EN RÉSUMÉ
Le dimanche (littéralement “jour de Dieu”) est le jour du repos au cours duquel les mains cessent leurs activités économiques pour s’unir dans la prière. “Le septième jour est un jour de sabbat : un repos complet consacré au Seigneur” (Ex 31, 15), dont “l’Eucharistie du dimanche fonde et sanctionne toute la pratique chrétienne” (CEC 2181).
Dieu fit la Création en six jours et “reprit haleine” le septième. Le jour de Dieu fait aussi mémoire de la libération de l’esclavage en Égypte. “L’agir de Dieu est le modèle de l’agir humain, c’est pourquoi l’homme doit aussi “chômer” et laisser les autres, surtout les pauvres, reprendre souffle. […] Le sabbat est un jour de protestation contre les servitudes du travail et le culte de l’argent” (CEC 2172).
“Le Sabbat qui représentait l’achèvement de la première création est remplacé par le dimanche qui rappelle la création nouvelle, inaugurée à la résurrection du Christ.” (CEC 2190)
Jour de la Résurrection du Christ, le dimanche est consacré au culte dû à Dieu, aux humbles services des malades, des vieillards, à la famille et aux proches. Il est aussi un temps de détente de l’esprit et du corps, dans la joie de ce jour du Seigneur, un temps de réflexion, de silence, de culture et de méditation qui favorisent la croissance de la vie intérieure et chrétienne. (CEC 2185-2186)
Lors de dimanches et de jours de fête de l’Église, les chrétiens “ont à donner à tous un exemple public de prière, de respect et de joie et à défendre leurs traditions comme une contribution précieuse à la vie spirituelle de la société humaine” (CEC 2188).
Le troisième des Dix commandements
Dans la Bible
Le troisième des Dix commandements demande de ne pas travailler le jour du Seigneur et de lui consacrer cette journée, en accord avec le jour du repos qui suivit les six étapes de la Création et en commémoration avec la libération de l’esclavage.
Textes bibliques :
“Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier.
Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage ; mais le septième jour est le jour du repos, sabbat en l’honneur du Seigneur ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l’immigré qui est dans ta ville.
Car en six jours le Seigneur a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent, mais il s’est reposé le septième jour. C’est pourquoi le Seigneur a béni le jour du sabbat et l’a sanctifié.” (Ex 20, 8-11)
“Observe le jour du sabbat, en le sanctifiant, selon l’ordre du Seigneur ton Dieu.
Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage, mais le septième jour est le jour du repos, sabbat en l’honneur du Seigneur ton Dieu. Tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bœuf, ni ton âne, ni aucune de tes bêtes, ni l’immigré qui réside dans ta ville. Ainsi, comme toi-même, ton serviteur et ta servante se reposeront.
Tu te souviendras que tu as été esclave au pays d’Égypte, et que le Seigneur ton Dieu t’en a fait sortir à main forte et à bras étendu. C’est pourquoi le Seigneur ton Dieu t’a ordonné de célébrer le jour du sabbat.” (Dt 5, 12-15)
Dans le Catéchisme de l’Église catholique (CEC)
Le Catéchisme de l’Église catholique (CEC) de 1992 détaille chacun des dix commandements. Voici ce qu’il dit au sujet du dimanche et du repos dominical :
I. Le jour du Sabbat
2168 Le troisième commandement du Décalogue rappelle la sainteté du Sabbat : “Le septième jour est un sabbat ; un repos complet consacré au Seigneur” (Ex 31, 15).
2169 L’Écriture fait à ce propos mémoire de la création : “Car en six jours le Seigneur a fait le ciel et la terre, la mer et tout ce qui s’y trouve, mais il s’est reposé le septième jour. Voilà pourquoi le Seigneur a béni le jour du Sabbat, il l’a sanctifié” (Ex 20, 11).
2170 L’Écriture révèle encore dans le jour du Seigneur un mémorial de la libération d’Israël de la servitude d’Égypte : “Tu te souviendras que tu as été esclave au pays d’Égypte et que le Seigneur ton Dieu t’en a fait sortir à main forte et à bras étendu. Voilà pourquoi le Seigneur ton Dieu te commande de pratiquer le jour du Sabbat” (Dt 5, 15).
2171 Dieu a confié à Israël le Sabbat pour qu’il le garde en signe de l’alliance infrangible (cf. Ex 31, 16). Le Sabbat est pour le Seigneur, saintement réservé à la louange de Dieu, de son œuvre de création et de ses actions salvifiques en faveur d’Israël.
