Sédévacantisme : La tentation de sauver l’Église en se séparant d’Elle

Qu’est-ce que le sédévacantisme ?

Le sédévacantisme (du latin sede vacante, signifiant “siège vacant”) désigne la croyance selon laquelle le pape actuel ne serait pas le vrai pape.

Historiquement, les grandes décisions de l’Église (dont les conciles font partie) ne sont jamais simples. Donnant lieu à de vifs débats et chamboulant les habitudes, elles suscitent des turbulences.

Exemples :

  • Au XIVe siècle, les adeptes du moine cistercien calabrais Joachim de Flore (1135-1202)Crurent que le pape Célestin V (élu en 1294) était le dernier vrai pape, considérant les papes qui lui succéderont (donc à partir du pape Boniface VIII) comme l’Antéchrist et l’Église catholique romaine comme la prostituée de Babylone.
  • Au début du XIXe siècle, des religieux s’opposent au Concordat de 1801 signé entre le pape Pie VII et Napoléon Bonaparte. Ils rompent avec Rome, rejettent l’autorité du pape et se déclarant les gardiens de la vraie foi. Ce schisme donne naissance à la Petite Église.
  • En 1870, certains catholiques ont rompu avec Rome suite au Concile Vatican I. Ce schisme engendra les “Églises vieilles-catholiques et catholiques-chrétiennes” (ou Union d’Utrecht), rejetant les dogmes catholiques de l’Immaculée Conception, de l’infaillibilité papale, de la suprématie universelle papale et de l’Assomption de la Vierge Marie. De plus, ils approuvent les unions de personnes de même sexe.

Un concile œcuménique est une réunion universelle des évêques convoquée pour trancher les grandes questions doctrinales ou disciplinaires qui concernent toute l’Église. On dénombre vingt-et-un conciles œcuméniques dans l’histoire de l’Église catholique. Il faut distinguer ces conciles des innombrables conciles locaux ou particuliers, qui n’ont pas le même statut ni la même portée universelle.

Or, les décisions du dernier concile œcuménique de l’Église ou leur application ont suscité diverses réactions sédévacantistes.

Selon les sédévacantistes, le dernier pape serait soit Pie VI (mort en 1799), soit Pie XII (mort en 1958), soit Jean XXIII (mort 1963), soit Benoît XVI (mort en 2022), etc. Selon eux, les papes ultérieurs seraient des usurpateurs en raison de leur adhésion à de supposées hérésies.

Leur syllogisme est simple :

  1. Un pape ne peut pas enseigner d’hérésie.
  2. Le pape enseigne des hérésies.
  3. Le pape n’est donc pas le pape.

On observe plusieurs déclinaisons :

  • le sédévacantisme (thèse selon laquelle les papes actuels seraient des usurpateurs, des anti papes) ;
  • le sédéprivationnisme (thèse selon laquelle, depuis Paul VI, les papes sont papes matériellement, mais non formellement, en raison de leur supposée adhésion au modernisme, une hérésie condamnée par le pape Pie X dans son encyclique Pascendi Dominici gregis) ;
  • le catholicisme semper idem ;
  • le beneplenisme (thèse récente selon laquelle le pape Benoît XVI, victime d’un complot, aurait simulé sa renonciation et l’aurait rendu invalide, faisant de ses successeurs des anti papes).

Il existe de multiples groupes sédévacantistes dans le monde. Les plus connus sont :

  • La Société de Saint Pie V (SSPV)
  • L’association sacerdotale Instauratio Catholica
  • La Congrégation de Marie Reine Immaculée (CMRI) qui est sédéprivationnisme
  • L’Institut Mater Boni Consilii (Institut Notre-Dame du Bon Conseil)

La Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX) occupe une position à cheval entre Église institutionnelle et sédévacantisme. Ceux de ses membres qui la trouvent pas assez radicale la quitte généralement pour rejoindre des groupes sédévacantistes stricts.

Ces groupes se revendiquent tous comme étant les “vrais catholiques”.

Révélation privée :

Jésus : “Le christianisme sera désuni sous la morsure de Satan et beaucoup de parties de ma chair mystique seront détachées, morcelées, formant des cellules particulières dans le vain désir de se créer un corps parfait comme le sera le Corps mystique du Christ, c’est‑à‑dire formé de tous les fidèles unis dans l’Église apostolique qui sera, tant que la terre existera, l’unique véritable Église. Mais ces petits groupes séparés, privés par conséquent des dons que je laisserai à l’Église Mère pour nourrir mes enfants, garderont toujours le titre d’églises chrétiennes en raison de leur culte pour le Christ et, au sein de leur erreur, elles se souviendront toujours qu’elles sont venues du Christ.” (Valtorta, 203.5)

Mgr Marcel Lefebvre

Mgr Marcel Lefebvre (1905-1991) est un évêque français connu pour être le fondateur de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) et le pionnier du sédévacantisme contemporain.

Voici un rappel des principales dates de son parcours :

29 novembre 1905 : Il naît à Tourcoing (Nord, France), dans une famille d’industriels du Nord de la France ; il est le troisième de huit enfants ; cinq rentreront dans les ordres (René et Marcel, prêtres et missionnaires ; Jeanne, religieuse de Marie Réparatrice ; Bernadette, Sœur du Saint-Esprit ; Christiane, carmélite)

Octobre 1923 : Il rejoint son frère aîné au Sémi­naire fran­çais de Rome

21 septembre 1929 : Il est ordonné prêtre par Mgr Liénart, en la chapelle Notre-​Dame du Sacré-​Cœur à Lille

2 juillet 1930 : Il obtient son doctorat de théologie (après déjà avoir obtenu selon de philosophie)

1930 à 1931 : Il est vicaire dans une ban­lieue ouvrière de Lille

1er sep­tembre 1931 : Il entre au novi­ciat de la Congrégation des Pères du Saint-​Esprit

8 sep­tembre 1932 : Il pro­nonce sa pro­fes­sion reli­gieuse dans la Congrégation des Pères du Saint-​Esprit

