Dans l’histoire du Salut, la France, la fille aînée de l’Église, possède une vocation propre et un destin singulier. Retraçons son histoire pour les comprendre.
Le Sacré Cœur (Sainte Marguerite Marie Alacoque, à Paray-le-Monial)
En 1689, emande la consécration de la France au Sacré-Cœur, dans la continuité de la demande de consécration faite à Paray-le-Monial.
Le pape Benoît XV a estimé dans la bulle de canonisation de Marguerite-Marie que cette demande est authentique.
La Messe Perpétuelle (Claire Ferchaud, à Loublande)
“L’Eucharistie est source et sommet de toute la vie chrétienne (LG 11). Les autres sacrements ainsi que tous les ministères ecclésiaux et les tâches apostoliques sont tous liés à l’Eucharistie et ordonnés à elle. Car la sainte Eucharistie contient tout le trésor spirituel de l’Église, c’est-à-dire le Christ lui-même, notre Pâque (PO 5)”. (Catéchisme de l’Église catholique §1324)
Claire Ferchaud est une mystique vendéenne née le 5 mai 1896 et décédée le 29 janvier 1972.
En 1917, elle porte une demande de consécration de la France au Sacré-Cœur, dans la continuité de la demande faite à Paray-le-Monial.
Plus tard, elle dit avoir reçu la vision d’une “Messe Perpétuelle”. Il s’agirait la Messe du Pape pour toutes les nations du monde. Ensuite, des prêtres se succèderaient au même autel, 24 heures sur 24, pour que la messe ne s’arrête jamais. Le but serait de réconcilier le monde avec Dieu. Il est question d’une nouvelle Pentecôte sur la France et sur le monde et bien d’autres promesses.
Cette vision s’inscrit dans la continuité de la dévotion catholique ; notamment :
- l’adoration perpétuelle (or la Messe est l’acte d’adoration de l’Église, dit le Catéchisme de l’Eglise Catholique),
- la liturgie des Heures (qui vise à rendre présente l’heure de la Croix),
- les congrès eucharistiques internationaux (qui depuis leur création visent à renforcer l’amour de l’eucharistie),
- les 3 jours de messes ininterrompues ordonnées par Pie XI en 1935 à Lourdes pour demander la paix et lutter contre la diffusion du péché.
Le livre des Nombres 2, 2-4 semble préfigurer cet avènement. En effet, il nous dit que chaque tribu campe derrière son étendard, dans un ordre précis, autour du Sacrifice Perpétuel. D’où l’apposition du Sacré-Cœur sur le drapeau de la France, fille aînée de l’Eglise, pour amener toutes les nations à suivre son exemple et à se regrouper autour du nouveau Sacrifice Perpétuel : la Messe Perpétuelle, pour réconcilier tous les enfants de Dieu avec leur Père, rendre visible l’incessante intercession du Christ pour nous (“Mon Père est toujours à l’œuvre, et moi aussi, je suis à l’œuvre.” (Jn 5, 17). Le Christ “est toujours vivant pour intercéder en notre faveur” (He 7, 25).
En 1940, Claire Ferchaud obtient un miracle de multiplication des pains pour une centaine de soldats français en déroute. Ni elle ni sa famille n’ont jamais su quel était le rôle de ce miracle. Cependant, l’Église dit que les deux fondements scripturaires de l’eucharistie sont la multiplication des pains et les noces de Cana. Dans les deux cas, on trouve des références à l’Ancien Testament, qui évoquent un rassemblement de tous les rescapés d’Israël dans la “Maison de prière pour tous les peuples” et une activité qui ne cesse “ni le jour ni la nuit”.
Cela s’inscrit dans le dessein divin de réconcilier les hommes et la Création avec Dieu.
Au service de ce dessein, la France a pour vocation de faire connaître et aimer Dieu par le Sacré-Coeur, et de lui ramener toutes les nations.
Pape Pie X à la France : “Lève-toi, lave tes souillures qui t’ont défigurée, réveille dans ton sein tes sentiments assoupis et le pacte de notre alliance, et va Fille aînée de l’Eglise, nation prédestinée, vase d’élection, va porter, comme par le passé, mon nom devant tous les peuples et les rois de la terre.” (1911)
Le sujet semble remonter au péché originel.
