Wikipédia, une encyclopédie pas très catholique

Pape Saint Jean-Paul II : “Dans le monde d’aujourd’hui, si fortement influencé par les médias, le personnel de l’Église a besoin au moins d’une compréhension pratique de l’impact que les nouvelles technologies de l’information et les médias de masse ont sur les individus et la société.” (Instruction pastorale Aetatis Novae, n°18, 1992)

Le pouvoir des médias

Les médias représenteraient le “quatrième pouvoir”, face aux pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. Contrôler les médias permet d’influencer les pensées et d’orienter les actes. Le succès d’Hollywood procure aux intérêts américains un levier bien plus puissant que la plus performante des armées.

Autrefois, l’encart “Vu à la TV” était apposé sur certains prospectus comme un gage de sérieux et d’autorité. Aujourd’hui, la formule “Lu sur Wikipédia” pourrait avoir un effet analogue.

Le première source d’information au monde et de toute l’histoire humaine

L’encyclopédie en ligne Wikipédia, ouverte le 15 janvier 2001, est aujourd’hui le premier média d’information au monde. Nous avons besoin de connaître une date ? De parcourir une bibliographie ? D’éclaircir un concept ? Comme beaucoup, nous utilisons Wikipédia (quasi) quotidiennement. De par sa facilité d’utilisation, son fonctionnement participatif, son ampleur et son référencement privilégié sur les outils de recherche, Wikipédia est rapidement devenu incontournable, se hissant dans le top 10 des sites les plus visités au monde dès 2007 et gagnant une position quasi monopolistique dans le domaine des encyclopédies en ligne.

Wikipédia en quelques chiffres

À l’échelle mondiale (toutes langues confondues) :

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Wikipédia:Statistiques

À l’échelle française/francophone :

France :

Francophonie :

  • Plus de 2,4 millions d’articles
  • Environ 600.000 modifications par mois
  • Environ 9000 nouveaux articles par mois

Source : https://meta.wikimedia.org/wiki/Wikimédia_France/Statistiques

À l’échelle anglophone :

https://en.wikipedia.org/wiki/Wikipedia:Size_of_Wikipedia

L’histoire de Wikipédia

Lancé grâce à l’argent de la pornographie

En 1996, trois financiers – Jimmy Wales, Tim Shell et Michael Davis – s’associent pour créer le site Internet Bomis.com. Leur but est de produire des contenus en ligne qui leur permettront de vendre des espaces publicitaires aux annonceurs. Rapidement, ils s’orientent la vente d’images érotiques et pornographiques.

En parallèle, Bomis lance, le 9 mars 2000, Nupedia, une encyclopédie généraliste en ligne. Ils embauchent Larry Sanger comme éditeur en chef. Face à la rédaction lente et laborieuse des articles, Lary Sanger propose d’utiliser le concept de wiki (inventé par Ward Cunningham) pour faire rédiger les articles par des internautes bénévoles directement en ligne. Wikipedia est né et va rencontrer un succès exponentiel.

Rapidement après, Bomis cesse de financer le poste Larry Sanger, le poussant vers la sortie. Il démissionne le 1er mars 2022.

La Wikimedia Foundation (WMF) est crée le 20 juin 2003 pour abriter le projet, avec pour conseil d’administration Wales, Shell et Davis.

Du planning familial à Wikipédia

Aujourd’hui, la Wikimedia Foundation est dirigée par la juriste Maryana Iskander qui fut auparavant la directrice de l’exploitation (COO) du planning familial de New York.

Ses prétentions

L’originalité de Wikipédia repose sur plusieurs grandes

Le processus collaboratif

Wikipédia se veut être une encyclopédie participative où chacun peut écrire et améliorer les articles qu’il souhaite, en respectant quelques règles communes, en vue d’améliorer continuellement les contenus du site.

La primauté de la vérité

La possibilité de corriger une information erronée.

Un projet à but non lucratif

Nous allons voir que ces belles prétentions cachent une réalité moins radieuse.

