Témoignages du père Corrado Maria Berti au sujet de Maria Valtorta

L’Ordre des Servites de Marie (OSM) est un ordre mendiant de droit pontifical né à Florence en 1233 et ayant une dévotion particulière pour Notre-Dame des Douleurs. Maria Valtorta, en tant que tertiaire de l’OSM et infirme était visitée à domicile par des religieux de cet ordre, dont :

Le père Berti laissa deux témoignages :

Ces deux témoignages sont des pièces capitales pour comprendre l’histoire de cette révélation privée.

(Traduction française effectuée par François-Michel Debroise)

Témoignage 1

Résumé des évènements relatifs aux écrits de Maria Valtorta

Les notices biographiques de Maria Valtorta semblent suffisamment illustrées par le dossier ci-joint.

En 1944 et 1946 : Valtorta confie, des documents spirituels et ses écrits à l’Ordre des Servites de Marie, dont elle était la tertiaire pour qu’il les garde et les fasse imprimer et diffuser avec l’approbation de l’Église. Par la suite, elle réitère officiellement cette volonté. L’Odre s’occupe de ces écrits, en particulier le P. M. Romualdo Migliorini, le P. Gabriel M. Roschini, le P. Corrado M. Berti et un groupe de collaborateurs. 1947 – Sur les conseils de Monseigneur Carinci et du Père Bea, douze volumes des manuscrits dactylographiés de Maria Valtorta sont transmis au Pape Pie XII. Le Pape en prend personnellement connaissance.

1948 : Le 26 février, le Pape Pie XII, reçoit le P. Migliorini, le P. Berti et le P. Cecchin, des Servites de Marie en audience spéciale et dit : “Publier cette œuvre tel quel” sans rien enlever.

1949 : Le Saint-Office convoque le P. Berti et lui ordonne de remettre les manuscrits et les dactylographies. Il conserve tout : le Saint-Office ordonne de ne pas les publier sous peine de placement à l’Index. Le P. Berti n’est pas autorisé à s’exprimer.

1950 : Maria Valtorta, avec appréhension, mais confiante dans les paroles de Pie XII conclue un contrat en bonne et due forme avec les éditions Michele Pisani.

1956 – 1959 : Sortie de la première édition, sans notes et très imparfaite, de la vie de Jésus intitulée provisoirement : Le Poème de l’Homme-Dieu.

Le 6 Janvier 1960 : le Saint-Office place cette œuvre à l’Index des livres prohibés, non pour des erreurs doctrinales, mais en raison de la désobéissance à l’ordre donné en 1949.

1963 : Mgr Macchi, secrétaire du Pape Paul VI dit au P. Berti, au cours d’une rencontre, que Le Poème ci-dessus n’est pas l’Index.

1960 – 1967 : Sortie, en dix volumes annotés, et fidèles aux originaux, de la deuxième édition du “Poème de l’Homme-Dieu.”

1961 : Le Saint-Office, autorise cette deuxième édition.

1966 : Paul VI supprime l’Index.

1969 – 1977 : Publication de trois écrits spirituels et de l’autobiographie de Maria Valtorta.

1978 : Restent inédits : de façon certaine, 282 chapitres spirituels. Peut-être une copieuse correspondance. Peut-être un recueil de témoignages aussi bien de personnalités du Saint-Office que de laïcs.

Pendant ce temps, les écrits publiés de Maria Valtorta se sont largement diffusés en Italie et partout il y a des prêtres qui ont étudié à Rome et des émigrés italiens. De nombreuses traductions sont effectuées ou prévues. Certains volumes déjà publiés.

Rome – 8 décembre 1978

SOLENNITÉ DE L’IMMACULÉE CONCEPTION


COLLEGIO INTERNAZIONALE
S. ALESSIO FALCONIERI
DEI SERVI DI MARIA
Viale Trenta Aprile, 6 – 00153 ROMA
Tel. 58.90.441

Maria Valtorta (1897-1961) La vie de Jésus intitulée Il Poema del Uomo-Dio et autres écrits mystiques.

Exposé

1. Notes biographiques

Pour tous ceux qui veulent en savoir plus sur Maria Valtorta, des notes biographiques à son sujet sont suffisamment disponibles dans son Autobiographie (traitée brièvement dans le §12, ci-dessous). En outre, on peut lire l’article de Renzo Allegri, qui figurait dans le numéro du 26 août 1978 de la revue italienne Gente, pp.52-57. Il est remarquablement bien fait. Ses imperfections ne sont que marginales. Enfin, on peut lire le volume plus détaillé sur la personne et les écrits de Maria Valtorta, rédigé et publié par le Dr Emilio Pisani, en 1976, pp.46.

2. L’Ordre des Servites de Marie

En 1944 et 1946, Maria Valtorta, infirme, a confié ses écrits spirituels, et plus tard des documents juridiques, à l’Ordre des Servites de Marie, dont elle était une tertiaire, de sorte qu’ils puissent les conserver, les faire imprimer et les diffuser, avec l’approbation et la bénédiction de l’Église, à laquelle elle était très attachée.

L’Ordre des Servites de Marie s’était lui-même occupé de ses écrits, notamment par le biais de trois de ses prêtres : le P. Romualdo M. Migliorini, directeur spirituel pendant quatre ans, de Maria Valtorta, alors infirme, et qui a dactylographié ses écrits ; le P. Corrado Berti, qui en a écrit les notes théologiques, et le P. Gabriele M. Roschini, qui a écrit un ouvrage intitulé : La Vierge Marie dans les écrits de Maria Valtorta, précédé d’une introduction intéressante sur le phénomène.

“Ces deux derniers prêtres étaient professeurs à Rome, à “Marianum”, Faculté Pontificale de théologie.

Certains prêtres de l’Ordre ont administré les saints sacrements à Maria Valtorta. D’autres ont aidé le Père Berti, qui était entre-temps devenu âgé et souffrant.

3. Sa sainteté, le Pape Pie XII

Comme les écrits de Maria Valtorta se présentaient comme émanant de visions surnaturelles et des dictées, le Père Corrado M. Berti, déjà cité, a pris conseil de deux personnes très expérimentées : S.E. Mgr. Alphonse Carinci, secrétaire de la Sacrée Congrégation des Rites, et vicaire pour les Causes des Saints, et Mgr Augustin Bea, SJ, confesseur du pape Pie XII et Recteur et professeur de l’Institut biblique pontifical de Rome. Les deux lui conseillèrent de dactylographier des copies de ces écrits et de les transmettre à Sa Sainteté le Pape Pie XII, par le biais d’un prélat de la secrétaire d’État.

Pie XII pris personnellement connaissance de ces écrits, comme j’en ai eu l’assurance du porteur lui-même du texte dactylographié. Et le 26 Février 1948, le Souverain Pontife reçu en audience spéciale – attestée par L’Osservatore Romano de ce jour – le P. Corrado Berti accompagné de deux confrères : le P. Romualdo M. Migliorini, ex-préfet apostolique en Afrique, et le Père Andrea M. Cecchin, prieur de l’Ordre international des Servites de Marie à Rome, et [le Pontife] prononça les paroles suivantes in extenso : “Publier ce travail comme il est, celui qui lira comprendra.” Et il ajouta : “On entend parler de tant de visions et de révélations, je ne dis pas que toutes sont vraies, mais certaines d’entre elles pourrait être vraies”.

Le Père Berti demanda au Pape si l’on devait retirer les mentions : “visions” et “Dictées” [du poème avant de le publier]. Et il répondit que rien ne devait être enlevé. Dès que les trois prêtres furent sortis de l’audience papale, ils s’arrêtèrent dans les escaliers et écrivirent sur un papier les mots in extenso du pape, afin de ne jamais les oublier.

Mgr Giovanni Pepe, né en 1880.
Voir l’article qui lui est consacré sur Club Amici Valtortiani (en italien).

4. Le Saint-Office

Mais, en 1949, le Saint-Office, dont le cardinal Alfredo Ottaviani fut, par la suite, le secrétaire, et Mgr. Pietro Parente l’assesseur, convoqua le procureur général de l’Ordre des Servites de Marie et le Père Corrado M. Berti, considéré comme l’instigateur principal.

