Ne délaissez pas Pierre à cause de Judas.
Une salle de classe avec de bons et de mauvais élèves
Prenons une analogie.
Chaque religion ou philosophie peut être comparée à une salle de classe. Son fondateur serait le professeur et ses fidèles seraient les étudiants. Chacun de nous est libre d’entrer dans la salle de classe de Jésus, de Mahomet, de Lao Tseu, de Bouddha, de Socrate, de Marc Aurèle… et d’en changer (malgré les dires de certains fondateurs ou élèves).
Les catholiques choisissent la salle de classe de Jésus parce qu’ils le reconnaissent (parfois après avoir exploré d’autres salles) comme le meilleur de tous les professeurs et croient que son enseignement est l’unique à être parfaitement divin et conforme à la vérité.
Toutefois, même si Jésus est le meilleur des professeurs, cela ne garantit nullement l’absence de mauvais élèves dans sa classe. Les hommes sont libres de suivre fidèlement son enseignement (ils deviendront alors saints) ou de le tordre selon leurs vues (ils risqueront alors de s’égarer et de donner un déplorable contre-témoignage). Mais cela n’enlève rien à la qualité intrinsèque de Jésus. Si des horreurs ont été perpétrées en son nom, il n’en est pas responsable du fait qu’il ne les a ni enseignées, ni commises.
Révélation privée :
Jésus : “Les maîtres ne tiennent qu’un seul langage pour tous leurs élèves. Comment se fait-il alors que dix deviennent justes et dix mauvais ? C’est parce que chacun y ajoute du sien, de ce qu’il a dans le cœur, et c’est cela qui incline vers le bien ou vers le mal. Dans ce cas, comment peut-on accuser le maître d’avoir donné un mauvais enseignement si le bien qu’il cherche à inculquer est anéanti par l’excès de mal qui règne dans un cœur ? Le premier facteur de réussite est en vous. Le maître travaille votre moi. Mais si vous n’êtes pas susceptibles d’amélioration, que peut-il faire ? Qui suis-je, moi ? En vérité, je vous dis que vous n’aurez pas de maître plus sage, plus patient et plus parfait que moi. Et pourtant l’on dira même de l’un de mes disciples : “Mais quel maître avait-il ?”” (Valtorta, 92.3)
Observons maintenant un à un les reproches faits à l’institution ecclésiale.
Les légendes noires
La religion entraînerait la guerre
L’inquisition
L’Inquisition est souvent reprochée aux catholiques.
Le pape Grégoire IX instaura l’inquisition (un terme latin voulant dire “enquête”) pour ramener les hérétiques à la vérité et au salut (pas pour les tuer). Cette période qui combattait l’hérésie par la force s’étendit de 1200 à 1300.
Les procédures étaient très encadrées et contrôlées. Les juges eux-mêmes étaient contrôlés par des assesseurs (composés de religieux, de magistrats, de juristes) qui veillaient à la validité des dénonciations, des preuves et de tous les aspects de la procédure.
L’hérétique à une période pour se repentir, avant quoi il passe devant le tribunal. Seulement au terme de ce processus, l’hérétique peut-être torturé puis remis au bras séculier (ce qui reste rare).
Si le condamné était reconnu fou, ivre, idiot ou inconscient de la gravité de ses actes au moment des faits, il était innocenté.
Les principales peines imposées étaient :
- l’enfermement (de quelques mois à trois ans, et la plupart du temps à domicile ou dans des hôpitaux),
- le pèlerinage,
- le fouet,
- et le port d’un habit spécifique.
Les peines données par l’Église étaient généralement moins violentes et sévères que celles des tribunaux laïcs.
Les cas de mise à mort sont plus rares. On dénombre malheureusement 10.000 condamnés à mort en 350 ans dans l’Europe entière (dont 3500 à 5000 en Espagne, 1250 en Italie et 1175 au Portugal).
L’inquisition espagnole commença au XVe siècle et fut plus dure que l’inquisition française.