Le lexique wikipédien

  • Vandale :
  • POV (pour point of view ; point de vue) : préjugé
  • POV-pushing : entrisme
  • POV-pusher : une sorte de vandale sournois.
  • Assertion : tu ne possèdes pas la vérité contrairement à moi
  • Plagiat :
  • Copyvio pov : insulte wikipédienne autorisée
  • Comité d’arbitrage : sorte de procès où chacune des parties expose ses griefs et plaide, avec la contribution de témoins qui accusent ou défendent
  • CU : contrôle des adresses IP de plusieurs utilisateurs de Wikipédia pour vérifier s’il s’agit de la même personne

La réalité

Qui dit organisation, dit règles. Il est normal que les fondateurs de Wikipédia se soient dotés de règles pour organiser l’aspect collaboratif de leur site.

S’il faut beaucoup de temps à l’arbre pour pousser, il en faut peu pour l’abattre. Il est donc clair que des mesures de protection doivent être prises contre les potentiels trolls et les saboteurs.

Mais, avec le temps, ces règles finissent par révéler des biais intrinsèques en raison des postulats sur lesquelles elles reposent.

Mais, au cours de nos recherches, nous avons constaté que de nombreuses pages de cette encyclopédie en ligne pouvaient être insuffisantes, voire caricaturales. Pire : contrairement au principe d’amélioration continue, certaines de ces pages pouvent être fossilisées et impossibles à améliorer. En tant que catholique, nous avons constaté que des pages en lien avec notre religion étaient concernées, dupant bien des lecteurs, croyants ou non. À titre d’exemples, les pages de l’apôtre Saint Jean, du Linceul de Turin, de Maria Valtorta ou du curé d’Ars sont, à l’heure où nous écrivons, des cas d’école.

La partialité de Wikipédia, ses biais et leurs conséquences ont déjà été traités dans des articles, des documentaires ou des publications universitaires. Ici, nous proposerons pour la première fois d’aborder ce sujet sous un angle catholique.

La guerre de l’image

Les médias révèlent régulièrement des cas d’entreprises ou de personnalités qui ont directement essayé d’améliorer leur page Wikipédia.

Exemples :

  • Dans le monde politique : Marlène Schiappa, Juan Branco, Stéphane Le Rudulier, etc.
  • Dans le monde économique : Volkswagen modifia sa page pour tenter de minimiser le “dieselgate“, un scandale industriel et sanitaire lié à leur utilisation d’un logiciel fraudeur dans environ 11 millions de véhicules Volkswagen, afin de contourner les tests d’émissions, de 2009 à 2015. British Petroleum (BP) aurait cherché à modifier sa page pour minimiser sa responsabilité dans la marée noire survenue le 20 avril 2010 dans le golfe du Mexique, suite à l’explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon.
  • Des agences d’e-réputation, comme les agences d’influence françaises Reputation Squad et Avisa Partners, ou l’agence britannique Bell Pottinger, modifient des pages Wikipédia pour le compte de clients.

Les conflits éditoriaux : la quantité fait l’autorité, et non la qualité

Il arrive que des désaccords surviennent entre des contributeurs quant à la manière de traiter un sujet, sur le fond et/ou sur la forme. On parle dans ce cas de “guerres d’édition”.

Toute la question est alors de savoir comment s’opère l’arbitrage et qui aura le dernier mot ?

En théorie, il existe des systèmes permettant de débattre et de choisir, par des votes si besoin.

Mais, dans les faits, les contributeurs sont bien inégaux. Et, en tout premier lieu, par le temps qu’ils investissent sur la plateforme.

Camille nous explique que les plus gros contributeurs consacrent plusieurs heures par jour, depuis des années, à modifier les articles de Wikipédia. Cela se vérifie en visitant leur profil qui affiche leurs contributions et leurs statistiques (visibles par tous, sans qu’il y ait besoin d’avoir un compte). Ces personnes ont généralement peu ou pas de vie de famille. Parmi les contributeurs francophones les plus actifs, certains ont déjà dépassé le million de modifications.

Le pouvoir d’influence et le sentiment d’utilité qu’ils peuvent ressentir peut donner du sens à leur existence et compenser une vie sociale souvent très réduite, en leur fournir la rétribution nécessaire pour motiver leur engagement.

