurs d’autres œuvres antiques ne sont connus que par une seule source. Par exemple, nous savons que Tacite est l’auteur des Annales grâce à une seule source de Saint Jérôme, postérieure de 300 ans à la publication originale, et personne ne remet en cause cette information.

Une rédaction peu après les faits

Plusieurs arguments permettent de déduire que les évangiles de Matthieu, de Marc et de Luc furent rédigés avant l’an 70, soit moins de 40 ans après la crucifixion de Jésus :

  • La première grande persécution des chrétiens eut lieu sous l’empereur romain Néron, en 64. Nombre de chrétiens furent alors crucifiés, brûlés, jetés en pâture à des chiens affamés (cf. Tacite, Annales, 15, 44). Ainsi, les écrits chrétiens antiques postérieurs à Néron expriment une certaine colère face aux persécuteurs romains. Or, les Évangiles et les Actes des apôtres expriment une sympathie envers Rome et ne mentionnent aucunement ces persécutions, laissant imaginer qu’ils furent rédigés avant l’an 64.
  • Jésus prophétisa, au sujet du Temple de Jérusalem, qu’il « ne restera pas ici pierre sur pierre ; tout sera détruit » (Mt 13, 2). Or, aucun évangéliste ne mentionne sa destruction complète par les Romains en le 29 août 70, alors que cet événement majeur confirme la prophétie de Jésus et fut vécu comme cataclysmique par les juifs.

Charles Cutler Torrey (historien) : « Il aurait été peut-être concevable qu’un évangéliste écrivant après l’an 70 ait pu omettre de faire allusion à la destruction du Temple par les armées romaines […], mais que trois (ou quatre) évangélistes aient pu oublier d’y faire allusion, cela paraît assez incroyable. » (cf. Charles Cutler Torrey, The Apocalypse of John, New Haven, Yale University Press, 1958, p. 86)

  • Après avoir écrit son évangile, Luc entreprend d’écrire les Actes des apôtres, racontant les faits suivants l’Ascension de Jésus au Ciel (clôturant son évangile). Ces deux livres sont adressés au même Théophile. Or, la dernière page des Actes des apôtres rapporte que Paul évangélise à Rome, en attendant le verdict du procès que lui ont intenté les Juifs (cf. Ac 28). C’est ainsi que s’arrête ce livre, sans indiquer le verdict du dit procès ni le martyr de Paul (vers l’an 65), sans parler du martyre de Pierre (vers l’an 64), sans parler de la grande persécution des chrétiens sous Néron (en l’an 64) ou de la destruction complète du Temple de Jérusalem (en l’an 70). Les événements clés postérieurs à l’an 64 étant absents du récit, les historiens en déduisent qu’il fut rédigé avant cette date, probablement lorsque Paul arrive Rome (en l’an 60).
  • Les biblistes remarquent que l’évangile de Luc reprendrait des éléments présents dans celui de Marc. De plus, Luc débute son évangile en écrivant que « beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous » (Lc 1, 1). Il est donc probable que Marc rédigea son évangile avant celui de Luc, donc avant les années 60.

Une transmission fiable au fil des siècles

Jésus ne nous a laissé aucun écrit de sa main. Toutefois, nombre de ses premiers fidèles nous ont légué ses actes et ses paroles par écrit. Ainsi, nous disposons aujourd’hui de plus de 24.000 manuscrits antiques du Nouveau Testament. Parmi eux, environ 5800 sont en grec et 10.000 sont en latin. Sur ces 24.000 manuscrits, environ 500 sont antérieurs à l’an 500. Et, avant l’invention de l’imprimerie au XVème siècle, nous en avions déjà plus de 5700 versions en différentes langues.

À titre de comparaison, le deuxième texte le plus attesté de l’Antiquité dont nous disposons est L’Iliade, le célèbre poème épique d’Homère. Or, nous ne disposons aujourd’hui que d’une cinquantaine d’exemplaires antiques de L’Iliade. De plus, ces exemplaires datent IIIème siècle avant Jésus Christ environ, soit 500 ans après sa première composition. De même, les manuscrits les plus anciens de La Guerre des Gaules – rédigée par Jules César au Ier siècle avant Jésus Christ – dont nous disposons aujourd’hui datent du début du Xème siècle, soit plus de 900 ans après sa première composition. Cet important décalage temporel n’empêche pas les historiens de considérer les copies existantes de L’Iliade et de La Guerre des Gaules comme des sources historiques sérieuses.

Ainsi, d’un point de vue historique, les écrits du Nouveau Testament sont de très loin les écrits les plus solidement attestés de toute l’Antiquité.

Une telle profusion permet aux spécialistes de comparer ces manuscrits entre eux. S’ils observent des variantes, celles-ci sont minimes. Ainsi, sur les 5800 manuscrits grecs du Nouveau Testament dont nous disposons, nous observons environ une variante toutes les 6,5 pages. Mais, parmi ces variantes :

  • 75% sont des erreurs d’orthographe ou de frappe qui n’affectent pas le sens ;
  • 15% sont des transpositions par des synonymes ;
  • 9% sont des variations sur des manuscrits tardifs facilement corrigeables ;
  • et seulement 1% concernent des manuscrits anciens et changent le sens du texte.