Ces mises à mort ont donné lieu à une “légende noire” exagérée par les anti-catholiques.
Mais l’Église est vigilante au principe de proportionnalité de la peine et condamne les abus de pouvoir. Ainsi, par exemple, l’Église condamna l’inquisiteur dominicain français Robert le Bougre (1173-1239) partit en roue libre. En 1234, trois évêques obtinrent du pape Grégoire IX qu’il soit suspendu. Mais le Bougre persévère et, bafouant les règles, il envoie au bûcher à tour de bras. Face à son obstination dans l’abus et après instruction, Grégoire IX le démit de ses fonctions et le condamna à l’emprisonnement à vie en 1241 (d’après le chroniqueur Mathieu Paris, in Matthæi Parisiensis, monachi Albanensis Angli, hisroria major, éd. Londres, 1640, p.482).
Les protestants ont fait de même et personne ou presque n’en parle. Sur les terres protestantes furent allumés des bûchers de sorcières ou d’”hérétiques”. L’Alsace protestante, sous la dynastie des Habsbourg du XVe au XVIIe siècle, le Pays protestant vaudois, neuchâtelois ou la Suisse alémanique réformée connurent de nombreux bûchers pour sorcellerie (cf. Histoire du christianisme en Suisse, une perspective œcuménique, Éditions Labor Et Fides, 1995, 346 pages).
À titre de comparaison, les révolutionnaires français ont fait 350.000 morts en 6 ans.
“À la suite de Pierre Chaunu qui faisait remarquer que ‘la Révolution française a fait plus de morts en un mois au nom de l’athéisme que l’Inquisition au nom de Dieu pendant tout le Moyen Âge et dans toute l’Europe’, on peut se poser une question. La dénonciation de l’Inquisition ne sert-elle pas aussi à masquer les millions de victimes de la très anticatholique Révolution française (deux millions de Français de 1789 à 1815, dont un million de civils entre 1789-1799), et les dizaines de millions de morts du communisme russe et chinois ainsi que du national-socialisme allemand au XXème siècle, ces idéologies manifestement antichrétiennes ?” Éric Picard (agrégé d’Histoire, spécialiste d’Histoire religieuse et des idéologies politiques, professeur en classes préparatoires et à l’Université de Nancy II).
L’esclavage
Certaines personnes accusent l’Église catholique d’avoir cautionné l’esclavage.
Mais il y a un fait, bien simple : sans le catholicisme, l’esclavage serait toujours pratiqué aujourd’hui en Occident.
Voici les étapes historiques :
- Saint Paul apôtre :
- Condamne le trafic d’êtres humains (1 Th 1, 10)
- Exhorte les maîtres à ne pas rudoyer les esclaves (Ep 6, 9)
- Exhorte les maîtres à être juste envers les esclaves (Col 4, 1)
- Affirme que le baptême confère à tous un égal statut spirituel, y compris pour les esclaves : “En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ ; il n’y a plus ni juif ni grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus. Et si vous appartenez au Christ, vous êtes de la descendance d’Abraham : vous êtes héritiers selon la promesse.” (Ga 3, 27-29)
- Fin du XVème siècle : Là où le pouvoir séculier converge avec l’Église catholique, l’esclavage entre chrétiens est interdit.
- En 1537 : Dans sa bulle Veritas ipsa, le pape Paul III interdit l’esclavage des “Indiens et [de] tous les autres peuples qui parviendraient, dans l’avenir, à la connaissance des chrétiens”, ouvrant la voie à la fin de l’esclavage sur le continent américain (pratiqué depuis des millénaires par les peuples autochtones).
- En 1685, le nonce apostolique se déclare pour l’interdiction de l’esclavage.
- En 1839 : Dans sa bulle In supremo apastolatus, le pape Grégoire XVI condamne l’esclavage et le qualifie de “commerce inhumain”.
