On rencontrait chez les apôtres une “idée fixe comme celle d’un maniaque”, celle de “la gloire et l’indépendance nationales” (Valtorta, 455.8). Jésus rééduque notre regard blessé par le péché originel et alourdi par une pensée trop humaine.
Tous frères du même Père
Jésus : “Je suis celui qui rassemblera sous une seule houlette toutes les nations, celles du Ciel.” (Valtorta, 129.5)
Messie signifie “roi de toutes les nations” et “Rédempteur” (Valtorta, 560.10)
Jésus : “Mon pouvoir est universel parce qu’universel est mon amour. Et ma doctrine est universelle parce que, pour elle, il n’y a pas de castes, ni de religions, ni de nations qui la limitent. Le Royaume des Cieux est pour l’humanité qui sait croire au vrai Dieu. Et je suis pour les personnes qui savent croire dans la puissance du vrai Dieu.” (Valtorta, 453.8)
Jésus : « comme sont tombés les égoïsmes et les incertitudes de l’homme [chez ceux qui sont venus à Jésus], ainsi sont tombées les idées politiques ou religieuses qui constituaient une sorte de muraille les empêchant de se considérer tous frères, tous égaux dans la vie et la souffrance, unis dans le même désir, le même espoir de santé et de réconfort. » (Valtorta, 531.2)
Jésus : “si les citoyens de toutes les nations suivaient mon enseignement, les haines, les guerres, les abus de pouvoir prendraient fin.” (Valtorta, 463.5)
Ce que veut réellement dire être roi
Jésus : “Dans mon Royaume, c’est en se faisant “petit” que l’on devient “grand”. Celui qui veut être “grand” aux yeux du monde n’est pas apte à régner dans mon Royaume. C’est de la paille pour le lit des démons. Car la grandeur du siècle s’oppose à la Loi de Dieu.
Le monde appelle “grands” ceux qui savent s’emparer des meilleures places, presque toujours par des moyens illicites. Pour y arriver, ils utilisent le prochain comme un escabeau sur lequel ils s’élèvent en le foulant aux pieds. Il appelle “grands” ceux qui, pour régner, savent tuer, tuer moralement ou physiquement, qui extorquent les places ou conquièrent les pays et s’enrichissent eux-mêmes en dépouillant les autres de richesses particulières ou collectives. Souvent le monde donne le titre de “grands” à des criminels. Non : la “grandeur” n’est pas compatible avec la délinquance. Elle réside dans la bonté, l’honnêteté, l’amour, la justice. Voyez quels fruits empoisonnés vos “grands” vous offrent ! Ils les cueillent dans la perversion démoniaque de leur jardin intérieur !” (Valtorta, 35.9)
Jésus : “Vous souvenez-vous du chapitre 8 du premier livre des Rois ?
Les anciens d’Israël se rassemblèrent pour aller à Rama où résidait Samuel, et ils lui dirent : “Te voilà devenu vieux et tes fils ne suivent pas ton exemple. Établis-nous un roi pour qu’il nous juge, comme toutes les nations.”
Roi veut donc dire “juge”. Le roi devrait être un juste juge pour ne pas faire de ses sujets des malheureux dans le temps à cause de guerres, d’injustices, d’impositions injustes, ni dans l’éternité à cause d’un royaume de mollesse et de vice. Malheur à ces rois qui manquent à leurs devoirs, qui se bouchent les oreilles pour ne pas entendre les cris de leurs sujets, qui ferment les yeux sur les plaies de la nation, qui se rendent complices de la souffrance du peuple par des alliances contraires à la justice pour renforcer leur puissance avec l’aide de leurs alliés !” (Valtorta, 451.3)
Avoir de justes relations avec les autres peuples
Jésus : « Rappelez-vous également ceci : craignez plutôt les alliances faciles et les flatteries d’un étranger que ses légions. En effet, tant que vous resterez fidèles aux lois de Dieu et de la patrie, vous vaincrez, même si vous êtes encerclés par des armées puissantes. Mais quand vous serez corrompus par le poison subtil insinué comme un miel enivrant par l’étranger qui a formé des desseins contre vous, Dieu vous abandonnera à cause de vos péchés, et vous serez vaincus et assujettis, sans que votre faux allié livre la moindre bataille sanglante contre vous.