Le temps considérable que certains investissent à modifier des articles entraîne souvent chez eux un fort attachement affectif au travail produit. Dès lors, ce qui était supposé être collectif devient leur, et les nouveaux venus qui ne s’aligneraient pas avec leurs vues sont perçus comme des parasites à neutraliser.

En raison du temps qu’ils passent sur la plateforme, les plus gros contributeurs se croisent régulièrement et finissent par se connaître. Ils échangent entre eux non seulement sur Wikipédia, mais également via des canaux parallèles, type Discord. En cas de conflits éditoriaux, ils forment souvent des alliances pour infléchir les votes et les décisions en leur sens.

De fait, c’est la quantité de temps et de contributions alloués à l’encyclopédie fait l’autorité rédactionnelle, et non la qualité. Ainsi, il est fréquent que des spécialistes d’un sujet remarquant des imprécisions tentent d’améliorer un article sans y parvenir du fait qu’ils sont des contributeurs très occasionnels.

La distance et l’anonymat peuvent débrider une certaine violence. Cela n’est pas propre à Wikipédia, mais n’épargne pas Wikipédia où nombre d’acteurs interviennent sous pseudonymes. Ainsi, les espaces de discussions peuvent être particulièrement houleux.

Les robots aussi

Parfois, des robots (“bots”) sont programmés pour assurer corriger l’orthographe ou la mise en forme des articles, pour lutter contre les vandalismes, voire pour créer de nouveaux articles de manière automatique. Ainsi, en 2014, 15 % des contributions sur le site provenaient de bots. Fait étonnant : parfois, des bots peuvent s’engager dans des “guerres d’édition” entre eux qui peuvent durer des années.

Favoriser la grande presse et amplifier le narratif dominant occidental

Pour chercher à donner l’information la plus fiable possible, Wikipédia repose sur un postulat :

Les grands journaux (nationaux ou régionaux) seraient plus fiables que les autres, parce qu’ils disposent d’un comité de lecture.

Ils constituent donc des sources privilégiées. Des sources dites “secondaires” dans le langage wikipédien.

Or, ces grands journaux :

  • appartiennent, pour la très grande majorité d’entre eux, à un tout petit groupe de personnes.
  • leurs sources de financement proviennent le plus souvent des subventions d’État et des annonceurs privés. Suivant l’adage “le chien ne mord pas la main qui le nourrit”, les sources de financements vitales influencent nécessairement sur leur ligne éditoriale.
    Exemple : suite à la une du journal Libération contre Bernard Arnaud, patron du groupe LVMH, les enseignes du luxe annulèrent leurs contrats publicitaires avec le journal. Ici, un seul article dissident entraîna aussitôt des centaines de milliers d’euros de perte.

Rappelons aussi que la pluralité médiatique ne repose pas sur le nombre de médias, mais sur la diversité de leurs points de vue. Cinq cents journaux qui racontent à peu près la même chose offre une pluralité médiatique bien plus ténue que 50 journaux défendant des opinions singulières.

Carte de la concentration des médias en France, réalisée en décembre 2023 par Acrimed et Le Monde diplomatique.
Carte de la concentration des médias en France, réalisée en décembre 2023 par Acrimed et Le Monde diplomatique.

Récemment, il y a eu un débat pour savoir si le site d’actualité catholique, Aleteia, pouvait être considéré comme une source fiable. Et la balance pencha plutôt en sa défaveur.

Le postulat de départ de Wikipédia selon lequel la vérité se trouverait avant tout dans les grands médias mainstream en fait l’une des plus grosses caisses de résonance de l’idéologie dominante. À savoir, un athéisme scientiste (la zététique) doublé d’un progressisme post-moderne (le wokisme).

Ce phénomène d’amplification fut largement observé lors de l’épisode du Covid.

Cela pose un autre problème : tant qu’un média mainstream n’a pas traité un sujet, alors ce sujet est inexistant aux yeux de Wikipédia.