2172 L’agir de Dieu est le modèle de l’agir humain. Si Dieu a “repris haleine” le septième jour (Ex 31, 17), l’homme doit aussi “chômer” et laisser les autres, surtout les pauvres, “reprendre souffle” (Ex 23, 12). Le Sabbat fait cesser les travaux quotidiens et accorde un répit. C’est un jour de protestation contre les servitudes du travail et le culte de l’argent (cf. Ne 13, 15-22 ; 2 Ch 36, 21).
2173 L’Évangile rapporte de nombreux incidents où Jésus est accusé de violer la loi du sabbat. Mais jamais Jésus ne manque à la sainteté de ce jour (cf. Mc 1, 21 ; Jn 9, 16). Il en donne avec autorité l’interprétation authentique : “Le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat” (Mc 2, 27). Avec compassion, le Christ s’autorise “le jour du sabbat, de faire du bien plutôt que le mal, de sauver une vie plutôt que de la tuer” (Mc 3, 3). Le sabbat est le jour du Seigneur des miséricordes et de l’honneur de Dieu (cf. Mt 12, 5 ; Jn 7, 23). “Le Fils de l’Homme est maître du sabbat” (Mc 2, 28).
II. Le jour du Seigneur
Ce jour qu’a fait le Seigneur, exultons et soyons dans la joie (Ps 117, 24).
Le jour de la Résurrection : la création nouvelle
2174 Jésus est ressuscité d’entre les morts, “le premier jour de la semaine” (Mt 28, 1 ; Mc 16, 2 ; Lc 24, 1 ; Jn 20, 1). En tant que “premier jour”, le jour de la Résurrection du Christ rappelle la première création. En tant que “huitième jour” qui suit le sabbat (cf. Mc 16, 1 ; Mt 28, 1) il signifie la nouvelle création inaugurée avec la Résurrection du Christ. Il est devenu pour les chrétiens le premier de tous les jours, la première de toutes les fêtes, le jour du Seigneur (Hè kuriakè hèmera, dies dominica), le “dimanche” :
Nous nous assemblons tous le jour du soleil parce que c’est le premier jour [après le Sabbat juif, mais aussi le premier jour] où, Dieu tirant la matière des ténèbres, a créé le monde et que, ce même jour, Jésus Christ notre Sauveur, ressuscita d’entre les morts (S. Justin, apol. 1, 67).
Le Dimanche – accomplissement du Sabbat
2175 Le Dimanche se distingue expressément du Sabbat auquel il succède chronologiquement, chaque semaine, et dont il remplace pour les chrétiens la prescription cérémonielle. Il accomplit, dans la Pâque du Christ, la vérité spirituelle du sabbat juif et annonce le repos éternel de l’homme en Dieu. Car le culte de la loi préparait le mystère du Christ, et ce qui s’y pratiquait figurait quelque trait relatif au Christ (cf. 1 Co 10, 11) :
Ceux qui vivaient selon l’ancien ordre des choses sont venus à la nouvelle espérance, n’observant plus le sabbat, mais le Jour du Seigneur, en lequel notre vie est bénie par Lui et par sa mort (S. Ignace d’Antioche, Magn. 9, 1).
2176 La célébration du dimanche observe la prescription morale naturellement inscrite au cœur de l’homme de ” rendre à Dieu un culte extérieur, visible, public et régulier sous le signe de son bienfait universel envers les hommes ” (S. Thomas d’A., s. th. 2-2, 122, 4). Le culte dominical accomplit le précepte moral de l’Ancienne Alliance dont il reprend le rythme et l’esprit en célébrant chaque semaine le Créateur et le Rédempteur de son peuple.
L’Eucharistie dominicale
2177 La célébration dominicale du Jour et de l’Eucharistie du Seigneur est au cœur de la vie de l’Église. “Le dimanche, où, de par la tradition apostolique, est célébré le mystère pascal, doit être observé dans l’Église tout entière comme le principal jour de fête de précepte” (CIC, can. 1246, § 1).
“De même, doivent être observés les jours de la Nativité de notre Seigneur Jésus Christ, de l’Épiphanie, de l’Ascension et du Très Saint Corps et Sang du Christ, le jour de Sainte Marie Mère de Dieu, de son Immaculée Conception et de son Assomption, de saint Joseph, des saints Apôtres Pierre et Paul et de tous les Saints” (CIC, can. 1246, § 1).
