Origine du concept de “surpopulation”
Thomas Malthus (1766-1834) est un pasteur anglican britannique. Il publia en 1798, An Essay on the Principle of Population dans lequel il exprime sa peur de voir la démographie humaine progresser plus rapidement que les ressources disponibles. En réponse à ses craintes, il imagina des mesures visant à réduire le nombre de naissances : instaurer un impôt sur la taille et le poids des enfants, offrir des cadeaux (livres, vêtements…) aux couples sans enfants, etc.
Paul Ralph Ehrlich (1932-), professeur à l’université Stanford et militant dénataliste, est l’un des fondateurs de l’association américaine Zero Population Growth. Il publia, en 1968, The Population Bomb (La Bombe P), pronostiquant une croissance démographique catastrophique et, en 1970, Population, Resources, Environment: Issues in Human Ecology, proposant des solutions à cette croissance : planning familial volontaire, stérilisation forcée des femmes ayant atteint un nombre prédéfini d’enfants, etc. Ses écrits suscitèrent une vague d’inquiétudes.
Mais les pronostics de Malthus et d’Ehrlich se révélèrent largement faux. Ainsi, selon Ehrlich, Calcutta aurait dû atteindre les 66 millions d’habitants en l’an 2000 (17 millions aujourd’hui). Seul le Parti communiste chinois (profondément anti-chrétien) transcrivit cette vision en application pratique. Mais l’influence de ces auteurs reste diffuse et massive.
Ainsi, face aux désastres écologiques et aux pénuries, certains affirment que nous sommes trop nombreux et prônent, en conséquence, une régulation renforcée des naissances, sur les plans individuel et collectif. Cette vision comptable séduit même des catholiques qui tournent le dos au tout premier commandement divin adressé aux hommes :
“Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. Soyez les maîtres des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, et de tous les animaux qui vont et viennent sur la terre.” (Gn 1, 28)
Commandement qui sera réitéré, neuf chapitres plus loin, par Dieu à l’humanité renaissante après le Déluge :
“Et vous, soyez féconds, multipliez-vous, devenez très nombreux sur la terre ; oui, multipliez-vous !” (Gn 9, 7)
Causes de la sous-nutrition
Si nous prenons le temps d’observer sereinement la situation, il apparaît que les problèmes de sous-nutrition dans le monde découlent :
- du matérialisme (qui entraîne dégradation de l’environnement nourricier, pollutions, altérations du climat et des saisons, ralentissement du Gulf Stream/AMOC…)
- de la cupidité (qui entraîne surproductions, surpêches, mauvaises distributions, gaspillages, privatisation des semences, spéculation sur les denrées de base…)
Alors, les hommes s’affolent devant les conséquences de leurs péchés. Mais, ils cherchent bien souvent à se sauver par leurs propres forces (en recourant à la science, à la technique, à la politique, au militantisme, à l’humanitaire, au planning familial), et non en revenant à Dieu tels des fils prodigues. Ainsi, doublent-ils leur matérialisme et leur cupidité, d’orgueil, mais aussi d’un esprit de mort : refus de la vie, avortement, stérilisation, euthanasie…
Jésus : “L’orgueil est la luxure de l’intelligence et c’est le péché le plus grand, car c’est le péché même de Lucifer.” (Maria Valtorta, 486.4)
Vouloir quantifier et contrôler les personnes comme des choses est un grand péché et une conduite insensée. Souvenons-nous que lorsque le roi David céda à cette logique en faisant recenser son peuple, Dieu le punit aussitôt par une peste qui emporta soixante-dix mille Israélites en trois jours (2 S 24).
Si nous abandonnons les chemins du matérialisme, de la cupidité, de l’orgueil et de la mort, pour vivre l’Évangile (amour, foi, tempérance, partage), nous retrouverons un jardin d’abondance, dont les capacités physiques, loin d’être restreintes, pourraient accueillir sans peine bien plus d’âmes encore.
Apprendre à mettre notre confiance en Dieu
Plus encore, Dieu nous porterait secours avec joie – conformément à Son Verbe : “Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : “Qu’allons-nous manger ?” ou bien : “Qu’allons-nous boire ?” ou encore : “Avec quoi nous habiller ?” Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît.” (Mt 6, 31-33) – comme il l’a fait avec la manne au désert ou en multipliant les pains et les poissons à profusion pour ses enfants.
