Prière de Don Dolindo Ruotolo : “Jésus, je m’abandonne à toi, à toi d’y penser pour moi.”
La vie de Don Dolindo Ruotolo
Don Dolindo Ruotolo est un prêtre catholique italien notamment connu pour sa profondeur spirituelle, sa vie éprouvante, et sa spiritualité de l’abandon à Dieu.
Il raconta sa vie dans une autobiographie intitulée Je m’appelais Dolindo, ce qui signifie douleur (et aujourd’hui imprimée en deux volumes).
Né à Naples le 6 octobre 1882, il est le cinquième d’une fratie de onze enfants.
Son père, Raffaele Ruotolo, est un ingénieur et mathématicien et sa mère, Silvia Valle, est une descendante de la noblesse napolitaine et espagnole. Toutefois, est raison de l’avarice et de la dureté de Raffaele, la famille vivait dans la pauvreté, et manquait de nourriture, de vêtements et de chaussures.
Bébé, Dolindo dût être opéré des mains, puis d’une tumeur.
Ses parents séparèrent en 1896. Dolindo fut alors placé avec son frère Elio à l’école des Lazaristes de via Vergini. Les deux frères ressentirent le désir de devenir prêtre. Avant son ordination, le supérieur de Dolindo s’opposa à son désir de partir comme missionnaire en Chine par ces mots prophétiques : “Tu seras martyr, mais de cœur, pas de sang. Reste ici et n’en parle plus.” Il fut ordonné chez les Lazaristes le 24 juin 1905.
Les grâces mystiques et les dons surnaturels
Il recevra des grâces mystiques (visions du Christ et révélations surnaturelles de saints comme Gemma Galgani), des dons surnaturels (lecture dans les cœurs), et les stigmates du Christ. Le 22 décembre 1909, Jésus lui parla solennellement depuis l’Eucharistie.
Les injustices, les condamnation, les expulsions
Alors qu’il se trouvait à Tarente avec un autre prêtre, ce dernier se mit à calomnier et à critiquer Don Dolindo devant les étudiants du collège. Cela entraîna le transfert de Don Dolindo de Tarente à Molfetta en 1907. Il fut nommé professeur auprès des séminaristes et maître de chant grégorien dans sa congrégation, où son érudition en théologie et ses mortifications sont remarquées.
Le 3 septembre 1907, le père Volpe appelle Don Dolindo pour recueillir son discernement au sujet de Serafina, une jeune femme disant avoir des extases et des visions du Saint Esprit. Après l’avoir confessé et suivit pendant huit jours, Don Dolindo confirma l’authenticité des phénomènes.
Plus tard, le Visiteur (Supérieur Général) de Naples déforma les propos de Don Dolindo dans son rapport, transformant les “visions” en “incarnation du Saint Esprit” et accusant le tout jeune prêtre d’hérésie.
Le père Volpe et Don Dolindo furent suspendu de la célébration de la messe.
À partir de décembre 1907, à Rome, le Saint-Office fit passer un interrogatoire à Don Dolindo (il fut observé pendant environ 4 mois), le condamna à une suspense de son ministère sacerdotal (interdiction de dispenses les sacrements) parce qu’il refusait de revenir sur ce qu’il avait discerné, et la soumit à une évaluation psychiatrique (qui le confirma sain d’esprit). Il fut renvoyé à Naples et expulsé de sa communauté. Considéré comme un fou, il dut accepter d’être exorcisé.
Il fut publiquement humilié par la presse. Don Dolindo et le Père Volpe furent complètement marginalisés.
Il put reprendre son ministère le 8 août 1910.
Mais, en décembre 1911, Don Dolindo est de nouveau convoqué à Rome. Là, il sera interné dans une sorte de prison sacerdotale du Saint-Office, avant d’être renvoyé à Naples en 1912.
En 1921, il subit un nouveau procès au terme duquel il sera condamné et exilé.
Don Ruotolo accepta dans l’humilité et l’obéissance toutes ces humiliations qui l’unissait Christ souffrant.