2178 Cette pratique de l’assemblée chrétienne date des débuts de l’âge apostolique (cf. Ac 2, 42-46 ; 1 Co 11, 17). L’épître aux Hébreux rappelle : “Ne désertez pas votre propre assemblée comme quelques-uns ont coutume de le faire ; mais encouragez-vous mutuellement” (He 10, 25).
La tradition garde le souvenir d’une exhortation toujours actuelle : “Venir tôt à l’Église, s’approcher du Seigneur et confesser ses péchés, se repentir dans la prière … Assister à la sainte et divine liturgie, finir sa prière et ne point partir avant le renvoi… Nous l’avons souvent dit : ce jour vous est donné pour la prière et le repos. Il est le Jour que le Seigneur a fait. En lui exultons et réjouissons-nous” (Auteur anonyme, serm. dom.).
2179 “La paroisse est une communauté précise de fidèles qui est constituée d’une manière stable dans une Église particulière, et dont la charge pastorale est confiée au curé, comme à son pasteur propre, sous l’autorité de l’évêque diocésain” (CIC, can. 515, § 1). Elle est le lieu où tous les fidèles peuvent être rassemblés par la célébration dominicale de l’Eucharistie. La paroisse initie le peuple chrétien à l’expression ordinaire de la vie liturgique, elle le rassemble dans cette célébration ; elle enseigne la doctrine salvifique du Christ ; elle pratique la charité du Seigneur dans des œuvres bonnes et fraternelles :
Tu ne peux pas prier à la maison comme à l’Église, où il y a le grand nombre, où le cri est lancé à Dieu d’un seul cœur. Il y a là quelque chose de plus, l’union des esprits, l’accord des âmes, le lien de la charité, les prières des prêtres (S. Jean Chrysostome, incomprehens. 3, 6 : PG 48, 725D).
L’obligation du Dimanche
2180 Le commandement de l’Église détermine et précise la loi du Seigneur : “Le dimanche et les autres jours de fête de précepte, les fidèles sont tenus par l’obligation de participer à la Messe” (CIC, can. 1247). “Satisfait au précepte de participation à la Messe, qui assiste à la Messe célébrée selon le rite catholique le jour de fête lui-même ou le soir du jour précédent” (CIC, can. 1248, § 1).
2181 L’Eucharistie du dimanche fonde et sanctionne toute la pratique chrétienne. C’est pourquoi les fidèles sont obligés de participer à l’Eucharistie les jours de précepte, à moins d’en être excusés pour une raison sérieuse (par exemple la maladie, le soin des nourrissons) ou dispensés par leur pasteur propre (cf. CIC, can. 1245). Ceux qui délibérément manquent à cette obligation commettent un péché grave.
2182 La participation à la célébration commune de l’Eucharistie dominicale est un témoignage d’appartenance et de fidélité au Christ et à son Église. Les fidèles attestent par là leur communion dans la foi et la charité. Ils témoignent ensemble de la sainteté de Dieu et de leur espérance du Salut. Ils se réconfortent mutuellement sous la guidance de l’Esprit Saint.
2183 “Si, faute de ministres sacrés, ou pour toute autre cause grave, la participation à la célébration eucharistique est impossible, il est vivement recommandé que les fidèles participent à la liturgie de la Parole s’il y en a une, dans l’église paroissiale ou dans un autre lieu sacré, célébrée selon les dispositions prises par l’évêque diocésain, ou bien s’adonnent à la prière durant un temps convenable, seuls ou en famille, ou, selon l’occasion, en groupe de familles” (CIC, can. 1248, § 2).
Jour de grâce et de cessation du travail
2184 Comme Dieu “se reposa le septième jour après tout le travail qu’il avait fait” (Gn 2, 2), la vie humaine est rythmée par le travail et le repos. L’institution du Jour du Seigneur contribue à ce que tous jouissent du temps de repos et de loisir suffisant qui leur permette de cultiver leur vie familiale, culturelle, sociale et religieuse (cf. GS 67, § 3).
2185 Pendant le dimanche et les autres jours de fête de précepte, les fidèles s’abstiendront de se livrer à des travaux ou à des activités qui empêchent le culte dû à Dieu, la joie propre au Jour du Seigneur, la pratique des œuvres de miséricorde et la détente convenable de l’esprit et du corps (cf. CIC, can. 1247). Les nécessités familiales ou une grande utilité sociale constituent des excuses légitimes vis-à-vis du précepte du repos dominical. Les fidèles veilleront à ce que de légitimes excuses n’introduisent pas des habitudes préjudiciables à la religion, à la vie de famille et à la santé.