Or, aucune de ces variantes n’affecte l’une des doctrines centrales du christianisme, elles sont plutôt périphériques et anecdotiques. Rappelons que ces copies furent effectuées par des scribes professionnels, formés et payés pour réaliser minutieusement un travail qu’ils considéraient comme une « mission sacrée ». Ces comparaisons permettent de constater que les copies successives furent très fidèlement transmises jusqu’à aujourd’hui et communiquent de manière fiable le message d’origine.

Ehrman (exégète athée) : « Les croyances chrétiennes essentielles ne sont pas affectées par des variantes textuelles dans la tradition manuscrite du Nouveau Testament. » (cf. Craig Blomberg, Can We Still Believe The Bible? An Evangelical Engagement with Contemporary Questions, Grand Rapids, Brazos Press, 2014, pp.27-28)

Nous savons que les évangiles ont commencé à circuler à la fin du Ier siècle et au début du IIème siècle, car des écrivains de cette période (Clément de Rome né au Ier siècle, Ignace d’Antioche né vers l’an 35, Polycarpe de Smyrne né vers l’an 70) citent certains de leurs versets dans leurs écrits et leurs lettres. Nous retrouvons ainsi des citations issues de vingt-cinq textes du Nouveau Testament (sur vingt-sept), ce qui nous permet d’en déduire que la plupart des livres du Nouveau Testament circulaient avant l’an 100 et qu’ils ont rapidement fait autorité chez les chrétiens. De plus, nous avons dénombré 36.000 citations du Nouveau Testament chez les Pères de l’Église, ce qui permettrait de reconstituer la quasi intégralité du Nouveau Testament.

Certains pensent que les contenus bibliques furent, en bonne partie, enjolivés. C’est par exemple le postulat actuel des départements de paléontologie, d’égyptologie ou de philosophie. Mais, si vous lisez et étudiez les transcriptions de Maria Valtorta, vous serez, au contraire, saisis par leur solidité.

Les sources chrétiennes antiques – en plus des 27 livres du Nouveau Testament – affirmant l’existence de Jésus sont abondantes. Mais son existence est également constatée par des sources non chrétiennes datant des premiers siècles du christianisme.

Les sources non chrétiennes

Les historiens doivent se contenter de maigres sources pour attester l’existence de la plupart des grandes figures de l’Antiquité. Ainsi, par exemple, les premières biographies d’Alexandre le Grand (356-323 av JC) ne furent rédigées que 400 ans après sa mort, par Arrien (85-146) et Plutarque (46-125).

Mais, dans le cas de Jésus, nous disposons de neuf sources non chrétiennes (à titre de comparaison, les opérations militaires de Jules César ne nous sont parvenues qu’à travers cinq sources).

Si leurs auteurs peuvent être violents envers Jésus et les chrétiens, ils ne remettent jamais en question son existence. Au contraire, ils l’accréditent.

Observons ces neufs sources :

1. Flavius Josèphe (37-100)

Cet historien, juif et ennemi du christianisme, fait référence à deux reprises à Jésus :

« En ce temps-là paraît Jésus, un homme sage […] ; c’était un faiseur de prodiges, un maître des gens qui recevaient avec joie la vérité. […] Et quand Pilate, sur la dénonciation des premiers parmi nous, le condamna à la croix, ceux qui l’avaient aimé précédemment ne cessèrent pas. Jusqu’à maintenant encore, le groupe des chrétiens […] n’a pas disparu. » (Flavius Josèphe, Les Antiquités judaïques, Livre XVIII, 63-64.)

« [Anan] réunit un sanhédrin, traduisit devant lui Jacques, frère de Jésus appelé le Christ, et certains autres, en les accusant d’avoir transgressé la loi, et il les fit lapider. » (Flavius Josèphe, Les Antiquités judaïques, Livre XX, 200).

En mentionnant Jacques comme frère de Jésus, Flavius Josèphe pensait que Jésus avait réellement existé, car on ne mentionne pas un lien de parenté avec un personnage que l’on croit imaginaire.

2. Tacite (58-120)

Ce philosophe et sénateur romain, considéré comme l’un des plus grands historiens de l’histoire et connu pour son usage rigoureux des sources, évoque, dans ses Annales, la persécution des chrétiens par l’empereur romain Néron :

« Pour apaiser ces rumeurs, il offrit d’autres coupables, et fit souffrir les tortures les plus raffinées à une classe d’hommes détestés pour leurs abominations et que le vulgaire appelait « chrétiens ». Ce nom leur vient de Christ qui, sous Tibère, fut livré au supplice par le procurateur Ponce Pilate. Réprimée un instant, cette exécrable superstition se débordait de nouveau, non seulement dans la Judée, où elle avait sa source, mais dans Rome même, où tout ce que le monde enferme d’infamies et d’horreurs afflue et trouve des partisans. » (Tacite, Annales, 15, 44, année de rédaction : 116)

Les spécialistes de l’Antiquité reconnaissent que ce passage est authentique et qu’il n’a subi aucune influence chrétienne. Il demeure identique dans tous les manuscrits que nous ayons.

3. Suétone (70-140)

Cet historien romain, auteur de la Vie des douze Césars, évoque l’influence du Christ et l’expulsion des juifs de Rome :

« Comme les Juifs ne cessaient de troubler la cité sur l’instigation d’un certain Christus, [l’empereur Claude] les chassa de Rome » (Suétone, Vie de Claude, XXV, 11).