12 novembre 1932 : Il part comme prêtre missionnaire à Libreville (Gabon), suivant les encouragements de son frère aîné, missionnaire des Pères du Saint-Esprit ; là, il enseigne au séminaire

1934-1938 : Il est recteur du séminaire

28 sep­tembre 1935 : Il prononce ses vœux perpétuels dans la Congrégation des Pères du Saint-Esprit

1938 : Sa mère décède (elle était tertiaire franciscaine et infirmière de la Croix Rouge)

Février 1944 : Son père, René Lefebvre, arrêté en 1941 par la Gestapo pour ses activités dans la résistance, meurt au bagne nazi de Sonneburg, le chapelet à la main, victime des mauvais traitements

1938-1945 : Il est le supé­rieur de diverses mis­sions au Gabon

Octobre 1945 : Son supérieur général le rappelle en France et lui confie le sco­las­ti­cat de phi­lo­so­phie des spi­ri­tains à Mortain (Manche)

25 juin 1947 : Le pape Pie XII le nomme vicaire apostolique de Dakar

18 septembre 1947 : Il est ordonné évêque de Dakar, à Tourcoing par le cardinal Liénart

1948-1962 : Le pape Pie XII le nomme Délégué apostolique du Saint-Siège pour l’Afrique noire francophone (soit l’équivalent d’un nonce apos­to­lique) ; le délé­gué devant avoir le rang d’archevêque, il est nom­mé arche­vêque titu­laire d’Arcadiopolis in Europa ; il organise de nouveaux diocèses, paroisses, églises, séminaires, écoles et couvents

1949 : Il reçoit la croix de che­va­lier de la Légion d’honneur française

1955 : Pie XII le nomme premier archevêque de Dakar

Il est nommé président de la Conférence épiscopale de l’Afrique de l’Ouest

5 juin 1960 : Il est nommé membre de la Commission centrale préparatoire du Concile Vatican II et assiste à toutes les séances

15 novembre 1960 : Le pape le nomme Assistant au Trône pontifical

1962 : Il est nommé évêque de Tulle (France)

26 juillet 1962 : Il est élu Supérieur général de la Congrégation des Pères du Saint-Esprit ; le pape lui donne le titre d’archevêque de Synnada, en Phrygie (aujourd’hui Şuhut, en Turquie)

1962 : Lors du Concile Vatican II, il fonde avec d’autres évêques et préside le Coetus Internationalis Patrum (“Groupe International des Pères” en latin) , un groupe conservateur opposé au groupe libéral de L’Alliance du Rhin

24 septembre 1964 : Durant la troisième session du Concile Vatican II, Mgr Marcel Lefebvre produit un discours vivement opposé au schéma sur la liberté religieuse. Les jours suivants, à la demande de plusieurs évêques français, le père Henri Sonier de Lubac (1896-1991), théologien jésuite et expert au concile, examina ce discours et en montra, point par point, les erreurs dans une note adressée aux évêques.

1968 : Il démissionne de sa charge de supérieur général face à la tendance progressiste qui dominait au sein de la Congrégation des Pères du Saint-Esprit (il a 63 ans)

Il ouvre deux séminaires en Suisse, à Fribourg puis à Ecône, pour répondre aux demandes de jeunes désireux d’acquérir une formation sacerdotale traditionnelle

1er novembre 1970 : Il fonde de la Fraternité Saint-Pie X, ses statuts son approuvés par Mgr François Charrière, évêque de Fribourg

1973 : A la demande d’une jeune Australienne, il fonde la Congrégation des Sœurs de la Fraternité Saint-Pie X, avec l’aide de sa sœur Mère Marie-Gabrielle, religieuse dans la Congrégation du Saint-Esprit ; les soeurs s’installent dans la mai­son acquise aux envi­rons de Rome, à Albano

Il fonde la branche des Frères de la Fraternité et la branche des Oblates de la Fraternité

11 novembre 1974 : Les évêques fran­çais demandent une visite apos­to­lique à Ecône. Les deux visi­teurs apos­to­liques, Mgr Albert Descamps (secré­taire de la Commission biblique) et Mgr Guillaume Onclin (secré­taire adjoint pour la révi­sion du droit cano­nique), marquent un peu plus la rupture entre le Fraternité et Rome.

21 novembre 1974 : Suite à cette visite, Mgr Lefebvre rédige une décla­ra­tion dans laquelle il dit : “Nous adhérons de tout cœur, de toute notre âme à la Rome catholique, gardienne de la foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité. Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-​moderniste et néo-​protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues […].”

6 mai 1975 : La Fraternité est “sup­pri­mée” par Rome ; Mgr Lefebvre fait appel auprès de la Signature apos­to­lique, mais cet appel est blo­qué par le car­di­nal Jean Villot, Secrétaire d’Etat. Mgr Lefebvre désobéi et maintien la Fraternité.

29 juin 1976 : En désobéissance avec Rome, Mgr Lefebvre ordonne 13 prêtres et 14 sous-​diacres sans lettres dimis­soires.

22 juillet 1976 : Il est frap­pé de sus­pens a divi­nis, le pri­vant de l’exercice de tout acte sacra­men­tel. En désobéissance avec Rome, Mgr Lefebvre poursuit son ministère.

29 août 1976 : Il célèbre une messe solennelle publique, à Lille, devant 7000 fidèles.

11 septembre 1976 : Le pape Paul VI le reçoit en audience, mais Mgr Lefebvre refuse d’accepter le Concile et la nouvelle messe.

Septembre 1976 : Il sort le livre J’accuse le Concile.

18 novembre 1978 : Le pape Jean-​Paul II le reçoit en audience ; le car­di­nal Seper, pré­sident de la Congrégation pour la doc­trine de la foi, se montre ferme envers Mgr Lefebvre.

1981 : Il fonde le tiers-​ordre de la Fraternité.

1982 : A 77 ans, il remet ses fonc­tions de Supérieur géné­ral de la Fraternité et est remplacé par l’abbé Franz Schmidberger.

