Saint Paul apôtre : “Prenez garde à ceux qui veulent faire de vous leur proie par une philosophie vide et trompeuse, fondée sur la tradition des hommes, sur les forces qui régissent le monde, et non pas sur le Christ.” (Col 2, 8)
Une religion officieuse
Le passage des corporations d’artisans vers des clubs spéculatifs ritualisés
Initialement, au Moyen-Âge, la franc-maçonnerie était une guilde ou une corporation locale de maçons opératifs, experts dans la construction des cathédrales et des châteaux.
Au début de XVIIème siècle, de jeunes luthériens, dont le théologien allemand Johann Valentin Andreæ (1586-1654), fondèrent l’ordre secret de la Rose-Croix. Cet ordre inspira un siècle plus tard la création de la franc-maçonnerie spéculative. En effet, avec la Renaissance et la vague philosophique des “Lumières”, la franc-maçonnerie fut investie par des personnes mondaines extérieures aux métiers de la construction pour, au final, ne devenir plus que spéculative.
Toutes les caractéristiques d’une religion syncrétique
Fondée à Londres le 24 juin 1717, la franc-maçonnerie spéculative possède toutes les caractéristiques d’une religion : temples, cérémonies, système de croyances symbolique, hiérarchie pouvant s’apparenter à un clergé, vêtements, quête, etc.
Elle met en scène un grand syncrétisme piochant dans les cultures païenne, égyptienne, hébraïque, grecque, syriaque, chrétienne, alchimique, etc. Tout le registre symbolique de la maçonnerie tourne autour du mythe de la construction du temple de Salomon. Il est rempli de personnages et de références bibliques, et d’hébraïsmes. Ainsi, par exemple, Hiram (un personnage biblique mentionné dans les livres des Rois) est détourné par les franc-maçons qui en font l’architecte du temple de Salomon.
Une franc-maçonnerie, plusieurs obédiences
La franc-maçonnerie contient plusieurs “obédiences”, qui contiennent elles-mêmes plusieurs “loges”.
Voici les principales obédiences présentent en France :
Les obédiences libérales (ou adogmatiques)
- Grand Orient de France (GODF) : plus ancienne et plus grande obédience française fondée en 1773 (issue d’une réorganisation de la première Grande Loge de France fondée en 1738 et aujourd’hui disparue), mixte (admet les femmes depuis 2010).
- Fédération française du Droit Humain (DH) : fondée à Paris, en 1893, par la journaliste féministe Maria Deraismes (1828-1894), un an avant sa mort, et l’homme politique (sénateur, conseiller général de Seine) et médecin Georges Martin (1844-1916). Il s’agit de la première obédience mixte. Elle donnera plus tard naissance à l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN.
- Grande Loge Mixte Universelle (GLMU) : fondée en 1973 des loges du DH, mixte.
- Ordre Initiatique et Traditionnel de l’Art Royal (OITAR) : mixte depuis sa création en 1974 (suite à une scission avec l’obédience DH), davantage tournée vers la recherche initiatique, la pratique rituelle et symbolique, sans obligation de croire en Dieu ou au GADLU.
- Grande Loge Mixte de France (GLMF) : fondée en 1982 par des loges mixtes ayant quitté les obédiences GODF et DH, mixte.
- Grande Loge Féminine de France (GLFF) : fondée en 1945 par des loges féminines de la GLDF (figures fondatrices : la juge Anne-Marie Gentily), première obédience française exclusivement féminine, proche du GODF.
Les membres de ces obédiences ne sont pas tenus de croire en Dieu ou en un “Grand Architecte de l’Univers” (GADLU). Ils se concentrent davantage sur les débats sociaux, politiques et humanistes.
Les obédiences régulières (ou spiritualistes)
- Grande Loge de France (GLDF) : fondée officiellement en 1894, mais remontant au XVIIIe siècle, exclusivement masculine, reconnue par plusieurs Grandes Loges régulières internationales mais pas par le GODF. Avec 32.000 membres, elle est la deuxième obédience française.
- Grande Loge Nationale Française (GLNF) : fondée en 1913 par des maçons issus de la GLDF (figure fondatrice : Anderson McLeod), exclusivement masculine, seule obédience reconnue par la Grande Loge Unie d’Angleterre (référence mondiale de la régularité maçonnique).
- Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF) : fondée au printemps 2012 par des loges issues de la GLNF, exclusivement masculine. En 2026, elle compte 680 loges en France pour 15.000 membres.
- Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra (GLTSO) : fondée en 1958 par des loges de la GLDF, exclusivement masculine, davantage tournée vers la régularité stricte, les membres de ces obédiences sont tenus de croire au GADLU.
- Grande Loge Symbolique et Traditionnelle Opéra (GLSTO) : fondée à la fin des années 1950 suite à une scission avec la GLTSO, exclusivement masculine, pratique principalement le rite écossais rectifié et le rite français, davantage tournée vers la recherche initiatique et la symbolique, les membres de ces obédiences sont tenus de croire au GADLU.