4. Pline le Jeune (61 ou 62-113)

Vers 112, cet auteur et gouverneur romain de la Bythinie (Asie mineure), qui exècre le christianisme, écrit dans une lettre destinée à l’empereur Trajan :

« Maître, […] On m’a remis entre les mains un mémoire sans nom d’auteur, où l’on accuse d’être chrétiens différentes personnes qui nient de l’être et de ne l’avoir jamais été. […] D’autres, dont le nom avait été donné par un dénonciateur, dirent qu’ils étaient chrétiens, puis prétendirent qu’ils ne l’étaient pas, qu’ils l’avaient été à la vérité, mais avaient cessé de l’être, les uns depuis trois ans, d’autres depuis plus d’années encore, quelques-uns même depuis vingt ans. Tous ceux-là aussi ont adoré ton image ainsi que les statues des dieux et ont blasphémé le Christ. D’ailleurs, ils affirmaient que toute leur faute ou leur erreur s’était bornée à avoir l’habitude de se réunir à jour fixe avant le lever du soleil, de chanter entre eux alternativement un hymne au Christ comme à un dieu. » (Pline le Jeune, Lettres à Trajan, X, 96).

Ce document montre notamment que les premiers chrétiens croyaient à la divinité du Christ.

5. Mara bar Sérapion (50-)

Alors qu’il est emprisonné et attend sa mise à mort, ce stoïcien syrien du Ier siècle écrit dans une lettre :

« Quel avantage les Juifs ont-ils gagné à exécuter leur Roi sage ? Leur royaume fut anéanti peu après. » (Mara bar Sérapion, an 73 environ)

Ici, le terme « Roi sage » fait directement référence à Jésus. En effet, Jésus est le seul personnage du Ier siècle qui fut à la fois désigné comme roi des Juifs, considéré comme sage et mis à mort, avant l’anéantissement (peu après) du royaume juif, lié à la destruction de Jérusalem en l’an 70.

6. Lucien de Samosate (120-180)

Ce satiriste syrien parle dans un pamphlet, écrit vers 165-169, de « celui qui est honoré en Palestine, où il fut mis en croix pour avoir introduit ce nouveau culte parmi les hommes […] » et des chrétiens qui, selon lui, « adorent ce sophiste crucifié et suivent ses lois » (Lucien de Samosate, La mort de Pérégrinus, 11-13.)

7. Celse (IIème siècle)

Ce philosophe païen du IIème siècle, opposé aux chrétiens, écrit :

« Vous nous donnez pour Dieu un personnage qui termina par une mort misérable, une vie infâme. » (Celse, Discours véritable, an 178)

8. Claude Galien (129-201)

Ce médecin du IIème siècle écrit :

« Il serait plus facile de ramener à la raison les disciples de Moïse et du Christ que les médecins et les philosophes attachés aux sectes. » (Claude Galien, De la variété des pouls, an 169 environ)

En mettant sur le même plan le Christ et Moïse (une figure importante dont personne, à l’époque, ne doutait de l’existence), Galien présente Jésus comme un personnage historique.

9. Textes talmudiques

Compilé entre 70 et 200 après J.-C., le Talmud est une compilation d’enseignements et de commentaires de rabbins sur la Torah, et constitue l’un des recueils fondamentaux pour les juifs. Nous pouvons y lire :

« La veille de la Pâque, ils ont pendu le cadavre de Jésus le Nazaréen, après l’avoir tué par lapidation. Pendant quarante jours, un crieur sortit devant lui, proclamant publiquement : Jésus le Nazaréen sort pour être lapidé : Jésus le Nazaréen va être lapidé parce qu’il a pratiqué la sorcellerie, qu’il a incité au culte des idoles et qu’il a égaré le peuple juif. […] Jésus le Nazaréen méritait-il que l’on cherche une raison de l’acquitter ? Il était un incitateur au culte des idoles, et le Miséricordieux déclare à propos d’un incitateur au culte des idoles : “Vous ne l’épargnerez pas et vous ne le cacherez pas” (Deutéronome 13, 9). » (Talmud, Traité du Sanhédrin)

[Précisons ici que le mot « lapidation » peut faire référence à la flagellation de Jésus et aux coups qu’il reçut lors de sa Passion et le mot « pendaison » rappelle, quant à lui, le mot grec « pendu » utilisé par Luc (Lc 23, 39) et par Paul (Ga 3, 13) pour parler de la crucifixion de Jésus, « pendu au bois du supplice ».]

« Croyez-vous que Jésus de Nazareth était de ceux dont on recherche ce qui peut leur être à décharge ? C’était un séducteur ! » (Talmud de Babylone)

Manifestement, ces textes talmudiques reconnaissent l’existence et la mort de Jésus.

Si les ennemis des premiers chrétiens avaient eu de bonnes raisons de penser que Jésus n’avait jamais existé, il aurait certainement brandi cet argument pour les attaquer. Or, d’après l’ensemble des textes dont nous disposons, ce ne fut jamais le cas. Ainsi, les premiers chrétiens tout comme leurs ennemis étaient, a minima, d’accord sur ce point : pour les uns comme pou les autres, Jésus a bel et bien existé.

Qui est Jésus ?