L’amour de la vérité cherche le saint loisir, la nécessité de l’amour accueille le juste travail (S. Augustin, civ. 19, 19).
2186 Que les chrétiens qui disposent de loisirs se rappellent leurs frères qui ont les mêmes besoins et les mêmes droits et ne peuvent se reposer à cause de la pauvreté et de la misère. Le dimanche est traditionnellement consacré par la piété chrétienne aux bonnes œuvres et aux humbles services des malades, des infirmes, des vieillards. Les chrétiens sanctifieront encore le dimanche en donnant à leur famille et à leurs proches le temps et les soins, difficiles à accorder les autres jours de la semaine. Le dimanche est un temps de réflexion, de silence, de culture et de méditation qui favorisent la croissance de la vie intérieure et chrétienne.
2187 Sanctifier les dimanches et jours de fête exige un effort commun. Chaque chrétien doit éviter d’imposer sans nécessité à autrui ce qui l’empêcherait de garder le jour du Seigneur. Quand les coutumes (sport, restaurants, etc.) et les contraintes sociales (services publics, etc.) requièrent de certains un travail dominical, chacun garde la responsabilité d’un temps suffisant de loisir. Les fidèles veilleront, avec tempérance et charité, à éviter les excès et les violences engendrées parfois par des loisirs de masse. Malgré les contraintes économiques, les pouvoirs publics veilleront à assurer aux citoyens un temps destiné au repos et au culte divin. Les employeurs ont une obligation analogue vis-à-vis de leurs employés.
2188 Dans le respect de la liberté religieuse et du bien commun de tous, les chrétiens ont à faire reconnaître les dimanches et jours de fête de l’Église comme des jours fériés légaux. Ils ont à donner à tous un exemple public de prière, de respect et de joie et à défendre leurs traditions comme une contribution précieuse à la vie spirituelle de la société humaine. Si la législation du pays ou d’autres raisons obligent à travailler le dimanche, que ce jour soit néanmoins vécu comme le jour de notre délivrance qui nous fait participer à cette “réunion de fête”, à cette “assemblée des premiers-nés qui sont inscrits dans les cieux” (He 12, 22-23).
En bref
2189 “Observe le jour du sabbat pour le sanctifier” (Dt 5, 12). “Le septième jour sera jour de repos complet, consacré au Seigneur” (Ex 31, 15).
2190 Le Sabbat qui représentait l’achèvement de la première création est remplacé par le dimanche qui rappelle la création nouvelle, inaugurée à la résurrection du Christ.
2191 L’Église célèbre le jour de la Résurrection du Christ le huitième jour, qui est nommé à bon droit jour du Seigneur, ou dimanche (cf. SC 106).
2192 “Le dimanche … doit être observé dans l’Église tout entière comme le principal jour de fête de précepte” (CIC, can. 1246, § 1). “Le dimanche et les autres jours de fête de précepte, les fidèles sont tenus par l’obligation de participer à la Messe” (CIC, can. 1247).
2193 “Le dimanche ou les autres jours de précepte, les fidèles s’abstiendront de ces travaux et de ces affaires qui empêchent le culte dû à Dieu, la joie propre du jour du Seigneur ou la détente convenable de l’esprit et de l’âme” (CIC, can. 1247).
2194 L’institution du dimanche contribue à ce que “tous jouissent du temps de repos et de loisir suffisant qui leur permette de cultiver leur vie familiale, culturelle, sociale et religieuse” (GS 67, § 3).
2195 Chaque chrétien doit éviter d’imposer sans nécessité à autrui ce qui l’empêcherait de garder le Jour du Seigneur.
Dans les révélations privées
Explicitations dans les révélations privées :
Révélation privée :
Jésus : “Il est dit : “Fais un travail honnête et consacre le septième jour au Seigneur et à ton âme.” C’est cela que dit le commandement du repos sabbatique.
L’homme n’est pas plus grand que Dieu, or Dieu a fait la création en six jours et s’est reposé le septième. Comment donc l’homme se permet-il de ne pas imiter le Père et de ne pas obéir à son commandement ? Est-ce un ordre stupide ? Non. En vérité, c’est un commandement salutaire, que ce soit dans l’ordre physique, moral ou spirituel.