Malheur à celui qui n’est pas sur le qui-vive comme une sentinelle vigilante, et ne repousse pas les pièges subtils d’un voisin finaud et faux, d’un allié ou d’un maître qui commence sa domination chez les particuliers, en affaiblissant leur cœur et en les corrompant par des us et coutumes qui ne sont pas les nôtres, qui ne sont pas saints, et qui par conséquent nous rendent désagréables au Seigneur ! Malheur ! Rappelez-vous toutes les conséquences subies par la patrie lorsque certains de ses enfants ont adopté les modes de vie de l’étranger pour gagner ses bonnes grâces et en tirer profit. C’est un bon exemple que la charité envers tous, même envers les peuples qui ne partagent pas notre foi, qui n’ont pas nos coutumes, qui nous ont nui au cours des siècles. Mais l’amour pour ces peuples, qui sont toujours notre prochain, ne doit jamais nous faire renier la Loi de Dieu et de notre patrie au nom du calcul des profits qu’on pourra ainsi soutirer à nos voisins. Non. Les étrangers méprisent les hommes serviles jusqu’à répudier les fondations les plus saintes de la patrie. Ce n’est pas en reniant son père et sa mère — Dieu et la patrie —, que l’on obtient le respect et la liberté. » (Valtorta, 596.15)
S’abstenir d’un vain orgueil national
Jésus : “le culte que l’on rend à Dieu, c’est l’amour pour lui ; or l’amour se manifeste et se consume dans le cœur, non pas par les pierres taillées, les bois précieux, l’or et les parfums. Plus qu’à honorer le Seigneur, cet aspect extérieur est propre à satisfaire l’orgueil d’une nation ou d’une ville […] Il est absurde de distinguer les régions et les villes d’après la beauté particulière de leurs lieux de prière ! […] le culte [doit venir] du cœur, au lieu d’être exprimé par les pierres et les bois, ou encore par des vêtements, des cymbales et des chants dont toute vie spirituelle est bannie.” (Valtorta, 556.6-7)
Un peuple qui se détourne de Dieu s’oriente vers des conséquences catastrophiques
Jésus : “les péchés des individus s’accumulent et provoquent le châtiment des nations” (Valtorta, 131.2)
Jésus : “comment Dieu peut-il aider à l’édification de la maison s’il sait que ses futurs habitants, qui ne montrent pas d’amour pour leurs voisins, n’ont pas le Seigneur dans le cœur ? Et comment protégera-t-il les villes et renforcera-t-il leurs défenseurs si, à cause de la haine dont elles font preuve envers leurs voisines, il ne peut y demeurer ?” (Valtorta, 556.6)
Jésus : “malheur au peuple qui ne s’en sert pas comme défense, guide et soutien contre ces puissants ennemis d’une nation que sont l’immoralité des citoyens, la révolte contre les chefs, la désunion entre les classes et les partis, les péchés contre Dieu et contre le prochain, l’irréligion, car ce sont là des éléments de désagrégation pour eux-mêmes et la cause des punitions célestes qu’ils provoquent !” (Valtorta, 596.14)
Jésus : “Ce sont toujours les profanations du culte de Dieu, de la Loi de Dieu, qui provoquent les châtiments du Ciel. En faisant de la Maison de Dieu une caverne de voleurs, ces prêtres indignes et ces indignes croyants (de nom seulement) attiraient sur tout le peuple malédiction et mort. Inutile de donner tel ou tel nom au mal qui fait souffrir un peuple. C’est celui-ci : “Punition d’une vie de brutes”. Dieu se retire, et le Mal s’avance. Voilà le fruit d’une vie nationale indigne du nom de chrétienne
Au cours des dernières décennies comme aujourd’hui, je n’ai pas manqué par des prodiges de secouer les âmes et d’appeler à la conversion. Mais, comme alors, je n’ai attiré sur moi et mes instruments que moquerie, indifférence et haine. Pourtant, les individus et les nations doivent se souvenir que leurs larmes sont vaines s’ils n’ont pas voulu reconnaître leur salut auparavant. C’est en vain qu’ils m’invoquent quand, à l’heure où j’étais avec eux, ils m’ont chassé par une guerre sacrilège qui, en partant de consciences particulières vouées au Mal, s’est répandue dans toute la nation. Les patries sont sauvées, moins par les armes que par une manière de vivre qui attire les protections du Ciel.” (Valtorta, 590.9, 30 mars 1947)
“Mon peuple n’a pas écouté ma voix,
Israël n’a pas voulu de moi.
