Mise en place
Au XVIIIème et XIXème siècles, certains protestants développèrent une exégèse libérale se présentant comme “historico-critique”. Soucieux de rompre avec la tradition catholique et de prouver leur “sérieux” dans un contexte fortement scientiste, ils entendaient appliquer les outils et les méthodes universitaires d’analyse historique à la Bible, afin de départager la vérité historique des croyances qui se seraient construites sur ces vérités.
C’est ainsi qu’ils échafaudèrent, à partir de versets montés en épingles, des spéculations remettant en cause les croyances de toujours et les fondamentaux de la foi. Cette surenchère permanente aux théories les plus inédites produisit, en peu de temps, une quantité vertigineuse de nouveautés assenées comme des vérités où chacun essaie de placer son livre en tête de gondole. Cet intellectualisme égotique peut avoir quelque chose de grisant et d’addictif, mais ne sert pas la vérité.
Exemples
Voici un petit florilège des innovations de cette exégèse spéculative :
Darwin plutôt que la Genèse
La Création n’aurait pas suivi les étapes bibliques, mais le schéma darwinien. (Donc Dieu aurait insufflé une âme à un couple originel issu donc longue lignée de singes, et la mort et la souffrance serait préexistantes au péché de ce couple.)
Pas de Déluge
Il n’y aurait jamais eu de Déluge universel.
Pas d’Hébreux en Égypte
Les Hébreux n’auraient jamais été en Égypte.
Pas de Moïse
Moïse serait un personnage symbolique n’ayant jamais existé.
Pas de prophète Élie
Élie serait un personnage symbolique n’ayant jamais existé.
Pas de Nativité en hiver
Jésus ne serait pas né en hiver.
Thèse :
- Luc, dans son évangile, écrit que L’ange du Seigneur annonce à des bergers “qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux” la naissance de Jésus (Lc 2, 8).
- Or, les berges ne paissent pas leurs troupeaux dans les pâturages en hiver.
- Des bergers se rendent auprès de Jésus pour l’adorer, le jour de sa naissance.
- Donc, Jésus ne serait pas né en hiver.
Il s’agit là d’une lecture littérale (les bergers étaient en plein champs avec leurs bêtes) entraînant une extrapolation abusive (donc ce n’était pas l’hiver).
Réponse :
Été comme hiver, les bergers rassemblent systématiquement leurs bêtes en fin de journée pour qu’elles passent la nuit en sécurité dans leur enclos. En effet, la nuit, les troupeaux sont bien plus vulnérables face aux potentielles attaques de prédateurs (loups, chiens errants, etc.). L’enclos permet aux bergers de mieux les surveiller, réduit fortement les risques d’attaque, évite que les bêtes ne s’éparpillent, ne chutent sur des pentes ou ne s’exposent à des dangers, offre un lieu de repos et abri contre le mauvais temps, et, enfin, permet de récupérer plus aisément le fumier (“migou”) très recherché en agriculture.
Sans surprise, dans la vision correspondante reçue par Maria Valtorta (chapitre 30), la scène se déroule à la campagne, la nuit, au cœur de l’hiver, et les bergers se trouvaient au niveau du bercail où ils s’occupaient des brebis.
Pas de crèche à Bethléem
Jésus ne serait pas né à Bethléem.
Pas de vrais miracles
Jésus n’aurait pas accompli de miracles, mais de simples signes symboliques.
Pas de Croix entière
Jésus n’aurait pas porté une croix entière, mais simplement le bras horizontal de la croix.
Pas à 33 ans
Jésus ne serait pas mort à l’âge de 33 ans.
Pas de vraie Résurrection
Jésus ne serait pas réellement ressuscité corporellement.
Pas de Prétoire au sein de Jérusalem
Le Prétoire de Pilate ne se situerait pas dans en bordure de la forteresse romaine Antonia au nord ouest de la ville, mais au niveau du palais d’Hérode à l’est de la ville. (On a prétendu que la forteresse Antonia n’était plus la bonne localisation du fait de la découverte d’un dallage postérieur au Christ, datant de l’empereur Adrien, vers 135.
Sauf que : il ne faut pas oublier que le Temple et la forteresse Antonia furent rasés par l’empereur Titus lors de la révolte juive en l’an 70. Par conséquent, il n’est pas surprenant qu’un nouveau dallage ait pu être installé ultérieurement.)
Pas un, mais deux Jean
L’apôtre Jean et l’évangéliste Jean seraient deux personnes distinctes.
Jean n’aurait pas écrit les textes johanniques
L’évangile de Jean aurait eu un rédacteur caché, possiblement même la Samaritaine du Puits de Jacob.
Pas de diable, dormez tranquilles
Le diable serait une construction culturelle ou un symbole du mal.