Un corps fatigué a besoin de repos comme celui de tout être. Le bœuf qui laboure les champs, l’âne qui nous porte, la brebis qui a mis bas son agneau et nous donne son lait se reposent eux aussi, et nous les laissons se reposer pour ne pas les perdre. Les mois où elle n’est pas ensemencée, la terre des champs repose aussi, et nous la laissons reposer, car elle se nourrit et se sature des sels qui lui tombent du ciel ou remontent du sol. Sans même nous demander notre avis, les animaux et les plantes qui obéissent aux lois éternelles d’une sage reproduction se reposent bien. Alors pourquoi l’homme ne veut-il pas imiter le Créateur qui s’est reposé le septième jour, tandis que les créatures inférieures, végétaux ou animaux, sans avoir reçu d’autre ordre que leur instinct, savent s’y conformer et lui obéir ?
Ce commandement est aussi utile à l’ordre moral qu’à l’ordre physique. Pendant six jours, l’homme a été occupé par tous et par tout. Pris comme le fil dans le mécanisme du métier à tisser, il n’a eu de cesse de courir ici et là, sans jamais pouvoir se dire : “Maintenant, je m’occupe de moi-même et de ceux qui me sont le plus cher. Je suis un père, et aujourd’hui mes enfants existent pour moi ; je suis un époux, et aujourd’hui je me consacre à ma femme ; je suis un frère et je profite de mes frères ; je suis un fils et je procure mes soins à mes parents âgés.”
C’est un ordre spirituel. Le travail est saint, mais l’amour l’est davantage, et Dieu est le Très-Saint. Par conséquent, souviens-toi de réserver au moins un jour sur sept à notre bon et saint Père, qui nous a donné la vie et nous la conserve. Pourquoi le traiter moins bien qu’un père, que des enfants, des frères, une épouse, ou notre propre corps ? Que le jour du Seigneur lui appartienne. Ah ! Quelle douceur est-ce de se retrouver après le travail du jour, le soir, dans un foyer plein d’affection ! Quelle douceur que de le retrouver après un long voyage ! Et pourquoi ne pas se retrouver après six jours de travail dans la maison du Père ? Pourquoi ne pas être comme un fils qui revient d’un voyage de six jours et dit : “Voilà, je viens passer mon jour de repos avec toi” ?” (Valtorta, 125.2)
Révélation privée :
Jésus : “Travailler toujours pour la vertu, c’est permis, c’est même un devoir. Travailler sans arrêt pour le seul profit, non. Ne peuvent le faire que ceux qui ignorent qu’il y a un Dieu, et qu’il faut l’honorer un jour par semaine.” (Valtorta, 565.13)
Révélation privée :
Jésus : “Chaque chose en son temps, chaque chose à sa place. On ne tient pas le marché le sabbat, on ne fait pas de commerce dans les synagogues, et on ne travaille pas non plus la nuit, mais au contraire pendant qu’il fait jour. Seul le pécheur fait du commerce le jour du Seigneur […]” (Valtorta, 521.2)
Le jour de la Résurrection de Jésus
Le jour du sabbat, autrefois chaumé le samedi, fut déplacé au dimanche, jour de la Résurrection de Jésus Christ.
Les catholiques considèrent le dimanche à la fois comme le premier et le dernier jour de la semaine. L’Alpha et l’Oméga. Il commence avec la tombée de la nuit, la veille au soir (samedi soir).
Venant du latin dies dominicus (“jour du Seigneur”), il est consacré à Dieu. Ce jour-là, on adore Dieu, on lit la Bible, on se repose en famille, on se repent de nos péchés des six jours écoulés, on examine son âme pour être meilleur la semaine suivante (Valtorta, 125.2). Le dimanche on s’abstient de toute dépense (excepté offrandes), de tout travail inutile – et surtout pécuniaire.
Lorsque nous communions à jeun le dimanche, le Corps du Christ est notre première nourriture de la semaine ; elle nous fortifie pour le labeur, les joies et les épreuves des jours à venir.
Manquer la messe dominicale (que l’on communie ou non) est un péché grave/mortel.
Dans la hiérarchie des commandements, l’Amour est au-dessus de tout
Les pharisiens respectaient scrupuleusement ce commandement au point de le faire primer sur celui de la compassion pour le prochain qui souffre. Ils reprochaient ainsi à Jésus de guérir le jour du sabbat.
“Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et ces derniers l’observaient.
Or voici qu’il y avait devant lui un homme atteint d’hydropisie.
Prenant la parole, Jésus s’adressa aux docteurs de la Loi et aux pharisiens pour leur demander : “Est-il permis, oui ou non, de faire une guérison le jour du sabbat ?”