- Fin du XVIIIème siècle : Ce n’est que bien après l’abolition de l’esclavage par l’Église catholique que le pouvoir séculier profane va abolir définitivement l’esclavage :
- En 1848, en France.
- En 1865, aux États-Unis.
De nombreux papes se sont opposés à l’esclavage en s’appuyant sur la Bible. Des rois et des reines de France l’ont aboli pour les mêmes motifs.
“Une partie notable des biens de l’Église est consacrée au rachat des esclaves. Les empereurs chrétiens, après la conversion de Constantin, adoucissent la législation en ce domaine […] L’esclavage va devenir servage. […] Le second comporte des droits réels, des garanties canoniques sur le plan familial (interdiction de séparer les membres de la même famille, etc.). Il y a d’ailleurs des types de servage de plus en plus atténués, et les spécialistes d’histoire médiévale nous apprennent que le servage, contrairement à une erreur très répandue, disparaît à peu près dès le courant du Moyen âge, d’autant plus que les Capétiens favorisent de tout leur pouvoir les affranchissements (cf. Actes d’affranchissement de Philippe le Bel, de Charles de Valois, de Louis le Hutin et de Philippe V).” (Louis Jugnet, Doctrines philosophiques et systèmes politiques, p9.)
→ Lire les déclarations des papes au sujet de l’esclavage
Ce que l’on oublie :
- Entre le XVème et le XVIIème siècle, 98 % des esclaves de la traite transatlantique furent achetés à des intermédiaires africains qui les avaient capturés (Olivier Pétré-Grenouilleau, Les traites négrières : Essai d’histoire globale, Éditions Gallimard, 2006, 736 pages, p27).
- Aujourd’hui, l’esclavage subsiste en terres musulmanes, prenant exemple sur Muhammad qui possédait lui-même de très nombreux esclaves domestiques et sexuels (en plus de ses épouses).
Lire aussi :
Les croisades
Les dérives des croisades furent condamnées par les papes.
Révélation privée :
Jésus : “les hommes perdent souvent Dieu de vue, parce qu’ils sont pécheurs. Ne voyant pas Dieu, ils ne voient pas la Sagesse et ils se trompent, ils font le mal alors qu’ils croient bien faire. Mais les enfants sont bons, leurs âmes voient Dieu, et Dieu repose dans leur cœur. Par conséquent, ils doivent comprendre les choses avec sagesse et dire que mon Royaume ne se fera pas par la violence sur la terre, mais par l’amour dans les cœurs. Et il leur faut prier pour que les hommes comprennent ce Royaume, comme le font les enfants. Les prières des enfants sont portées au Ciel par leurs anges, et le Très-Haut les transforme en grâces. Et Jésus a besoin de ces grâces pour faire de ces hommes, qui pensent à la guerre et au royaume de la terre, des apôtres qui comprennent que Jésus est paix et que son Royaume est dans les cœurs et au Ciel.” (Valtorta, 461.4)
L’affaire Galilée
L’affaire Giordano Bruno
Le nazisme
La richesse du Vatican
La place des femmes
Révélation privée :
Jésus : “Il y aura des époques où les pasteurs idolâtres et les fidèles idolâtres seront plus nombreux que les vrais pasteurs et les vrais fidèles. Époques d’éclipse de l’esprit de foi dans le monde, mais une éclipse n’est pas la mort d’un astre. C’est uniquement un obscurcissement momentané plus ou moins partiel de l’astre. Après, sa beauté réapparaît et semble plus lumineuse.” (Valtorta, 551.6)
“Le génocide d’enfants autochtones au Canada”
Le pensionnat de Kamloops fait partie des 48 pensionnats dont le gouvernement confia la charge aux missionnaires catholiques Oblats de Marie-Immaculée. En 2021, au Canada, les Premières Nations de la Colombie-Britannique (Tk’emlúps te Secwépemc) engagent Sarah Beaulieu, une jeune universitaire, enseignant l’anthropologie et la sociologie à l’University of the Fraser Valley depuis 2018, pour scanner et sonder le site du pensionnat. Sarah Beaulieu passe deux jours (le 21 et le 23 mai 2021) à scanner le sol au moyen d’un radar à pénétration de sol (RPS). D’après elle, le radar repère des perturbations “telles que des racines d’arbres, du métal et des pierres”, dans le sol d’un verger de pommiers situé à proximité du pensionnat. Elle en déduit qu’il pourrait s’agir d’un charnier contenant les corps d’environ 215 enfants autochtones.