Le Messie prophétisé

Jésus : « Dieu se communiquait [aux prophètes juifs] avec une grande plénitude » en raison de leur sainteté. (Valtorta, 426.5)

Le rabbi Gamaliel demande : « Qui es-tu ? Dis-le-moi. »
Et Jésus, doucement, lui répond : « Lis les prophètes et tu trouveras ta réponse. Le premier signe est chez eux. L’autre va venir. » (Valtorta, 604.10)

Dieu choisit les Juifs comme peuple gardien de sa Présence et de son Amour. Du milieu de ce peuple, il désigna plus de 70 prophètes dont la mission était de ramener leur peuple sur les sentiers du Seigneur en purifiant son cœur, de lui rappeler son Alliance, la Loi et la justice divine, et d’annoncer la venue prochaine du Messie, c’est-à-dire celui qui rétablira ce que le péché originel (la désobéissance par orgueil) avait brisé dans la relation entre Dieu et les humains. Ces prophètes ne s’étaient pas contentés de l’annoncer : ils ont, en plus, donné de nombreuses indications factuelles permettant de reconnaître le Messie le jour venu.

Jésus : « Les prophéties m’ont décrit, comme le meilleur peintre ne saurait le faire, de mon aurore à mon crépuscule. Ces deux moments de l’aurore et du crépuscule sont même les deux passages les plus mis en lumière par les prophètes. » (Valtorta, 589.3)

Voici les prophéties concernant le Messie, Jésus :

  • Isaïe 7, 14 : le Messie naîtra d’une vierge et on l’appellera Emmanuel (Dieu-avec-nous)
  • Isaïe 9, 5 : le Messie viendra sous la forme d’un enfant mâle
  • Michée 5, 1 : Jésus naîtra à Bethléem Éphrata, en Judée
  • Daniel 9, 24-27 : Jésus né dans le temps annoncé au prophète Daniel
  • Cantique des cantiques 5, 9 : La Mère de Jésus est « la plus belle des femmes »
  • « étoile de Balaam » = étoile des Mages
  • La naissance de Jésus fut accompagnée du massacre des Saints Innocents « Alors fut accomplie la parole prononcée par le prophète Jérémie : Un cri s’élève dans Rama, pleurs et longue plainte : c’est Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas être consolée, car ils ne sont plus. » (Mt 2, 17-18)
  • Osée 11, 1 (Mt 2, 15) : Dieu appelle son fils d’Égypte (où il s’était réfugié pour échapper à la persécution d’Hérode).
  • Zacharie 11, 12 : Jésus sera trahi en échange de trente pièces (ou sicles) d’argent (ou deniers)
  • Isaïe 53, 3 : Jésus sera l’homme des douleurs, comme « le lépreux qui se couvre le visage »
  • Isaïe 53, 4 : Jésus portera nos souffrances
  • Isaïe 53, 4 : Jésus se taira devant ses accusateurs
  • Isaïe 53, 8 : Jésus sera mis à mort
  • Psaume 22, 19 : Jésus verra ses vêtements partagés et sa tunique tirée au sort
  • Psaume 69, 22 : Jésus, assoiffé sera abreuvé de vinaigre
  • Psaume 22, 16 : Jésus se déséchera comme l’argile, sa langue s’attachera son palais
  • Psaume 22, 17 : Jésus aura les mains et les pieds percés
  • Isaïe 53, 10 : Jésus livrera sa vie en sacrifice pour le péché
  • Psaume 22, 2 : Jésus prononcera les mots : « Mon Dieu ! Mon Dieu ! pourquoi m’as-tu abandonné ? »
  • Psaume 31, 6 : Jésus prononcera les mots : « Je remets mon esprit entre tes mains. »
  • Zacharie 12, 10 : Jésus sera transpercé [d’un coup de lance]
  • Amos 8, 9 : À la mort de Jésus, Dieu couchera le soleil à midi et obscurcira la terre en plein jour
  • Exode 12, 46 & Nombres 9, 12 & Psaume 34, 20 de David : Jésus n’aura aucun os brisé [entendre aucun os de ses membres principaux ; certains osselets de ses mains et de ses pieds furent brisés par les énormes clous]
  • Isaïe 53, 9 : Jésus aura son sépulcre parmi les méchants (les deux larrons), et son tombeau avec le riche (le tombeau de Joseph d’Arimathie)
  • Zacharie 13, 1 : Jésus est la source qui jaillit de la maison de David et qui nous lave de notre péché et de notre souillure
  • Isaïe 53, 5 : Jésus nous guéris par ses blessures

« Jésus leur dit alors : “Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ?” Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait. […] “Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : ‘Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes.’ ” Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures. Il leur dit : “Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins.” » (Lc 24, 25-27 & 44-48)

Lire 30 prophéties juives annonçant la venue de Jésus.

Un grand nombre des prophètes furent persécutés et tués par les leurs.

Le Messie prophétisant

Non seulement Jésus réalise toutes les prophéties au sujet du Messie attendu, mais les prophéties qu’il donnera, à son tour, se réaliseront pareillement :

  • Le reniement de Pierre à trois reprises après le chant du coq, prophétisé en Mt 26, 34, Mc 14, 30, Lc 22, 34 et Jn 13, 38
  • La résurrection de son corps après trois jours, prophétisée en Jn 2, 19
  • La destruction complète de Jérusalem et de son temple, prophétisée en Lc 19, 41-44
  • Le fait que le ciel et la terre passeront, mais que ses paroles ne passeront pas, prophétisé en Mt 24, 35

Jésus n’est pas un philosophe

Les philosophes sont des humains qui, à force d’expériences, d’observations, d’échanges, de lectures et de réflexions, échafaudent progressivement une compréhension du monde personnelle qui leur semble juste. Ainsi, leur pensée se construit, évolue et s’affine dans le temps. Celle-ci peut, ensuite, être véhiculée et complétée par des « disciples » formant une « école philosophique ».