Dans une interview accordée à El Mundo, le père Arturo Sosa Abascal, supérieur général de la Compagnie de Jésus, dépeignit satan comme une “réalité symbolique”.
Le 4 juillet 2026, dans L’Osservatore Romano, le quotidien officiel du Saint-Siège, la théologienne italienne Marinella Perroni, professeure de Nouveau Testament et cofondatrice de la Coordination des Théologiennes Italiennes, soutint que “dans le mythe biblique antique de la Chute, il n’y a point de diable” et que l’identification du serpent avec satan serait une interprétation développée ultérieurement au sein de la tradition juive et chrétienne, marquée par l’influence d’autres cultures du Proche-Orient et du monde hellénistique.
Tous sauvés
Alors que l’Église et ses plus éminents théologiens ont enseigné de manière constante, jusqu’au XIXe siècle, que seule un petit nombre d’élus serait sauvé (cf. Jean Delumeau, Le Péché et la peur. La culpabilisation en Occident (XIIIᵉ–XVIIIᵉ siècles), Éditions Fayard, 1983), l’idée s’est aujourd’hui largement répandue qu’il serait presque impossible de se damner (l’espérance d’un enfer vide). Ainsi, (presque) tous les humains seraient sauvés, y compris Judas.
Réponse :
Le Concile de Trente affirme la perte éternelle de Judas :
“[Certains] s’abandonnent à tel point au chagrin et à la désolation, qu’ils viennent à désespérer entièrement de leur salut. […] tel fut certainement Judas que “le repentir de son crime conduisit à se pendre lui-même”, perdant ainsi la vie et son âme tout ensemble.” (Catéchisme du Concile de Trente, chapitre 21)
“[Certains] n’embrassent l’État ecclésiastique que pour se procurer ce qui est nécessaire à la nourriture et au vêtement, ils ne cherchent que le gain dans le Sacerdoce […] D’autres sont conduits au Sacerdoce par la soif des honneurs et par l’ambition. Il en est enfin qui ne recherchent les Ordres que pour s’enrichir […] Ce sont ceux-là que notre Sauveur appelle des mercenaires, et dont le Prophète Ézéchiel disait : “Ils se paissent eux-mêmes, et non leurs brebis.” (Ez 34) […] Aussi ne tirent-ils point d’autre fruit de leur Sacerdoce, que celui que recueillit Judas de son apostolat, c’est-à-dire leur perte éternelle.” (Catéchisme du Concile de Trente, chapitre 26)
Les révélations privées confirment la perte éternelle de Judas :
Révélation privée :
Jésus : “Il est impossible de vivre sans croire. Celui qui ne croit pas en Dieu, le vrai Dieu, croira forcément en d’autres dieux. Celui qui ne croit en aucun Dieu croira aux idoles, il croira à la chair, il croira à l’argent, il aura foi en la force des armes. Bref, on ne peut ne croire en rien. Les ténèbres de l’âme qui ne croit en rien d’humain ou de surhumain sont pires que les ténèbres où plonge l’aveugle. Il ne lui reste qu’à tuer corps et âme dans une mort violente.
Quand Judas a cessé de croire en moi, à la satisfaction de l’argent ou à la protection de la loi humaine, il s’est tué. Remords pour son crime ? Non. S’il s’était agi de cela, il se serait tué tout de suite après avoir compris que je savais. Mais il ne le fit pas, pas alors, ni après l’infâme baiser et mon salut aimant, ni lorsqu’il me vit couvert de crachats, lié, traîné au milieu de mille insultes. Seulement après avoir compris que la loi ne le protégeait pas – la pauvre loi humaine qui souvent suscite le crime ou y pousse, et puis se désintéresse de ses exécuteurs et des complices, en l’occurrence, se retourne contre eux et, après s’être servi d’eux, les réduit au silence pour toujours en les supprimant – et après avoir compris qu’il ne tirerait de sa trahison ni pouvoir ni argent, ou trop peu pour être heureux, alors seulement Judas s’enleva la vie. Il était dans les ténèbres du néant. Il se jeta dans les ténèbres de l’enfer.” (Valtorta, Les Cahiers, 1er août 1943)
Dans le dernier chapitre de L’Évangile tel qu’il m’a été révélé, Jésus énumère sept raisons qui l’ont conduit à offrir cette œuvre au monde. Voici la dernière de ces sept raisons qu’il destine tout particulièrement aux “maîtres spirituels” et aux “directeurs d’âmes” :
Révélation privée :
Jésus : “Enfin vous faire connaître le mystère de Judas, ce mystère qu’est la chute d’un esprit que Dieu avait comblé de bienfaits extraordinaires. Un mystère qui, en vérité, se réitère trop souvent et qui blesse le cœur de votre Jésus.