Mgr. Pepe et le Père Berruti, OP, responsables du Saint-Office, lurent le jugement [du Saint-Office] et voulurent que le Père Berti le signe.

Avec cette décision, ils commandèrent au Père Berti de remettre au Saint-Office tous les manuscrits et copies dactylographiées de Maria Valtorta dans le but évident de les détruire ou de les garder enfermés à jamais : “Ici, ils resteront comme dans un tombeau”, déclara Mgr. Pepe.

Le Père Berti remit tous les documents dactylographiés en sa possession, mais il ne put livrer les manuscrits, conservés par l’écrivain [Valtorta], ni livrer toutes les copies dactylographiées [certaines étaient] possédées par d’autres personnes qui ne voulaient pas s’en séparer.

En outre, et enfin, le Saint-Office interdit la publication de l’ouvrage, menaçant de le mettre à l’Index en cas d’éventuelle publication.

Le Père Berti ne put révéler au Saint-Office les paroles dites par le pape Pie XII en audience, car il ne fut pas autorisé à parler. Il fut seulement autorisé à écouter et à signer le jugement, sans commentaires. Telles étaient les méthodes de l’époque avant le Concile [Vatican II].

Le Saint-Office, cependant, fut clément envers l’infirme Maria Valtorta et ne lui a pas signifié le jugement.

Elle le sut nécessairement par le Père Berti, et en fut bouleversée. Son état s’aggrava.

5. Tentatives de recours

Pour consoler Maria Valtorta – -dont l’état s’aggravait – le Père Berti lui fit remarquer que le Pape était au-dessus du Saint-Office, et que la parole du Pape (“Publiez-la”) était d’une plus grande valeur que celle du Saint-Office : “Il est interdit de la publier”). Mais l’écrivain [Valtorta] resta perplexe et craignit la mise à l’Index et l’excommunication.

Par conséquent, elle désira et demanda un pourvoi, pour que la sentence du Saint-Office soit révoquée.

Quelques-uns firent appel auprès de cette Congrégation, mais en vain. La réponse fut : “Id quod prius melius”. En d’autres termes: “Laissez reposer ce qui a été décidé avant.”

Maria Valtorta exprima alors le souhait que l’appel soit tenté auprès du Saint-Père lui-même, Pie XII, lui qui, en 1948 avait dit “Publier-la”.

Mgr. Alphonse Carinci, archevêque, secrétaire de la Sacrée Congrégation des Rites, ami, protecteur, admirateur de la personne et des écrits de Maria Valtorta, alla plus d’une fois lui rendre visite et lui promis un appel au pape et certifia par écrit ce que le Pape avait décidé en audience.

Quand le Père Bea, SJ (mentionné ci-dessus), vit et lut l’attestation de Mgr. Carinci, il voulut rédiger la sienne, très favorable, dans lequel il comparait Valtorta à la mystique Anne-Catherine Emmerich.

Après le Père Bea, Mgr. Lattanzi, doyen de la Faculté de théologie de Latran et consultant auprès du Saint-Office, écrivit également une attestation favorable, de même que Camilo Corsanego, conseiller juridique, doyen des conseillers consistoriaux pour le Saint-Siège et professeur au Latran.

Toutes ces attestations furent jointes à celle du Père. Gabriel M. Roschini, OSM, mariologue renommé de “Marianum”, la Faculté pontificale de théologie du Latran.

Mgr. Carinci voulut présenter au Saint-Père Pie XII, des photocopies de ces attestations lors d’une audience. Mais une telle audience n’eut pas eu lieu en 1950, étant donné le surcroit de travail causée par l’Année Sainte.

6. Publication de la première édition de la vie de Jésus, intitulée Le Poème de l’Homme-Dieu

En attendant, les mois passaient et le Père. Gabriel M. Roschini, OSM, consultant auprès du Saint-Office, qui connaissait Maria Valtorta et était un admirateur de ses écrits mystiques, déclarait avec insistance au Père Berti : “Allez à la maison d’édition Pisani !”

Comme entre temps le P. Roschini avait été nommé au Saint-Office, le Père. Berti pensa que le Dicastère était devenu favorable à la publication [du Poème].

Aussi, alla-t-il un jour à Isola del Liri, dans la province de Frosinone, où il rencontra M. Michele Pisani, propriétaire de la maison d’édition, qui, après s’être rapidement familiarisé avec Maria Valtorta, à qui il rendit visite, et avec ses écrits, décida de les imprimer.

Le P. Berti craignait le Saint-Office. Maria Valtorta en était terrifiée et ne voulait pas prêter les documents dactylographiés et donner l’autorisation de les imprimer. Mais elle décida ensuite de conclure un contrat type avec Michael Pisani, qui déclara, une fois de plus, qu’il n’avait aucun doute sur l’issue des travaux, encouragés en cela par ses amis.

La première édition de La Vie de Jésus sortit ainsi, intitulée, dans l’intervalle, Le Poème de l’Homme-Dieu, mais sans aucunes notes [théologiques], sans aucune introduction, avec une typographie modeste, et en quatre volumes trop volumineux. Mais tout cela fut publié en 1959.

7. Mise à l’Index des livres prohibés

Mais le Saint-Office n’avait pas oublié son commandement : l’interdiction et la menace prononcée en 1949. Et le 6 Janvier 1960, le Saint-Office mis la première édition du Poème… à l’Index des livres prohibés.

L’Osservatore Romano, dans un article de ce jour, justifiait la condamnation précitée, non pas pour des erreurs doctrinales, mais pour le délit de désobéissance. Mais en vérité, il n’y avait aucune désobéissance, puisque le pape Pie XII, en 1948, avait dit : “Publiez [l’œuvre]”, et que seul le Bureau du Saint Office, à qui elle avait été soumise, avait étrangement interdit sa publication.

Cela étant, la première édition se propagea, fut appréciée, et de nombreux lecteurs y sentaient la main de Dieu.

8. Seconde édition du “Poème de l’Homme-Dieu”

M. Michele Pisani ne fut pas impressionné par la mise à l’Index de la vie de Jésus précitée. Mais se sentant quelque peu vieilli et souffrant, il confiait la tâche de publier les écrits de Maria Valtorta à son fils, le docteur Emilio Pisani, un juriste, à ce moment-là dans la fleur de l’âge.

C’est alors que les éditions Pisani, avec une confiance totale en l’aide de Dieu et dans l’avenir, concevait et décidait la publication d’une deuxième édition du poème, avec une meilleure couverture, un meilleur papier, une typographie plus moderne et plus claire, et dans des volumes moins épais. En outre, le Dr Emilio demandait au Père Berti de fournir pour la nouvelle édition, des notes explicatives sur les passages les plus difficiles, et pour souligner les fondements bibliques de l’Œuvre. L’édition fut aussi illustrée par Lorenzo Ferri, sous la direction personnelle de Maria Valtorta.

Ainsi, cette œuvre sur l’Évangile, en dix beaux volumes, muni d’une introduction et de notes, sortit de manière attrayante pour tous.

Le Père Gabriel M. Roschini, mentionné précédemment. consultant du Saint-Office, répétait à l’envi qu’une telle nouvelle édition ne pouvait plus être considérée comme mise à l’Index, puisque totalement renouvelée, conforme en tout à l’original, et qu’elle fournissait des notes qui supprimaient la moindre ambiguïté et démontraient l’orthodoxie de l’ouvrage.

9. Tentative d’entrevue avec le Pape Paul VI

Le P. Berti était néanmoins toujours inquiet et très anxieux de la mise à l’Index du Poème, même si ce n’était que pour la première édition.

Conscient d’avoir dépassé la première décision et confiant dans la sûreté de la deuxième édition, il demandait une audience à Mgr Pasquale Macchi, secrétaire privé, fidèle et dynamique, du pape Paul VI. (1963).

Mgr. Macchi tint une conversation cordiale avec le Père Berti pendant environ une heure au cours de laquelle, avec un vif étonnement, il a été dit et répété que l’œuvre (de Maria Valtorta) n’était pas à l’index et que le pape [Paul VI], quand il était archevêque de Milan, avait lu un des volumes, l’avait apprécié et a envoyé l’ensemble de l’ouvrage au Séminaire [de Milan].

