Pour un survivalisme céleste

Le survivalisme matérialiste

Face aux crises multiples, à la montée de l’individualisme, aux pronostics de catastrophes et au sentiment généralisé d’être arrivé “au terme de quelque chose”, de nombreuses personnes se préparent à faire face à une période de collapsus, de chaos, où le système actuel (État régalien, flux bancaires…) ne parviendra plus à assurer les besoins vitaux de la population. On l’appelle communément cette tendance “le survivalisme”.

Les survivalistes bâtissent leur espérance sur leurs connaissances théoriques, leurs savoir-faire pratiques et leurs possessions matérielles. Ainsi, cherchent-ils à être les plus aguerris possibles aux techniques de survie autonome et de combat, à s’équiper de la manière la plus adéquate possible et à stocker des réserves appropriées.

Cela est logique d’un point de vue matérialiste dont l’objectif premier serait de prolonger au maximum le temps qui nous est donné de vivre sur Terre.

Or, du point de vue chrétien, le but de l’existence n’est pas de battre des records de longévité sur Terre, mais d’accueillir le Salut de Dieu pour vivre au Ciel avec lui, éternellement.

Ainsi, pour le chrétien, la survie ne concerne pas l’extension du nombre d’années de son corps terrestre, mais le salut éternel de son âme après son court pèlerinage terrestre.

Deux certitudes de foi

Les personnes mettant leur foi en Jésus ont deux certitudes :

Première certitude

Au terme de notre vie terrestre, nous allons être jugés individuellement par Dieu selon nos choix et nos actes. Ce jugement débouche sur l’une de ces quatre possibilités :

  • Paradis éternel pour les repentants accueillant en plénitude la Miséricorde de Dieu ;
  • Purgatoire temporaire et proportionné avant d’accéder au Paradis éternel ;
  • Limbes temporaires, jusqu’à la fin du monde ;
  • Enfer éternel pour ceux rejetant Dieu et sa Miséricorde.

→ Lire notre article sur les fins dernières pour obtenir plus de précisions sur les quatre séjours des morts.

Seconde certitude

Jésus a prophétisé une période de grand trouble généralisé.

Préparer son cœur

Si nous ne sommes pas assurés d’expérimenter personnellement la seconde situation (car notre vie terrestre peut s’arrêter aujourd’hui), nous sommes tous assurés de vivre la première.

Dès lors, le survivalisme, pour le croyant, consiste donc se laisser transformer et guérir par Dieu pour parvenir à Lui, pur et aimant, lors de cette ultime rencontre.

→ Lire notre article : Il n’est pas difficile de suivre Jésus

La rencontre arrive comme une voleuse

Jésus : “Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas. Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste comme un filet ; il s’abattra, en effet, sur tous les habitants de la terre entière. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme.” (Lc 21, 33-36)

Saint Paul apôtre : “Vous savez très bien que le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit. Quand les gens diront : “Quelle paix ! Quelle tranquillité !” c’est alors que, tout à coup, la catastrophe s’abattra sur eux, comme les douleurs sur la femme enceinte : ils ne pourront pas y échapper. Mais vous, frères, comme vous n’êtes pas dans les ténèbres, ce jour ne vous surprendra pas comme un voleur. En effet, vous êtes tous des fils de la lumière, des fils du jour ; nous n’appartenons pas à la nuit et aux ténèbres. Alors, ne restons pas endormis comme les autres, mais soyons vigilants et restons sobres. […] mais nous qui sommes du jour, restons sobres ; mettons la cuirasse de la foi et de l’amour et le casque de l’espérance du salut. Car Dieu ne nous a pas destinés à subir la colère, mais à entrer en possession du salut par notre Seigneur Jésus Christ, mort pour nous afin de nous faire vivre avec lui, que nous soyons en train de veiller ou de dormir. Ainsi, réconfortez-vous mutuellement et édifiez-vous l’un l’autre, comme vous le faites déjà.” (1 Th 5, 2-11)