Or, la pensée de Jésus n’évolue pas. Il ne cherche pas la vérité. Il la révèle. Elle est même son identité. « Je suis la Vérité », nous dit Jésus (Jn 14, 6). En ceci, il n’est pas un philosophe. Ainsi, le contenu de ses échanges à l’âge de douze ans avec les docteurs du Temple et l’enseignement qu’il tiendra, vingt ans plus tard, à la même place, demeurent inchangés (Valorta, 486.3). Plus largement, Jésus « est pareil, au dernier jour, comme au premier de cette terre. Celui qui est comme le Père ne connaît pas de vieillissement dans sa nature divine. » (Valtorta, 589.6).

Jésus se présente et agit comme l’égal de Dieu

Lorsqu’il parle, Jésus parle comme s’il était Dieu. Il dit qu’il a toujours existé, qu’il est le voie, la vie et la vérité, qu’il pardonne les péchés, qu’il faut l’adorer en le préférant à notre conjoint et à nos enfants, qu’il reviendra juger le monde à la fin des temps, etc.

Face à Jésus qui se présente et agit comme l’égal de Dieu, Clive Staples Lewis (1898-1963), très proche de Tolkien et auteur des Chroniques de Narnia, propose, dans son livre Les Fondements du christianisme (Mere Christianity en anglais, éd. HarperOne, 1952), le trilemme suivant :

  • Soit Jésus disait faux, dans ce cas :
    • ou bien il savait qu’il disait faux (il était alors un menteur),
    • ou bien il ne le savait pas (il était alors fou).
  • Soit Jésus disait vrai (il est alors très probable que Jésus soit Dieu).

Or, il est très improbable que Jésus fût un menteur

Si Jésus avait sciemment et continuellement affirmé être l’égal de Dieu tout en sachant que cela était faux, nous serions face à l’un des pires cas d’hypocrisie et de malhonnête de l’histoire.

Les charlatans religieux sont généralement mus par le gain, le pouvoir, l’orgueil…

Tout au contraire, les Évangiles nous montrent que Jésus était doux, humble, attentif aux plus fragiles, désintéressé par les richesses matérielles et le pouvoir des hommes. Il prend les enfants en modèles, il lave les pieds de ses disciples, il prêche l’amour du prochain, y compris des ennemis, il ne répond pas par la violence lorsqu’on l’insulte et le frappe, il affirme être venu « non pour être servi, mais pour servir » (Mc 10, 15), etc.

De plus, si Jésus avait sciemment menti, pourquoi aurait-il maintenu ce mensonge coûte que coûte devant les autorités qui voulaient sa mort ? Peut-on vouloir subir les pires tortures pendant des heures pour une chose que l’on savait être fausse ? Or, à aucun moment il ne revient sur sa position – en disant, par exemple, que ses disciples l’ont mal compris – afin d’échapper au supplice. Un menteur ne serait jamais allé jusque-là.

Certes, des gens endurent la torture et vont à la mort pour des choses fausses, mais en les croyant vraies.

Jésus croyait donc vraiment à ce qu’il prêchait et n’était pas un menteur.

Or, il est très improbable que Jésus fût fou

Jésus était-il fou pour continuer d’affirmer qu’il était l’égal de Dieu, même devant la perspective du supplice en cas de non rétractation ? S’il l’était, nous devrions retrouver des signes caractéristiques de folie dans sa personnalité, ses paroles, son vécu. Or, rien ne soutient cette hypothèse dans les Évangiles. Tout au contraire, Jésus était clair, sage et convaincant. Dès l’âge de douze ans, « tous ceux qui l’entendaient [conserver avec les docteurs de la Loi] s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses » (Lc 2, 47). Même ceux qui ne lui étaient pas acquis reconnaissaient : « Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! » (Jn 7, 46), et ses réponses ont toujours désarçonné ceux qui cherchaient à le piéger.

Frédéric Guillaud : « Jésus a tout d’un original, mais rien d’un psychotique, paranoïaque ou schizophrène. Les gens atteints d’un complexe mégalomaniaque de ce genre sont narcissiques, égocentriques, impatients, tyranniques, privés d’empathie. Leurs relations avec autrui sont complètement anormales, infructueuses, dépourvues d’amour et d’attention. Les fous de ce calibre sont incapables d’une réflexion morale profonde et rationnelle. Jésus, à leur différence, hormis cette prétention inouïe d’être le Fils unique de Dieu, ne présente bizarrement aucun trait spécifique du « God complex » décrit par les manuels de psychiatrie : au contraire, alors même qu’il affirme implicitement être Dieu, il agit de la manière la plus humble : il refuse d’être proclamé roi, il refuse toute puissance terrestre, il ne veut pas être servi, mais servir, il lave les pieds de ses disciples, refuse d’être défendu par les armes, enseigne partout l’humilité par son exemple et fait preuve d’une empathie manifeste à l’égard des plus petits et des plus faibles. D’un point de vue étroitement humain, on pourrait dire que son profil psychologique est totalement incohérent : il se dit Dieu mais agit en serviteur. S’il est vrai que Jésus offre un visage surprenant de Dieu, il faut dire aussi qu’il ne fait pas un fou crédible. » (Frédéric Guillaud, Catholix reloaded, Cerf, 2015)

Jésus se serait-il tout simplement « trompé » sur son identité, sans être fou ? Cela ne semble pas possible. En effet, si nous rencontrons une personne dans la rue qui affirme avoir toujours existé, qu’il faut l’adorer en le préférant à notre conjoint et à nos enfants et qu’il reviendra juger le monde à la fin des temps, nous ne pouvons pas sérieusement conclure que cet homme s’est tout simplement trompé sur son identité, sans être fou ou menteur. Or, comme nous l’avons vu, Jésus n’est ni fou ni menteur.