Les membres de ces obédiences sont tenus de croire en un principe supérieur appelé “Grand Architecte de l’Univers”, terme derrière lequel chaque membre met ce qu’il veut et ne peuvent pas imposer aux autres la définition qu’ils en ont. Ils se concentrent davantage sur la symbolique, la spiritualité et l’ésotérisme.
Les obédiences ésotériques (ou traditionnelles)
- Grande Loge Française de Memphis-Misraïm : fondée en 1960 (inspirée par Giuseppe Garibaldi et Gérard Encausse, alias Papus), mixte, rite égyptien, ésotérisme “occultiste”, les rituels font référence au GADLU de manière large et symbolique sans obligation d’y croire.
- Grande Loge Féminine de Memphis-Misraïm : fondée en 1980, exclusivement féminine, davantage tournée vers la recherche initiatique, l’ésotérisme, les rites égyptiens, les rituels font référence au GADLU de manière symbolique sans obligation d’y croire.
Les membres de ces obédiences se concentrent davantage sur la recherche initiatique, l’hermétisme, l’ésotérisme et les rites anciens.
L’obédience juive
- Ordre indépendant du B’nai B’rith : fondé le 13 octobre 1843 à New York, cet ordre exclusivement réservé aux Juifs est la plus vieille organisation juive en activité dans le monde.
Une connaissance initiatique, ésotérique et gnostique
Dans l’approche maçonnique, la connaissance n’est pas pour tous, mais pour les seuls membres, auxquels elle est distillée au goutte-à-goutte, grade après grade.
Par exemple, le Rite écossais ancien et accepté (REAA) est structuré en 33 grades. On le trouve notamment dans la Grande Loge Nationale Française (GLNF) et partiellement dans la Grande Loge de France (GLDF). Les voici :
- Apprenti
- Compagnon
- Maître
- Maître Secret
- Maître Parfait
- Secrétaire Intime
- Prévôt et Juge
- Intendant des Bâtiments
- Maître Élu des Neuf
- Illustre Élu des Quinze
- Sublime Chevalier Élu
- Grand Maître Architecte
- Chevalier de Royal Arche
- Grand Élu Parfait et Sublime maçon ou Grand Élu de la Voûte Sacrée
- Chevalier d’Orient ou de l’Épée
- Prince de Jérusalem
- Chevalier d’Orient et d’Occident
- Souverain Prince Chevalier Rose + Croix
- Grand Pontife
- Maître Ad Vitam
- Chevalier Prussien
- Prince du Liban
- Chef du Tabernacle
- Prince du Tabernacle
- Chevalier du Serpent d’Airain
- Prince de Mercy
- Grand Commandeur du Temple
- Chevalier du Soleil
- Grand Écossais de Saint-André d’Écosse
- Chevalier Kadosh
- Grand Inspecteur Inquisiteur
- Sublime Prince du Royal Secret
- Souverain Grand Inspecteur Général
Des obédiences, comme Ordre Initiatique et Traditionnel de l’Art Royal (OITAR) ou Memphis-Misraïm, peuvent avoir davantage de grades, jusqu’à 95 ou 99.
D’autres obédiences (DH, GLFF, GLMF) se centrent davantage sur les trois premiers grades.
Dans certaines obédiences, il faut avoir exercé toutes les fonctions associées aux trois premiers grades et avoir été désigné à la tête de la loge locale pour pouvoir devenir “vénérable” et entrer dans ces ateliers de perfection. Cela représente un véritable plafond de verre pour la très grande majorité des membres qui ne franchiront jamais ce seuil. Ils demeureront donc une connaissance très limitée de ce à quoi ils participent et diffuseront une idée très partielle et bénigne de la franc-maçonnerie dans leur entourage (simple club de réflexion et de philanthropie illustré par des symboles).
Un Dieu ni personnel, ni relationnel
La franc-maçonnerie peut être déiste. Mais son idée de Dieu n’est pas celle des chrétiens. Il s’agirait pour eux d’un Grand Architecte (certaines loges préfèrent les termes “Grande Architecture” ou “Grand Imaginaire”), à l’origine de l’univers et de ses lois, mais totalement étranger à notre sort. En somme, un Dieu extérieur et lointain ; ni personnel, ni relationnel. Dès lors, Dieu serait avant tout un principe librement interprétable.
Le culte de l’homme
Certains parlent de “religion athée” ou de “religion de la république”, puisque l’homme – qui se sauverait au seul moyen de sa raison et de ses connaissances (gnosticisme) – y occupe la première place.
Président Emmanuel Macron aux franc-maçons : “Que les francs-maçons portent cette ambition de faire de l’homme la mesure du monde, le libre acteur de sa vie, de la naissance à la mort, qui peut s’en étonner ? Pour ma part, je m’en félicite.” (Discours à la Grande Loge de France, 5 mai 2025)
Changer la société
En France, la Fraternelle Parlementaire (ou FraPar), fondée par Henri Caillavet, regroupe des parlementaires, des sénateurs, des hauts fonctionnaires, des collaborateurs, des attachés parlementaires, d’anciens parlementaires et sénateurs, de tous bords politiques, affiliés à une loge maçonnique, de toute obédience, afin de peser sur les institutions et les lois.