21 novembre 1983 : Il co-publie avec Mgr de Castro Mayer (évêque de Campos, Brésil) un manifeste dans lequel ils dénoncent “les principales erreurs de l’ecclésiologie conciliaire”.

Mars 1987 : Rome répond à la Fraternité.

Juin 1987 : Il publie le livre “Ils l’ont décou­ron­né” sur la des­truc­tion du Règne social du Christ.

29 Juin 1987 : Il annonce publi­que­ment son inten­tion de se don­ner des suc­ces­seurs dans l’épiscopat. En réaction, Rome pro­pose la visite d’un car­di­nal qui n’aurait qu’une tâche d’information, ce que Mgr Lefebvre accepte.

3 octobre 1987 : Il célèbre une messe d’action de grâces pour ses 40 ans d’épiscopat en présence de 4000 personnes.

11 novembre 1987-8 décembre 1987 : Le car­di­nal Gagnon com­mence sa visite et conclue avec un rapport favo­rable.

2 février 1988 : Il affirme vouloir sacre­r au moins trois évêques, y compris en désobéissance au pape.

5 mai 1988 : Il signe un pro­to­cole d’accord avec le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, ouvrant la voie à une régularisation canonique.

6 mai 1988 : Mgr Lefebvre rétracte unilatéralement sa signature, annulant l’accord.

2 juin 1988 : Il écrit au pape pour lui annoncer sa déci­sion de sacrer 4 évêques le 30 juin.

1985 : Il sou­met à Rome ses dubia : trente-​neuf pro­po­si­tions ou “doutes” concer­nant la dis­cor­dance de la doc­trine de la liber­té reli­gieuse conci­liaire avec l’enseignement anté­rieur de l’Église.

Mars 1987 : Rome lui adresse une réponse à ses dubia qu’il juge insa­tis­fai­sante.

30 juin 1988, à Écône (Suisse) : Il sacre 4 évêques (Bernard Fellay, Bernard Tissier de Mallerais, Richard Williamson et Alfonso de Galarreta) devant 10.000 personnes et de nombreux journalistes, en désobéissant à la volonté du pape solennellement réaffirmée treize jours auparavant, provoquant un schisme.

1er juillet 1988 : Le cardinal Bernardin Gantin, préfet de la Congrégation des évêques, déclare Mgr Marcel Lefebvre, Mgr Antônio de Castro Mayer (évêque cocélébrant), Bernard Fellay, Bernard Tissier de Mallerais, Richard Williamson et Alfonso de Galarreta excommuniés latæ sententiæ (excommunication encourue du fait même de la commission du délit) au titre des canons 1364-1 et 1382 du Code de droit canonique :

“L’apostat de la foi, l’hérétique ou le schismatique encourent une excommunication latæ sententiæ.”

“L’Évêque qui, sans mandat pontifical, consacre quelqu’un Évêque, et de même celui qui reçoit la consécration de cet Évêque encourent l’excommunication latæ sententiæ réservée au Siège Apostolique.”

Tous vont continuer leur ministère en désobéissance avec Rome.

2 juillet 1988 : Le pape Jean-Paul II publie le motu proprio Ecclesia Dei rappelant que les fidèles adhérant formellement au schisme encourent l’excommunication

25 mars 1991 : Il décède du cancer à l’hôpital de Martigny (Valais, Suisse romande)

2 avril 1991 : Ses obsèques ont lieu à Ecône, où il repose dans la crypte du séminaire Saint-Pie-X ; selon son souhait, les mots de Saint Paul : Tradidi quod et accepi – J’ai transmis ce que j’ai moi-même reçu (1 Co 11, 23) sont inscrits sur son tombeau

24 septembre 2020 : Sa dépouille est translater à la crypte de l’église du Cœur Immaculé de Marie, à Écône

21 janvier 2009 : Sous le pontificat de Benoît XVI, la Congrégation pour les évêques lève l’excommunication portant sur les quatre “évêques” sacrés le 30 juin 1988

Les points de rupture

À son retour d’Afrique, Mgr Lefebvre trouve une Europe chamboulée, en cours de déchristianisation, et une Église en proie à des dérives progressistes inspirées du marxisme et de mai 68. C’est un choc.

Il voit le Concile Vatican II comme une validation de ces dérives, principalement sur les points suivants :

  1. La liberté religieuse
  2. L’œcuménisme
  3. La nouvelle messe
  4. La collégialité

1. La liberté religieuse

Le 7 décembre 1965, le Concile Vatican II adopta la déclaration Dignitatis humanae (de la dignité humaine) sur la liberté religieuse. Elle fut votée à 2 208 voix pour et 70 voix contre.

Il s’agit d’un texte très technique qui fut mal compris par Mgr Lefebvre.

Le Catéchisme de l’Église catholique de 1992 écrit, au §2108 :

“Le droit à la liberté religieuse n’est ni la permission morale d’adhérer à l’erreur (cf. l’encyclique Libertas præstantissimum de Léon XIII, du 20 juin 1888), ni un droit supposé à l’erreur (cf. Pie XII, discours 6 décembre 1953), mais un droit naturel de la personne humaine à la liberté civile, c’est-à-dire à l’immunité de contrainte extérieure, dans de justes limites, en matière religieuse, de la part du pouvoir politique. Ce droit naturel doit être reconnu dans l’ordre juridique de la société de telle manière qu’il constitue un droit civil (cf. DH 2).” (CEC §2108)

Le père et moine bénédictin Basile Valuet, de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux, s’est penché sur la question de la liberté religieuse et la Tradition catholique en croyant que la position du Concile Vatican II était hérétique. Il en est ainsi venu à mener une thèse de doctorat sur le sujet. Il conclut que l’enseignement du Concile Vatican II s’inscrit dans la continuité de l’enseignement antérieur de l’Église.

Sa thèse de doctorat en six volumes, en 2521 pages :

Fr. Basile Valuet o.s.b., La Liberté religieuse et la Tradition catholique, Un cas de développement doctrinal homogène par le magistère authentique, Préface du Cardinal Alfons Marie Stickler, Éditions Abbaye Sainte-Madeleine du Barroux.