Iil dût attendre le 17 juillet 1937 pour être totalement réhabilité. Il a alors 55 ans.
L’apostolat
Il fut alors nommé curé de l’église San Giuseppe dei Vecchi dans le cœur historique de Naples, où il lança L’Œuvre de Dieu (“Opera di Dio”), centrée sur l’Eucharistie, pour affermir ses paroissiens dans la foi. Une foule de personnes rejoignirent la petite association et se mirent sous sa direction spirituelle.
Il impulsa ensuite la Presse apostolique (“Apostolato Stampa”), une œuvre missionnaire visant écrire et publier des contenus religieux.
Don Dolindo écrivit un Commentaire des Saintes Écritures en 33 volumes, qui connut un grand succès. Mais également nombreux ouvrages théologiques, ascétiques et mystiques, et autres écrits de doctrine chrétienne. Il entretient une abondante correspondance, notamment avec le Padre Pio. Ce dernier il disait aux pèlerins napolitains qui venaient à San Giovanni Rotondo : “Pourquoi venez-vous ici alors que vous avez un saint chez vous, Dom Ruotolo !”
Le tableau du Christ
Jésus demanda a Don Dolindo de faire peindre son visage, tel tel qu’il l’avait vu lors de ses visions mystiques.
Aussi, quelques années avant sa mort, Don Dolindo demanda à l’artiste Lucia Altomare La Porta, l’une de ses filles spirituelles, de réaliser ce tableau en lui donnant tous les détails.
Lucia échoua les trois premières fois. Alors, Don Dolindo, l’a bénit et lui dit ces mots : “Maintenant tu ne dois plus t’inquiéter, abandonne-toi à Jésus et ce n’est plus toi qui le peindra, mais Jésus qui le fera de ses propres mains”. Et, au terme de cette quatrième peinture, Don Dolindo constata sans hésitation : “Oui, c’est Lui.”
Jésus remercia Lucia par ces mots : “Pendant que tu me peignais, et que ton pinceau trempé dans ton amour dessinait les traits de mes yeux, je te regardais, toi et ta famille”.
Puis, au dos de la peinture, Don Dolindo écrivit cette phrase que lui transmis Jésus : “Chaque copie de cette image est comme un cri, une prière à mon Royaume d’Amour”.

En 1960, un accident vasculaire-cérébral paralysa son côté gauche. Toutefois, cela ne l’empêcha pas de continuer ses activités et ses directions spirituelles, notamment par écrit. Don Dolindo mourut à la suite de plusieurs années de souffrances physiques le 19 novembre 1970.
Avant de mourir, Don Dolindo Ruotolo dit : “Fais confiance à Dieu ! Quand tu viendras auprès de ma tombe, frappe, même d’outre-tombe je te répondrai : fais confiance à Dieu !” Cette phrase est gravée sur sa tombe qui est située dans l’église San Giuseppe dei Vecchi e Immacolata di Lourdes, le long de la nef menant à la chapelle de Lourdes et attire aujourd’hui de nombreux fidèles. Son frère Elio repose également dans cette église dont il fut aussi curé.
Jésus nous dit : “Ne t’agite pas, ferme les yeux et dis-moi avec confiance : Que ta volonté soit faite. À toi d’y penser pour moi.“
Aujourd’hui, les Filles spirituelles (“Figlie spirituali”) de Don Dolindo entretiennent sa mémoire et ses enseignements dans la Petite maison de l’Écriture (“Piccola Casa della Scrittura”).
L’archidiocèse de Naples a ouvert sa cause en béatification, lui donnant ainsi le titre de “serviteur de Dieu”. Une enquête diocésaine récolte actuellement ses écrits et les témoignages des personnes l’ayant connu.
Toutefois, lorsque l’on entre son nom dans le moteur de recherche du site Internet du diocèse de Naples, il n’y a aucun résultat ; comme s’il n’avait jamais existé.