Vous faire connaître comment on chute en passant de l’état de serviteurs et d’enfants de Dieu à celui de démons et de déicides qui tuent Dieu en eux, en tuant la grâce. Mon but est de vous empêcher de mettre le pied sur des sentiers d’où l’on tombe dans l’Abîme, et de vous enseigner la façon de vous y prendre pour essayer de retenir les agneaux imprudents qui se dirigent vers le gouffre.
Appliquez votre intelligence à étudier la figure horrible et cependant banale de Judas, complexe où s’agitent comme des serpents tous les vices capitaux que vous trouvez et que vous avez à combattre chez telle ou telle personne. C’est la leçon que vous devez particulièrement retenir, car ce sera celle qui vous sera la plus utile dans votre ministère de maîtres spirituels et de directeurs d’âmes. Combien, dans tout état de la vie, imitent Judas en se livrant à Satan et trouvent la mort éternelle !” (Valtorta, 652)
La réhabilitation de Judas
Certains exégètes libéraux entreprennent de réhabiliter Judas.
Ainsi, par exemple, la théologienne et militante féministe française, Anne Soupa, avance dans son livre Judas, le coupable idéal (Éditions Albin Michel, 2018, 234 pages) que les autres apôtres auraient utilisé Judas comme bouc émissaire pour se décharger sur lui de leur culpabilité d’avoir abandonné Jésus. Et que Judas serait sauvé.
Sans surprise, les Dominicains de Belgique invitent Anne Soupa sur leur plateau pour répandre ses graves divagations. Pour rappel, aujourd’hui, les Dominicains talonnent les Jésuites dans la propagation d’erreurs et la Belgique talonne l’Allemagne en matière de dérive théologique.
Cela rappelle la comédie protestante Jésus-Christ Superstar cherchant à réhabiliter Judas comme avant tout “le meilleur ami de Jésus”.
Pour certains, Judas, en étant qu’acteur clé de la Passion, serait le plus grand des apôtres (quasi co-rédempteur aux côtés du Christ).
Jésus disciple de Jean-Baptiste
Par exemple, en 2019, le protestant suisse Daniel Marguerat (historien, bibliste, théologien, spécialiste de l’Antiquité, professeur honoraire de l’Université de Lausanne reconnu dans les milieux scientifiques, considéré comme l’un des meilleurs spécialistes mondiaux actuels de la recherche sur Jésus de Nazareth) a publié Vie et destin de Jésus de Nazareth. Dans ce livre de 416 pages, Daniel Marguerat suggère que la personnalité hors du commun de Jésus de Nazareth découlerait du fait qu’il fut perçu comme un “bâtard” (mamzer) en raison de l’irrégularité de sa naissance. Cette difficulté sociale l’aurait marginalisé et aurait influencé son ministère. Il écrit ainsi : “Séparation de la famille, célibat, compassion pour les marginaux, relativisation des règles de pureté : ces accents fort de l’éthique de Jésus portent, à mon avis, les stigmates d’une enfance exposée au soupçon d’impureté et d’une volonté de transcender cette exclusion sociale.” De plus, selon lui, “Jean dit le Baptiseur” n’était rien de moins que le “maître spirituel” de Jésus. Toujours d’après lui, lorsque Jésus dit au grand prêtre qui l’interrogeait lors de son procès : “verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du Tout-Puissant, et venir parmi les nuées du ciel” (Mc 14, 62), Jésus aurait, en réalité, parlé d’une autre personne que lui-même qui aurait dû venir le justifier ultérieurement.
Le militantisme féministe
L’exégèse libérale, suivant le sens du vent du monde, est particulièrement sensible aux causes féministes.
“L’Association des femmes prêtres catholiques romaines” rassemble des femmes se prétendant prêtres (toutes furent excommuniées par la Congrégation pour la doctrine de la foi en 2007). En 2025, cette association comptait et 300 “femmes prêtres” et 12 “femmes évêques” dans le monde. Particulièrement développée aux États-Unis, elle a essaimé dans plusieurs États américains.
En France, l’association féministe “Magdala” (anciennement nommée “Comité de la Jupe”), cofondée par Anne Soupa et Christine Pedotti (directrice du magazine Témoignage chrétien), milite pour l’ordination des femmes, contre le célibat des prêtres, pour la banalisation des thématiques LGBTQIA+ au sein de l’Église pour le droit à la contraception et à l’avortement, pour l’inclusion des personnes divorcées puis remariées au sein de l’Église. Le fait que les membres de cette association revendiquent le droit de tuer l’enfant qu’elle pourrait porter révèle l’inspiration satanique de leur démarche.
Anne Soupa avait même candidaté pour devenir le nouvel archevêque de Lyon (alors même que cette charge se reçoit et ne s’obtient pas en faisant campagne).