Les censeurs au secours de la pornographie

Nous l’avons dit, la pornographie fait partie de l’histoire de Wikipédia depuis ses origines. Or, nous trouvons aujourd’hui de très nombreuses images et vidéos explicitement sexuelles sur Wikipédia, visant à illustrer telle pratique ou telle position. Lorsque des contributeurs essaient de les enlever, ils sont aussitôt remis par les censeurs de Wikipédia. Ainsi, certaines images ont été enlevées et rétablies des dizaines de fois.

Wikipédia n’étant pas considéré comme un site X, ces contenus échappent totalement aux systèmes de contrôles parentaux et peuvent se retrouver en quelques clics devant les yeux des enfants, d’autant plus que Wikipédia est souvent présenté comme un outil pertinent pour les jeunes (au point d’avoir reçu, en 2014, un agrément national au titre “des associations éducatives complémentaires de l’enseignement public” par le ministère de l’Éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche).

Les personnalités non-alignées sont livrées à l’humiliation publique indélébile

Les articles de personnalités se présentent sous la forme suivante :

  1. Une introduction de quelques paragraphes courts évoquant les éléments les plus significatifs de la vie de la personne qui lui valent sa notoriété.
  2. Un sommaire.
  3. Le développement en plusieurs parties.
  4. Les sources utilisées dans l’article.
  5. Des liens.

Or, il suffit qu’il y ait un seul élément – avéré ou supposé – qui entache le parcours de la personne pour que celui-ci soit mentionné dès l’introduction de sa page. Compte tenu de la brièveté de l’introduction, ces éléments de discrédits prennent souvent une proportion démesurée par rapport au vécu de la personne et à ses contributions.
En réalité ce traitement vaut avant tout pour les personnalités non alignées avec la doxa dominante.

Voici quelques exemples :

  • Raoul Follereau : L’introduction de sa page ne fait que trois paragraphes. Les auteurs le discréditent d’entrée de jeu, dès le deuxième paragraphe, et avant même de parler de son engagement en faveur des exclus : “Il s’engage publiquement à l’extrême-droite pendant l’entre-deux-guerres et la période de la collaboration.” Page : https://fr.wikipedia.org/wiki/Raoul_Follereau
  • Étienne Chouard : L’introduction de sa page ne fait que deux paragraphes. Les auteurs le discréditent est mettant en avant deux incidents de quelques minutes tout au long de son parcours, en écrivant dans le second paragraphe : “il fait l’objet de polémiques pour avoir défendu des thèses et des personnalités affiliées à l’extrême droite ou conspirationnistes, notamment Alain Soral. Il s’est cependant défendu de partager toutes leurs idées. Chouard est chroniqueur sur Sud Radio de mars à , dont il quitte l’antenne après des propos sur les chambres à gaz ayant suscité la polémique, et sur lesquels il est ensuite revenu.” Page : https://fr.wikipedia.org/wiki/Étienne_Chouard
  • Vincent Lapierre : L’introduction de sa page ne fait que deux paragraphes. Les auteurs le discréditent par le second paragraphe où ils écrivent : “Après avoir travaillé pour l’association d’extrême droite Égalité et Réconciliation de à , il cesse sa collaboration avec ce site pour créer le média alternatif Le Média pour tous, dont il est le rédacteur en chef. Il est également proche des milieux conspirationnistes.” Il décrypte lui-même la composition de sa page. Page : https://fr.wikipedia.org/wiki/Vincent_Lapierre
  • Jean-Paul Gourévitch : L’introduction de sa page ne fait que deux paragraphes. Les auteurs le discréditent d’entrée de jeu, dès le deuxième paragraphe, en disant que ses études sur le coût de l’immigration dans le budget de la France furent “reprises par l’extrême droite”. Cette introduction et sa biographie furent réécrite par “Chouette Bougonne”, une militante d’extrême gauche agissant précédemment sous le pseudonyme “Malaria 28” faisant partie de l’équipe des patrouilleurs de RC (Recent Changes) et des révocateurs de Wikipédia. Chouette Bougonne a également supprimé la moitié de cette page et l’ensemble des rubriques mentionnant les autres travaux de Jean-Paul Gourévitch (la littérature de jeunesse, l’Afrique, la Méditerranée, l’islam et même les cocktails), afin de mettre la focale sur ses travaux sur le coût de l’immigration en France et de le présenter comme un chercheur d’extrême-droite, adepte de la théorie du Grand Remplacement (alors même qu’il a publié deux ouvrages de critique scientifique sur ce sujet). Chouette Bougonne a demandé l’expulsion pour « vandalisme » d’un contributeur qui avait soutenu l’auteur, menacé de la même sanction une autre qui s’étonnait de son absence de déontologie en lui intimant de « ne pas s’occuper de cette affaire », et obtenu le bannissement temporaire de Gourévitch de Wikipédia qui demandait le rétablissement de sa page initiale. Il décrypte lui-même cette situation. Page : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Paul_Gourévitch
  • François Asselineau : Page : https://fr.wikipedia.org/wiki/François_Asselineau
  • Didier Raoult : “au début de la pandémie de Covid-19, il préconise un traitement à base d’hydroxychloroquine qui devait résoudre la crise sanitaire, mais dont l’efficacité n’a jamais été démontrée. Pour cette promotion infondée du traitement, une étude clinique réalisée sans autorisation, et sa publication ne respectant pas la rigueur scientifique, il est condamné en 2024 à deux ans d’interdiction d’exercice de la médecine.
    Certaines de ses autres prises de position vont aussi à l’encontre du consensus scientifique, notamment en ce qui concerne le réchauffement climatique.” Page : https://fr.wikipedia.org/wiki/Didier_Raoult
  • Etc.

