Synthèse
Certains entendent profiter de l’incendie de Notre-Dame de Paris pour charger l’artiste contemporaine Claire Tabouret de remplacer six vitraux historiques que les flammes avaient pourtant épargnés.
Jusque-là, Claire Tabouret avait l’habitude de peindre des portraits lugubres, la bouche maculée de sang, ou des toiles en l’honneur de Pamela Colman Smith, une occultiste proche du sataniste britannique Aleister Crowley.
L’opération budgétée à 7 millions d’euros participera à faire grimper la cote de Claire Tabouret (qui est déjà l’artiste française vivante la plus cotée sur le marché des enchères), dans laquelle a investi le milliardaire François Pinault, l’un des grands mécènes de la remise en état de Notre Dame de Paris.
Mgr Laurent Ulrich demande à Emmanuel Macron de remplacer des vitraux pourtant intacts
En 2019, la cathédrale Notre-Dame de Paris fut sauvée in extremis des flammes.
Par chance, les vitraux historiques du XIXe siècle, dits “grisailles”, conçus par Eugène Viollet-le-Duc, situés dans six chapelles du bas-côté sud (côté Seine), furent épargnés. Ils furent récemment nettoyés et restaurés.
Toutefois, l’archevêque de Paris, Mgr Laurent Ulrich, fait part de son souhait au président de la République, Emmanuel Macron et à la ministre de la Culture, de :
- remplacer les six vitraux dits “grisailles” de Viollet-le-Duc par “quelques vitraux nouveaux”,
- afin de marquer dans le bâtiment une trace de l’incendie, pour dire “voilà ce que notre temps, et après cette épreuve, veut offrir comme une contribution à l’histoire de cette église et de Paris »,
- avec une préférence personnelle “pour des vitraux figuratifs qui s’inscrivent dans la grande tradition de l’art chrétien qui médite sur le visage et la figure”,
- réalisés par un artiste contemporain sélectionné au terme d’un concours.
Il réitère cette demande officielle, le 4 décembre 2023, dans une lettre adressée à Emmanuel Macron, lisible ci-dessous :
L’enlèvement de ces six vitraux est un choix, pas une nécessité.
Plus de 335.000 citoyens, historiens, architectes et experts du patrimoine se sont opposés à ce projet. La Commission nationale du patrimoine et de l’architecture (CNPA), dont l’avis est simplement consultatif, a rejeté le projet à l’unanimité, avant de prendre acte, à regret, le 12 juin 2025, sans le “valider”. L’association Sites et monuments a déposé un recours qui fut débouté par la justice.
Claire Tabouret
Une artiste choisie par Emmanuel Macron
Emmanuel Macron saisie la perche que lui tend Mgr Ulrich.
Rappelons qu’Emmanuel Macron est en train de conduire une politique violemment anti-catholique depuis des années (lobbying LGBTQI+ ; perversion sexuelle des enfants dès le plus jeune âge via les programmes scolaires EVAR/EVARS ; inscription de l’avortement dans la Constitution ; promotion acharnée de l’euthanasie, etc.).
Ne respectant pas le vœu de Mgr Ulrich, Emmanuel Macron va évincer en personne les candidats initialement sélectionnés, Daniel Buren et Monique Frydman au profit de l’artiste Claire Tabouret. (Précisons que Daniel Buren avait présenté un projet permettant de conserver les vitraux de Viollet-le-Duc.)
L’archevêque de Paris, Mgr Laurent Ulrich, valide la démarche. (Mgr Ulrich est promu chevalier de la Légion d’honneur le 13 juillet 2026, deux jours avant le vote final légalisant l’euthanasie et le suicide assisté en France.) Le frère Paul-Adrien applaudit et apprécie la couleur.
Le choix de cette artiste fut annoncé dans un communiqué de presse conjoint du Palais de l’Élysée et du diocèse de Paris, le mercredi 18 décembre 2024.
Claire Tabouret est une “peintre contemporaine”, qui vit et travaille à Los Angeles avec son compagnon, l’artiste Nathan Thelen.
Sa proposition pour Notre Dame de Paris relève plus de la peinture sur verre que du vitrail.
Des portraits lugubres
Elle est connue pour ses portraits lugubres avec du sang autour de la bouche, non sans rappeler les rites sacrificiels et les dépravations auxquels s’adonnent certaines élites.











Tarot, franc-maçonnerie, occultisme et satanisme
Claire Tabouret peint également des reproductions des cartes du tarot Tarot Rider-Waite (ou tarot Waite–Smith, tarot Rider–Waite–Smith, tarot de Rider). Ce tarot fut illustré par l’artiste féministe et occultiste Pamela Colman Smith sur les instructions du franc-maçon et occultiste américano-britannique Arthur Edward Waite. Les détails et les arrière-plans des cartes du tarot Rider-Waite foisonnent de symboles. Selon les estimations, plus de 100 millions d’exemplaires du jeu circuleraient dans plus de 20 pays, en faisant le jeu de tarot le plus populaire jamais créé (cf. Sharmistha Ray, “Reviving a Forgotten Artist of the Occult”, Hyperallergic, 23 mars 2019). Pamela Colman Smith et Arthur Edward Waite étaient tous deux membres de l’Ordre hermétique de l’Aube dorée (The Hermetic Order of the Golden Dawn). Fondé à Londres par William Wynn Westcott, en 1888, cet Ordre était une société secrète britannique dédiée à l’étude et à l’enseignement des sciences occultes. Pamela Colman Smithre en devint membre en 1901 et y côtoya notamment le sataniste britannique Aleister Crowley. Arthur Edward Waite devint Grand Maître de l’Ordre en 1903. Il rejoignit, par ailleurs, en 1902, la secte rosicrucienne Societas Rosicruciana in Anglia (SRIA).