Le résumé de sa thèse de doctorat en 678 pages :

Fr. Basile Valuet o.s.b., Le droit à la liberté religieuse dans la tradition de l’Église, Un cas de développement doctrinal homogène par le magistère authentique, Préface du Cardinal Jorge Arturo Medina Estévez, Éditions Sainte-Madeleine.

Dans la Bible :

Saint Paul apôtre : “Mais gloire, honneur et paix pour quiconque fait le bien, le Juif d’abord, et le païen. Car Dieu est impartial.
En effet, tous ceux qui ont péché sans la loi de Moïse périront aussi sans la Loi ; et tous ceux qui ont péché en ayant la Loi seront jugés au moyen de la Loi. Car ce n’est pas ceux qui écoutent la Loi qui sont justes devant Dieu, mais ceux qui pratiquent la Loi, ceux-là seront justifiés.
Quand des païens qui n’ont pas la Loi pratiquent spontanément ce que prescrit la Loi, eux qui n’ont pas la Loi sont à eux-mêmes leur propre loi. Ils montrent ainsi que la façon d’agir prescrite par la Loi est inscrite dans leur cœur, et leur conscience en témoigne, ainsi que les arguments par lesquels ils se condamnent ou s’approuvent les uns les autres.
Cela apparaîtra le jour où ce qui est caché dans les hommes sera jugé par Dieu conformément à l’Évangile que j’annonce par le Christ Jésus.” (Rm 2, 10-16)

Dans le Concile Vatican II :

“Et cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ, mais bien pour tous les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce [38]. En effet, puisque le Christ est mort pour tous [39] et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’être associé au mystère pascal.” (Gaudium et Spes, 22, 5)

Révélation privée :

Jésus : “Ne sois pas aussi surprise. Pourquoi t’étonner ?
En toute religion – et d’autant plus si elle a une morale élevée – on trouve la présence de vertus et l’exigence de mener une vie qui s’y conforme. Par conséquent, la charité, l’espérance, la foi, l’humilité, la justice et ainsi de suite y ont place.
Elles ne seront pas parfaites, puisqu’elles proviennent d’une connaissance imparfaite du Tout, ou Vérité, mais elles susciteront toujours les mêmes effets moraux d’élévation, d’extase, d’incitation à la miséricorde, à l’humilité, à la tempérance, grâce au désir et à l’espérance de parvenir à posséder le Tout, c’est-à-dire Dieu.
Dieu, le Soleil, donne les mêmes lumières à tous les hommes. Et les religions révélées, mais imparfaites, créent des brumes que le rayon du divin Soleil peut moins facilement percer pour descendre déposer un baiser sur les croyants et pénétrer en eux. Les meilleurs, ceux qui tendent à Dieu de tout leur être, savent s’élever par l’envol de leur esprit au-dessus des brumes, pour atteindre une perfection qui manque malheureusement à trop de chrétiens, et savourer le fait d’être uni à l’Amour plus et mieux que beaucoup de catholiques tièdes.
Ne t’étonne donc pas qu’un soufi écrive des pages sœurs de celles de cette grande amoureuse de Dieu que fut Thérèse de Jésus. L’Amour est un. Qui le connaît et en est le fils, parle le langage unique de l’amour.” (Maria Valtorta, Les Carnets, 16 novembre 1945)

Révélation privée :

L’Esprit de Dieu dit : “Il y a un filet de vérité dans toutes les religions révélées, déposé par moi (l’Esprit-Saint), qui suis celui qui irrigue et féconde. En outre, comme le jaillissement puissant d’une source éternelle, je déborde de tous côtés de l’Église catholique du Christ et, par le moyen de la grâce, des sept dons et des sept sacrements, je transforme les catholiques fidèles en serviteurs du Seigneur, en élus pour le Royaume, en fils de Dieu, en frères du Christ, en dieux dont le destin est si infiniment sublime qu’il mérite qu’on se sacrifie pour le posséder.” (Maria Valtorta, Les Cahiers, 10 janvier 1944)

Révélation privée :

L’Auteur Très Saint dit : “Dieu est infiniment bon, aimant, sage et patient. En raison du caractère inhérent à ses perfections, il a voulu le Rédempteur avant même l’existence du Péché. Toujours en raison du caractère de ses perfections, il a su “supporter les délits commis par les hommes avant la Rédemption, pour montrer sa justice au moment jugé opportun (Rm 3, 25), de façon à ce que ceux qui se réclament de la foi en Jésus Christ, que se soit par le moyen de la doctrine apprise, ou par intuition spirituelle, soient rachetés.
J’ai bien dit : ‘ceux qui par le moyen de la doctrine apprise, ou par intuition spirituelle’. Voilà un point sur lequel bien de gens ne méditent pas assez et sur lequel ils tombent dans la même erreur des juifs d’autrefois qui se croyaient les seuls destinés au Ciel, car les seuls à connaître l’existence de la Loi du vrai Dieu.” (Maria Valtorta, Leçon n°12 sur l’Épître de Saint Paul aux Romains, Dimanche 25 janvier 1948)

Révélation privée :