Ancien Testament – La manne au désert :
Dix semaines après avoir été miraculeusement libérés de leur esclavage en Égypte, les fils d’Israël atteignirent le désert de Sine. Là, ils se mirent récriminer contre le Seigneur (en s’en prenant à Moïse et à Aaron), car regrettant la nourriture qu’ils avaient à satiété lorsqu’ils étaient esclaves, ils étaient dans le doute. Entendant leurs récriminations, “le Seigneur dit à Moïse : “Voici que, du ciel, je vais faire pleuvoir du pain pour vous. Le peuple sortira pour recueillir chaque jour sa ration quotidienne, et ainsi je vais le mettre à l’épreuve : je verrai s’il marchera, ou non, selon ma loi. Mais, le sixième jour, quand ils feront le compte de leur récolte, ils trouveront le double de la ration quotidienne.” […] La maison d’Israël donna à ce pain le nom de “manne”. C’était comme de la graine de coriandre, de couleur blanche, au goût de beignet au miel.” Le Seigneur ordonna qu’il en conserve une pleine mesure dans un vase en témoignage pour les générations futures. (Ex 16)
Ancien Testament – Multiplication en présence d’Élisée :
“Un homme vint de Baal-Shalisha et, prenant sur la récolte nouvelle, il apporta à Élisée, l’homme de Dieu, vingt pains d’orge et du grain frais dans un sac. Élisée dit alors : “Donne-le à tous ces gens pour qu’ils mangent.”
Son serviteur répondit : “Comment donner cela à cent personnes ?” Élisée reprit : “Donne-le à tous ces gens pour qu’ils mangent, car ainsi parle le Seigneur : On mangera, et il en restera.”
Alors, il le leur donna, ils mangèrent, et il en resta, selon la parole du Seigneur.” (2 R 4, 42-44)
Nouveau Testament – Première multiplication par Jésus à Tarichée (5 pains d’orge et 2 poissons, pour 5000 hommes, sans compter les femmes et les enfants, 12 paniers de restes) :
“[Jésus] se retira et partit en barque pour un endroit désert, à l’écart. Les foules l’apprirent et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied. En débarquant, il vit une grande foule de gens ; il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades.
Le soir venu, les disciples s’approchèrent et lui dirent : “L’endroit est désert et l’heure est déjà avancée. Renvoie donc la foule : qu’ils aillent dans les villages s’acheter de la nourriture !”
Mais Jésus leur dit : “Ils n’ont pas besoin de s’en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger.”
Alors ils lui disent : “Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons.”
Jésus dit : “Apportez-les moi.”
Puis, ordonnant à la foule de s’asseoir sur l’herbe, il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ; il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule. Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait douze paniers pleins. Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille, sans compter les femmes et les enfants.” (Mt 14, 13-21 ; aussi dans : Mc 6, 35-46 ; Lc 9, 12-17 ; Jn 6, 3-13 ; Valtorta, 273)
Nouveau Testament – Seconde multiplication par Jésus près d’Ippo (7 pains et quelques petits poissons, pour 4000 hommes, sans compter les femmes et les enfants, 7 corbeilles de restes) :
“Jésus appela ses disciples et leur dit : “Je suis saisi de compassion pour cette foule, car depuis trois jours déjà ils restent auprès de moi, et n’ont rien à manger. Je ne veux pas les renvoyer à jeun, ils pourraient défaillir en chemin.”
Les disciples lui disent : “Où trouverons-nous dans un désert assez de pain pour rassasier une telle foule ?”
Jésus leur demanda : “Combien de pains avez-vous ?” Ils dirent : “Sept, et quelques petits poissons.”
Alors il ordonna à la foule de s’asseoir par terre. Il prit les sept pains et les poissons ; rendant grâce, il les rompit, et il les donnait aux disciples, et les disciples aux foules. Tous mangèrent et furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait sept corbeilles pleines. Or, ceux qui avaient mangé étaient quatre mille, sans compter les femmes et les enfants.” (Mt 15, 32-38 ; aussi dans : Mc 8, 1-9 ; Valtorta, 353)
Il convient de demander, d’attendre et de recevoir ces bonnes choses avec une confiance filiale.
Jésus : “Lequel d’entre vous donnera une pierre à son fils quand il lui demande du pain ? ou bien lui donnera un serpent, quand il lui demande un poisson ? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent !” (Mt 7, 9-11)
Jésus à ses disciples inquiets : “Pourquoi discutez-vous sur ce manque de pains ? Vous ne saisissez pas ? Vous ne comprenez pas encore ? Vous avez le cœur endurci ? Vous avez des yeux et vous ne voyez pas, vous avez des oreilles et vous n’entendez pas ! Vous ne vous rappelez pas ? Quand j’ai rompu les cinq pains pour cinq mille personnes, combien avez-vous ramassé de paniers pleins de morceaux ? Ils lui répondirent : “Douze”. Et quand j’en ai rompu sept pour quatre mille, combien avez-vous rempli de corbeilles en ramassant les morceaux ? Ils lui répondirent : “Sept”. Il leur disait : Vous ne comprenez pas encore ?” (Mc 8, 17-21)
Jésus répondant à des Samaritains hésitant à recueillir quatre orphelins : “là où trente-sept passereaux trouvent leur nourriture, parce que le Père des Cieux leur procure le grain, est-ce que quarante n’en trouveront pas ? Est-ce que la puissance du Père ne pourra pas fournir leur nourriture à […] quatre, de ses fils ? Est-ce que cette divine Providence est limitée ? Est-ce que l’Infini aura peur de rendre vos semences, vos brebis et vos arbres plus féconds, pour qu’il y ait suffisamment de pain, d’huile, de vin, de laine et de viande pour vos enfants et les quatre autres pauvres petits restés seuls ?” (Valtorta, 557.6)
Et ceci jusqu’à la Parousie, car notre monde n’ayant pas vocation à se perpétuer infiniment, il s’achemine avec certitude vers son enfantement définitif à l’Amour.