La FraPar compterait près de 400 membres (35% des parlementaires seraient membres de la FraPar, mais tous les franc-maçons parlementaires n’y sont pas inscrits).
Tous les partis semblent concernés, y compris le Rassemblement National.
Officiellement non religieuse
Mais, officiellement, la franc-maçonnerie se présente comme un club philosophique-philanthropique. Cela lui permet notamment de :
- de ne pas respecter la législation sur la séparation du religieux et du politique qu’elle a elle-même mis en place, alors qu’elle rassemble et influence un nombre de dirigeants politiques, de hauts fonctionnaires, de magistrats ;
- de ne pas s’enregistrer comme représentants d’intérêt (lobbyiste) devant la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), avec toutes les obligations déontologiques qui en découlent.
En quelque sorte, aujourd’hui, la franc-maçonnerie est la seule religion autorisée à s’interpénétrer avec la République laïque qui impose à toutes les autres religions de se tenir à distance, au nom de la loi de 1905 sur la séparation de l’État et de la religion.
La franc-maçonnerie garde jalousement sa place privilégiée en se faisant passer pour non concernée.
Un agenda anti-catholique
La franc-maçonnerie a pour adversaire principal l’Église catholique. Dans ses notes biographiques, Saint Jean Bosco parle régulièrement des complots maçonniques contre l’Église (cf. Memorie Biografiche di Don Giovanni Bosco). Saint Maximilien Marie Kolbe la voit comme une force anticatholique et fonda la Milice de l’Immaculée fondée en 1917, à Rome, pour lui résister.
La vénérable Mariana Francisca de Jesús Torres y Berriochoa (1553-1635), mère abbesse du couvent de l’Immaculé Conception (Quito, Équateur), âme victime, morte en odeur de sainteté et dont le corps fut retrouvé incorrompu le 8 février 1906, 271 ans après son décès, eu une quarantaine d’apparitions de la Vierge Marie sous le vocable de Notre Dame du Bon Succès et de Jésus. Elle recevra notamment plusieurs prophéties sur la crise que connaîtra l’Église à partir du XIXe siècle. La Vierge Marie lui annonce que “satan régnera presque complètement grâce aux sectes maçonniques” en installant la corruption des mœurs et en concentrant ses efforts sur les enfants. La Vierge Marie demande à ce qu’on l’invoque sous le vocable de Notre-Dame du Bon Succès et construise une statue “pour la consolation et la préservation de mon couvent et pour les âmes fidèles de ces temps”. Très réputées en Équateur, ces apparitions sont reconnues depuis le début par l’Église locale. Mgr Salvador Ribera Avalos (évêque de Quito de 1605 à 1612) attesta la statue miraculeuse de Notre-Dame du Bon Succès et la bénie le 2 février 1611. La dévotion fut ensuite encouragée par Mgr Pedro de Oviedo Falconi (évêque de Quito de 1628 à 1645).
Ainsi, la franc-maçonnerie se trouve-t-elle derrière :
La révolution de 1789 et la république qui firent basculer la France dans “la Terreur”
En France, sous Louis XVI, on compterait déjà plus de 800 loges et 30.000 adhérents, dont des centaines d’ecclésiastiques de haut rang.
Voici quelques événements indicatifs :
- La création de codes républicains visant à effacer ceux du catholicisme : déclaration des droits de l’homme et du citoyen, devise “Liberté, Égalité, Fraternité”, baptême et mariage républicains, cérémonies et fêtes athées, etc.
- 2 novembre 1789 : Spoliation des biens de l’Église
- 13 novembre 1789 : Déclaration obligatoire des domaines ecclésiastiques
- 13 février 1790 : Abolition des vœux monastiques
- 20 mars 1790 : Entrée des officiers municipaux dans les couvents
- 12 juillet 1790 : Constitution civile du clergé (elle sera condamnée par le pape Pie VI, le 13 avril 1791)
- 19 octobre 1790 : Fonte des objets en or et en argent appartenant aux églises
- 25 novembre 1790 : Prescription du serment
- 4 janvier 1791 : Serment à la Constituante
- 3 avril 1791 : Installation des curés constitutionnels à Paris
- 6 avril 1792 (Vendredi Saint) : Abolition de toutes les communautés religieuses
- 27 mai 1792 : Première loi de déportation
- 31 mai 1793 : Fermeture des églises au culte (jusque vers novembre 1794)
- À partir du 14 juillet 1792 : Assassinats de prêtres réfractaires à la Constitution civile du clergé (instituant une nouvelle Église schismatique, l’Église constitutionnelle)
- 4 août 1792 : Suppression complète des congrégations hospitalières (les religieuses des hôpitaux sont maintenues à titre individuel)
- 18 août 1792 : Suppression des congrégations séculières et des confréries
- 26 août 1792 : Décret de bannissement contre les insermentés
- 2-3 septembre 1792 : Martyr des Carmes de l’Abbaye et de Saint-Firmin
- 20 septembre 1792 : Établissement du mariage civil et du divorce
- 21 janvier 1793 : Exécution du roi Louis XVI sur la place de la Révolution (aujourd’hui place de la Concorde)
- 10 mars 1793 : Établissement du tribunal révolutionnaire
- 17 septembre 1793 : Loi des suspects
- 6 octobre 1793 : Entrée en vigueur du calendrier républicain. La semaine de sept jours est remplacée par une semaine de dix jours (“décade”). Celle-ci comporte toujours avec un seul jour de repos : le “jour de repos décadaire” (ou “décadi”). Les dimanches et les fêtes catholique sont supprimés. Ceux qui continuent de respecter le dimanche encourent d’être fichés sur la “Liste des citoyens fainéants et suspects de la commune” et menacés de “réclusion, ou autre”. Ce calendrier sera abandonné en 1806.
