Un contexte relativiste
Le monde occidental contemporain est très largement relativiste.
Ainsi, le discours ambiant nous dit que la vérité est relative et qu’il n’y a pas de vérité unique.
Sur le plan religieux, la pensée relativiste nous dit qu’”il n’y a pas de vérité unique, mais que chacun détient une part de la vérité” ou encore que “toutes les religions sont des chemins différents menant au même but, à Dieu”.
En somme, personne n’a tort et tout le monde a raison.
D’ailleurs, aujourd’hui, le mot “dogme” est emprunt d’une certaine connotation péjorative associée à l’obscurantisme. Le dogmatisme religieux fut vivement critiqué par les scientifiques et les philosophes des Lumières et par les révolutionnaires.
À l’inverse, le relativisme est une vision typiquement maçonnique. Ainsi, l’ancien grand maître de la Grande Loge de France (GLDF), Pierre Simon, écrivait dans le journal Le Monde le 1er juillet 1970 : “Pour nous, il n’existe pas de vérités éternelles, il n’y a que des traditions, constamment remises en question” (source), y compris sur le plan de la morale.
Cette posture remplit deux fonctions :
- Elle est confortable, en ce qu’elle permet de juxtaposer des communautés hétérogènes dans une relative paix sociale ;
- Elle permet de nier le dogme, en particulier catholique.
Mais elle est fausse.
La vérité existe et elle est une
Que cela nous plaise ou non, le monde est composé de certaines vérités factuelles.
Exemple 2 : Si nous disons que nous sommes en Chine, alors que nous sommes en France, nous avons factuellement tort.
Et nombre d’entre elles étaient là avant nous et seront là après nous.
Exemple 1 : Si nous disons que 2+3=7, nous avons factuellement tort.
Affirmer que les différentes religions disent toutes la même chose avec un langage différent (comme le soutiennent les bahá’ís par exemple), est faux.
Exemple théologique : Le bouddhisme affirme que l’âme se réincarne sur Terre. Le christianisme affirme que la réincarnation n’existe pas. Ces deux affirmations théologiques sont inconciliables, donc au moins l’une des deux n’est pas vraie.
Exemple moral : L’islam affirme qu’un homme peut avoir jusqu’à quatre épouses simultanément. Le christianisme affirme qu’un homme ne peut avoir qu’une seule épouse. Ces deux affirmations morales sont inconciliables, donc au moins l’une des deux n’est pas vraie.
La vérité nécessite bien plus que le fait d’adhérer de toutes ses forces aux dires de nos parents, de nos professeurs, de notre société. La vérité implique une exigence radicale, en ce qu’elle doit être vérifiée par les faits.
Exemple : Lorsque l’islam affirme que la Bible a été modifiée, il ne doit pas se contenter de l’affirmer pour que cela soit véridique. Il doit apporter la preuve de son accusation en expliquant qui a fait cela, quand, comment, pourquoi et quels sont les passages concernés. À ce jour, aucun imam n’est en mesure d’apporter ces éléments. L’affirmation selon laquelle la Bible aurait été modifiée n’est qu’un récit qui se répète de génération en génération, sans fondement historique, archéologique ou scripturaire.
À l’inverse,
- les découvertes de Qumran, en 1947, donnant lieu à des fouilles de 1949 à 1956, vont exhumer près de 100.000 fragments de 200 manuscrits bibliques rédigés sur des parchemins et des papyrus, entre le troisième siècle avant J.-C. et l’an 68 après J.‑C. ;
- et les 500 manuscrits des textes de Nouveau Testament antérieurs à l’an 500, ainsi que les écrits des Pères de l’Église,
permettent de constater l’absence de modifications de la Bible.
La Vérité est une Personne
En tant que chrétien, nous croyons que la vérité n’est pas relative, mais absolue.
Mieux, nous croyons que la Vérité est une Personne, avec un visage et un nom.