Autant dire qu’avec de telles introductions, servant une humiliation publique digne de la révolution culturelle maoïste (social shaming and bashing), leur carrière est profondément empêchée.

Étonnamment, des personnalités de l’establishment ayant de lourdes casseroles bénéficient souvent d’un traitement de faveur très complaisant :

Voici quelques exemples :

  • George Soros : Rien dans l’introduction de sa page ne parle de ses ingérences politiques. Dans le développement de l’article, il est au contraire décrit que l’innocente victime d’un antisémitisme d’extrême droite. Page : https://fr.wikipedia.org/wiki/George_Soros
  • Frédéric Mitterrand : Bien que cela soit mentionné plus loin dans l’article, l’introduction de sa page n’est qu’élogieuse, ne faisant nullement mention de ses liens avec la pédocriminalité. Page : https://fr.wikipedia.org/wiki/Frédéric_Mitterrand
  • Jack Lang : Bien que cela soit mentionné plus loin dans l’article, l’introduction de sa page n’est qu’élogieuse, ne faisant nullement mention de ses liens avec la pédocriminalité. Page : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jack_Lang
  • Etc.

Une nouvelle agence de presse, tenue par des inconnus

La plupart des journalistes travaillent en flux tendu et disposent d’un nombre d’heures limité pour sortir un article. Dès lors, le gain de temps que peut offrir Wikipédia en rassemblant des informations un sur à peu près tous les sujets leur apparaît comme une aubaine. La solution de facilité est de commencer par lire la page Wikipédia d’un sujet avant de le traiter.

Ce système de sous-traitance préliminaire est comparable à celui des dépêches des agences de presse (AP, Reuters, AFP) . Wikipédia fait presque office de nouvelle agence de presse, tenue par des inconnus.

Une sous-traitance en vase clos

Wikipédia se nourrit des articles produit par les grands médias, dont les journalistes n’hésitent pas à aller sur Wikipédia pour piocher des informations et gagner du temps.

Des “intelligences artificielles génératives”, telles que Perplexity, s’abreuvent à la source Wikipédia. D’une certaine manière, qui contrôle Wikipédia contrôle indirectement les réponses générées automatiquement par ces IA.

Le business

L’appel aux dons alarmiste et tapageur

De manière périodique, Wikipédia sollicite la générosité de ses visiteurs en laissant penser qu’ils ont besoin d’argent pour se maintenir en ligne.

Un site très peu coûteux à maintenir

En réalité :

  • L’architecture de Wikipédia est très simple et son code évolue très peu.
  • Le poids total de Wikipédia (toutes langues confondues, textes, images, audios et vidéos inclus) pèse moins de 500Go. Un poids extrêmement léger pour un site de cette ampleur.