Le secrétaire accepta les différents volumes de la deuxième édition, qui était sortie entre temps, mais après quelques jours, il les retourna diplomatiquement au Père. Berti avec une note dans laquelle il suggérait que [le P. Berti] lui-même les envoie à la secrétairerie d’État, dans le cas où il voudrait rencontrer Sa Sainteté en personne. C’est ainsi que se sont évaporés le désir et le projet d’une entrevue avec Paul VI.

10. Le Saint-Office autorise la deuxième édition

En Décembre 1960, le Père. Berti fut appelé au Saint-Office où il fut très aimablement reçu par le Père Marc Giraudo, OP, commissaire de cette Congrégation.

Le P. Berti, voyant que cette fois, il pourrait dialoguer calmement, il relatait au commissaire les mots (“Publiez [l’œuvre]”) prononcés en audience par le pape Pie XII en 1948, et lui apportait la photocopies des attestations sur la vie de Jésus [c.à.d. Le Poème…] par Maria Valtorta. Trois de ces attestations s’avéraient être établi par les consultants du Saint-Office : celle du Père. [Plus tard, cardinal] Bea, SJ, celle de Mgr. Lattanzi et celle du Père. Roschini, OSM.

Le Père Giraudo, qui ignorait tout des paroles de Pie XII et des attestations de ces trois personnages du Saint-Office lui-même, reçut plusieurs fois le P. Berti par la suite. Après avoir consulté ses supérieurs et réfléchit sur les attestations, il prononça ces paroles : “Continuez à publier cette seconde édition Nous allons voir comment le monde la reçoit”.

Et c’est ainsi que Le Poème est sorti, et continue à sortir, non seulement par ordre de Pie XII, mais aussi avec l’approbation du Saint-Office (1961).

11. Suppression de l’Index des livres prohibés

Mais en 1966, le Pape Paul VI, qui a poursuivi le Concile œcuménique Vatican II jusqu’à son achèvement, a effectué la réforme de la liturgie romaine, profondément renouvelé la Curie, y compris le Saint-Office, a aussi réalisé l’acte courageux de suppression de l’Index des livres prohibés sur lequel Le Poème écrit par Maria Valtorta avait étrangement été placé. C’est ainsi que, à partir de 1966, Le Poème… se trouva libre de toute sanction ecclésiastique.

C’est peut-être à cet acte [papal], connu de lui seul à l’époque, auquel Mgr. Macchi pensait, quand, dans son entrevue, il a affirmé au P. Berti que Le Poème n’était pas à l’Index.

Certains lecteurs ont émis l’hypothèse que Paul VI avait supprimé l’Index afin de libérer Le Poème d’une manière digne. Mais on ne sait pas si cette hypothèse, qui n’est pas impossible, est fondée. Il est donc sage de ne pas la donner comme certaine.

12. Les écrits de Maria Valtorta en 1978

Le premier ouvrage publié était la vie de Jésus. Il était initialement intitulé : L’Évangile de Notre Seigneur Jésus-Christ, comme il a été révélé au petit Jean. Ce nom de “petit Jean” établissait un rapprochement entre Maria Valtorta et Jean, le grand apôtre et évangéliste, et en même temps la distinguait de lui, indiquant simultanément son humilité et son infériorité. Mais ce titre semblait plutôt un peu imprudent à Maria Valtorta qui en avait imaginé divers autres sans se satisfaire d’aucuns d’eux.

Par la suite, le grand médecin, professeur Nicholas Pende, admirateur de Valtorta et de ses écrits, a suggéré le titre de “Poème de Jésus”. Mais puisque ce titre existait déjà pour une petite composition poétique, et que son auteur avait protesté, [le titre] fut retouché par le P. Berti en : Le Poème de l’Homme-Dieu. Ainsi formulé et retouché, il a convenu à Maria Valtorta elle-même qui l’a approuvé et fait sien.

Deux éditions, très différentes, de cette vie de Jésus [Le Poème…] ont été publiées. La première, imprimée en 1956-59 [comme indiqué ci-dessus], était très modeste : quatre volumes trop épais, sans une introduction, dépourvue des notes les plus prudentes. Elle était imparfaite, même en ce qui concerne le texte, parce qu’il ne reproduisait pas directement le manuscrit Valtorta, mais une copie dactylographiée très infidèle et incomplète. Ce fut l’édition qui a rencontré les difficultés décrites ci-dessus.

La deuxième édition, fut imprimée, sous la direction du Dr Emilio Pisani, dans les années 1960-67 en dix volumes maniables, rédigés sur la base d’une comparaison stricte avec le manuscrit original de Maria Valtorta et fournis avec des milliers de notes théologiques, en particulier bibliques, préparées par des années de travail intense du Père. Corrado M. Berti de l’Ordre des Servites de Marie, professeur à “Marianum”, la Faculté pontificale de théologie à Rome.

Cette deuxième édition est celle qui n’a rencontré aucune difficulté, mais avait été autorisé en 1961 par le Saint-Office lui-même (qui s’appelle maintenant la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi), comme cela a été relaté ci-dessus dans ces pages au §10.

Cette édition a été réimprimée plusieurs fois. En considérant ces rééditions, ceux qui ne tiennent pas compte qu’il faut une réécriture pour parler de nouvelle édition, parlent le plus souvent d’une troisième et d’une quatrième édition.

Le second ouvrage doctrinal imprimé (1972), et jusqu’à présent dans une édition unique, mais bien diffusée et appréciée, est le Livre d’Azarias. Ce volume a été à l’origine intitulé “Messes angéliques”, c’est-à-dire dimanches et messes festives, éclairées sous la dictée d’Azarias, l’ange gardien de Maria Valtorta selon ce qu’elle dit. Mais pour exclure la possibilité d’interprétation erronée, à savoir que les anges célèbrent la sainte messe comme le font les prêtres sur la terre, parmi les différents titres potentiels, et après réflexion et de prière, le titre Le Livre d’Azarias a été choisi, par déférence pour l’ange à qui Maria Valtorta a attribué la Dictée.

Le troisième ouvrage doctrinal publié, et compris dans un volume épais de 800 pages, a été édité en 1976 et intitulé par l’éditeur, le Dr Emilio Pisani : Les Cahiers de l’année 1943, précisément parce qu’il contient tous les Dictées écrites par Valtorta en 1943. Le Poème, au contraire, contient des “visions” et des “dictée” écrites surtout entre 1944 et 1947.

Le quatrième ouvrage doctrinal, de 300 pages, édité en 1977, porte le titre donné par Valtorta elle-même : Leçons sur l’Épître de Paul aux Romains. Maria Valtorta a écrit ces leçons entre 1948 et 1950, sous la dictée, dit-elle, de son doux hôte ou son Auteur Très Saint, qui est, le Saint-Esprit. Le volume est pourvu d’un index très utile des sujets, comme c’est le cas des Cahiers de l’année 1943.

À ces quatre ouvrages, déjà publiés et attribués par Maria Valtorta à visions et des dictées surnaturelles, il convient d’ajouter son Autobiographie, composé par Maria Valtorta, en 1943, avec son seul talent d’auteur pour obéir à une demande de son directeur spirituel. Le volume, d’environ 450 pages, a été publié en 1969.

13. Traductions

Seul, à ce jour, l’œuvre majeure, Le Poème, a été traduit en espagnol, français, allemand. Une traduction espagnole en un seul volume est sortie, qui rassemble deux volumes de l’original italien.

Il a également été publié un florilège en japonais, qui s’est vendu à plus de 8000 exemplaires en quelques semaines.

Enfin, à l’heure actuelle, il y a eu un volume publié en portugais, avec l’Imprimatur. qui rassemble la Passion, la Mort et la Résurrection de Jésus.

D’autres traductions sont prévues ou en cours de préparation, bientôt sortiront quelques volumes en français.

L’original [italien] de l’ouvrage de Maria Valtorta est déjà largement répandu dans le monde, par l’entremise de quelques bons prêtres venus étudier à Rome et [aussi] par les Italiens qui ont émigré par millions et se sont éparpillés un peu partout dans le monde.