Claire Ferchaud précisa que la Messe Perpétuelle serait donnée :
- soit par le consentement de l’Eglise (En 1945 Pie XII avait dit oui, l’évêque de Poitiers de l’époque s’y opposa, les demandes suivantes ne furent pas condamnées, mais jugées “pas opportunes”),
- soit au milieu de telles catastrophes que l’humanité ne serait plus qu’un cri de détresse vers le Père.
Il n’est pas trop tard et toutes les prophéties peuvent être amendées par la conversion (cf les Ninivites).
Aujourd’hui, de petits pélerinages se rendent à Loublande et dont une nuit de messes est célébrée en août dans l’eprit de la Messe Perpétuelle.
Citations de Claire Ferchaud sur le sujet de la Messe Perpétuelle :
« Je n’ai pas 15 ans, que sans en saisir la portée, j’entrevois une procession indéfinie de Vierges, dont la blancheur symbolique doit renforcer mon sacrifice…tandis qu’elles adorent et s’offrent à la Majesté de Dieu, tout s’anime dans la nature, les pierres elles-mêmes sont une prière – « Introïbo…Sanctus…Agnus Dei » ; et cela toujours, toujours, sur un Autel Unique ; et par là seulement – Tout sera réglé entre le ciel et la terre. Si je ne comprends pas encore, je ne rêve pas non plus… Une âme s’ébauche en moi, elle grandira, elle envahira toutes mes facultés, elle deviendra la puissance motrice de ma vie. »
“[…]Debout, à genoux, perdue dans une contemplation sereine, je voyais une multitude de lévites, montant et descendant pour remonter encore et toujours, à l’Autel de l’Immolation continuée…Dans une Ciel ouvert, des Introïbo…des Sanctus en harmonie angélique, alors que Dieu le Père, agréant la Seule Victime Pure Jésus, tend ses bras de pardon à l’humanité exténuée.”
“Des prêtres tout occupés de Dieu, de satisfaire à Sa Justice par la Messe Perpétuelle sur un Autel Unique, répondre au péché criant, hurlant sa haine – « Pardon, pardon par le Sang divin… »
« De même que les Sacrifices de l’Ancienne Loi n’étaient que l’offrande des hommes pour l’adoration et l’expiation dues à Yahweh – offrande imparfaite dans l’attente du seul et parfait Sacrifice de la Croix -, ainsi en notre temps de la perversion, de l’athéisme officiel monstrueux des individus et des Nations, le sacrifice d’âmes généreuses, les actes de piété, la multiplicité des œuvres semblent insuffisants pour endiguer le mal, redresser les esprits, éteindre les haines et attirer le pardon et la paix de Dieu sur les peuples. Il ne s’agit plus d’une portion du globe, c’est toute la terre qui, dans un océan d’orgueil, brave son Créateur et son Souverain.
C’est donc au nom de l’Univers qu’un Autel, sur un point unique, ferait monter vers le Père, Dieu Eternel, sans interruption, le Seul Très Saint, l’Unique efficace Sacrifice de l’Agneau sans tache, la sublime adoration, la profonde action de de grâces, l’intégrale expiation, l’irrésistible imploration.
Sacrifice divin, centre et union de toute vie religieuse, de toute acte s’adressant au Seigneur, de tout apostolat, de toute famille, de toute vie humaine, afin que l’Auguste Trinité ne voie plus la terre que par ce divin Creuset où les pauvres actes de vertus sont changés en l’Amour d’un Dieu offert à Dieu »
« C’est d’ici que partira ce feu qui doit embraser le monde. Ce sera alors l’Église victorieuse et l’Enfer à jamais vaincu.”
“La confidence de ce projet fut faite en 1922 au Rd Père Lémius ; la brusquerie de sa réponse me coupe net -« Vous n’y pensez pas !…jamais l’Église n’acceptera une chose pareille. » En 1935 [NB : Triduum de Lourdes ordonné par Pie XI] je tiens ma revanche… »Vous me disiez, Père, que jamais l’Église n’accepterait, voyez Lourdes. » – « C’est vrai, reprend-il, c’est un pas de fait, mais attendez… »
“Attendre, attendre toujours et puis mourir. Quel feu dévastant la terre faudra-t-il pour que le linceul du « Requiescat in pace se transforme en Corporal d’Autel”.