Ainsi les frais de maintenance sont extrêmement réduits.

Selon Jimmy Wales, le coût de la bande passante est d’environ 5000 USD par mois pour environ 1,4 milliards de pages uniques visitées par mois, et son maintien ne requiert pas même un employé à plein temps (en plus des bénévoles).

Le maintien de son infrastructure informatique nécessite environ 3 millions d’euros par an, auxquels il faut ajouter le coût de la masse salariale.

Ils ne manquent pas d’argent

Selon son rapport annuel 2022-2023, la Wikimédia Foundation a reçu plus de 180,1 millions USD (répartis entre 7,5 millions de donneurs), notamment grâce à sa campagne d’appel aux dons, pour la seule année fiscale 2023 (de juillet 2022 à juin 2023).

En 2021, l’ex-directrice générale de la Wikimedia Foundation (WMF), Katherine Maher, a reçu un salaire annuel de 789.495 $ (soit l’équivalent de plus de 65.000 $ par mois).

En savoir plus : Andreas Kolbe, Wikipedia is swimming in money—why is it begging people to donate? The site is way richer than it wants you to know, DailyDot, 31 mai 2023. Andreas Kolbe (ancien co-rédacteur en chef de The Signpost, le journal communautaire de Wikipédia).

Investissements spéculatifs

Une très grosse partie de cet argent est investi en produits financiers (actions, bonds du Trésor américain, bonds privés, etc.). Ils auraient une trésorerie positive de 300 millions USD. Pouvant maintenir leurs sites en ligne pendant plusieurs décennies.

Collectes annuelles de la fondation Wikimedia, de 2006 à 2023.

Le petit groupe d’employés de Wikipédia empoche les gains sur le travail d’un très grand nombre de bénévoles.

Le co-fondateur de Wikipédia est son plus grand critique

Il retrouvera du travail, en 2004, comme professeur à l’université d’État de l’Ohio. Puis, en 2007, il crée sa propre encyclopédie avec un comité de lecture nommée Citizendium ; mais celle-ci toujours peine à se développer.

En avril 2010, Larry Sanger écrit une lettre ouverte au FBI pour les informer que Wikimedia Commons héberge des images pornographiques et pédopornographiques (visant à illustrer certains articles dans un but “éducatif”).

Larry Sanger est aujourd’hui le plus grands des critiques de Wikipédia qu’il qualifie d’”asile, géré par les détenus” où “les trolls ont pris le contrôle” (Zachary Schwartz, Wikipedia’s Co-Founder Is Wikipedia’s Most Outspoken Critic, Vice.com, 11 novembre 2015) Ils dénoncent les biais politiques et idéologiques de Wikipédia, et dit ne plus faire confiance à l’encyclopédie qu’il a créé.

Les religieux impactés

Par manque de compétences

Molly Burhans, une jeune cartographe catholique américaine à qui le pape François a proposé de prendre la tête du service cartographique du Vatican, rapporte cet épisode :

“Il y a des siècles, les moines comptaient parmi les géographes les plus assidus du monde — d’où les fresques. Mais, à un certain moment après la publication de l’Atlas Hierarchicus, l’Église a commencé à perdre la trace de ses propres possessions. “Jusqu’il y a quelques années, le Bureau Central des Statistiques de l’Église au Vatican n’avait même pas de Wi-Fi”, a déclaré Burhans. “Ils conservaient les archives dans un fichier texte, sous Microsoft Word.” En 2009, le pape Benoît XVI a levé l’excommunication de Richard Williamson, un évêque britannique qui avait été condamné par un tribunal allemand pour avoir promu la négation de l’Holocauste. Lorsque l’annonce a provoqué l’indignation, Benoît a expliqué qu’il ne connaissait pas les propos antérieurs de Williamson. “Les gens leur demandaient : ‘Pourquoi ne pas avoir simplement cherché son nom sur Google ?’” m’a raconté Burhans. “Et ils répondaient : ‘On n’a pas Google.’”” (David Owen, “How a Young Activist Is Helping Pope Francis Battle Climate Change”, in The New Yorker, 1er février 2021)

La très grande majorité des religieux, en France comme ailleurs, n’ont pas grandi avec Internet, tapent leurs emails à deux doigts et ont des compétences en informatique qui ne dépassent pas celles de la moyenne nationale.