Jésus ne nous dit pas “je vais vous montrer la vérité” ou encore “nous allons chercher la vérité ensemble”. (C’est là le rôle des philosophes.)
Jésus nous dit : “Je suis la Vérité” (Jn 14, 6).
Il s’agit de son identité propre.
Cela est cohérent si, comme les apôtres, nous croyons que Jésus est Dieu. En effet, seul Dieu peut dire – sans orgueil ni mensonge – “Je suis la Vérité”.
Les philosophes sont des humains qui, à force d’expériences, d’observations, d’échanges, de lectures et de réflexions, échafaudent progressivement une compréhension du monde personnelle qui leur semble juste. Ainsi, leur pensée se construit, évolue et s’affine dans le temps. Celle-ci peut, ensuite, être véhiculée et complétée par des “disciples” formant une “école philosophique”.
Or, la pensée de Jésus n’évolue pas. Il ne cherche pas la vérité. Il la révèle. En ceci, il n’est pas un philosophe. Ainsi, le contenu de ses échanges à l’âge de douze ans avec les docteurs du Temple et l’enseignement qu’il tiendra, vingt ans plus tard, à la même place, demeurent inchangés (Valorta, 486.3). Plus largement, Jésus “est pareil, au dernier jour, comme au premier de cette terre. Celui qui est comme le Père ne connaît pas de vieillissement dans sa nature divine.” (Valtorta, 589.6).
Ainsi peut-il affirmer, en pleine conscience et assurance, que “le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas” (Mt 24, 35).
Depuis toujours, l’être humain recherche la vérité. Comme la Samaritaine, il a, au fond de son puits intérieur, désespérément soif de vérité. Jésus est venu pour étancher notre soif : seule son eau peut nous désaltérer éternellement. Toute la vie chrétienne consiste à rechercher la vérité.
Jésus nous y encourage en nous disant “qui cherche trouve” (Mt 7, 8). Il nous invite à être des chercheurs de vérité. Des enquêteurs du réel, tant matériel que surnaturel. Car il sait que “la vérité nous rend libres” (Jn 8, 32).
Jésus prouve ce qu’il affirme
Jésus ne s’est pas contenté d’affirmer être Dieu, il l’a prouvé par des miracles.
C’est pourquoi, Jésus répond à ses accusateurs :
Jésus : “si vous ne me croyez pas, croyez les œuvres. Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus, que le Père est en moi, et moi dans le Père.” (Jn 10, 38)
L’aveugle de naissance à qui Jésus a rendu la vue, le constate et répond aux pharisiens :
L’aveugle guéri : “Dieu, nous le savons, n’exauce pas les pécheurs, mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce. Jamais encore on n’avait entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance. Si lui n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire.” (Jn 9, 31-33)
Il en a donné bien des signes, comme le rapporte l’apôtre Saint Jean :
Saint Jean apôtre : “Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.” (Jn 20, 30-31)
L’engagement d’Edifiant.fr consiste à mettre en lumière ces preuves et à écouter Celui qui est la Vérité.
La quête de vérité est comme l’escalade
Pour grimper, il faut trouver de bonnes prises. Or, en dépit des apparences, beaucoup de prises s’avèrent friables, inutiles, voire dangereuses. Dès lors, l’enseignement du Christ apparaît comme le plus sûr chemin vers le Ciel.
L’Amour est la plus grande des vérités
Parmi toutes les vérités, celle qui demeurera pour toujours est l’Amour, en ce que Dieu est Amour (1 Jn 4, 8) et que Dieu est éternel :
Saint Paul apôtre : “L’amour ne passera jamais. Les prophéties seront dépassées, le don des langues cessera, la connaissance actuelle sera dépassée. En effet, notre connaissance est partielle, nos prophéties sont partielles. Quand viendra l’achèvement, ce qui est partiel sera dépassé.
Quand j’étais petit enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Maintenant que je suis un homme, j’ai dépassé ce qui était propre à l’enfant.