Ils gardèrent le silence. Tenant alors le malade, Jésus le guérit et le laissa aller.
Puis il leur dit : “Si l’un de vous a un fils ou un bœuf qui tombe dans un puits, ne va-t-il pas aussitôt l’en retirer, même le jour du sabbat ?”
Et ils furent incapables de trouver une réponse.” (Lc 14, 1-6)
Il y a bien une hiérarchie des commandements : l’Amour est au-dessus de tout, comme nous l’enseigne Jésus et le rappelle Saint Paul dans son Hymne à l’Amour (1 Co 13).
Un scribe demanda Jésus : “Quel est le premier de tous les commandements ?”
Jésus lui fit cette réponse : “Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là.”
Le scribe reprit : “Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui. L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices.”
Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : “Tu n’es pas loin du royaume de Dieu.” Et personne n’osait plus l’interroger. (Mc 12, 28-34)
Jésus : “j’observe toujours la Loi, quand cela ne lèse pas un commandement plus grand que celui du sabbat : celui de l’amour.” (Valtorta, 471.4)
Jésus : “aussi grande que soit la loi du repos sabbatique, le précepte de l’amour l’est davantage. […] devant une nécessité sainte on doit savoir appliquer la loi avec souplesse d’esprit.” (Valtorta, 553.5)
Le message de Notre Dame de La Salette au sujet du dimanche
La Vierge Marie nous rappelle la gravité de manquer au troisième commandement.
Le samedi 19 septembre 1846, en fin d’après midi, alors que sonnaient les premières vêpres de la fête de Notre-Dame des Douleurs, la Vierge Marie apparaît aux deux berges Mélanie Calvat (14 ans) et Maximin Giraud (11 ans), sur la montagne de La Salette (Isère, France).
La Vierge, en pleure, leur dit : “[…] Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis forcée de laisser aller la main de mon Fils. Elle est si lourde et si pesante, que je ne puis plus la retenir.
Depuis le temps que je souffre pour vous autres ! Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je suis chargée de le prier sans cesse. Et pour vous autres, vous n’en faites pas cas. Vous aurez beau prier, beau faire, jamais vous ne pourrez récompenser la peine que j’ai prise pour vous autres.
Je vous ai donné six jours pour travailler, je me suis réservé le septième, et on ne veut pas me l’accorder. C’est ce qui appesantit tant le bras de mon Fils.
Ceux qui conduisent les charrettes, ne savent pas parler sans y mettre le Nom de mon Fils au milieu. Ce sont les deux choses qui appesantissent tant le bras de mon Fils.
Si la récolte se gâte, ce n’est qu’à cause de vous autres.
Je vous l’ai fait voir l’année passée par les pommes de terre ; vous n’en avez pas fait cas ; c’est au contraire, quand vous en trouviez de gâtées, vous juriez, et vous mettiez le Nom de mon Fils. Elles vont continuer à se gâter, à la Noël il n’y en aura plus.
[…]
Il ne va que quelques femmes un peu âgées à la Messe ; les autres travaillent tout l’été le dimanche ; et l’hiver, quand ils ne savent que faire, ils ne vont à la Messe que pour se moquer de la religion. Le carême, ils vont à la boucherie comme les chiens.”
Mélanie commente le sermon dominical du curé, le lendemain de l’apparition :
“[…] après le premier Évangile, Monsieur le Curé se tourne vers le peuple, et essaie de raconter à ses paroissiens l’apparition qui venait d’avoir lieu, la veille, sur une de leurs montagnes, et les exhorte à ne plus travailler le dimanche : sa voix était entrecoupée par des sanglots, et tout le peuple était ému. […]”
Voici un extrait du secret confié par la Vierge à Mélanie le 19 septembre 1846 (à révéler plus tard) et rédigé par Mélanie le 6 juillet 1851 :
“[…] Le temps de la colère de Dieu est arrivé !
Si, lorsque vous aurez dit aux peuples ce que je vous ai dit tout à l’heure, et ce que je vous dirai de dire encore, si, après cela, ils ne se convertissent pas, (si on ne fait pas pénitence, et si on ne cesse de travailler le dimanche, et si on continue de blasphémer le Saint Nom de Dieu), en un mot, si la face de la terre ne change pas, Dieu va se venger contre le peuple ingrat et esclave du démon.
Mon Fils va faire éclater sa puissance ! […]”
L’apparition de Notre Dame de La Salette fait partie des apparitions reconnues comme authentiques par l’Église catholique.