Si Jésus n’était ni menteur ni fou, il est très improbable qu’il ait dit faux. Par conséquent, il est très probable qu’il ait vrai. Donc, il est très probable que Jésus soit Dieu.

La résurrection de Jésus

Le témoignage de la résurrection

Après la mort de Jésus sur la croix, son ami, Joseph d’Arimathie, demanda le corps aux Romains et l’enseveli dans son propre tombeau. Ponce Pilate fit placer des gardes devant le tombeau pour le surveiller jour et nuit, afin d’éviter des débordements. L’entrée du tombeau est fermé par une très lourde pierre. Mais trois jours plus tard, le dimanche matin, les gardes assistent à un phénomène surnaturel, la pierre est retrouvée roulée sur le côté et le tombeau vide. Jésus apparaît vivant, ressuscité, dans un corps glorieux en chair et en os, à ses proches les plus fidèles, puis aux apôtres et enfin à des centaines de personnes. La matière ne l’arrête pas.

Les preuves de la résurrection

Dans une lettre qu’il adresse aux chrétiens de Corinthe, Saint Paul affirme que le Christ est apparu ressuscité à plus de 500 personnes à la fois, lui-même compris.

Saint Paul apôtre : « le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures, et il fut mis au tombeau ; il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures, il est apparu à Pierre, puis aux Douze ; ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois – la plupart sont encore vivants, et quelques-uns sont endormis dans la mort –, ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. Et en tout dernier lieu, il est même apparu à l’avorton que je suis. » (1 Co 15, 3-8)

Si Saint Paul avait menti, il aurait été démenti par les personnes concernées et décrédibilisé. Or, ce ne fut jamais le cas ; Saint Paul ne fut aucunement ni démenti ni décrédibilisé par les témoins dont il parle.

Au contraire nombreux furent les témoins mentionnés par Saint Paul qui acceptèrent de mourir suppliciés plutôt que de renier avoir vu le Christ ressuscité. Ce fut notamment le sort de Saint Paul et de tous les apôtres (Jean, miraculeusement sauvé, fut le seul à mourir de vieillesse).

Les objections caduques à la résurrection

Objection #1 : Les ennemis de Jésus auraient enlevé son corps du tombeau

Si les juifs ou les Romains avaient enlevé le corps de Jésus, pour éviter que sa sépulture ne devienne un lieu de pèlerinage et de culte par exemple, ils auraient aisément pu humilier ceux qui proclamaient la résurrection, en exhibant le corps de Jésus aux yeux de tous. Mais ils ne l’ont pas fait. Au contraire, ne sachant pas où était le corps, ils objectèrent qu’il fut volé.

Objection #2 : Les disciples de Jésus auraient retiré son corps du tombeau pour faire croire à sa résurrection

Dans ce cas, les disciples auraient réussi leur coup, sans se faire remarquer des gardes romains postés à l’entrée du tombeau et dans les jours suivants la crucifixion. Puis, ils auraient sciemment menti et fomenté un complot de dimensions internationales, sans qu’ils n’aient rien à y gagner (ni pouvoir, ni argent, ni jouissances, ni confort), tout en acceptant les persécutions et les tortures pour maintenir leur mensonge. Tout cela, sans qu’aucun d’entre eux ne se rétracte. Ce ne fut jamais le cas ; tous maintinrent fermement leur témoignage jusqu’à la mort. Or, si l’on peut accepter de mourir pour des choses fausses, il est peu probable qu’on accepte de mourir pour des choses que l’on sait être fausses.

De plus, les disciples de Jésus commencèrent à proclamer sa résurrection à Jérusalem, c’est-à-dire dans la tanière même de leurs ennemis. Or, il est peu probable que des complices commencent à déployer un complot là où ils ont le plus de chance d’être immédiatement démasqués et arrêtés.

L’hypothèse du vol du corps de Jésus par ses disciples n’est pas tenable.

Objection #3 : Les femmes disciples auraient scandé que le tombeau était vide du fait qu’elles se seraient trompées de tombeau

Proposée pour la première fois par Kirsopp Lake en 1907, cette hypothèse échoue pour plusieurs raisons. Si les femmes s’étaient trompées, il est peu probable que l’ensemble des personnes qui vinrent vérifier les faits après elles se soient également trompées. Il aurait été simplisme pour les ennemis de Jésus de retrouver le bon tombeau, de constater la méprise des femmes et de mettre un terme à cette fausse information. Ils n’auraient pas eu à objecter que le corps de Jésus avait été volé par ses fidèles. Enfin, cette hypothèse n’explique pas les nombreux récits d’apparitions qui suivirent juste après.

Objection #4 : Le corps de Jésus aurait été enlevé par des pilleurs de tombe

Les pillards auraient réussi à opérer sans se faire remarquer des gardes romains postés à l’entrée du tombeau, dans les jours suivants la crucifixion. Pourquoi agir avec une telle précipitation ? N’auraient-ils pas attendu que la vigilance se relâche ? Pourquoi prendre un tel risque, puisqu’une telle action les exposait eux-mêmes à la peine de mort ? Pour quel bénéfice, puisque le tombeau ne renfermait aucune richesse matérielle ? Enfin, si les pillards avaient agi pour le compte des ennemis de Jésus, ces derniers auraient pu exhiber le corps de Jésus pour faire taire la proclamation de la résurrection. Ou bien les ennemis de Jésus auraient pu racheter à grand prix le corps aux pillards dans ce but. Or, rien de tel ne se produisit.