- 7 novembre 1793 : Abdication de Gobel
- Novembre 1793 : Interdiction du service civil public et du culte privé aux prêtres (déprêtrisation)
- 24 novembre 1793 : Fermeture des églises de la commune de Paris
- 10 novembre 1793 : Fête de la Raison à Notre-Dame
- 14 avril 1794 : Exécution de Gobel
- 8 mai 1794 : Fête de l’Être suprême
- À partir du 8 juin 1794 : Transformation des cathédrales et des églises en temples maçonniques et idolâtres dits “de la Raison”, de Brutus, de Marat pour y célébrer le “culte de la Raison” au cours duquel est mis en scène une “déesse de la Raison”, avant de céder la place à une nouvelle hérésie – le “culte de l’Être Suprême“.
- 17 juillet 1794 : Martyr des Carmélites de Compiègne
- 18 septembre 1794 : Séparation de l’Église et de l’État
- 21 décembre 1794 : Proposition de Grégoire sur la liberté des cultes
- 21 février 1795 : Loi Boissy-d’Anglas sur le culte
- 30 mai 1795 : Loi de demi-liberté
- 29 septembre 1795 : Loi sur la police des cultes
- Etc.
La laïcité et la sécularisation juridique
Sous la troisième république, Émile Combe, un franc-maçon anti-clérical de la gauche républicaine, préside le Conseil de 1902 à 1905. Il instaurera :
- la séparation de l’Église et de l’État,
- l’interdiction d’enseigner aux congrégations religieuses,
- et l’expropriation des biens du clergé.
C’est sous sa présidence qu’éclata, en 1904, “l’affaire des fiches”. Ces fiches, conservées au Grand Orient, listaient les généraux, les officiers, les fonctionnaires et les maires catholiques afin de les écarter et de créer “une armée républicaine”.
Au début du XIXe siècle, il n’y a presque plus aucune paroisse en France.
Mais il n’est pas si facile de tuer l’Amour du Christ dans les cœurs.
Le XIXe siècle va, en France, être un siècle de renaissance spirituelle. La France redevient un épicentre de la foi avec de nombreux saints et missionnaires.
Aujourd’hui, la laïcité et la déchristianisation demeure est un combat maçonnique.
Vincent Peillon est un membre du Parti Socialiste et un ex-ministre de l’Éducation nationale de 2012 à 2014. Il n’est pas franc-maçon, même si son discours l’est, faisant de lui un “maçon sans tablier“. Son père, Gilles Peillon, communiste, juif et banquier, fut le directeur général de la première banque soviétique hors d’URSS. Son arrière grand-père était un rabbin alsacien, Félix Blum.
Vincent Peillon : “[…] toute l’opération consiste bien, avec la foi laïque, à changer la nature même de la religion, de Dieu, du Christ, et à terrasser définitivement l’Église.” (Vincent Peillon, Une religion pour la République, Le foi laïque de Ferdinand Buisson, Éditions du Seuil, 2010, 304 pages)
Le 15 décembre 2025, Vincent Peillon dira lors du colloque “Laïcité, Religions, Judaïsme” qui se tenait dans la salle Clemenceau du Sénat, que “la République, depuis la Révolution française, se cherche une religion, elle ne l’a pas. Cette religion […] existe et elle s’appelle le judaïsme”. Ou encore : “La devise républicaine [Liberté, Égalité, Fraternité] est issue de la République des Hébreux. La Laïcité c’est le judaïsme.”
Le franc-maçon d’extrême gauche Thomas Guénolé propose de raser la basilique du Sacré-Cœur de Paris.
Écoutons la journaliste de France Inter (radio nationale publique), Sonia Devillers, s’enthousiasmer pour le projet maçonnique lors de son interview du haut fonctionnaire et grand maître du Grand Orient de France, Pierre Bertinotti :
L’horreur du génocide vendéen
Un vendéen sur quatre fut tué.
L’histoire des chouans racontée aux enfants.