Je l’ai livré à son cœur endurci :
qu’il aille et suive ses vues !
Ah ! Si mon peuple m’écoutait,
Israël, s’il allait sur mes chemins !
Aussitôt j’humilierais ses ennemis,
contre ses oppresseurs je tournerais ma main.
Mes adversaires s’abaisseraient devant lui ;
tel serait leur sort à jamais !
Je le nourrirais de la fleur du froment,
je le rassasierais avec le miel du rocher !”
(Ps 80, 12-17)
Refuser la lâcheté
Jésus : “S’allier par lâcheté aux puissants est une faute.” (Valtorta, 370.23)
Or, obéir au Très-Haut ôte peur et lâcheté (Valtorta, 372.6).
Respecter les lois nationales du moment qu’elles n’imposent pas de pécher
Jésus : “Payer les dîmes est une obligation et il faut le faire” (Valtorta, 414.7)
Ne pas se rebeller, mais se sanctifier pour obtenir l’aide et le pardon de Dieu qui libèrera, alors, le peuple en mettant un terme à ses tyrans
Jésus : “Ne vous dressez pas contre ceux qui gouvernent. Ce n’est pas par la révolte contre ses gouvernants que les nations se rendent grandes et libres, mais c’est par la conduite sainte des citoyens que l’on obtient l’aide du Seigneur. Lui, il peut toucher le cœur des gouvernants, leur enlever leur situation ou même la vie, comme c’est arrivé à plusieurs reprises dans notre histoire d’Israël, quand ils dépassent la mesure et spécialement lorsque le peuple, en se sanctifiant, mérite le pardon de Dieu qui, pour cette raison, fait disparaître l’oppression qui accablait ceux qui étaient punis.” (Valtorta, 383.6)
Jésus : “Pas de révoltes, elles ne servent à rien. Mieux vaut sanctifier l’autorité en l’imprégnant de notre sainteté. Ce sera un travail de longue haleine, mais il sera victorieux. Avec douceur et patience, sans folles hâtes, sans déviations humaines, sans révoltes inutiles, en obéissant là où l’obéissance ne nuit pas à l’âme elle-même, vous arriverez à faire de l’autorité, qui maintenant nous domine avec le paganisme, une autorité protectrice et chrétienne. Faites votre devoir de sujets envers l’autorité, comme vous accomplissez celui de fidèles envers Dieu. Appliquez-vous à voir en tout pouvoir souverains non pas un oppresseur, mais quelqu’un qui vous élève, car il vous donne la possibilité de le sanctifier par votre exemple, et de vous sanctifier par votre héroïsme.” (Valtorta, 371.7)
Choisir la vraie liberté
Jésus : “Aujourd’hui aussi, le peuple récrimine contre le Seigneur en disant : “Tu nous as amenés à mourir comme peuple et comme individus sous la domination des oppresseurs”. Et, à moi, il crie : “Fais-toi roi et délivre-nous”. Mais de quelle libération parlez-vous ? De quel châtiment ? De choses matérielles ? Mais dans les choses matérielles, il n’y a ni salut ni châtiment ! Un châtiment bien plus grand ou une libération bien plus grande sont à la portée de votre libre volonté, et vous pouvez choisir. Dieu vous l’accorde.” (Valtorta, 457.2)
Pourquoi Jésus n’encourage-t-il l’instauration d’un système politique idéal ?