14. Les écrits inédits de Maria Valtorta (1978)

Il reste encore à publier les Visions et les dictées, des années 1944, 1945, 1946, 1947 et 1953. Parmi ces visions, sont celles des martyres des divers saints, dont certains connus, d’autres. Inconnus ou discutés.

Ensuite, comme cela a été fait pour sainte Catherine de Sienne afin de mieux connaître la personne, il reste peut-être à publier près de 2.000 pages de lettres écrites par Maria Valtorta à diverses personnes, et par eux à elle.

Enfin, de nombreuses attestations pourraient être publiées (une centaine de pages ou environ) sur la personne et les écrits de Maria Valtorta. Certains d’entre eux sont d’une grande valeur, comme ceux du Père. [Cardinal] Augustin Bea, SJ, de Mgr. Hugo Lattanzi, Mgr. Alphonse Carinci, Fr. Gabriel M. Roschini, et certains scientifiques autres laïcs.

15. Conclusion

Je connaissais Maria Valtorta dès 1946, et, compte tenu du fait qu’elle a vécu assez proche de ma mère, je l’ai souvent rencontré, au moins une fois par mois jusqu’à l’année de sa mort en 1961.

J’ai lu et annoté (par moi-même de 1960 à 1974, avec l’aide de quelques confrères à partir de 1974) tous les écrits Valtorta, publiés et inédits.

Je peux certifier que Valtorta n’a pas pu, par sa propre industrie, posséder la vaste érudition, profonde, claire et variée qui se manifeste dans ses écrits. En fait, elle ne possédait, et parfois les consultait, que le Catéchisme de Pie X, et une Bible populaire ordinaire [italienne].

Maria était une femme humble et sincère, nous pouvons donc accepter l’explication qu’elle a elle-même fourni au sujet de ses connaissances – elle les attribue à ses visions et ses dictées surnaturelles, – en plus de son talent naturel d’écrivain. C’est aussi l’opinion de Mlle Martha Diciotti qui a aidé Valtorta depuis 30 ans, et qui aujourd’hui reçoit tant de visiteurs dans la petite chambre [de Maria Valtorta].

C’est aussi l’opinion de l’éditeur, le Dr Emilio Pisani, qui entend l’écho écrit et oral de très nombreux lecteurs.

Nota Bene

De tout ce que moi, Père Corrado M. Berti, OSM, ai écrit dans ces pages, j’ai été un témoin oculaire.

En outre, j’ai noté ces événements sur le papier tels qu’ils sont survenus, et je les ai envoyés plus tard après sa mort, sous la forme d’une lettre à Valtorta à celui qui la représente.

Rome, 8 Décembre, 1978

SOLENNITÉ DE L’IMMACULÉE CONCEPTION

Source

Témoignage 2

Contexte

Quand il écrit cet article, le Père Berti est très malade. Il mourra d’une crise cardiaque 10 mois après (le 15 décembre 1980). Ce long article de 13 pages fourmille de détails sur Maria Valtorta et ses écrits. Il constitue son témoignage ultime et, en quelque sorte, son testament spirituel. Il a été publié dans la revue dominicaine Rivista di Ascetica a Mistica, Vita Cristiana, 1980, Année 49e, n°3, juillet-septembre. Il l’a probablement dicté à un de ses « assistant » qui le secondait, car les répétitions que l’on retrouve plusieurs fois est typique du fil de la pensée qu’on suit sans le contrôle de la lecture. Il intervient sous le pontificat de Jean-Paul II. L’hostilité du Saint-Office est un lointain souvenir, mais le Père Berti y fera quelques allusions sévères cependant.

“Ce que je sais de Maria Valtorta”

Dates et circonstances de sa rencontre avec Maria Valtorta

“Me préparant à écrire un témoignage oculaire sur Maria Valtorta, je ressens avec regret et honte le besoin de me présenter d’abord brièvement mais suffisamment, afin que les lecteurs ou auditeurs puissent un jour se rendre compte de la valeur ou de la nullité de mon témoignage.

Je suis né à Florence en 1911 [le 17 mars] et j’ai passé ma prime jeunesse à l’ombre de la Basilique Sanctuaire de la Santissima-Annunziata où reposent maintenant, en attendant la glorieuse résurrection, les ossements de Maria Valtorta[Le Père Berti est l’auteur de l’épitaphe sur la tombe de Maria Valtorta]. Dans ce sanctuaire, peut-être le jour même de ma première communion, j’ai ressenti l’appel au sacerdoce, dans l’ordre des Servites de Marie[Entré dans l’Ordre des Servites de Marie (osm) à l’âge de 15 ans (comme Thérèse de Lisieux), il commence le noviciat à Monte Senario le 17 juillet 1927. Le 19 juillet 1928, il fait sa profession simple. Il termine ses études philosophiques et théologiques à Rome, où, le 26 mars 1932, il fait sa profession solennelle et le 22 septembre 1934 il est ordonné prêtre. En 1931, il obtient son doctorat à Propaganda Fide (Université pontificale Urbanienne) en philosophie. Envoyé à Louvain, il y obtient son diplôme de théologie en 1939, il avait 28 ans.]. Puis en 1928 je suis allé à Rome où je suis toujours (1980) avec pour seule parenthèse 5 années passées à la Faculté de Théologie de l’Université Catholique de Louvain, où j’ai appris à aimer la rigueur scientifique, alors qu’en tant que jeune homme, séjournant à Rome, et fréquentant ce qui s’appelait alors l’Université Pontificale Urbanienne de Propaganda Fide[L’université pontificale urbanienne (en italien : Pontificia Università Urbaniana) est un institut d’études supérieures de l’Église catholique spécialisé dans la formation du clergé missionnaire et des étudiants venant des territoires dits de mission : elle a son siège à Rome, sur la colline du Janicule, dans le rione du Trastevere. L’université urbanienne vient du collège missionnaire de Propaganda Fide, fondé en 1624 par le prélat espagnol Juan Bautista Vives y Maria, avec d’autres représentants du mouvement missionnaire de l’Église de Rome dont saint Jean Leonardi : il avait pour but d’une part de former les missionnaires séculiers ad gentes et de contribuer à refaire l’unité de la pleine communion entre le siège apostolique romain et les églises protestantes et orthodoxes, et d’autre part, d’étudier les langues et les cultures des peuples du monde.], j’ai appris à penser avec ma propre tête, à avoir des idées claires et à essayer de présenter ces idées avec une rigueur logique.

En 1945, j’ai commencé à fréquenter certains hôpitaux à Rome et je les ai fréquentés, aussi longtemps que ma santé me le permettait, pendant plus de 30 ans. En 1946 vint à Rome un pieux prêtre de l’ordre des serviteurs de Marie, donc un de mes frères, le Père Romualdo Maria Migliorini. Il avait été envoyé à Rome, presque en guise de punition[car on redoutait son prosélytisme un peu maladroit envers Maria Valtorta] et aussi pour qu’il cesse de s’occuper de Maria Valtorta. Au lieu de cela, à Rome, il a trouvé en moi son assistant le plus affectueux et le plus fidèle. Voyez comment le Seigneur, lorsqu’Il permet une tribulation ou une humiliation, le fait toujours pour le bien. Donc, en 1946, j’ai rencontré le père Romualdo Maria Migliorini. Il fut notoirement le directeur spirituel puis l’humble dactylographe de Maria Valtorta.[C’est lui qui a tapé à la machine l’ensemble des visions de Maria Valtorta et c’est sous la forme de tapuscrit qu’elles furent soumises à Pie XII.]

Le Père Migliorini était vieux et surtout il était malade. Il m’a demandé de l’aider et moi, non par fanatisme, non pour m’associer à celui qu’on appelait le “directeur spirituel du porte-parole de Viareggio”, mais seulement pour aider un frère malade, je me suis associé à lui et je suis devenu son assistant fidèle et travailleur.

Je suis donc un témoin oculaire de Maria Valtorta. Pourquoi ? parce que le Père Migliorini ne pouvait pas, parce ce que cela lui était interdit, remettre les pieds en Toscane. Celui qui a donc commencé à aller chez Maria Valtorta, en 1946, c’était moi. De 1946 à 1961, au moins une fois par mois, je suis allé chez Maria Valtorta. J’affirme qu’à mon arrivée, je n’ai jamais été laissé devant la porte, mais immédiatement invité à entrer.