La liberté de culte sera rétablie en 1795 grâce au combat des Vendéens ; une victoire qui profite également aux juifs dont les synagogues avaient été elles aussi fermées, et les livres sacrés brûlés. Il fallut attendre le concordat, en 1801, pour que le culte catholique soit rétabli dans les églises.
La persécution des catholiques sous la présidence de Plutarco Elías Calles
Le franc-maçon socialiste Plutarco Elías Calles (1877-1945) devient président du Mexique de 1924 à 1928. Son gouvernement reconnaît le divorce civil, impose la laïcité de l’enseignement, interdit les ordres religieux et les exproprie, prive l’Église du droit de propriété, prive les clercs de leurs droits civils (droit de vote, droit à un procès équitable), suspend les services religieux, expulse ou assassine les prêtres.
Entre 1926 et 1934, au moins 4000 prêtres ont été tués ou expulsés. Le nombre total de prêtres au Mexique passe d’environ 4500 prêtres à 334, en 1934, pour une population de quinze millions d’habitants. En 1935, 17 États mexicains n’ont aucun prêtre.
La dégradation des lois de bioéthique et sociétales
Le Dr Pierre Simon (1925-2008) fut initié à la Franc-maçonnerie en 1953 dans la loge “La Nouvelle Jérusalem”, au sein de la Grande Loge de France (GLDF). Il devint grand maître de la GLDF de 1969 à 1971 et de 1973 à 1975. Il fut le collaborateur des ministres Robert Boulin et Michel Poniatowski, puis conseiller de Simone Veil. Il fut notamment vice-président du “Mouvement français pour le Planning Familial” (MFPF) et président de la “Fraternelle du Planning Familial”. Il fut l’un des principaux promoteurs du planning familial, de la contraception, de l’avortement, de l’euthanasie et de l’eugénisme.
Pierre Simon écrit dans son autobiographie : “La polémique autour de la Loi Veil, c’est le choc de deux mondes […]. Les solutions que nous fournit la morale traditionnelle ne peuvent plus nous contenter. Elles reposent sur une sacralisation du principe de vie dont l’essence est superstitieuse et la démarche fétichiste […]. La contraception libératoire a fait tomber le mur des fatalités traditionnelles. Sa disparition ouvre le champ libre où il va falloir installer la nouvelle morale […]. Nous découvrons ainsi que la nature, la vie, sont plus que jamais une production humaine […]. La vie perd le caractère d’absolu qu’elle avait dans la Genèse. Le bonheur sera sans Marx et sans Jésus ; le mariage deviendra une communauté sociale. Son problème : ne pas empiéter sur la vie sexuelle. Au géniteur succédera l’amant […]. La sexualité sera dissociée de la procréation, et la procréation de la paternité. C’est tout le concept de famille qui est en train de basculer ici”. (Pierre Simon, De la vie avant toutes choses, Éditions Mazarine, 1979)
Pierre Simon : “Ce n’est pas la mère seule, c’est la collectivité tout entière qui porte l’enfant en son sein. C’est elle qui décide s’il doit être engendré, s’il doit vivre ou mourir, quel est son rôle et son devenir” (Pierre Simon, De la vie avant toutes choses, Éditions Mazarine, 1979, p15)
- 8 mars 1956 : Création de l’association “La Maternité heureuse”, cofondée par la Dr Marie-Andrée Lagroua Weill Hallé, le Dr Pierre Simon, la sociologue et militante féministe Évelyne Sullerot, l’actrice et militante féministe Catherine Valabrègue, Cécile Goldet et domiciliée chez Simone Iff (77 avenue Paul Doumer, 75016 Paris), pour “permettre aux couples, grâce à la contraception, de n’avoir des enfants que lorsqu’ils le désirent”.
- 1960 : Affiliation de l’association “La Maternité heureuse” à l'”International Planned Parenthood Federation” (IPPF). L’association change de nom pour s’appeler le “Mouvement français pour le planning familial” (MFPF). Trois prix Nobels en sont présidents d’honneur : le biologiste André Lwoff, le biologiste et biochimiste Jacques Monod, le biologiste et médecin François Jacob. Pierre Simon en est vice-président. Le MFPF est soutenu un certains nombre de protestants (ex : Simone Iff, fille de pasteur et présidente du Planning familial de 1973 à 1980 ; le pasteur André Dumas).
- 19 décembre 1967 : Légalisation de la contraception chimique par voie orale (pilule contraceptive) portée par le député gaulliste et franc-maçon Lucien Neuwirth.
- À partir de 1971 : Participation de Simone Iff aux commissions de travail sur l’élaboration des textes d’application des lois sur la contraception, puis sur l’avortement.
- 17 janvier 1975 : Légalisation de l’avortement, soutenu par le Dr Pierre Simon, et Jean-Pierre Prouteau, grand maître du Grand Orient de France et conseillé du président de la République, Giscard d’Estaing.
- 1980 : Pierre Simon cofonde l’”Association pour le droit de mourir dans la dignité” (ADMD), qui milite pour la légalisation de l’euthanasie.
- Légalisation du mariage homosexuel.
- Procuration d’enfants à des couples homosexuels et lesbiens.