Le fait est communiqué par Rosanne Casimir, la chef des Tk’emlúps te Secwépemc (TteS), cinq jours après le passage du radar. Aussitôt, le Premier ministre Justin Trudeau et toute la classe politique s’alarment. Les drapeaux de tous les édifices fédéraux sont mis en berne. L’information est relayée dans le monde entier. L’Église catholique est trainée dans la boue. Certains parlent de “génocide culturel” et appelent les anciens pensionnaires des “survivants”. Même, la Chine demande une enquête sur les violations des droits de l’homme commises contre les peuples autochtones du Canada au Tribunal des droits de l’homme de l’ONU en juin 2021. En représailles, des dizaines d’églises brûlées et vandalisées au Canada, sans que les coupables ne soient inquiétés par les autorités. Le pape François se rend sur place et demande pardon. Les autorités canadiennes promettent 40 milliards de dollars supplémentaires pour la protection de l’enfance des Premières Nations et l’indemnisation de certaines victimes.
Malgré les 320 millions de dollars promis par les autorités pour financer davantage de recherches, le sol du verger n’est pas creusé. Aucun corps n’a été exhumé. Aucune preuve n’atteste l’hypothèse de Sarah Beaulieu. Un an plus tard, Tom Flanagan, professeur émérite de sciences politiques à l’université canadienne de Calgary, conclut qu’ “il s’agit de la plus grande fausse nouvelle de l’histoire du Canada” (cf. Dana Kennedy, Biggest fake news story in Canada’: Kamloops mass grave debunked by academics, New York Post, 27 mai 2022).
Des milliers d’articles de presse font caisse de résonance et se font écho les uns les autres :
Radio Canada affirmait le 29 mai 2021 : “Les restes de 215 enfants ont été retrouvés enterrés sur le site d’un ancien pensionnat autochtone à Kamloops, en Colombie-Britannique, une découverte qualifiée de “déchirante”, mais pas surprenante pour autant.”
Paris Match titre le 29 mai 2021 : “Kamloops, pensionnat de l’horreur : le Canada sous le choc.”
L’Humanité affirmait le 3 juin 2021 : “les ossements de 215 écoliers ont été retrouvés enfouis sous un ancien pensionnat de l’Ouest canadien. […] Dès la fin du XIXe siècle et jusque dans les années 1990, quelque 136 pensionnats ont orchestré des crimes d’enfants autochtones à travers tout le Canada. Réalisées avec la complicité de l’Église catholique, ces exécutions ont coûté la vie à au moins 4 100 enfants au nom de la suprématie ethnique des descendants des colons blancs venus d’Europe.”
Tous ces articles sont encore en ligne.
Les dérives auxquelles nous faisons face aujourd’hui
Les divagations de l’exégèse libérale
Au XVIIIème et XIXème siècles, certains protestants développèrent une exégèse libérale se “historico-critique”. Soucieux de prouver leur “sérieux” dans un contexte fortement scientiste, ils entendaient appliquer les outils et les méthodes universitaires d’analyse historique à la Bible, afin de départager la vérité historique des croyances qui se seraient construites sur ces vérités.
C’est ainsi qu’ils échafaudèrent, à partir de versets montés en épingles, des spéculations remettant en cause les croyances de toujours et les fondamentaux de la foi. Cette surenchère permanente aux théories les plus inédites produisit en peu de temps une quantité vertigineuse de nouveautés assenées comme des vérités où chacun essayant de placer son livre en tête de gondole. Cet intellectualisme égotique peut avoir quelque chose de grisant et d’addictif.