L’Auteur Très Saint dit : “Troisième catégorie : les Gentils. À présent on utilise ce terme pour désigner ceux qui ne sont pas chrétiens catholiques. Nous continuerons à employer ce terme le temps de notre méditation sur les paroles de Paul. Les Gentils, qui même sans connaître la Loi font naturellement ce que la Loi impose, sont loi à eux‑mêmes. À leur manière, ils témoignent que leur esprit aime la vertu et tend au Bien suprême. Lorsque Dieu, dans la personne de Jésus‑Sauveur, jugera les actions secrètes des hommes, ces Gentils seront justifiés.
Ceux‑là sont nombreux. Leur nombre est vraiment considérable. Ils sont la foule immense… rassemblée de toutes nations, langues, tribus, peuples (Ap 5, 9-10), sur lesquels au dernier jour sera imprimé le sceau du Dieu vivant (Ap 7, 2-3), signe de salut et de récompense, avant le jugement dernier, qui est sans appel. Tous ceux‑là seront sauvés grâce aux mérites infinis du Christ, qui a accepté d’être immolé en versant sang et sérum jusqu’aux dernières gouttes ; c’est grâce à lui que tous ceux‑là seront sauvés.
La vertu de ces Gentils, leur obéissance spontanée à la loi de la vertu, les aura baptisés sans autre baptême ; elle les aura consacrés sans autre chrême que les mérites infinis du Sauveur. Les limbes ne seront plus la demeure de ces justes en attente. De même qu’au soir du Vendredi‑Saint les justes ont quitté les limbes, car le Sang versé par Jésus‑Rédempteur les avait purifiés de leur tache originelle, de même, au soir du Temps, quand les mérites du Christ auront triomphé de tous ses ennemis, les justes, qui par ferme conviction d’être dans la juste religion auront appartenu à un troupeau non catholique, seront par lui absous et justifiés. Ils recevront la récompense des vertus pratiquées sur terre.
S’il n’en était pas ainsi, Dieu aurait trompé ces justes qui se sont donnés une loi de justice, et ont défendu la justice et la vertu. Or Dieu ne trompe jamais. Sa récompense, même si parfois elle se fait attendre, est toujours certaine.” (Maria Valtorta, Leçon n°9 sur l’Épitre de Saint Paul aux Romains, Vendredi 16 janvier 1948)

2. L’œcuménisme

3. La nouvelle messe

L’institution de la Messe Paul VI donna lieu de réelles dérives de la part de prêtres qui y virent une occasion d’inventivité personnelle déviante. Mais, désormais bien stabilisée, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’une liturgie vraiment catholique.

Les traditionalistes qualifient la messe traditionnelle (Rite Tridentin ou Messe de Saint Pie V) de “messe de toujours” et la veulent immuable. Or, elle date du XVIème siècle.

Peu de personnes le savent, mais la messe Paul VI – instituée par le Concile Vatican II – est inspirée du rite en pratique au VIIIe siècle. Soit huit siècles avant celle de Saint Pie V.

La Messe de Saint Pie V est devenue un élément fédérateur des ennemis du Concile Vatican II.

4. La collégialité

Révélation privée :

Jésus : “Les temps d’exception réclament des moyens d’exception. […] Il vous faut beaucoup innover, si vous voulez sauver.
Ne soyez pas bloqués, enracinés, dans des habitudes qui se sont formées au cours des siècles, mais qui ne sont pas celles que j’ai données à mes apôtres et à mes disciples, et que le Paraclet a continué à conseiller à l’Église naissante pour favoriser son développement.
Le monde évolue. Pas en bien, mais il évolue. L’Église ne peut être statique: elle doit, non pas s’adapter à la mauvaise évolution du monde, mais se transformer pour être en mesure d’y faire face et d’y remédier. Seuls le dogme et la doctrine doivent rester immuables. Mais en ce qui concerne les moyens d’exercer son ministère, elle doit se mettre en adéquation avec les exigences du moment.” (Maria Valtorta, Les Carnets, 25 avril 1948)

Le sédévacantisme

Mgr Lefebvre prononça de nombreux sermons et produisit de nombreux écrits dans lesquels il affirme que le siège de Saint Pierre est vacant.

Aujourd’hui, la FSSPX refuse de se qualifier de sédévacantiste, afin de conserver un lien avec Rome.

Publiquement, elle dit reconnaître le pape. Alors qu’en interne, elle ne cesse de le critiquer et de dénoncer le Concile Vatican II. Elle estime la papauté, ses sacrements et ses paroles “douteusement valides”.

Pour tenir cette position d’équilibriste et conserver une image respectable aux yeux de Rome, la FSSPX a :

  • purgé les contenus explicitement sédévacantistes de Mgr Lefebvre de ses publications,
  • exclu, peu à peu, de ses rangs ses membres les plus explicitement sédévacantistes, comme l’abbé Olivier Rioult.

Bruno Saglio, sédévacantiste et directeur des Éditions Saint-Remi (ESR), alla voir la famille de Mgr Lefebvre pour leur demander l’autorisation de publier en version papier ses sermons enregistrés, ce qu’ils acceptèrent. Mais la FSSPX assigna en justice les Éditions Saint-Remi, considérant que ces sermons leur appartenaient, et obtint qu’elles cessent de les publier. Ces textes continuèrent ensuite à circuler sous le manteau.

Les divers groupes sédévacantistes actuels sont des émanations de la FSSPX qui firent scission avec elle, la trouvant trop conciliante avec Rome.

Exemples :

  • L’Institut Mater Boni Consilii (IMBC), une société de vie apostolique catholique traditionaliste sédéprivationniste, fondée en décembre 1985 par Francesco Ricossa, Franco Munari, Curzio Nitoglia et Giuseppe Murro.

La FSSPX reçoit beaucoup d’argent et de legs. Alors que les prêtres en communion avec Rome continuant à célébrer la messe en latin sont peu aidés et mal vus par la frange progressiste du clergé et des fidèles qui les taxent de réactionnaires ou “fachos”.

Les tradis restant unis à Rome à la fois reçoivent bien moins de soutien financier et matériel, et son rejetés/malmenés

La séduction de la pureté

Auto-satisfaction, orgueil, entre-soi, pointillisme religieux, jugement téméraire, esprit sombre, profusion de codifications et de préceptes, goût du politique, prévalence du combat identitaire sur la charité… en jouant à ce jeu-là, les pharisiens ont fini par crucifier leur Sauveur et se tuer spirituellement.

Jésus : “Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.” (Mt 5, 20)

À toutes les époques, nous trouverons des personnes qui se croient plus pures que les autres (songeons aux cathares qui s’appelaient “parfaits”).

Les sédévacantistes s’auto-proclament comme étant les seuls purs, formant le “petit reste”, le phare qui subsiste aux assauts de la mer en furie.