Objection #5 : Jésus aurait survécu physiquement à son supplice, puis serait sorti du tombeau

Admettons qu’avec la complicité des soldats romains (et peut-être de leurs supérieurs, sans quoi ils encouraient une punition terrible), Jésus ne soit pas mort sur la croix. Les soldats l’auraient drogué, ne lui auraient pas donné le coup de lance au côté, et l’auraient déclaré mort alors qu’il ne l’était pas. Un médecin dissimulé à l’avance à l’intérieur du tombeau aurait ensuite réanimé Jésus. Ils auraient patienté pendant trois jours dans ce tombeau froid, avant que les gardes postés à son entrée ne roulent eux-mêmes l’énorme pierre qui le fermait.

Mais cette hypothèse ne tient pas pour plusieurs raisons :

  • Elle fait de Jésus un charlatan, mentant à ceux qui avaient foi en lui et contredisant directement l’enseignement moral qu’il ne cessa de transmettre pendant son ministère.
  • En voyant Jésus revenir terriblement affaibli et blessé, comment ses disciples auraient-ils pu croire qu’il était le Fils de Dieu, ressuscité dans un corps glorieux, au point de donner leur vie pour cette croyance ?
  • À peine aurait-il échappé au supplice, Jésus se serait-il aussitôt empressé de se montrer à des centaines de personnes, au risque de se faire reprendre et clouer de nouveau sur une deuxième croix ?
  • La torture de la crucifixion romaine était l’une des pires morts que l’on pouvait endurer. Il s’agissait d’un supplice long et douloureux, entraînant une mort certaine par lente asphyxie, se terminant le plus souvent par une attaque cardiaque. Nul n’en réchappait.
  • Enfin, cette hypothèse n’explique pas le fait que les disciples affirmèrent également avoir été les témoins de l’ascension de Jésus au ciel, quarante jours plus tard (Lc 24, 50-51 ; Ac 1, 9-11).

Objection #6 : L’hypothèse d’une hallucination collective

L’hypothèse d’une hallucination collective (à ne pas confondre avec la psychose ou l’hystérie collective) n’est pas crédible. En effet, à ce jour, aucun scientifique n’a été en mesure de trouver un seul cas d’hallucination collective au cours de l’histoire, même ne touchant que deux personnes seulement. La notion d’hallucination collective n’a aucun fondement scientifique.

Et si les personnes affirmant – jusqu’à la mort – avoir vu le Christ ressuscité avaient eu une hallucination personnelle en raison de l’émotion suscitée par le scandale de la crucifixion de leur ami, il est certain qu’elles auraient chacune décrit une vision personnelle avec des caractéristiques divergeant d’un témoignage à l’autre. Or, ce ne fut jamais le cas ; leurs témoignages furent tous concordant tant sur l’apparence physique de Jésus que sur les paroles qui leur adressa.

Par ailleurs, Jésus apparut à certains de ses ennemis – comme Saint Paul – qui ne croyaient pas en lui et ne cherchaient pas à le voir. Suite à cela, Saint Paul changea radicalement de vie, demanda le baptême et proclama à son tour la divinité et la résurrection de Jésus, de manière constante, jusqu’au martyre.

La conception virginale de Jésus

Plusieurs passages des évangiles rapportent que Jésus fut conçu de l’Esprit Saint, alors même que Marie sa mère demeura vierge :

« L’ange lui dit alors : “Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin.” Marie dit à l’ange : “Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ?” L’ange lui répondit : “L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu.” » (Lc 1, 30-37)

« voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. » (Mt 1, 18)

Face à cette situation et « comme [Joseph] avait formé [le projet de renvoyer en secret Marie pour ne pas la dénoncer publiquement,] l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : “Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint” » (Mt 1, 20)

Dieu existe et opère des miracles

Affirmer que la conception virginale est impossible présuppose que les phénomènes surnaturels et les miracles sont impossibles ; et, donc, que Dieu n’existe pas ou qu’il est inopérant dans notre monde.

Or, nous avons montré que :

  1. Dieu existe en recourant la raison naturelle seule ;
  2. et les innombrables miracles solidement attestés à travers l’histoire prouvent que Dieu est toujours opérant (cf. par exemple les miracles eucharistiques). Toutefois, n’étant pas dans l’ordre des choses, les miracles demeurent des exceptions.

Dès lors, si Dieu existe et s’il est opérant, il est à la fois l’auteur de lois naturelles et tout-puissant. Il peut donc, s’il le souhaite, s’affranchir des lois de la physique et agir de manière surnaturelle. S’il ne le pouvait pas, il ne serait pas tout-puissant et, donc, ne serait pas Dieu.

Jésus est le Fils de Dieu

Nous avons précédemment vu dans cet article que Jésus est Dieu : il affirme être l’égal de Dieu, il n’est ni un fou ni un menteur, il accomplit les œuvres de Dieu, il se ressuscite lui-même après sa mort et apparaît devant des centaines de témoins qui ne renieront jamais leur témoignage même face aux supplices les plus atroces, il métamorphose le monde comme nul autre en prêchant seulement 3 ans sans laisser aucun écrit, etc.