- Diffusion de la théorie du genre.
- Financement du changement de sexe.
- Promotion de l’euthanasie défendue par le sénateur franc-maçon Henri Caillavet.
- Légalisation de la recherche sur les embryons surnuméraires.
- 8 novembre 2023 : Emmanuel Macron se rend au siège du Grand Orient de France pour dire qu’il soutiendra une loi en faveur de l’euthanasie. À cette occasion, il fait l’éloge des francs-maçons Pierre Simon et Henri Caillavet.
- Inscription du droit à l’avortement dans la Constitution française.
- 5 mai 2025 : Emmanuel Macron se rend à la Grande Loge de France (une première pour un président en exercice) pour redire son soutien à la légalisation de l’euthanasie, l’union qui unie la République et la franc-maçonnerie et son admiration pour Pierre Simon.
- Etc.
Serge Abad-Gallardo, ancien Vénérable Maître de l’obédience du Droit Humain (DH) affirme : “Des lois comme l’avortement, l’euthanasie ou le mariage homosexuel correspondent aux idées maçonniques d’émancipation de l’individu qui n’en réfère plus qu’à lui même, sans autre limite morale que celle qu’il se fixe. Un grand maître de la Grande Loge de France (GLDF), Pierre Simon, a avoué que toutes ces lois étaient pensées et mûries en loges avant même d’être débattues par les députés.” [source ; cf. son livre Franc-maçonnerie et politique, Les liaisons dangereuses, Artège, 2023]
Président Emmanuel Macron aux franc-maçons : “la franc-maçonnerie est aux avant-postes de la bataille, la bataille qui importe si nous voulons façonner le siècle pour le bien de l’humanité… Je vous le dis ici, soyez-en fiers !” (Discours à la Grande Loge de France, 5 mai 2025)
→ Voir un exemple de lobbying maçonique sur le thème de la laïcité.
Président Emmanuel Macron aux franc-maçons : “Je vous demande d’être les ambassadeurs […] de la laïcité… Soyez les vigies de cette grande loi de 1905, contre ceux qui veulent l’effacer, la trahir ou la détourner.” (Discours à la Grande Loge de France, 5 mai 2025)
La liberté comme but
La franc-maçonnerie présente la liberté comme une finalité.
À l’inverse, le catholicisme la voit comme moyen pour répondre à l’Amour de Dieu et comme une conséquence :
- du renoncement au péché (Jn 8, 34),
- de la connaissance et de l’accueil de la vérité (Jn 8, 32),
- et de l’adhésion au Christ qui est la vérité (Jn 8, 36 & Jn 14, 6).
L’orgueil comme moteur
Que ce soit pour accéder à des secrets inconnus de la masse ou pour réseauter, ceux qui rentrent en franc-maçonnerie le font souvent pour développer leur ego. Rien avoir avec le sacrifice d’amour auquel nous appelle le Christ.
Le relativisme comme boussole
Les francs-maçons pensent que la vérité se construit, se recherche et se réforme. Elle serait ainsi continuellement fluctuante et perfectible selon le vouloir de l’homme.
Lors de l’initiation d’un tout nouveau membre, il lui est dit : “Aucune vérité n’est indiscutable et aucune croyance n’est à l’abri du doute” (source).
L’ancien grand maître de la Grande Loge de France (GLDF), Pierre Simon, écrivait dans le journal Le Monde (1er juillet 1970) : “Pour nous, il n’existe pas de vérités éternelles, il n’y a que des traditions, constamment remises en question” (source), y compris sur le plan de la morale.
La religion maçonnique rejette, en partie, le droit naturel. Ainsi, par exemple, l’article 6 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789, stipule que “la loi est l’expression de la volonté générale”. Dès lors, c’est l’opinion majoritaire et fluctuante qui forge la loi, et non plus la transcendance révélée ou la finalité naturelle des actes humains.
Prenant souvent racine dans le relativisme et l’orgueil, ce droit positif tout humain tend à détruire le droit naturel (en le présentant comme une “construction culturelle rétrograde” et d’”oppressif”).
L’affranchissement de la loi naturelle et de ses frontières peut aller jusqu’au désir de banaliser :
- la pédophilie (les journaux Libération et Le Monde en faisait la promotion dans les années 1980-1990 ; il existe un parti politique pro-pédophilie aux Pays-Bas),
- ou la zoophilie : elle est légale en Finlande, au Danemark, au Canada, dans 16 États des États-Unis, au Liban, ainsi que dans les anciens pays communistes-athées (Russie, Hongrie, Roumanie et Serbie).
“On veut faire de la nuit, le jour.” (Job 17, 12)
Enfin, nul besoin d’être membre d’une loge pour avoir une pensée maçonnisante. Accepter le relativisme, l’hédonisme, le progressisme… suffit.
À l’inverse, les catholiques croient que la vérité est fixée par des lois divines et naturelles auxquelles l’humain est inévitablement soumis. La plénitude de la vérité révélée par Dieu et incarnée par Jésus. Elle est donc une, transcendante, universelle et immuable. Socrate l’affirmait déjà à Athènes contre les Sophistes, qui présentaient l’homme comme la mesure de toute chose.