En entrant, je n’ai jamais trouvé la malade Maria Valtorta avec ses jambes hors du lit, jamais assise sur une chaise, jamais à une table, jamais avec un livre à la main, mais toujours au lit, assise ou à moitié couchée.

Je l’ai observée pendant 16 ans. Je ne l’ai jamais trouvée en train d’étudier, je ne l’ai jamais trouvée en train de lire des livres de théologie ou en tout cas des livres qui pourraient en quelque sorte être utilisés pour composer les grandes œuvres qu’elle composait alors. Maria Valtorta a donc écrit plus de 120 cahiers [d’écolier], mais jamais après avoir consulté des livres. J’en suis un témoin oculaire.
Un jour, un frère franciscain est venu me voir et m’a dit : “Je veux voir les veux qui ont vu Maria Valtorta”. J’ai enlevé mes lunettes et j’ai dit : “Regarde ces veux verts comme ceux des chats, ces yeux ont vu Maria Valtorta, comme ces oreilles ont entendu Maria Valtorta”.

Sa réfutation des critiques envers l’Œuvre

“Je commence tout de suite par une déclaration qui me semble très importante. Surtout ces derniers temps[dans les années 80], les articles ou commentaires sur les écrits de Maria Valtorta se multiplient. Je n’ai pas encore lu les articles écrits par le professeur Fabrizio Braccini de l’Université de Salerne parce que je suis malade, dis-je (comme il semble). Je ne les ai pas encore lus mais j’ai entendu dire, de la part de personnes préparées, honnêtes et compétentes, qu’ils sont bien faits et, le moment venu, en les lisant ou en les faisant lire, je souhaiterais moi aussi en prendre personnellement connaissance.

D’autres, en revanche, font peur parce qu’ils sont terriblement superficiels.

Par exemple, il y a ceux qui disent (comme les articles qui cherchent la petite bête, ceux qui paraissent sans relâche dans le magazine Chiesa Viva[une revue opposée à Maria Valtorta], de Brescia) disent que les écrits de Maria Valtorta sont une vie de Jésus, mal romancée.

Tout d’abord, les écrits de Maria Valtorta, à mon avis, ne sont pas du tout un roman. Le Poème pourrait peut-être aussi s’appeler un roman en tant que descriptif, mais d’une vie magnifiquement romancée de Jésus, pas mal romancée, comme celui qui a utilisé cette expression pour la première fois[C’est le titre de l’article de l’Osservatore romano du 6 janvier 1960 commentant la mise à l’Index]. Il faut dire plutôt magnifiquement romancée, excellemment romancée, artistiquement romancée, pas mal romancée.

D’ailleurs, pourquoi appeler cela un roman ? – Maria Valtorta ne mérite-t-elle pas d’être estimée, ne mérite-t-elle pas d’être considérée, surtout aujourd’hui avec le respect tant annoncé de la personne humaine ?

Les visionnaires de Lourdes, les visionnaires de la Salette, les visionnaires de Monte Berico[un lieu d’apparitions mariales au 15e siècle à Vicence, près de Venise], les visionnaires de Fatima, les visionnaires de Guadalupe ont été écoutés et considérés ; pourquoi n’écouterions-nous pas aussi Maria Valtorta ?

Écoutons-la un instant, écoutons-la, suspendus aux lèvres d’un témoin oculaire. Maria Valtorta a toujours dit que ce qu’elle écrivait était le fruit de visions surnaturelles ou de dictées surnaturelles. Pourquoi exclure ces propos répétés, perpétuellement répétés, par Maria Valtorta ? Pourquoi les exclure ? On ne les prend même pas en considération, pourquoi ?

Et puis, même si l’on voulait affirmer que Le Poème de l’Homme-Dieu est une vie magnifiquement romancée de Jésus, on ne peut en aucun cas affirmer que les autres œuvres, à savoir : Le Livre d’Azarias est un roman, il n’a rien de fictif ; Les Cahiers de 1943 ne sont pas un roman, ils n’ont rien de fictif ; Les Leçons sur l’Épître de Paul aux Romains n’ont rien de romanesque ; le volume qui va sortir Les Cahiers de 1944 n’ont rien de fictif. Le dernier tome qui sortira, si Dieu le veut, dans quelques années, et sera constitué de divers écrits valtortiens, écrits entre 45 et 53 [ces écrits formeront, en effet, Les Cahiers de 1945 à 1950, réunissant des écrits épars retrouvés ultérieurement], un tome qui n’aura rien de fictif. Il n’est donc pas possible d’expliquer le phénomène valtortien en le présentant comme un roman, même magnifiquement conçu. Ce n’est pas possible ! Parce qu’il faut, avec respect, sinon accepter, du moins méditer les mots toujours répétés par Maria Valtorta : “Ce que j’ai écrit est dû à des visions surnaturelles, cela est dû à des dictées surnaturelles”.

J’en suis témoin, d’une certaine manière, non pas parce que j’ai vu des manifestations surnaturelles se tenir à côté de Maria Valtorta, non ! Mais parce que parfois, en lisant les écrits de Maria Valtorta et en allant vers elle, je lui disais : “Mademoiselle, mais cette phrase n’est pas très claire”. Elle la regardait, vérifiait ses cahiers et disait parfois : “Oui, ce n’est pas clair parce que vous avez mal tapé à la machine. Le cahier dit ceci et cela, vous avez mis un – non – et avec ce – non – vous avez fait surgir une erreur ou une obscurité”.

Ou Maria Valtorta disait : “Oui, la phrase n’est pas claire. Clarifiez-la, vous qui êtes théologien.” Elle, ne pouvait pas clarifier cette phrase. Pourquoi ? Parce qu’elle disait : “Tant que la lumière de la vision et de la dictée est allumée, je suis capable d’écrire ; mais quand cette petite lumière de la vision et de la dictée, quand cette lumière s’éteint, quand cette voix s’éteint, alors je ne sais plus écrire.” Combien de fois m’a-t-elle dit cela ! Maintenant, donc, et par la suite, il faudra se souvenir de cette affirmation de Maria Valtorta, que son phénomène s’explique par des visions et des dictées ; et cette affirmation de Maria Valtorta ne pourra être exclue qu’après avoir démontré avec certitude qu’il ne s’agit pas de visions et de dictées.

Peut-être que quelqu’un dans les livres de Maria Valtorta trouvera des imperfections, trouvera aussi des erreurs et dira : “Ici ce n’est pas dicté par Dieu, ici ce n’est pas montré par Dieu parce qu’il y a une obscurité, et quelle obscurité ! il y a une erreur, et quelle erreur !”Mais pour pouvoir dire cela il faudra tout d’abord être compétent dans les différentes branches de la connaissance, car un théologien dogmatique [ce qu’était le P. Berti] ne pourra pas juger dans le domaine liturgique et un hagiographe ne pourra pas s’exprimer dans le champ biblique. Mais même si une personne compétente parvient à trouver quelque erreur doctrinale dans les écrits de Maria Valtorta, il faudra toujours se rappeler qu’il n’y a personne sur la face de la terre qui soit toujours infaillible. Même l’infaillibilité du Pape et l’infaillibilité des Conciles œcuméniques ont de justes limites bien définies par la théologie, bien définies aussi par la Constitution dogmatique du Concile Vatican I sur la primauté du Pape et son infaillible Magistère.

Je crois que Maria Valtorta a été très préservée des erreurs, mais on ne peut pas affirmer qu’elle a toujours été préservée en tout, car Maria Valtorta aussi pouvait mal voir, mal comprendre, mal écrire, mal décrire. Celui qui a mu la main (je pense qu’il est possible de le dire) était Dieu, mais la plume (Elle s’appelait elle-même la plume de Jésus) la plume pouvait aussi parfois être rouillée par la maladie, par la fatigue, par la nuit, par la fatigue d’écrire, cette plume a pu parfois être aussi rouillée.