Nous voyons actuellement de manière confuse, comme dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement, ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai parfaitement, comme j’ai été connu. Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité.” (1 Co 13, 8-13)
Voilà pourquoi l’homme est créé par Amour et destiné à l’Amour. Comment le constate Saint Augustin : “[Dieu] nous a faits pour [Lui] et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en [Lui].” (Saint Augustin, Confessions, I, 1, 1).
Amour et vérité ensemble
La vie catholique est un chemin tracé sur une ligne de crête, où il faut tenir l’équilibre entre deux polarités.
Ainsi :
- La vérité sans charité peut-être traumatisante et blesser la dignité de la personne.
- La charité sans vérité peut-être inopérante et empêcher l’ascension de la personne.
Être catholique c’est donc tenir ensemble la vérité et la charité.
“[…]
Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent ;
la vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice.
Le Seigneur donnera ses bienfaits, et notre terre donnera son fruit.
La justice marchera devant lui, et ses pas traceront le chemin.”
Accéder à la vérité révélée par la raison
L’Église a toujours enseigné que l’être humain peut, par l’exercice de sa seule raison naturelle, arriver à la certitude que Dieu existe et, donc, à sa révélation :
Concile Vatican I : “La sainte Mère Église, tient et enseigne que Dieu, principe et fin de toutes choses, peut être connu avec certitude par la lumière naturelle de la raison humaine à partir des choses créées, car, “depuis la création du monde, ce qu’il y a d’invisible se laisse voir à l’intelligence grâce à ses œuvres” (Rm 1, 20).” (Constitution dogmatique Dei Filius, promulguée par le pape Pie IX le 24 avril 1870 ; Denzinger 3004)
Concile Vatican I : “Si quelqu’un dit que le Dieu unique et véritable, notre Créateur et Seigneur, ne peut être connu avec certitude par ses œuvres grâce à la lumière naturelle de la raison humaine, qu’il soit anathème.” (Constitution dogmatique Dei Filius, 24 avril 1870 ; Denzinger 3026)
Pape Saint Pie X : “Et d’abord, je professe que Dieu, principe et fin de toutes choses, peut être certainement connu, et par conséquent aussi, démontré à la lumière naturelle de la raison “par ce qui a été fait” (Rm 1, 20), c’est-à-dire par les œuvres visibles de la création, comme la cause par les effets.” (Serment anti-moderniste, 1er septembre 1910 ; Denzinger 3538)
Pape Pie XII : “On sait combien l’Église estime la raison humaine dans le pouvoir qu’elle a de démontrer avec certitude l’existence d’un Dieu personnel, de prouver victorieusement par les signes divins les fondements de la foi chrétienne elle-même, d’exprimer exactement la loi que le Créateur a inscrite dans l’âme humaine et enfin de parvenir à une certaine intelligence des mystères, qui nous est très fructueuse.” (Encyclique Humani Generis, 12 août 1950)
Concile Vatican II : “Dieu, principe et fin de toutes choses, peut être connu avec certitude par la lumière naturelle de la raison humaine à partir des choses créées (cf. Rm 1, 20).” (Constitution dogmatique sur la Révélation divine, Dei Verbum 6, 18 novembre 1965)
Catéchisme de l’Église Catholique de 1992 : “Créé à l’image de Dieu, appelé à connaître et à aimer Dieu, l’homme qui cherche Dieu découvre certaines “voies” pour accéder à la connaissance de Dieu. On les appelle aussi “preuves de l’existence de Dieu”, non pas dans le sens des preuves que cherchent les sciences naturelles, mais dans le sens d’“arguments convergents et convaincants” qui permettent d’atteindre à de vraies certitudes.” (CEC, Les voies d’accès à la connaissance de Dieu, §31)
L’apologétique est une disciple visant à montrer la véracité du catholicisme par l’usage d’arguments strictement rationnels (histoire, philosophie, science).