À l’occasion du FOG Design+Art, Claire Tabouret et son compagnon, Nathan Thelen, réalisent ensemble des œuvres mettant à l’honneur Pamela Colman Smith.
Depuis 2019, Claire Tabouret et Nathan Thelen habitent une maison du quartier de Los Feliz. Au plafond de leur maison : une fresque qui reprend les motifs du tarot de Marseille. “[Réaliser cette fresque] est la première chose que nous avons faite, lorsque la maison était encore vide […] j’aime l’idée que la maison conserve ces souvenirs et cette énergie”, explique Claire Tabouret à AD Magazine.
Une opération estimée à 7 millions d’euros
C’est également un beau cadeau pour l’artiste Claire Tabouret et l’atelier verrier rémois Simon-Marq. Le cadeau est double : gain argent et visibilité qui fait monter la cote de l’artiste.
Le “budget prévisionnel [de la substitution des six vitraux] s’élève à près de 7 millions d’euros, hors coût de la présentation muséographique, actuellement en cours de chiffrage”, pouvons-nous lire sur le site de l’Assemblée nationale.
Une somme considérable lorsqu’on sait que la dette publique atteint un record inédit et combien d’églises sont en danger partout en France. Lire l’article On trouve 900 millions pour Notre-Dame, mais on ne trouve pas les 1 000 premiers euros pour les églises de nos campagnes” : comment restaurer le patrimoine endommagé en France ? (Franceinfo.fr, 13 juin 2026).
La chouchou de l’hyperclasse
Claire Tabouret est soutenue par l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, le milliardaire et collectionneur d’art François Pinault et par Agnès Troublé, créatrice de la marque de luxe agnès b., qui ont acheté plusieurs de ses œuvres. Agnès Troublé lui dédie même un livre : Les Drôlesses. Claire Tabouret a dessiné des sacs pour Dior et des chaussures pour Ugg. En 2024, elle a réalisé l’affiche du festival d’Avignon, en 2018.
Après l’incendie, François Pinault et son fils François-Henri Pinault firent un don de 100 millions d’euros pour la reconstruction de Notre Dame de Paris. L’influence des Pinault n’est peut-être pas étrangère dans le choix de Claire Tabouret. En tout cas, la sélection de cette artiste participe à faire monter sa cote et donc la valeur des tableaux que Pinault lui a achetés. Selon la Gazette Drouot (ici et ici) et Artprice, Claire Tabouret était déjà, au début des années 2020, l’artiste française vivante la plus cotée sur le marché des enchères. Ce choix artistique saura conforter François Pinault affirmait déjà en 2018 : “Chacun sait que j’ai la plus grande admiration pour l’action conduite par le président depuis son arrivée à la tête de l’État”.
Un antécédent avec le Vatican
En 2024, le cardinal portugais José Tolentino de Mendonça, préfet du dicastère pour la culture et l’éducation, confia à
- Bruno Racine (énarque et haut fonctionnaire français ; ancien dirigeant de la Villa Médicis, du Centre Pompidou et de la BNF, du palais Grassi et de la Punta della Dogana ; membre du conseil d’administration de l’Établissement public chargé de la conservation et de la restauration de la cathédrale Notre Dame de Paris ; directeur des collections Pinault à Venise),
- et Chiara Parisi (commissaire d’exposition et directrice du Centre Pompidou-Metz),
la conception et la curation du pavillon du Vatican, installé dans la prison pour femmes de Venise. Claire Tabouret faisait partie des dix artistes retenus pour le pavillon du Vatican (ici : le pape François face à ses œuvres).
Le cardinal José Tolentino de Mendonça est un prélat et exégète réputé progressiste, amateur d’art contemporain, “ami des artistes et des stars de cinéma” qui “n’a rien de clérical ni de dogmatique”. Le pape François, dont il est un ami intime, le chargea de prêcher la retraite de Carême donnée au pape et aux membres de la Curie. Il fut considéré comme l’un des papabili les plus progressistes et soutenu comme tel par l’organisation caritative progressive Sant’Egidio (qui facilite notamment les flux migratoires de masse, notamment musulmans).
- En 2013, il écrivit l’introduction à la traduction portugaise du livre La Théologie féministe dans l’histoire, un ouvrage de sœur Teresa Forcades i Vila, une la théologienne catalane bénédictine féministe radicale qui prônant la légalisation de l’avortement, de l’ordination des femmes, du mariage homosexuel, de l’adoption d’enfants par les couples de même sexe et une théologie queer.
- En 2025, à l’occasion du 70e anniversaire de la mort du père jésuite Pierre Teilhard de Chardin, il rédigea la préface d’une nouvelle biographie dans laquelle il fit l’éloge des écrits du père jésuite (lire ici aussi).
Une pétition pour stopper l’aventure
La fabrication des nouveaux vitraux a commencé. Leur installation est prévue pour fin 2026. Mais, sous la pression publique, les autorités peuvent encore suspendre le projet avant le démontage des vitraux.
→ Signer la pétition pour demander le non remplacement des vitraux existants