Voici un petit florilège des innovations de cette exégèse spéculative :
- La création aurait suivi le schéma darwinien.
- Il n’y aurait jamais eu de Déluge universel.
- Les Hébreux n’auraient jamais été en Égypte.
- Moïse n’aurait jamais existé.
- Jésus ne serait pas né en hiver.
- Jésus ne serait pas né à Bethléem.
- Les miracles de Jésus auraient été signes symboliques.
- L’apôtre Jean et l’évangéliste Jean seraient deux personnes distinctes.
- Le diable ne serait qu’une figure symbolique.
- Tous les êtres humains seraient sauvés, y compris Judas.
- Etc.
Par exemple, en 2019, le protestant suisse Daniel Marguerat (historien, bibliste, théologien, spécialiste de l’Antiquité, professeur honoraire de l’Université de Lausanne reconnu dans les milieux scientifiques, considéré comme l’un des meilleurs spécialistes mondiaux actuels de la recherche sur Jésus de Nazareth) a publié Vie et destin de Jésus de Nazareth. Dans ce livre de 416 pages, Daniel Marguerat suggère que la personnalité hors du commun de Jésus de Nazareth découlerait du fait qu’il fut perçu comme un “bâtard” (mamzer) en raison de l’irrégularité de sa naissance. Cette difficulté sociale l’aurait marginalisé et aurait influencé son ministère. Il écrit ainsi : “Séparation de la famille, célibat, compassion pour les marginaux, relativisation des règles de pureté : ces accents fort de l’éthique de Jésus portent, à mon avis, les stigmates d’une enfance exposée au soupçon d’impureté et d’une volonté de transcender cette exclusion sociale.” De plus, selon lui, “Jean dit le Baptiseur” n’était rien de moins que le “maître spirituel” de Jésus. Toujours d’après lui, lorsque Jésus dit au grand prêtre qui l’interrogeait lors de son procès : “verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du Tout-Puissant, et venir parmi les nuées du ciel” (Mc 14, 62), Jésus aurait, en réalité, parlé d’une autre personne que lui-même qui aurait dû venir le justifier ultérieurement.
Toutes ces hypothèses sont fausses et n’ont jamais été considérés comme crédibles par l’Église. Pourtant, elles réussirent a s’immiscer progressivement chez les intellectuels catholiques (notamment dominicains et jésuites) au cours du XXème siècle. Au point de devenir, pour certaines, dominantes au sein des lieux de formation du clergé catholique (séminaires, facultés catholiques).
Ainsi, Daniel Marguerat est publié par un éditeur catholique (les éditions du Seuil fondées par l’abbé Plaquevent), est chaleureusement invité sur KTO (ici et là), chez les Dominicains, au Centre Sèvres des Jésuites, chez Golias, chez Aleteia, etc.
Dès lors, si les docteurs présentent comme faux ou bancales un grand nombre d’éléments établis depuis toujours, qu’est-ce qui est vrai ? Cette suspicion généralisée pourrait, en partie, expliquer l’érosion de la foi d’un grand nombre de fidèles, puis la défection sans précédent de dizaines de milliers de religieux catholiques à travers le monde à la fin du XXème siècle. Plus de 60.000 prêtres auraient quitté les ordres à travers le monde entre 1964 et 2004.
La maltraitance, abus et pédocriminalité
Jésus prit les enfants en exemple, en affirmant que celui qui ne leur ressemble pas ne pourra pas entrer dans le Royaume des Cieux.
Il est donc normal que le démon haïsse les enfants et se démène pour les corrompre et leur nuire.