Une fraternité restreinte
À l’inverse de la fraternité universelle et inconditionnelle du christianisme pour toutes les personnes humaines, pour les franc-maçons seuls les initiés sont des frères. De même, leurs œuvres de philanthropiques sont souvent internes.
En entrant en franc-maçonnerie, le nouveau venu jure qu’il ne divulguera pas les secrets entendus en loge et ne nuira pas à l’un de ses frères, sous peine “d’avoir la gorge tranchée”.
Les Franc-Maçons ont leur propre justice interne.
Le satanisme
(Documentaire de 4h)
Jésus indiquait à la mystique catholique mère Yvonne-Aimée de Malestroit (1901-1951) où se trouvaient les hosties consacrées volées par les franc-maçons pour être profanées, puis elle s’y rendait pour les récupérer.
Au 33ème grade (intitulé “chevalier Kadoch”), il est demandé à l’initié de piétiner dans la poussière la tiare pontificale.
Maurice Caillet (ex-18ème grade au Grand-Orient de France) témoigne que, dans certains cas, lorsqu’un frère trois points décède, une garde est constituée pour empêcher un éventuel prêtre de s’approcher de sa dépouille et de prier pour son âme.
Filiation luciférienne
La franc-maçonnerie distingue lucifer de satan, alors qu’ils ne sont en réalité qu’une seule et même personne (lucifer étant le nom de satan avant sa chute).
Lors du passage du grade de maître, l’initié reçoit un nouveau mot de passe : “Tubal-Caïn”. Il s’agit du nom biblique du continuateur spirituel de la lignée de Caïn, celui qui fut inspiré par satan au point de commettre le premier meurtre de l’histoire en tuant Abel, son frère innocent (cf. Gn 4).
Écouter ce témoignage de l’ancien franc-maçon Serge Abad-Gallardo :
Écouter ce témoignage sur youtube.
Contrôle mental
Les nazis élaborent des techniques de contrôle et de programmation de l’esprit. Cela consiste à infliger des tortures aux personnes afin de dissocier leur personnalité et de créer chez elles des individualités multiples qui pourront ensuite être contrôlées et manipulées. Les États-Unis entreprendront des recherches analogues, notamment dans le cadre du projet MK-Ultra de la CIA. Ces expériences sont révélées par le New York Times en décembre 1974. Il en va de même au Canada sous la direction du psychiatre Dr Donald Ewen Cameron à l’Institut Allan Mémorial de Montréal (fondé par l’hôpital Royal Victoria, dépendant de l’université McGill et financé par la fondation Rockefeller).
Officiellement, ces atrocités auraient cessé. Mais des milliers personnes ne se connaissant pas entre elles affirment avoir été victimes des mêmes sévices, notamment le cadre de réseaux liés à la franc-maçonnerie, et donnent des témoignages concordants entre elles.
L’assassinat pour le compte de hauts commanditaires
De 2012 à 2020, une vingtaine de membres de la loge maçonnique Athanor organisent une dizaine de crimes contre rémunération. Cette loge était basée à Puteaux (Hauts-de-Seine) et appartenait à l’obédience de la Grande Loge de l’Alliance Maçonnique Française (GL-AMF). Elle fut dissoute en février 2021.
Pour le compte de notables politiques ou économiques, ils surveillent, agressent, menacent, volent et tuent des individus considérés comme gênants (concurrents, débiteurs, syndicalistes, etc.).
Le réseau est géré par Frédéric Vaglio, ancien journaliste du Dauphiné Libéré et franc-maçon, reconverti comme dirigeant d’une société de sécurité et les personnes inculpées incluent un ex-agent des opérations spéciales de la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), des anciens agents de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), des agents de sécurité privés gardant le centre parachutiste d’entraînement spécialisé (CPES) de la DGSE.
Une appartenance inconciliable avec le catholicisme
Ces divergences fondamentales empêchent les catholiques d’appartenir à la franc-maçonnerie.