Très prolifiques sur Internet, les sédévacantistes séduisent les chrétiens par deux procédés conjoints :

  • ils collectent et exhibent les dérives et les maladresses pouvant être commises par des membres du clergé afin de discréditer l’Église de Rome,
  • ils répondent à la quête d’absolu des chrétiens les plus fervents, notamment les nouveaux convertis, par des discours très catéchétiques et des célébrations très ritualisées.

L’auto-validation mystique

Les admirateurs de Mgr Lefebvre voient en lui l’homme providentiel.

Pour conforter leurs vues, ils s’approprient deux révélations privées :

  • Les prophéties de la Vierge à la Vénérable Mère Mariana de Jesús Torres ;
  • Les prophéties de la Vierge aux voyants de la Salette.

Les prophéties de la Vierge à la Vénérable Mère Mariana de Jesús Torres

Mère Mariana de Jesús Torres (1536-1635) est une religieuse conceptioniste espagnole qui a quitté l’Espagne à l’âge de 13 ans pour participer à la fondation du Couvent Royal de Quito, en Équateur. Âme victime et mystique, elle a des apparitions de “Notre-Dame du Bon Succès” du 2 février 1594 au 2 février 1634. Elle fut soutenue par l’évêque du lieu, Mgr Salvador de Ribera y Dávalos (1545-1612) et son successeur, Mgr Pedro de Oviedo y Falconi (1577-1649). Le corps de Mère Mariana de Jesús Torres sera exhumé intact, en 1906, 271 ans après sa mort et son procès de béatification débutera en 1986. Le couvent de l’Immaculée Conception de Quito sera proclamé sanctuaire marial.

La plupart des documents originaux relatifs à la vie de la Vénérable Mère Mariana de Jesús Torres et aux apparitions qu’elle reçut furent perdus. Le manuscrit original de sa principale biographie, écrite en 1790 par le père Manuel Sousa Pereira fut également perdu. La copie conservée fut toutefois considérée suffisamment fiable pour servir dans le cadre de son procès de béatification.

Ces prophéties révélées par la Vierge à la Vénérable Mère Mariana, révéleraient notamment une grave crise dans l’Église et le monde au XIXe et au XXe siècle, et la venue d’un saint Pasteur qui rétablirait l’ordre.

Des membres de la FSSPX virent Mgr Lefebvre en cet homme providentiel. Ainsi, l’abbé Jean Violette, Supérieur du District du Canada de la FSSPX, écrit, le 1 février 2006, sur le site de La Porte Latine : “Il est clair que Mgr Lefebvre est le prélat prédit par Notre Dame de Bon Succès à Quito en 1634.”

Le texte parle d’un Père et Pasteur, avec un “P” majuscule, c’est-à-dire d’un pape. Il dit que celui-ci est en exil et qu’il sera rendu à l’Église, suite aux prières du clergé, et mettra un terme à la crise de l’Église. Cette prophétie ne peut pas s’appliquer à Mgr Lefebvre, car :

  1. il n’est pas pape (mais évêque),
  2. il n’a pas été en exil,
  3. il n’a pas été rendu à l’Église suite aux prières du clergé,
  4. il n’a pas mis un terme aux troubles dans l’Église (mais les a accentués en créant un schisme).

Les prophéties de la Vierge aux voyants de La Salette

La Sainte Vierge, à La Salette, aurait annoncé que Rome perdrait la foi et deviendrait le siège de l’Antéchrist.

Des membres de la FSSPX virent le Concile Vatican II comme la réalisation de cette prophétie.

Il s’agit, en réalité, d’un ajout tardif au message original de La Salette.

La fin des temps

Il est de foi divine que l’Église perdurera, sainte et fidèle à sa mission, jusqu’à la fin du monde et jusqu’au jugement dernier. Par conséquent, en affirmant que le magistère du Concile Vatican II a failli, les sédévacantistes doivent nécessairement affirmer que la fin des temps advenue, que l’Église est déjà entrée dans sa Passion (CEC 675), que la prophétie de La Salette parle d’eux. En conséquence, il faudrait quitter la communion avec Rome et rejoindre “‘le petit nombre des élus” qu’ils représentent. Par cette séduction, les sédévacantistes séparent les âmes de l’Église du Christ.

Le sujet de la fin des temps fait partie du Catéchisme de l’Église catholique et ne doit pas être étranger aux préoccupations des catholiques. Mais on doit le faire avec l’Église et non pas contre elle, à l’instar des sédévacantistes.

Les révélateurs d’une communion ambigüe

“Le schisme est le refus de la soumission au Souverain Pontife ou de communion avec les membres de l’Église qui lui sont soumis” (Code de Droit Canonique, Can. 751)

Le repli sur soi

Le groupe est constitué en réaction à Rome. Comme pour le protestantisme, il puise sa raison d’être dans la confrontation à Rome.

Nous observons fréquemment chez les sédévacantistes une culture de l’entre-soi qui pose ses distances vis-à-vis des “impurs”, dans un élan contraire à l’envoi apostolique et à l’évangélisation des nations païennes, quitte à le payer de sa vie par Amour.

Ses membres mettent leurs enfants dans les écoles de la communauté (écoles très biens rodées ; compter environ 5000€/an/enfant en internat), se marient entre eux, s’entraident entre eux, etc.

Lorsqu’un membre de la FSSPX la quitte, les autres membres cessent généralement tout contact avec lui.

Des familles entières se déchirent.

Où peut-on communier ?

L’Église catholique compte une multitude de communautés religieuses ayant chacune leur charisme propre : Franciscains, Dominicains, Bénédictins, communautés nouvelles charismatiques (Communauté de L’Emmanuel, Chemin Neuf), etc.

N’importe quel fidèle appartenant à l’une de ces communautés sait reconnaître la valeur des autres communautés, reconnaît la richesse qu’elles apportent à l’Église entière, reconnaît leur catholicité. Il est parfaitement serein à l’idée de communier dans l’une ou l’autre de ces communautés si l’occasion se présentait.