Par conséquent, ceux qui, avec une effrayante superficialité, semblent affirmer que Maria Valtorta devait être infaillible, commettent une grave erreur. Au lieu de chercher la petite bête, nous sommes frappés par cette Œuvre de sagesse et de miséricorde qu’est il Poema dell’uomo Dio (L’Évangile tel qu’il m’a été révélé) et qu’est l’ensemble des écrits valtortiens ; et nous pensons que cette Valtorta a écrit au lit ; elle écrivait avec peu de lumière ; elle écrivait à toute heure du jour ou de la nuit ; elle a également écrit pendant de nombreuses heures et peut donc parfois avoir fait des erreurs, notamment dans la description ou l’écriture.
Qui est infaillible par écrit ? – Qui peut à la place de “moi [mi]” ne pas écrire “non” ? – Qui ne peut jamais se tromper en écrivant ? Ce serait un miracle extraordinaire si Maria Valtorta ne s’était jamais trompée ; quel miracle extraordinaire ce serait.”

Son avis sur les écrits de Maria Valtorta

“Que dis-je du phénomène Valtortien ? – Je veux m’exprimer avec la plus grande sérénité, sans fanatisme. Je déteste le fanatisme. Je veux que ce manque absolu de fanatisme soit en moi aussi à l’égard de Maria Valtorta ; d’autant plus que je n’ai servi que Maria Valtorta. Je n’ai pas été son directeur spirituel, comme certains l’ont dit à tort. Je n’étais pas son confesseur. Cela fait que mon témoignage vaut un peu moins et un peu plus. Un peu moins parce que c’est le témoignage de quelqu’un qui ne connaissait pas le fond spirituel de l’âme de Maria Valtorta. C’est un peu un inconvénient, un peu de ma faiblesse, mais c’est aussi ma force car je ne suis lié par aucun secret quelconque, sacerdotal ou professionnel. Je peux parler librement de Maria Valtorta parce que je n’ai pas dirigé son âme, je n’ai pas écouté ses vertus et ses péchés. Je n’ai pas été son directeur spirituel et je n’ai pas été son confesseur. Qu’ai-je donc fait pour Maria Valtorta ? Je n’ai lu les écrits qu’une seule fois.

Je me souviens qu’un de mes chers amis, Don Franco Bertolotti, un moine de Subiaco, connait une personne qui a lu le Poème et tous les écrits 18 fois. Je suis toute petit, une fourmi, je n’ai lu qu’une seule fois tous les écrits, pour servir, pour annoter. J’ai écrit les premières notes nécessaires en 1959, puis j’ai écrit toutes les notes à partir de 1960 jusqu’à aujourd’hui 1980 : 20 ans de travail dont 15 de travail intense du matin au soir.

Ces dernières années, souffrant maintenant de maladies graves, je travaille moins et surtout je ne travaille jamais seul mais avec un assistant, car après les maladies dont je vais parler j’avais besoin d’être aidé, et un noyau de confrères m’a aidé et me soigne, avec quelques laïcs auxquels je suis très reconnaissant. Parmi ces aides, je me souviens du Père Maggi, du Père Choote, du Père Crociani, du Père Tartamella, du Père Maggioreni, du Père Lai, du Père Curti Vay. Ils m’ont aidé.

J’ai fait les notes théologiques, surtout les notes bibliques et j’ai remarqué 2 choses très importantes :

1) Maria Valtorta dans ses écrits est toujours en harmonie avec la foi, elle est toujours en harmonie aussi avec la doctrine catholique la meilleure et la plus accréditée, toujours en harmonie avec la Révélation divine, toujours en harmonie (ou du moins pas en désaccord) avec la meilleure doctrine catholique.

Les livres de Maria Valtorta peuvent se lire tranquillement, ils éclairent, ils enflamment, ils ne s’éloignent jamais de la Foi, ne s’éloignent jamais de l’Église, ne s’écartent jamais de ce que nous croyons être la doctrine la plus solide, la plus sérieuse, acceptée en l’Église catholique, même en ce temps de pluralisme (comme on dit).

2) Une autre considération importante. Je n’ai lu qu’une seule fois, comme je l’ai dit, les écrits de Maria Valtorta, mais pour les annoter. Mais je les ai lu en les étudiant, je les ai lu en les pénétrant, je les ai lu en les pesant, je les ai lu en les classant, cherchant la difficulté, les points à éclaircir et étant impressionné par les perles merveilleuses ou d’une clarté majeure, ou même, d’une certaine manière, l’achèvement de ce que nous savions mais ne savions pas avec une telle complétude. Je me souviens d’un vieux saint, le grand protecteur des écrits valtortiens, l’archevêque de plus de 100 ans, Alfonso Carinci, qui disait : “Je n’ai jamais lu un écrit aussi parfait, aussi clair et profond sur le Purgatoire”[https://fr.mariavaltorta.wiki/wiki/P._Berti_:_citations_dans_l%27%C5%93uvre#17_juin_1946_:_Le_P._Berti_a_fait_lire_des_dict%C3%A9es_%C3%A0_Mgr_Carinci_qui_le_conseille].

Lui qui disait, pensant à la faillibilité de Maria Valtorta : “La fille a peut-être mal compris, peut-être mal vu, peut-être mal écrit”. – Voyez l’admiration et la pondération. Ce sont ces hommes qui ont compris les écrits de Maria Valtorta et ce sont ces hommes qui ont su parler avec compétence des écrits de Maria Valtorta.

J’ai dit, humblement et avec vérité, que j’avais lu les écrits de Maria Valtorta pour les servir ; mais j’ai un avantage sur tout le monde : j’ai lu tous les écrits de Maria Valtorta, même ceux inédits. Un bon volume va bientôt paraître : Les Cahiers de 1944. Je les ai lus, une seule fois, pour les annoter, mais je les ai lus.

Dans deux ans, sortira peut-être le dernier volume des écrits scientifiques de Maria Valtorta, un volume de « mélange » d’écrits entre 1945 et 1953. Je les ai lus. Personne ne les a lus. De même, il y a la correspondance entre Maria Valtorta et le professeur Ferri.

Le Prof. Ferri, un grand sculpteur, peintre et dessinateur, mon cher ami, je l’ai présenté à Maria Valtorta et Maria Valtorta, en 1950, a commencé à le recevoir chez elle et à lire un passage, ou à raconter le contenu d’un passage ou à raconter un fait ou à expliquer un personnage et à guider le Prof. Ferri.

Ce sont des choses qui sont écrites ici et là mais ensuite elles ont toutes été rassemblées dans les lettres que j’ai lues. Maria Valtorta a effectivement dirigé le professeur Ferri.

Monseigneur Cerri, de Nettuno, a publié un beau livre intitulé “Le Saint Suaire et les intuitions mystiques de Maria Valtorta”. Mais quand, si Dieu le veut, paraîtra le volume de la correspondance Valtorta-Ferri, il faudra que Mons. Cerri fasse une nouvelle édition refondue de son beau livre, car dans la correspondance Valtorta-Ferri et vice versa, il trouvera de nombreux éléments concernant à la fois le Suaire, mais aussi la Passion de Jésus, les Apôtres et d’autres personnages. Pensez, dans ces lettres on trouve la description des nez et des oreilles des Apôtres, pour dire le niveau de détails.

Valtorta a guidé le professeur Ferri dans les moindres détails puis lui a dit : “Arrêtez, ne touchez plus à rien, ça gâche tout” et Ferri est retourné à Rome et quand il était à Rome, écrit-il, il n’était plus capable de travailler comme lorsqu’il travaillait à Viareggio, à côté du lit de Valtorta, illuminé et guidé par l’esprit et les mots de Valtorta elle-même.

Ce sont des éléments très importants, inconnus de presque tout le monde. Peu de gens, des témoins oculaires comme moi, sont au courant de ces détails, mais d’autres ne sont pas connus. Il n’est donc pas possible de juger sommairement le phénomène valtortien qui est grand et dont nous, comme les italiens, devons être fiers.