Saint Pierre apôtre : “Bien-aimés, il est une chose qui ne doit pas vous échapper : pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un seul jour. Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, alors que certains prétendent qu’il a du retard. Au contraire, il prend patience envers vous, car il ne veut pas en laisser quelques-uns se perdre, mais il veut que tous parviennent à la conversion. Cependant le jour du Seigneur viendra, comme un voleur. Alors les cieux disparaîtront avec fracas, les éléments embrasés seront dissous, la terre, avec tout ce qu’on a fait ici-bas, ne pourra y échapper. Ainsi, puisque tout cela est en voie de dissolution, vous voyez quels hommes vous devez être, en vivant dans la sainteté et la piété, vous qui attendez, vous qui hâtez l’avènement du jour de Dieu, ce jour où les cieux enflammés seront dissous, où les éléments embrasés seront en fusion.” (2 P 3, 8-12)

“Ainsi parle celui qui a les sept esprits de Dieu et les sept étoiles : Je connais ta conduite, je sais que ton nom est celui d’un vivant, mais tu es mort. Sois vigilant, raffermis ce qui te reste et qui allait mourir, car je n’ai pas trouvé que tes actes soient parfaits devant mon Dieu. Eh bien, rappelle-toi ce que tu as reçu et entendu, garde-le et convertis-toi. Si tu ne veilles pas, je viendrai comme un voleur et tu ne pourras savoir à quelle heure je viendrai te surprendre.” (Ap 3, 1-3)

“Voici que je viens comme un voleur.” (Ap 16, 15)

Qui cherchera à conserver sa vie la perdra. Et qui la perdra la sauvegardera.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : “Comme cela s’est passé dans les jours de Noé, ainsi en sera-t-il dans les jours du Fils de l’homme. On mangeait, on buvait, on prenait femme, on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche et où survint le déluge qui les fit tous périr.
Il en était de même dans les jours de Loth : on mangeait, on buvait, on achetait, on vendait, on plantait, on bâtissait ; mais le jour où Loth sortit de Sodome, du ciel tomba une pluie de feu et de soufre qui les fit tous périr ; cela se passera de la même manière le jour où le Fils de l’homme se révélera.
En ce jour-là, celui qui sera sur sa terrasse, et aura ses affaires dans sa maison, qu’il ne descende pas pour les emporter ; et de même celui qui sera dans son champ, qu’il ne retourne pas en arrière. Rappelez-vous la femme de Loth. Qui cherchera à conserver sa vie la perdra. Et qui la perdra la sauvegardera. Je vous le dis : Cette nuit-là, deux personnes seront dans le même lit : l’une sera prise, l’autre laissée. Deux femmes seront ensemble en train de moudre du grain : l’une sera prise, l’autre laissée.”
Prenant alors la parole, les disciples lui demandèrent : “Où donc, Seigneur ?”
Il leur répondit : “Là où sera le corps, là aussi se rassembleront les vautours.” (Lc 17, 26-37)

Ne pas idolâtrer la matière

Nous voyons que Jésus n’accorde aucune importance aux affaires matérielles dans la réussite de cette épreuve. Il dit même de s’en aller en les laissant sur place. Car “là ou est ton trésor, là sera aussi ton cœur”, nous dit-il ailleurs (Mt 6, 21). Or si notre cœur considère les choses matérielles comme son trésor, cela s’appelle de l’idolâtrie, contrevenant directement le premier des dix commandements : “Ne pas avoir d’autres dieux que Dieu ; l’aimer plus que tout et l’adorer”. Si nous nous lions aux choses matérielles, nous périrons avec elles.

Ici, Jésus ne prêche pas même un minimalisme – qui est encore une forme de matérialisme sophistiqué – mais bien le détachement du matériel qui fait basculer notre confiance de la matière vers Dieu.

Ne pas céder à la posture du “seul contre tous”

Voir l’autre comme une menace et non comme le membre de ma famille.
Cette pente glissante de l’égoïsme peut conduire à l’insensibilisation et au crime.

Car quand bien même nous parviendrons à être le dernier des survivants, nous aurions perdu notre âme, et donc tout perdu.

Prendre exemple sur les martyr et le premier d’entre eux : Jésus sur la Croix.

Ne pas chercher à sauver sa vie, mais à la donner

Jésus : “Ma vie nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne” (Jn 10, 18)