Cependant, il n’en va pas de même pour les membres de la FSSPX ? En leur posant la question de savoir s’ils accepteraient de communier en dehors de la FSSPX, les réponses se font hésitantes. Elles sont parfois négatives. Ils sont souvent prêts à faire une centaine de kilomètres en voiture le dimanche matin pour ne pas communier dans une église plus proche où la messe sera célébrée selon le nouveau rite.

Quel catéchisme utiliser ?

Le pape Saint Jean-Paul II confia au cardinal Ratzinger (futur pape Benoît XVI), alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, la charge de superviser la rédaction d’un catéchisme unique pour l’Église universelle. Cette rédaction débuta en 1986 et fut achevée en 1992.

Toutes les communautés catholiques acceptent unanimement ce catéchisme, mais pas la FSSPX.

Qui est saint ?

Ils considèrent Sainte Faustine comme une fausse mystique.

Ils affectionnent le Padre Pio, mais ne l’appellent jamais “Saint Padre Pio”, car il fut canonisé après le Concile Vatican II.

Or, aucune communauté religieuse en communion avec Rome s’autorise à ne pas reconnaître saints certaines personnes canonisées.

Le rapport à l’évangélisation

Lorsque des membres de la Communauté de L’Emmanuel, des Franciscains ou des paroissiens évangélisent c’est pour amener les âmes à l’Église catholique dans son ensemble et non pas dans leur communauté spécifique.

À l’inverse, lorsque les membres de la FSSPX font de l’évangélisation, ce n’est pas pour amener les âmes à l’Église catholique, mais à la FSSPX.

Le schisme entériné le 1er juillet 2026

Mercredi 1er juillet 2026 : La FSSPX sacre quatre nouveaux évêques malgré la demande explicite du pape de ne pas le faire.

Jeudi 2 juillet 2026 : Le Vatican confirme l’excommunication de six “évêques” de la FSSPX (les quatre nouveaux et les deux célébrants), actant le “schisme” avec Rome du mouvement lefebvriste.

Dimension politique

Jean-Marie Le Pen n’appartenait pas à la FSSPX. Mais il était proche de l’abbé Philippe Laguérie, ordonné par Mgr Lefebvre en 1979 et curé de l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet de 1983 à 1997 (l’église de la FSSPX à Paris). C’est l’abbé Laguérie qui célébra son mariage avec Jany et lui donna les derniers sacrements (l’absolution, l’extrême-onction et l’eucharistie) en novembre 2024. L’abbé Philippe Laguérie sera exclu de la FSSPX en 2004 et cofondra l’Institut du Bon-Pasteur (reconnu par Rome en 2006). Il sera le supérieur de l’Institut jusqu’en 2019.

L’abbé Paul Aulagnier, proche de Mgr Lefebvre, célébrait la messe en latin lors des rencontres annuelles des militants du FN.

Jean-Marie Le Pen faisait célébrer une messe par Mgr Lefebvre avant la tenue de chacun de ses congrès.

Pour information, selon le nazi Léon Degrelle et ami de Jean-Marie Le Pen, ce dernier l’“admirait beaucoup” (en privé).

Le beneplenisme

Définition du beneplenisme

Le pape Benoît XVI a renoncé à sa charge le 28 février 2013.

Mais le beneplenisme, une thèse née en Italie, soutien que celui-ci aurait été empêché, forcé à la démission (notamment par l’arrêt des distributeurs automatiques de billets par Hillary Clinton et John Podesta), empoisonné, enfermé et assassiné, dans le but de lui substituer un anti-pape (le pape François) coopté au sein de la “mafia de Saint Gall“.

Cela serait confirmé :

  • Par le fait que Benoît XVI aurait volontairement commis des fautes de latin pour rendre sa renonciation caduque : Benoît XVI aurait délibérément et canoniquement distingué entre munus (la fonction papale) et ministerium (l’exercice de cette fonction), rendant la démission invalide et laissant le Siège entravé (sede impedita),
  • Par les orientations libérales du nouveau pontife (pape François). Nous voyons ici que la véritable motivation semble être l’opposition à la sensibilité du nouveau pape. Il est fort probable que dans un cas de renonciation similaire avec un nouveau pape plus conservateur, le beneplenisme n’aurait pas vu le jour.

Mais ce scénario est démenti par plusieurs éléments

Le pape émérite Benoît XVI continua de s’exprimer et d’avoir des fenêtres médiatiques après sa démission : s’il savait que l’Église catholique venait de tomber aux mains d’un anti-pape, il aurait pu saisir de nombreuses occasions pour alerter les fidèles, sans craindre le martyr, notamment lors de ses apparitions filmées (lors de consistoires, de funérailles, de jubilés, de visites du pape François…). Avancer qu’il s’en serait abstenu du fait qu’il aurait été menacé de mort est irrecevable (que vaut notre vie pour sauver l’Église et des milliards d’âmes ? surtout à la fin de nos jours).

Au lieu de cela, il a rédigé, après sa renonciation, au moins une vingtaine de textes entre 2014 et 2022 (essais, articles, préfaces, lettres, contributions théologiques), dont le célèbre ouvrage cosigné avec le cardinal Robert Sarah Des profondeurs de nos cœurs (publié le 15 janvier 2020), réédité sous le titre Le Prêtre, Pour l’éternité, Des profondeurs de nos cœurs (le 26 octobre 2022). Seize de ces textes furent rassemblés et publiés, en 2023, à titre posthume, dans un corpus intitulé Ce qu’est le christianisme.

Le pape émérite Benoît XVI a également rédigés des lettres privées ou des réponses à des questions, comme sa lettre du 21 août 2014 à Mgr Nicola Bux sur la validité de sa renonciation. Mgr Nicola Bux la rendra publique dans l’annexe de son livre intitulé Réalité et utopie dans l’Église (coécrit avec Vito Palmiotti et publié par le quotidien italien La Bussola Quotidiana). Le pape émérite y affirme notamment la pleine validité de sa renonciation.