Je me souviens que lorsque des personnes non éclairées ont voulu mettre fin au phénomène valtortien, détruire tous les manuscrits [il s’agit de Mgr Pepe du Bureau de la censure des livres, sur ordre de Mgr Ottaviani, en février 1949], détruire tous les tapuscrits, je suis allé voir le président de la République italienne Luigi Einaudi et lui ai dit : “Excellence, sauvez, avec votre pouvoir de Président de la République, sauvez ce monument national littéraire et spirituel italien qu’est l’ensemble des écrits de Maria Valtorta”. À dire vrai, il m’a accueilli très gentiment, mais, ensuite, il n’a rien fait. Mais le Seigneur a pourvu, et petit à petit, les écrits de Maria Valtorta, non seulement ont été cachés et conservés, mais ils ont également été publiés par la Maison d’édition Pisani d’Isola del Liri, près de Frosinone, en Italie. Et maintenant, on peut dire qu’ils se sont répandus un peu dans toutes les nations, car dans toutes les nations du monde il y a des prêtres qui ont étudié en Italie, et, dans toutes les nations du monde, se trouve des émigrants italiens. Ils sont des millions d’émigrants italiens dispersés presque partout dans le monde ; et partout, on peut le dire, les écrits de Maria Valtorta se sont répandus.

Quelques travaux sur Maria Valtorta, dont les siens

“Et maintenant, je veux vous parler de mes derniers travaux. Pardonnez-moi, c’est mon témoignage, excusez-moi si je parle de ce que je sais.

En 1979 j’ai eu l’inspiration, disons, d’écrire mes Mémoires valtortiennes, vu aussi ma mauvaise santé (deux crises cardiaques, une thrombose, deux cataractes, quatre fois aux urgences) j’ai toujours pensé que le Seigneur pourrait me rappeler d’un instant à l’autre et j’ai pensé à écrire mes Mémoires valtortiennes que j’ai écrit l’année dernière. Un volume d’environ 400 pages. Ce ne sont pas des pages pleines, il y a beaucoup d’espaces vides, car je l’ai écrit sous forme de dictionnaire, en réservant une page pour chaque personne, même si je ne pouvais écrire que 4 ou 5 lignes sur cette personne. Quatre cents pages. Maintenant, j’étudie ce travail pour voir si je peux faire des compléments et j’ai trouvé, pour l’instant, 27 autres éléments à ajouter et je les ajoute progressivement.

Ce dictionnaire du peuple valtortien, que de belles expressions il contient ! Je me souviens d’une : la professeure Giuseppina Azzaro, spécialiste de Sainte Catherine de Sienne, ce grand docteur de l’Église. Un jour, je suis allé écouter une conférence de la professeure Azzaro et de son mari, l’hon. Avocat Giuseppe, Sous-secrétaire aux Finances. Tous deux ont parlé, dans des conférences séparées, de sainte Catherine de Sienne. Après la conférence, je me suis approché de la Dame pour lui faire un compliment, pour leur faire plaisir, car ils avaient vraiment été excellents, mais aussi pour leur parler ensuite de Maria Valtorta, j’ai dit : “Professeure, maintenant, dans l’Église, nous avons une autre Docteure de l’Église : c’est Maria Valtorta, une deuxième Catherine.” La Professeure m’a répondu : “Non, mon père, Maria Valtorta n’est pas une seconde Catherine, Maria Valtorta n’a pas son pareil, c’est un phénomène unique.” Beaucoup de ces expressions se retrouvent dans ce livre que j’ai écrit sur les Mémoires de Valtorta.

Ce livre est maintenant confidentiel, disons, car je n’en ai fait que très peu d’exemplaires et je les ai donnés aux personnes que je respecte le plus dans le domaine valtortien et qui seraient bien avisées d’écrire aussi leur propre déposition, comme je le fais, leur propre témoignage oculaire sur Maria Valtorta.

L’une est Mademoiselle Marta Diciotti, qui a vécu pendant environ 30 ans à côté de la malade Maria Valtorta, à un mètre de là, ou à un centimètre parce que le lit de Marta n’était peut-être même pas à un mètre de celui de Maria, et elle l’a aidée dans tout, sauf une chose : elle ne l’a jamais aidée en une seule chose : elle ne l’a jamais aidée dans l’écriture, parce que Marta n’a jamais donné à Maria Valtorta un livre à étudier, à recopier.

La très petite et méprisable, si on peut dire, bibliothèque de Maria Valtorta (deux ou trois cents fascicules) était fermée à clé et la clé gardée par la terrible mère.

Maria Valtorta n’a donc rien pu lire pour cela. Elle ne pouvait pas sortir du lit et Marta ne lui a pas donné de livres car il était interdit de donner les livres comme il était interdit d’ouvrir la petite bibliothèque de livres. Toutes les belles choses que beaucoup ne connaissent pas et ils disent pourtant en quatre mots que le phénomène valtortien est un phénomène d’écriture de roman seulement, ou quelque chose de similaire. Quel roman ? Mais quand le grand Manzoni écrivait, il corrigeait et corrigeait. Valtorta a écrit du premier jet et n’a jamais corrigé les écrits mystiques. Dans ses lettres personnelles oui, il y a beaucoup de corrections, mais dans les écrits mystiques il n’y a pas de corrections.

S.S. Pie XII

Le grand Pie XII, ce pape très sage, si favorable à Maria Valtorta, m’a dit, je l’ai entendu de mes oreilles : “Publiez cet Œuvre telle qu’elle est. Celui qui lira comprendra !”

Le très sage Pie XII corrigeait et rectifiait, et confia à son ami Mgr Alfonso Carinci : “Votre Excellence, parfois, pour choisir un mot, j’y passe une heure”. Valtorta n’y restait pas une minute. Sur chaque mot, elle passait le temps strictement nécessaire pour écrire ce mot. Elle ne réfléchissait pas. Si elle était interrompue, elle reprenait – “Mademoiselle, que dois-je donner au cordonnier qui a ressemelé les chaussures ?” – “Donne deux mille lires” – et immédiatement elle recommençait à écrire ses écrits mystiques. Qui est capable de ça ? – “Mademoiselle, comment fait-on la soupe de poisson ?” – Comme çà et comme çà ; puis elle reprenait l’écriture.

J’ai vécu dans une Faculté de Théologie parmi les professeurs, pendant 50 ans, et parfois je vais frapper à la porte d’un professeur et je le trouve plongé dans ses études et il me dit : “Va-t’en, va-t’en, je perds mon fil, tu m’as fait perdre le fil”. Maria Valtorta n’a jamais perdu le fil, et n’a pas corrigé. Mais c’est un phénomène ! Cela doit être étudié ! On ne peut pas expliquer ou croire qu’on explique en lançant seulement une phrase : “c’était une personne qui avait le talent d’un romancier !” Je pense avoir tout expliqué. Ce n’est pas vrai ! D’abord parce que j’ai dit que toute la production valtortienne n’est pas de nature romanesque. Si le Poème est une vie de Jésus magnifiquement, admirablement romancée, le reste ne peut pas être expliqué de cette manière ; ne peut absolument pas s’expliquer ainsi.

Il faut tenir compte de ces humbles confessions de Maria Valtorta, et ne pas exclure ce qui dans l’Église de Dieu n’est pas exclu, car il n’est pas exclu que de nombreux sanctuaires soient nés suite à un ordre de la Madone, ce n’est pas exclu ! Pourquoi, s’il n’est pas exclu que Notre-Dame ait parlé à tel endroit ou à tel autre, il faut nécessairement exclure qu’elle ait parlé à cet autre endroit, à cette autre personne ?

Cette façon d’agir n’est pas scientifique, elle n’est pas scientifique ! C’est superficiel ! C’est bon seulement pour ceux qui se satisfont de tout, mais c’est superficiel, ce n’est pas scientifique, ce n’est pas rigoureux, ce n’est pas humble, ce n’est pas ce qui tient compte de la dignité due à toute personne humaine.

Je reviens un instant en arrière. J’avais parlé plus haut de la correspondance Valtorta-Ferri et vice versa ; Je me souviens des lettres Bottai-Valtorta et vice versa.