Or, si Jésus est vraiment le Fils de Dieu incarné sur Terre, il est cohérent que Dieu ait choisi de l’incarner miraculeusement, pour :

  • authentifier la nature divine de son Fils ;
  • et d’aider les personnes à la comprendre.

À l’inverse :

  • si Jésus n’était qu’un homme parmi d’autres, Dieu n’aurait pas eu un intérêt à faire un tel miracle qui aurait semé la confusion ;
  • si Jésus avait été conçu comme tout à chacun tout affirmant être le Fils de Dieu, les personnes auraient pu objecter : « Tu dis être Fils de Dieu, mais ton vrai père biologique est X ». En effet, il est moins cohérent d’affirmer être le « Fils de Dieu » après être né d’un père biologique comme tout à chacun, qu’après être né de l’Esprit Saint (qui est Dieu).

Par conséquent, s’il existe des récits produits par de proches témoins qui affirment que Jésus est miraculeusement né de Dieu (Esprit Saint) et d’une vierge, il est probable que ces récits soient véridiques. Or, de tels récits existent ans les évangiles rédigés par Matthieu et Luc. Or, Matthieu est un apôtre de Jésus ayant vécu trois ans avec lui et Luc, faisant partie des premiers chrétiens, côtoya les disciples qui avaient vécu avec Jésus. Donc ces récits sont probablement véridiques.

Notons que, dans la Bible des Septantes (antérieure d’au moins 9 siècles à la Bible Massorétique), la conception virginale du Messie fut prophétisée par le prophète Isaïe, 700 ans avant la naissance de Jésus, renforçant la cohérence de ce phénomène surnaturel d’origine divine : « le Seigneur lui-même vous donnera un signe : voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous). » (Is 7, 14)

L’Église

Jésus est « le Fondateur et la Tête mystique » de l’Église universelle (Valtorta, 362.3).

Conclusion

Nous cherchons tous, dans une certaine mesure, à comprendre le monde dans lequel nous vivons.

Pour y parvenir, deux grandes voies s’offrent à nous :

  1. La pensée philosophique
  2. La révélation divine

En parallèle, nous trouvons une autre source de connaissance : celle du savoir révélé par Dieu aux hommes. La Bible est le livre qui synthétise cette transmission.

L’Ancien Testament nous renseigne sur nos origines, la cause du Mal, la Loi (les dix commandements) et la venue d’un Messie rédempteur. Le Nouveau Testament restitue l’avènement de ce Messie en la personne de Jésus, son enseignement, son libre sacrifice pour nous sauver et l’action des premiers chrétiens.

Jésus seul possède une double nature, à la fois pleinement homme et pleinement Dieu. Par sa nature divine, il se positionne comme Chemin, Vérité et Vie (Jn 14, 16). Contrairement aux philosophes, il ne tâtonne pas à la recherche de la Vérité. Il l’incarne et la révèle, l’enseignant par sa vie et vivant ce qu’il enseigne. Son enseignement est universel et intemporel.

Plusieurs points nous permettent de le croire :

  • Jésus accompli l’ensemble des prédictions des prophètes sur le Messie attendu ;
  • Il affirme lui-même sa nature divine et rien dans ses paroles ou dans ses actes ne laisse à penser qu’il puisse mentir ou être fou ;
  • Il ne cherche pas la vérité comme un philosophe, mais l’incarne ; en ceci, sa pensée n’évolue pas. ;
  • En quelques années, il réalise des milliers de miracles qui échappent à la nature humaine ;
  • Il ressuscite après sa mort sur la croix et présente ses stigmates aux incrédules ;
  • En trois ans, il métamorphose le cours de l’histoire comme nul autre, sans avoir écrit.

Compte tenu de tous ces faits, les chrétiens croient que Jésus est Dieu depuis le début. C’est ce que nous montrent les documents de l’Église primitive. Ainsi, par exemple, les lettres de Saint Paul, écrites dès les années 50, sont sans équivoques :

  • « notre grand Dieu et Sauveur, Jésus Christ. » (Tt 2, 13)
  • « en lui, dans son propre corps, habite toute la plénitude de la divinité. » (Col 2, 9)
    « en lui nous avons la rédemption, le pardon des péchés. Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né, avant toute créature : en lui, tout fut créé, dans le ciel et sur la terre. Les êtres visibles et invisibles, Puissances, Principautés, Souverainetés, Dominations, tout est créé par lui et pour lui. Il est avant toute chose, et tout subsiste en lui. Il est aussi la tête du corps, la tête de l’Église : c’est lui le commencement, le premier-né d’entre les morts, afin qu’il ait en tout la primauté. Car Dieu a jugé bon qu’habite en lui toute plénitude et que tout, par le Christ, lui soit enfin réconcilié, faisant la paix par le sang de sa Croix, la paix pour tous les êtres sur la terre et dans le ciel. » (Col 1, 14-20)
  • « [le Christ] est au-dessus de tout, Dieu béni pour les siècles. Amen. » (Rm 9, 5)
  • « Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. » (Ph 2, 5-7)

Dans ses lettres, Paul n’essaie pas d’argumenter en faveur de la divinité de Jésus, car c’est un fait incontesté pour ses destinataires.

Ainsi, le philosophe romain Celse (IIe siècle) se moquait des chrétiens parce qu’ils divinisaient un homme.

Ressources

L’enquête en vidéo (2h14)

Livres