Des cas de maltraitances et d’abus sexuels furent rapportés au sein d’orphelinats, d’établissements scolaires, de mouvements et de paroisses tenus par des religieux et laïcs catholiques. Ce fut notamment le cas dans les pays suivants :
- États-Unis, exemple:
- L’orphelinat Saint Joseph, tenu par des Sœurs de la Providence entre 1854 et 1974, et situé dans le diocèse de Burlington (Vermont, USA ; voir sur la carte),
- Australie, exemple:
- L’institution Bindoon Boys Town pour l’accueil des enfants migrants, située à Bindoon, à 49 miles au nord de Perth (Australie-Occidentale ; voir sur la carte). Ce cas est notamment mentionné dans un rapport du parlement britannique. De multiples maisons tenues par des Frères chrétiens sont concernées.
- Canada
- Royaume-Uni
- Irlande
- Allemagne
- Italie
- France, exemples :
- Multiples cas dans les communautés nouvelles
- L’ancien collège Saint-Pierre, au Relecq-Kerhuon (Finistère, 29), entre les années 1960 à 1980
- Le collège-lycée Bétharram (Pyrénées-Atlantiques, 64)
- Belgique
- Pologne
- Chili
- Philippines
- Voir la liste par pays
Ces faits extrêmement graves et intolérables sont-ils des cas isolés ou bien le résultat d’un fonctionnement systémique ? Ou un mélange des deux ?
Comprendre les dysfonctionnements avec ce témoignage (2024) :
Si beaucoup d’abuseurs parvinrent à échapper à la justice des hommes (parfois avec la complicité de leurs supérieurs hiérarchiques), il est clair qu’en dépit d’une repentance et d’une conversion radicales, ils n’échapperont pas à celle de Dieu.
Jésus : “Il vaut mieux qu’on lui attache au cou une meule en pierre et qu’on le précipite à la mer, plutôt qu’il ne soit une occasion de chute pour un seul des petits que voilà.” (Lc 17, 2)
Le discernement et la prudence
Révélation privée :
Jésus : “Mon Église existe dès maintenant, parce que d’ores et déjà elle possède sa Tête surnaturelle et sa Tête divine, et elle a ses membres, qui sont les disciples. Elle est encore petite : c’est un germe en formation. Elle est parfaite uniquement dans la Tête qui la dirige. Le reste a encore besoin que Dieu le touche pour atteindre la perfection, et il lui faut du temps pour grandir. Mais en vérité, je vous dis qu’elle existe déjà et qu’elle est sainte, grâce à celui qui en est le Chef et à la bonne volonté des justes qui la composent. Elle est sainte et invincible. L’enfer, composé des démons et des hommes-démons, ne cessera de s’en prendre à elle, il la combattra de multiples manières, mais il ne triomphera pas. L’édifice sera inébranlable.
L’édifice [de l’Église] n’est pas fait d’une seule pierre. Observez le Temple, là-bas, vaste, beau, dans le soleil couchant. Est-il fait d’une seule pierre ? C’est un ensemble de pierres qui forment une unité harmonieuse, un tout. On dit : le Temple. C’est-à-dire une unité. Mais cette unité est composée des nombreuses pierres qui l’ont formée. Il aurait été inutile de poser des fondations si elles n’avaient pas dû soutenir les murs et le toit. Et il aurait été impossible d’élever les murs et de soutenir le toit si on n’avait pas commencé par faire des fondations solides proportionnées à une si grande masse.
C’est avec la même interdépendance des parties que s’élèvera le nouveau Temple. Vous l’édifierez au fil des siècles en l’appuyant sur les parfaits fondements que je lui ai donnés pour son volume. Vous l’édifierez sous la direction de Dieu, avec la qualité des éléments employés pour l’élever : les âmes que Dieu habite. Dieu transformera votre cœur en une pierre polie et sans fêlure destinée au nouveau Temple. Son Royaume et ses lois seront établies dans votre esprit. Sinon, vous ressembleriez à des briques mal cuites, à du bois vermoulu, à des pierres gélives éclatées qui ne tiennent pas et qu’un bon chef de chantier rejette. Ces pierres-là ne résistent pas, elles cèdent, et provoquent l’écroulement d’un mur si le constructeur, les constructeurs préposés par le Père à l’édification du Temple, sont des bâtisseurs qui s’idolâtrent, qui se pavanent en veillant à faire respecter leur honneur sans se soucier de l’édifice qui s’élève ni des matériaux employés. Bâtisseurs idolâtres, directeurs idolâtres, gardiens idolâtres, voleurs ! Voleurs de la confiance de Dieu, de l’estime des hommes, voleurs et orgueilleux qui se contentent d’avoir la possibilité d’un profit, et de posséder un tas de matériaux, sans prêter attention à leur qualité. Voilà une cause de ruine.