Qui était ce Bottaï ? Il était fonctionnaire des chemins de fer d’État ; très pointilleux, et dans ses lettres il soumet Maria Valtorta à un interrogatoire serré. Par exemple, il lui a demandé : – “Combien de fois avez-vous vu notre Seigneur Jésus-Christ ?” – Et Maria Valtorta a répondu, je ne sais pas comment elle a fait : “720” ; peut-être l’Avertisseur Intérieur le lui avait-il rappelé, celui qu’elle appelait son Moniteur interne, c’est-à-dire son Ange Gardien, Azarias. Ce peut cependant être aussi : “J’ai vu Jésus 720 fois” tout simplement.

Maria Valtorta était très simple et on ne peut exclure qu’elle ait dit la vérité puisque nous savons (au moins nous les témoins oculaires le savons) qu’elle n’a pas menti, sinon peut-être, quand on s’était absenté, presque à contrecœur, comme il arrive à tous les mortels.

J’ai dit que j’avais écrit mes Mémoires valtortiennes qui, pour l’instant, ne sont pas connues, car j’en ai fait peu de copies et les ai données ; au Prof. Albo Centoni de Viareggio, parce qu’il les concerne, surtout d’un point de vue littéraire, en supprimant toutes les erreurs ou horreurs littéraires ; un autre exemplaire que j’ai donné à Marta Diciotti, susmentionnée, qui ayant vécu aux côtés de Maria Valtorta pendant environ 30 ans, sait tout de Maria, elle est donc capable de combler mes lacunes et de corriger mes éventuelles erreurs ; un autre exemplaire a été envoyé à M.T.M.[Mère Teresa Maria du couvent de Camaiore près de Viareggio. C’était sa mère spirituelle avec qui elle a entretenu une grande correspondance publiée en deux volumes], une personne mystérieuse, qui aime beaucoup rester dans l’ombre et qu’il faut laisser dans l’ombre ; c’est une religieuse cloîtrée, une amie proche de Maria Valtorta.

Je ne sais pas si cette M.T.M. les lira, parce qu’elle est âgée, parce qu’elle est malade ; je ne sais donc pas si elle lira mes mémoires et les corrigera ; cependant, par respect et en considération de sa valeur, je les lui ai fait parvenir pour que, si possible, mes souvenirs personnels puissent être archivés, complétés et perfectionnés.

Je ne sais pas si un jour ils seront publiés, mais je sais que le professeur Albo Centoni susmentionné a interrogé tous les témoins oculaires[Il a publié Una vita con Maria Valtorta, recueil des souvenirs de Marta Diciotti, et Ricordi di donne che conobbero Maria Valtorta (souvenirs de femmes qui ont connu Maria Valtorta)]; il a enregistré les dépositions de tous les témoins oculaires sur un magnétophone et a préparé un volume avec les dépositions de tous les témoins oculaires. Qui sait, peut-être qu’un jour un tel volume avec les miennes pourra voir la lumière, je ne sais même pas, cependant, si cela a été fait.

Le volume susmentionné de mes mémoires a également été remis, en copie, au Dottore Emilio Pisani, très méritant, car son père, le Cavaliere Michele Pisani s’est mis à publier les livres de Maria Valtorta lorsqu’ils étaient, pour ainsi dire, condamnés à mort. Il a fait une grande œuvre de foi et de confiance.

Je me souviens encore que j’avais prédit au Cav. Pisani la catastrophe, mais le P. Migliorini m’a interrompu en me disant : “Cela fait 3 fois qu’on le prévient, maintenant ça suffit !” – Et je me suis tu. Le Cav. Pisani, en 1950, a commencé à préparer les ébauches de la première édition. Depuis 1960, celui qui s’occupe des écrits de Maria Valtorta est le fils du Cav. Michele, c’est le docteur en droit, bien préparé, Emilio, qui a veillé à ce que les volumes de la deuxième édition et des éditions suivantes soient tous strictement conformes aux originaux valtortiens ; donc les volumes que nous pouvons lire tranquillement. Ils représentent, avec toute la perfection permise aux gens de ce monde, bien sûr, ils représentent l’Œuvre telle qu’elle est sortie de la plume de Maria Valtorta, telle qu’elle est contenue dans les cahiers autographes de Maria Valtorta.

Marta a passé les [122] cahiers au Dott. Pisani qui les fait reproduire exactement dans les ébauches puis dans l’impression.

J’ai donc supplié aussi le Dott. Emilio Pisani, de revoir mes Mémoires valtortiennes, surtout parce qu’il connaît tout l’écho que ces livres produisent chez des milliers et des milliers de lecteurs, avec lesquels il entretient des relations étroites.

J’aimerais vraiment que mes Mémoires Valtortiennes soient circonscrites, perfectionnées et complétées et qu’à l’avenir elles puissent également être publiées, mais avec toutes les autres Mémoires Valtortiennes, afin que les futurs chercheurs ne manquent de rien, qu’ils aient toute la production littéraire, mais aussi tout ce qui, de quelque manière que ce soit, puisse les aider.

D’après ce que nous venons de dire, il apparaît que pour écrire sur Valtorta, il faut être bien informé et ne pas procéder superficiellement. Pour comprendre la complexité du phénomène et surtout d’un point de vue historique, géographique et doctrinal, il peut être utile de consulter les index, notamment la carte géographique soigneusement préparée par M. Hopfen, un ingénieur allemand de la FAO, avec environ 25 éditions.

Toujours consulter l’index précis du Poema dell’Uomo-Dio. Pour les autres livres valtortiens, en revanche, il faut tenir compte des index préparés par le Dott. Emilio Pisani.
Pour avoir un aperçu et aussi une idée détaillée de la doctrine valtortienne, consultez l’Index des notes [jointes] aux écrits valtortiens publiées jusqu’à la fin de 1975 et préparé par le P. Corrado M. Berti O.S.M.

Sa conclusion

“Ce sera court et concis. Quelques lignes.

En philosophie, il y avait et il y a peut-être encore un principe métaphysique sévère : “Effectus non est maior sua causa”, c’est-à-dire que l’effet ne peut être supérieur à sa cause.

Maria Valtorta était intelligente, écrivaine de naissance et bien éduquée. Mais sa culture ou sa préparation, à la fois lointaine et proche, était certainement bien inférieure à celle qu’il manifeste dans sa production spirituelle ou doctrinale ou mystique, si l’on préfère (10 volumes du Poème et 5 d’autres sujets théologiques ou spirituels divers).

Seuls l’Autobiographie et les autres écrits épistolaires et autobiographiques sont expliqués par l’expertise et la culture valtortiennes ; mais les 15 volumes doctrinaux ne peuvent être expliqués seulement avec une telle expertise et culture, sinon il y aurait un effet supérieur à la cause, ce qui est métaphysiquement impossible et absurde.

Par conséquent, comme l’a dit Enrico Medi [un physicien], une cause naturelle ne suffit pas pour expliquer l’effet de la production doctrinale valtortienne, il faut aller à la recherche d’une cause surnaturelle[C’est aux mêmes conclusions que parvient Mgr Ugo Lattanzi, Doyen de la faculté pontificale du Latran quand il étudia les écrits de Maria Valtorta à la demande de Mgr Fontevecchia qui voulait accorder l’imprimatur. Il conclut à une source “préternaturelle”]

Et, comme pour d’autres personnes similaires, il semble juste et respectueux d’accepter la cause que Maria Valtorta indique, car elle était une personne humble, honnête (sinon sainte) et véridique.

Or, la cause supérieure indiquée par Maria Valtorta à nous, témoins oculaires et à tous les lecteurs, consiste en des visions et des dictées surnaturelles. Des visions qu’elle décrivait à la fois avec son talent inné d’écrivain, mais non douée d’exemption d’erreur ou d’infaillibilité. Dictées, qu’elle transcrivait en les écoutant, avec la fidélité permise à tout instrument humain, non doté de cette infaillibilité. De cette infaillibilité accordée seulement aux auteurs de la Bible, aux Papes et aux conciles œcuméniques déterminants.”

Et cette défaillance humaine explique les erreurs qui peuvent être signalées par des personnes vraiment compétentes placées uniquement au service de la vérité et de la charité. Et donc pas par des adversaires jaloux et vindicatifs.

Rome, 20 février 1980

P. Corrado M. Berti, de l’Ordre des Servites de Marie

Collegio Internazionale S. Alessio Falconieri – Viale Trenta Aprile, 6 – Roma

[Source]