Le Vatican a rappelé, à plusieurs reprises, que cette question était close :
- En 1976 : La Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF) rappelle, dans la déclaration Inter Insigniores, l’impossibilité pour les femmes de recevoir l’ordination, en précisant que cela ne relève pas de la volonté du Magistère mais d’une volonté divine, respectée par la Tradition depuis les apôtres.
- En 1994 : Le pape Jean-Paul II reprend les mêmes arguments dans sa lettre apostolique Ordinatio Sacerdotalis.
- Quelques mois plus tard, la CDF précise que cette impossibilité relève de l’infaillibilité pontificale.
- En 2010 : Face aux militantes féministes et aux “ordinations” (non valides) de sept femmes sur une péniche naviguant sur le Danube, le 29 juin 2002, la CDF relève le niveau de gravité du délit que représente l’ordination d’une femme, inscrivant dans l’article 5 de son décret le principe d’excommunication latæ sententiæ (cf. Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Normes substantielles, 2010).
- En 2013 : Le pape François réaffirme dans sa première lettre d’exhortation apostolique Evangelii Gaudium, n°104 : “Le sacerdoce réservé aux hommes, comme signe du Christ Époux qui se livre dans l’Eucharistie, est une question qui ne se discute pas, […]” Il rappelle également que la hiérarchie sacerdotale est avant tout le reflet d’une fonction, et non d’un pouvoir.
La dérive universitaire
Cette dynamique est caractéristique du fonctionnement académique où prévaut une volonté de déconstruction systématisée alimentée par des universitaires en compétition, cherchant à faire briller leur nom au-dessus de la mêlée. Cela est également entretenu par la logique “publish or perish” (“publier ou périr”) qui impose aux universitaires de publier sans cesse des nouveautés pour conserver leur poste et leurs crédits.
“Publier est un enjeu majeur pour les chercheurs : c’est par ce moyen qu’ils font connaître leurs travaux, sont reconnus par les collègues de leur discipline, progressent dans leur carrière, obtiennent des financements.” (Christine Berthaud et Agnès Magron, “La Science accessible à tous”, Pour la Science, n°433, novembre 2013, pp.54-55)
Cela ne favorise pas l’exactitude.
Richard Horton, rédacteur en chef du Lancet : “Nombre de publications scientifiques, peut-être bien la moitié, pourraient être fausses. Affligée d’études caractérisées par des échantillons trop petits, des effets minimes, des analyses exploratoires non valides et des conflits d’intérêts flagrants, le tout avec une obsession à suivre les modes d’importance douteuse, la science a pris le chemin de l’obscurantisme.” (Source)
Dr Marcia Angell, rédactrice en chef du New England Journal of Medicine : “Il n’est tout simplement plus possible de croire à nombre d’études cliniques publiées, ou de compter sur le jugement de médecins respectés ou de procédures médicales établies. Je ne prends pas de plaisir à cette conclusion, que j’ai atteinte lentement et avec réticence au cours de mes vingt ans en tant que rédactrice du New England Journal of Medicine.” (Source)
En un sens, l’exégèse libérale peut être vue comme une sorte “wokisme” appliqué à la religion.
Des lieux d’enseignement catholiques qui détruisent la foi
En Belgique francophone, l’université catholique de Louvain s’inscrit comme une figure de proue dans les efforts de l’exégèse libérale pour rendre le catholicisme plus conforme à l’esprit du monde. Ainsi, la Revue théologique de Louvain sert de caisse de résonance à ce militantisme. Exemple : cet article de Justine Manuel entendant à dénoncer le fait que le sacrement de l’ordination soit exclusivement réservé aux hommes.
Propagation
Toutes ces hypothèses sont fausses et ne furent jamais considérés comme crédibles par l’Église pendant dix-neuf siècles, au moins.
Pourtant, elles réussirent a s’immiscer progressivement chez les intellectuels catholiques (notamment dominicains et jésuites) au cours du XXème siècle. Au point de devenir, pour certaines, dominantes au sein des lieux de formation du clergé catholique (séminaires, facultés catholiques).
Ainsi, Daniel Marguerat est publié par un éditeur catholique (les éditions du Seuil fondées par l’abbé Plaquevent), est chaleureusement invité sur KTO (ici et là), chez les Dominicains, au Centre Sèvres des Jésuites, chez Golias, chez Aleteia, etc.
Mauvaise exégèse, mauvais fruits
Dès lors, si les docteurs présentent comme faux ou bancales un grand nombre d’éléments établis depuis toujours, qu’est-ce qui est vrai ? Cette suspicion généralisée pourrait, en partie, expliquer l’érosion de la foi d’un grand nombre de fidèles, puis la défection sans précédent de dizaines de milliers de religieux catholiques à travers le monde à la fin du XXème siècle. Plus de 60.000 prêtres auraient quitté les ordres à travers le monde entre 1964 et 2004.