Vous, mes nouveaux prêtres et scribes du nouveau Temple, écoutez : malheur à vous, et à ceux qui, après vous, s’idolâtreront, ne veilleront pas et ne se surveilleront pas eux-mêmes et les autres fidèles, pour observer, vérifier la qualité des pierres et des boiseries, sans se fier aux apparences, et seront cause de ruines en permettant que des matériaux douteux, ou même tout à fait nuisibles, soient employés pour le Temple, faisant scandale et provoquant la ruine.
Malheur à vous si vous laissez se créer des lézardes et des murailles peu sûres, informes, qui s’écrouleront facilement parce qu’elles ne sont pas en équilibre sur des bases solides et parfaites. Ce n’est pas de Dieu — le Fondateur de l’Eglise — que viendrait le désastre, mais de vous tous, et vous en porteriez la responsabilité devant le Seigneur et devant les hommes.
Diligence, observation, discernement, prudence ! La pierre, la brique, la poutre faibles, qui seraient ruineuses dans un gros mur, peuvent être utiles dans des parties de moindre importance. Vous devez savoir trier : avec charité pour ne pas dégoûter les parties faibles, avec fermeté pour ne pas dégoûter Dieu et mettre en danger son Édifice. Et si vous vous apercevez qu’une pierre, déjà en place pour soutenir un angle maître, n’est pas bonne ou n’est pas équilibrée, ayez le courage de l’enlever de cette place, mortifiez-la en l’équerrant par le ciseau d’un saint zèle. Peu importe si elle crie sous la douleur. Elle vous bénira plus tard, au long des siècles, parce que vous l’aurez sauvée. Déplacez-la, donnez-lui une autre fonction. N’ayez pas peur même de l’éloigner tout à fait si vous voyez qu’elle est un objet de scandale et de ruine, rebelle à votre travail. Mieux vaut peu de pierres que beaucoup de remplissage.
Ne vous hâtez pas. Dieu ne se hâte jamais, mais ce qu’il crée est éternel, parce que bien pesé avant d’être mis à exécution. A défaut d’être éternel, il doit durer autant que les siècles. Regardez l’univers. Depuis des siècles, des milliers de siècles, il est comme Dieu l’a fait par des opérations successives. Imitez le Seigneur. Soyez parfaits comme votre Père. Ayez sa Loi en vous, son Royaume en vous, et vous ne faillirez pas.
Mais s’il n’en était pas ainsi, l’édifice s’écroulerait, et c’est en vain que vous vous seriez fatigués à l’élever. Il s’écroulerait, et il ne resterait de lui que la pierre angulaire, les fondations…” (Valtorta, 596.41-42)
Le combat spirituel
Les scandales qui traversent l’Église ne peuvent pas être pleinement compris si on ne considère pas avec sérieux le combat spirituel.
Depuis les origines de l’homme, le diable fait souffrir Dieu en s’attaquant à sa créature privilégiée, l’être humain.
Le diable sait que si l’Église tombe, tout tombe. Il est donc flagrant que ses attaques se concentrent avec une violence accrue contre elle, directement et indirectement, en interne et en externe. Le christianisme est la religion la plus persécutée au monde.
Les prêtres sont plus attaqués, car lorsque qu’un prêtre tombe se sont potentiellement des milliers d’âmes qui sont en danger. (Bientôt : Témoignage d’un prêtre à ce sujet.)