Saint Paul : “La création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore.” (Rm 8, 22)
Jésus : “Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas.” (Mt 24, 35 ; Mc 13, 31)
Saint Paul : “L’amour ne passera jamais.” (1 Co 13, 8)
Si Dieu nous enjoint à la fécondité, ce n’est pas d’abord pour peupler la terre (devenue, depuis le péché originel, le lieu de l’épreuve temporaire départageant les brebis dociles des boucs récalcitrants ; Mt 25, 32-46), mais pour peupler le Ciel éternel !
Jésus : “En vérité, je vous dis que Dieu a établi le mariage pour vous élever à l’imiter par la procréation et à coopérer avec lui pour peupler au Ciel.” (Valtorta, 96.6)
En revenant aux causes de nos problèmes et à la logique divine, nous constatons :
- que c’est par excès de péché – et non d’enfants – que la création s’épuise,
- et que nous ne souffrons pas de surpopulation terrestre, mais de sous-population céleste.
Nous serions bien plus nombreux que ce que nous pensons
En 2023, il était estimé que 850 millions de personnes dans le monde n’avaient pas de documents d’identité.
Dans l’étude Global gridded population datasets systematically underrepresent rural population publiée dans la revue Nature le 18 mars 2025, les trois chercheurs finlandais Josias Láng-Ritter, Marko Keskinen et Henrikki Tenkanen se sont intéressés au nombre de personnes déplacées et réinstallées dans le cadre de 307 grands projets de barrages dans 35 pays. Ils ont alors constaté que les habitants de ces zones rurales seraient, en réalité, entre 53% et 84% plus nombreux que ce que présentent les statistiques démographiques officielles (des organismes WorldPop, GWP, GRUMP, LandScan ou encore GHS-POP).
Mauvais pronostiqueurs, bons influenceurs
Des auteurs comme Thomas Malthus et Paul Ralph Ehrlich ont eu une telle influence qu’ils ont durablement ancré l’idée que l’accroissement de la population mondiale était une mauvaise chose et que le premier commandement de Dieu était mauvais (ou bon seulement jusqu’à un certain point).
Nous pourrions dire que le succès de Malthus et d’Ehrlich réside non pas dans leurs prévisions, mais dans le changement de regard qu’ils ont propagé sur la croissance démographique.
En somme :
- Ils ont échoué à établir des pronostics valables (notamment par une croissance démographique exponentielle qui ne serait possible qu’au sein de conditions de ressources infinies).
- Ils ont réussi à donner une image pessimiste de la croissance démographique.
Ainsi, aujourd’hui, la grande majorité des observateurs, qu’ils soient païens ou chrétiens, voient d’un bon œil le fait que la démographie mondiale se dirige vers un point de stabilisation, puis de déclin (contrairement aux prédictions de Malthus et d’Ehrlich).
Causes de la stabilisation et du déclin démographique
Il convient alors se pencher sur les causes de la stabilisation et du déclin démographique annoncés. Voici les principales :
- le développement d’une agriculture hyper technicisée (révolution verte), qui a durablement appauvri la fertilité des sols et pollué les nappes phréatiques, couplée à un système de transport mondial qui a lui aussi ses propres incidences ;
- la généralisation des moyens contraceptifs ;
- l’explosion du nombre d’avortements (estimation de 1 milliard d’enfants avortés au cours du XXème siècle) ;
- le développement des études et des carrières féminines dans des secteurs autrefois essentiellement masculins ;
- la baisse de la fertilité, notamment en raison de la prolifération des agents chimiques (perturbateurs endocriniens) et du stress.
Ces causes posent en elles-mêmes de nouvelles problématiques.
Lectures complémentaires
En français :
- Rémy Verlyck, Pour sauver la planète, faites des enfants !, 13/12/2021.
- Lire notre compilation des enseignements de Jésus à destination des familles.
En anglais :