L’Acte d’abandon à Jésus
Jésus aux âmes : « Pourquoi vous troublez-vous en vous agitant ainsi ? Confiez-moi vos problèmes et tout s’apaisera. En vérité, je vous le dis, tout acte d’abandon vrai, confiant et total en moi, produit l’effet que vous désirez et résout les situations épineuses. S’abandonner à moi ne signifie pas se tourmenter, s’inquiéter et désespérer en m’adressant ensuite une prière agitée pour que j’agisse selon votre souhait ; mais c’est changer l’agitation en prière. S’abandonner signifie fermer calmement les yeux de l’âme, détourner votre esprit de toute tribulation, et s’en remettre à moi pour que moi seul œuvre, en me disant : ‘Je te confie cela. À toi d’y penser pour moi.’
La préoccupation, l’agitation et le souci des conséquences sont contraires à l’abandon. Fermez les yeux et laissez-vous porter par le courant de ma grâce. Fermez les yeux et laissez-moi agir. Fermez-les yeux et pensez à l’instant présent, en détournant vos pensées du futur comme d’une tentation. Reposez-vous en moi en croyant en ma bonté, et je vous assure par mon amour, qu’en me disant avec ces dispositions de cœur : ‘Jésus, à toi d’y penser pour moi’, moi j’y penserai vraiment. Je vous consolerai, je vous libèrerai, je vous guiderai. Et lorsque je devrai détourner vos pas du chemin que vous envisagez de prendre, je vous porterai dans mes bras, et vous vous trouverez comme des enfants endormis dans les bras de leur mère, marchant sur la bonne voie.
Ce qui vous perturbe et qui vous cause un mal immense, c’est votre raisonnement, votre pensée, votre obsession, et le fait de vouloir à tout prix résoudre vous-même ce qui vous afflige. Ô combien de choses j’accomplis, lorsque l’âme, tant dans ses nécessités spirituelles que dans ses nécessités matérielles, se tourne vers moi en disant : ‘À toi d’y penser pour moi’, puis ferme les yeux et se repose !
Vous, dans la douleur, vous priez pour que j’œuvre. Mais vous priez pour que j’œuvre comme vous le souhaitez. Vous ne vous en remettez pas à moi, mais vous voulez que je m’adapte à vos idées. Vous n’êtes pas des infirmes qui demandent un traitement au médecin, mais vous le lui suggérez. Ne faites pas ainsi, mais priez comme je vous l’ai enseigné dans le Notre Père : ‘Que ton nom soit sanctifié’, c’est-à-dire qu’il soit glorifié dans ce besoin qui est mien ; ‘Que ton règne vienne’, c’est-à-dire que tout ce qui m’arrive concoure à ton règne, en nous et dans le monde ; ‘Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel’, c’est-à-dire, dispose chaque chose comme tu le souhaites pour notre vie éternelle et temporelle.
Si vous me dites vraiment ‘Que ta volonté soit faite’, c’est-à-dire ‘À toi d’y penser pour moi’, j’interviens avec toute ma puissance, et je résous les situations les plus fermées. Tu t’aperçois que le malheur presse au lieu de disparaître ? Ne t’agite pas, ferme les yeux et dis-moi avec confiance : ‘Que ta volonté soit faite. À toi d’y penser pour moi’.
Je te le dis, j’y pense, j’interviens comme un médecin et j’accomplis un miracle s’il le faut. Tu t’aperçois que la situation empire ? Ne te trouble pas, mais ferme les yeux et dis : ‘À toi d’y penser pour moi’. Je te le dis, j’y pense, et il n’y a pas de traitement plus puissant que mon intervention d’amour. J’y pense seulement quand vous fermez les yeux. Quand tu vois que les choses se compliquent, dis en fermant les yeux de l’âme ‘Jésus, à toi d’y penser pour moi’.
Fais ainsi pour toute nécessité. Faites ainsi, vous tous, et vous verrez de grands, incessants et silencieux miracles. Je vous l’assure par mon amour. » (Source)