Aux États-Unis, certains sites se sont spécialisés dans la dénonciation de ces mauvais élèves pour neutraliser leurs dommages le plus vite possible. Par exemple :
Ailleurs, des commissions sont créées pour enquêter :
- Irlande :
- Australie :
Attention toutefois, certains groupes militants instrumentalisent les scandales au sein de l’Église pour faire avancer leur agenda libéral anti-catholique (mariage des prêtres, ordination de femmes, bénédictions des unions homosexuelles, etc.). Il est donc important d’avoir une bonne formation pour repérer ces chevaux de Troie.
L’Église reconnaît les torts de ses mauvais élèves
Lorsqu’un membre du corps du Christ est à l’honneur, tous les autres s’en réjouissent. Lorsqu’un membre du corps du Christ pèche, tous les autres en souffrent. (1 Co 12)
L’Église reconnaît les torts de certains de ses membres et en demande collectivement pardon, même si cela peut prendre du temps.
Exemples :
- En préparation du Jubilé de l’an 2000, le 10 novembre 1994, le pape Saint Jean-Paul II rappela, dans sa lettre apostolique Tertio Millennio Adveniente, qu’il est du devoir de l’Église “de regretter profondément les faiblesses de tant de ses fils qui ont défiguré son visage et l’ont empêchée de refléter pleinement l’image de son Seigneur crucifié, témoin insurpassable d’amour patient et d’humble douceur. De ces attitudes douloureuses du passé ressort pour l’avenir une leçon qui doit inciter tout chrétien à s’en tenir fermement à la règle d’or définie par le Concile : “La vérité ne s’impose que par la force de la vérité elle-même, qui pénètre l’esprit avec autant de douceur que de puissance” (Conc. Oecum. Vat. II, Décl. sur la liberté religieuse Dignitatis humanae, n°1)”.
- En mai 2001, le pape Jean-Paul II se rend à Athènes et demande solennellement pardon pour les fautes commises par les catholiques envers les orthodoxes. Il a également demandé pardon pour l’esclavage des Africains, l’Inquisition et l’antisémitisme.
- En mars 2010, le pape Benoît XVI rédige une lettre pastorale pour demander pardon pour les abus commis par certains clercs irlandais à l’encontre d’enfants, puis constitue un panel pour investiguer sur cette situation.
- Les évêques demandent pardon pour les abus.
- 2022 : Le pape François entreprend un voyage pénitentiel au Canada.
L’Église ne béatifie pas les mauvais élèves et ne les donne pas exemples
Les saints et saintes de Dieu sont des personnes qui, en s’attachant fermement au Christ, tinrent bon dans les bourrasques du monde jusqu’à leur mort. Comme le dit Jésus : “Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.” (Jn 15, 5) Dès lors, entendre ses paroles et les mettre en pratique revient à fonder sa maison sur le roc, si bien qu’elle ne s’effondrera pas lorsque la pluie tombera, les torrents dévaleront et les vents souffleront et s’abattront sur elle (Mt 7, 24-27). Et “celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé” (Mt 24, 13). Les saints constituent des exemples victorieux et très divers (on trouve des religieux, des pères et des mères de famille, des chefs d’entreprises, des hommes politiques, des travailleurs, des mendiants…) dans lesquels tout un chacun peut se retrouver. De plus, ayant la certitude qu’ils sont désormais en pleine communion avec Dieu (réalité validée par leurs vertus et les miracles obtenus par leur intermédiaire), les croyants les prient d’intercéder pour eux dans l’épreuve.
Bien qu’il y ait des mauvais élèves dans la salle de classe de Jésus (et Jésus se soucie particulièrement d’eux, car ce ne sont pas les bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades, et, dans sa miséricorde, il n’est pas venu appeler des justes, mais des pécheurs ; Mt 9, 12-13), l’Église sait faire la part des choses et ne béatifie que les meilleurs élèves.