Réponses :
- Pour éprouver exercer la charité envers nos frères, par la redistribution (interpersonnelle ?), et de « grands mérites » de la part de Dieu : récompense éternelle + effacent des fautes.
- Parce qu’il y aura toujours, inévitablement, des personnes plus douées pour le gain que les autres : « des pauvres vous en aurez jusqu’à la fin du monde comme il y aura toujours des grands et des petits en taille, des adultes et des enfants, des hommes et des femmes, des malades et des bien-portants »ref ?.
- Sa Loi est applicable tout de suite et par tous (contrairement à une utopie qui pourrait ne jamais se réaliser).
- Parce que c’est un honneur pour le riche de participer à la Providence (467.6).
- + moi : un bon système n’est pas assuré de durer, les paroles de Jésus si.
Enseignements de l’Église
Le devoir du souci de la chose publique
Pape Saint Jean-Paul II : “Les fidèles laïcs ne peuvent absolument pas renoncer à la participation à la politique […] tous et chacun ont le droit et le devoir de participer à la politique […]. Les accusations d’arrivisme, d’idolâtrie du pouvoir, d’égoïsme et de corruption, qui bien souvent sont lancées contre les hommes du gouvernement, du parlement, de la classe dominante, des partis politiques, comme aussi l’opinion assez répandue que la politique est nécessairement un lieu de danger moral, tout cela ne justifie pas le moins du monde ni le scepticisme ni l’absentéisme des chrétiens pour la chose publique.” (Exhortation apostolique post-synodale sur la vocation et la mission des laïcs dans l’Église et dans le monde, Christifideles Laici, n°42)
Pour le discernement en politique
Dans son discours du 30 mars 2006 aux participants au Congrès promu par le Parti populaire européen, le pape Benoît XVI énumère trois principes “non négociables” claires :
- la protection de la vie à toutes ses étapes, du premier moment de sa conception jusqu’à sa mort naturelle ;
- la reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille – comme union entre un homme et une femme fondée sur le mariage – et sa défense contre des tentatives de la rendre juridiquement équivalente à des formes d’union radicalement différentes qui, en réalité, lui portent préjudice et contribuent à sa déstabilisation, en obscurcissant son caractère spécifique et son rôle social irremplaçable ;
- la protection du droit des parents d’éduquer leurs enfants.
Ces principes ne sont pas des vérités de foi, même si ils reçoivent un éclairage et une confirmation supplémentaire de la foi; ils sont inscrits dans la nature humaine elle-même et ils sont donc communs à toute l’humanité.
Le Pape rappelle ces trois principes dans l’exhortation apostolique post-synodale Sacramentum Caritatis (22 février 2007) au paragraphe 83 :
“cela vaut pour tous les baptisés, mais s’impose avec une exigence particulière pour ceux qui, par la position sociale ou politique qu’ils occupent, doivent prendre des décisions concernant les valeurs fondamentales, comme le respect et la défense de la vie humaine, de sa conception à sa fin naturelle, comme la famille fondée sur le mariage entre homme et femme, la liberté d’éducation des enfants et la promotion du bien commun sous toutes ses formes. Ces valeurs ne sont pas négociables. Par conséquent, les hommes politiques et les législateurs catholiques, conscients de leur grave responsabilité sociale, doivent se sentir particulièrement interpellés par leur conscience, justement formée, pour présenter et soutenir des lois inspirées par les valeurs fondées sur la nature humaine. Cela a, entre autres, un lien objectif avec l’Eucharistie (cf. 1 Co 11, 27-29). Les Évêques sont tenus de rappeler constamment ces valeurs ; cela fait partie de leur responsabilité à l’égard du troupeau qui leur est confié.” (Sacramentum Caritatis, 22 février 2007, §83)
Saints ayant eu un rôle politique
Exemples : Saint Louis, Saint Jeanne d’Arc, Saint Ferdinand de Castille, Saint Thomas More…
Charlemagne considéré Saint par l’Église orthodoxe.