Ce qui n’est certainement pas un désavantage pour aller au Ciel, en est certainement un face aux fils de ce monde et à leurs ruses, plus habillent entre eux que les fils de la lumière (Lc 16,8).

Jean-Paul II : “L’éducation et la formation aux communications doivent faire partie intégrante de la formation des agents pastoraux et des prêtres.” (Conseil Pontifical pour les Communications Sociales, Instruction pastorale Aetatis Novae, n°18, 1992)

Par manque de temps

Nous le savons, les prêtres sont de moins en moins nombreux et de plus en plus débordés. Ce manque de temps ne les dispose aucunement à se former à un usage plus professionnel d’Internet, ou à enquêter sur des sujets complexes.

Par le cléricalisme et l’éviction des laïcs

Face à ces carences, l’épiscopat ne peut se priver des compétences détenues par les fidèles laïcs. Mais si leur intégration est proclamée, elle est loin d’être actée.

Exemple : Fin septembre, quelques membres de la Commission doctrinale de la Conférence des évêques de France publie un “Bref avertissement“, visant à dissuader la lecture des écrits de Maria Valtorta. Cette initiative est prise par quelques prélats qui agissent seuls et précipitamment afin de faire censurer un atelier devant avoir lieu quelques jours plus tard sur le sujet au Congrès Mission de Lyon.

Aucun spécialiste du sujet n’a été consulté, de nombreux éléments factuels essentiels sont absents, les évêques sont mis devant le fait accompli… et un œil avisé reconnaît dans les deux pages de la Commission l’empreinte de Wikipédia. Bref, nous sommes face à un travail bâclé de mauvais élèves (sans doute bien intentionnés). Mais le mal est fait : les pigistes de La Croix et de Famille chrétienne, ne connaissant rien au sujet, relayent l’information sans filtre.

Les laïcs experts du sujet et la fondation italienne chargée de la sauvegarde des textes préviennent la Commission de la censure exercée sur Wikipédia à l’encontre de Maria Valtorta. Mais celle-ci s’enferme dans le mutisme. Le refus du dialogue – contrairement aux discours convenus – est fréquent. Résultat : la Commission en plus d’avoir commis un dommage certain, n’aura rien appris ni sur Maria Valtorta, ni sur les biais de Wikipédia, s’exposant à réitérer ses bourdes tôt ou tard. Recontactée fin 2023 pour leur partager de nouveaux éléments d’information, le président de la Commission doctrinale, Mgr Benoît Bertrand, refuse le dialogue en ces termes : “Suite à votre appel du 16 décembre et après avoir consulté Mgr Benoît Bertrand, celui-ci me charge de vous faire savoir qu’il ne pourra pas vous recevoir pour un échange autour des textes de Maria Valtorta. En effet il n’a pas d’autres éléments à vous apporter que ce qui avait été publié dans la note de la commission doctrinale.” (Courriel de la secrétaire de Mgr Benoît Bertrand, reçu le 12 janvier 2023)

Notons que c’est également Mgr Benoît Bertrand qui écrivit aux évêques français le 24 janvier 2024 pour s’opposer à Luisa Piccarreta, qui sera peu après reconnue par le Vatican.

Les solutions

Prendre conscience du problème

La première des étapes est d’être conscient du problème pour cesser d’accorder une confiance aveugle à Wikipédia. Cette encyclopédie n’est ni fiable, ni catholique. Si la recherche de la vérité nous anime, nous devons en avoir conscience.

Renouer avec le réel

Débranchons tout et allons marcher loin du béton. C’est vital.

Se former

Pardonner et prier

Pardonnons aux censeurs. Ils croient bien faire, ils ont une âme et ont besoin de Jésus pour être sauvés.

Prier l’Esprit Saint

Ressources complémentaires

Textes du Magistère

Livres

Documentaires et vidéos