Idem, le fidèle ami du pape émérite Benoît XVI, le cardinal Robert Sarah, réputé pour son intégrité, continue à ce jour d’avoir accès aux médias. Lui aussi pourrait hurler au monde entier pour dénoncer la supposée trahison, sans craindre le martyr (par exemple lors de sa présidence remarquée de la messe pontificale du Grand Pardon de Sainte-Anne-d’Auray, le 26 juillet 2025). Au lieu de cela, il a continué de rester fidèle au pape François, à exercer les charges qui lui étaient confiées, notamment celle Préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements (de 2014 à 2021) sous le pontificat du pape François, à parler dans les médias qui l’invitaient, à écrire des ouvrages commentant la marche de l’Église.

En janvier 2018, le cardinal Sarah a préfacé le livre Nicolas Diat, L’homme qui ne voulait pas être pape, retraçant le parcours de Benoît XVI. Et, en avril 2023, il a publié le livre posthume Hommage à Benoît XVI (éditions Fayard, 252 pages), dans lequel il fait l’éloge de son ami défunt. Tout cela sans jamais soutenir la moindre thèse beneplenisme.

Pire, dans son livre Pour l’éternité : méditations sur la figure du prêtre, publié en 2021, le cardinal Sarah médite sur les textes de plusieurs auteurs : Saint Jean Chrysostome, Saint Grégoire le Grand, Sainte Catherine de Sienne, Georges Bernanos… mais aussi du pape François !

Si la thèse beneplenisme était vraie, le cardinal Robert Sarah, serait à la fois l’un des pires traites à Benoît XVI et à l’Église catholique, feignant de ne pas savoir que l’Église est dirigée par un anti-pape ayant éliminé son grand ami. Or, personne ne soutient cela.

L’architecte principal du beneplenisme

Le journaliste Andrea Cionci en a fait le combat de sa vie. Il déroule sa thèse dans son livre Le Code Ratzinger. Déployant un zèle considérable pour montre qu’il a raison, il aurait publié 1500 articles, enregistré 2800 podcasts, donné 185 conférences et déposé 55 requêtes, et assiège le Tribunal de l’État de la Cité du Vatican !

Le père Giorgio Maria Faré, prêtre carme et docteur en théologie fondamentale de l’Université pontificale grégorienne de Rome, se laissant, un temps, convaincre par Cionci, avant de s’en désolidariser explicitement.

Andrea Cionci incite les fidèles à ne pas participer aux célébrations eucharistiques
dites “una cum” où le nom de Léon (et de François par le passé) est mentionné.

Un cas de dérive spirituelle en 6 étapes

  1. Nous avons un homme qui échafaude une thèse plausible ayant sa logique propre.
  2. Cette thèse lui donne une notoriété publique.
  3. “Effet cliquet” ou “effet crémaillère” : À force de répéter et de défendre publiquement sa thèse, cet homme en devient captif (il ne peut plus faire machine arrière, sa vie et son ego en dépendent).
  4. Cet homme emploie tous les recours journalistiques et juridiques pour se convaincre d’avoir raison et convaincre l’opinion qu’il a raison.
  5. Rupture : Quitte à demander aux fidèles de le suivre et de cesser d’accéder aux sacrements (la messe una cum), ce qui est le premier objectif de satan.
  6. Cela l’amène à se détacher de l’Église, à se perdre et à perdre les autres, enfermé dans une certitude circulaire et formant progressivement un groupuscule schismatique dont il est le centre.

L’invalidation par les miracles

Selon les sédévacantistes, la messe Saint Paul VI serait invalide. Pourtant, nous avons plusieurs cas de miracles eucharistiques attestés en lien avec la messe Saint Paul VI. Son rituel ressemble d’ailleurs davantage à celui des premiers chrétiens que la messe en latin instituée tardivement.

Le corps du jeune italien Saint Carlos Acutis est incorrompu. Pourtant, il ne participait qu’à la messe Saint Paul VI.

Le salut des schismatiques

Les schismatiques de bonne foi seront sauvés.

Révélation privée :

L’Auteur Très-Saint dit : “Châtiment ou récompense seront donnés avec juste mesure au juif comme au grec, c’est-à-dire à celui qui croit au vrai Dieu, comme à celui qui est chrétien mais séparé du tronc de la Vigne éternelle, à l’hérétique comme à celui qui suit d’autres religions révélées, ou la sienne propre s’il s’agit d’une créature à laquelle toute religion est inconnue.
Récompense à celui qui suit la justice, châtiment à celui qui fait le mal. Car chaque homme est doté d’une âme et de raison. Il a donc en lui ce qui suffit pour lui être guide et loi. Dans sa justice Dieu donnera récompense ou châtiment en proportion de ce que l’homme a su. Il sera plus sévère envers l’esprit et la raison des êtres humains civilisés, c’est-à-dire de ceux qui auront été en contact des prêtres ou des ministres chrétiens, ou des religions révélées, et tiendra compte de leur foi. Que si un être humain croit fermement que sa foi est la bonne, sa foi le justifie, même s’il est dans une église séparée ou schismatique. S’il opère le bien pour gagner Dieu, Bien Suprême, un jour il aura la récompense de sa foi et de sa droiture, et elle lui sera accordée avec une bénignité divine plus grande que celle réservée aux catholiques. Dieu tiendra compte de combien d’efforts supplémentaires auront dû faire les membres séparés du Corps Mystique, les musulmans, les bouddhistes, les hindouistes, les païens, pour demeurer justes, eux qui n’ont ni la Grâce, ni la Vie, et qui par conséquent ne possèdent pas mes dons, ni les vertus qui découlent de ces dons.
Dieu ne fait pas acception des personnes. Il jugera chacun selon les actions accomplies, et non d’après les origines des Hommes. Il y en aura plusieurs qui, se croyant choisis parce que très catholiques, se verront précédés par beaucoup d’autres qui auront servi le vrai Dieu, sans le connaître, en pratiquant la justice.” (Maria Valtorta, Leçon n°8 sur l’Épître de Saint Paul aux Romains, Mercredi 14 janvier 1948)

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