Bulle d’excommunication du pape Clément XII contre les Francs-Maçons :
“[…] comme le crime se découvre lui-même, et que, malgré les précautions qu’il prend pour se cacher, il se trahit par l’éclat qu’il ne peut arrêter, cette société, ces assemblées sont devenues si suspectes aux fidèles, que tout homme de bien regarde aujourd’hui comme un signe peu équivoque de perversion quiconque s’y fait adopter. Si leurs actions étaient irréprochables, ils ne se déroberaient pas avec tant de soin à la lumière. […] nous condamnons et défendons par notre présente constitution et à perpétuité, les susdites sociétés, assemblées de francs-maçons, ou désignées sous un autre nom quel qu’il soit. C’est pourquoi nous défendons très expressément et en vertu de la sainte obéissance, à tous les fidèles, soit laïques, soit clercs séculiers ou réguliers, y compris ceux qui doivent être spécialement nommés, de quelque état, grade, condition et prééminence qu’ils soient, d’entrer, pour quelque cause et sous quelque prétexte que ce soit, dans les sociétés ci-dessus mentionnées de francs-maçons ; de favoriser leur accroissement ; de les recevoir ou cacher chez soi ou ailleurs ; de s’y faire associer, d’y assister, de faciliter leurs assemblées, de leur fournir quoi que ce soit ; de les aider de conseils ; de leur prêter secours et faveur en public ou en secret ; d’agir directement ou indirectement par soi ou par autrui ; d’exhorter, de solliciter, d’induire, d’engager quelqu’un à se faire adopter dans ces sociétés, à y assister, à les aider de quelque manière que ce puisse être, et à les fomenter. Nous leur ordonnons, au contraire, de s’interdire entièrement ces associations ou assemblées, sous peine d’excommunication qui sera encourue par le seul fait et sans autre déclaration par les contrevenants dont nous avons fait mention [excommunication latæ sententiæ], de laquelle excommunication ils ne pourront être absous que par nous ou par le Souverain Pontife pour lors régnant, si ce n’est à l’article de la mort. […] Que personne, au reste, ne soit assez téméraire pour oser attaquer ou contredire la présente déclaration, condamnation, défense et interdiction. Si quelqu’un portait jusqu’à ce point la hardiesse, qu’il sache qu’il encourra l’indignation de Dieu et de ses bienheureux apôtres saint Pierre et saint Paul.” (In eminenti apostolatus specula, Bulle du 28 avril 1738)
Congrégation pour la Doctrine de la Foi : “Les fidèles qui appartiennent aux associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent accéder à la sainte communion.” (“Déclaration sur l’incompatibilité entre l’appartenance à l’Église et la franc-maçonnerie”, par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, signée par le préfet de la Congrégation, le cardinal Joseph Ratzinger, futur pape Benoît XVI, et approuvée par le pape Jean-Paul II, le 26 novembre 1983)
Pape Léon XII : “Employant à la fois l’audace et la ruse, elles ont envahi tous les rangs de la hiérarchie sociale et commencent à prendre au sein des états modernes une puissance qui équivaut presque à la souveraineté. De cette rapide et formidable extension sont précisément résultées pour l’Église, pour l’autorité des Princes, pour le salut public, les maux que nos prédécesseurs avaient depuis longtemps prévus.
[…]
Il existe dans le monde un certain nombre de sectes qui, bien qu’elles diffèrent par le nom, les rites, la forme, l’origine, se ressemblent et sont unies entre elles par l’analogie du but et des principes essentiels. En fait, elles sont identiques à la franc-maçonnerie, qui est pour toutes les autres comme le point central d’où elles procèdent et où elles aboutissent.
[…]
[Les naturalistes] nient que Dieu soit l’auteur d’aucune révélation. Pour eux, en dehors de ce que peut comprendre la raison humaine, il n’y a ni dogme religieux, ni vérité, ni maître en la parole de qui, au nom de son mandat officiel d’enseignement, on doive avoir foi. Or, comme la mission tout à fait propre et spéciale de l’Église catholique consiste à recevoir dans leur plénitude et à garder dans une pureté incorruptible, les doctrines révélées de Dieu, aussi bien que l’autorité établie pour les enseigner avec les autres secours donnés du ciel en vue de sauver les hommes, c’est contre elle que les adversaires déploient le plus d’acharnement et dirigent leurs plus violentes attaques.” (Encyclique Humanum Genus, 20 avril 1884)
Pape Léon XIII : “Rappelons-nous que le christianisme et la franc-maçonnerie sont essentiellement inconciliables, si bien que s’agréger à l’une, c’est divorcer avec l’autre.
[…]
Que ceux qui, par le plus grand malheur, ont donné leur nom à quelqu’une de ces sociétés de perdition, sachent donc qu’ils sont strictement tenus de s’en séparer, s’ils ne veulent pas rester retranchés de la communion chrétienne et perdre leur âme dans le temps et dans l’éternité.” (Lettre apostolique au peuple italien Custodi di quella Fede, Condamnation de la Franc-maçonnerie, 8 décembre 1892)
→ Lire toutes les positions des papes au sujet de la franc-maçonnerie
Cas concrets :
- En 1904, Mgr Albert Le Nordez (1844-1922), évêque du diocèse de Dijon et militant républicain, fut relevé de son siège épiscopal, parce qu’il était fortement suspecté d’être affilié à la franc-maçonnerie, suspicion telle que des séminaristes refusaient d’être ordonnés de ses mains.
- En 2013, à la demande du Vatican, Mgr Yves Boivineau, évêque du diocèse d’Annecy, a renvoyé le père Pascal Vesin, curé de la paroisse de Megève (Haute-Savoie), qui avait d’abord nié être franc-maçon mais fut confondu en 2011. Il avait rejoint le Grand Orient de France depuis 2001 et défendait des vues particulièrement progressistes. À la demande de l’Église, il refusa de quitter la franc-maçonnerie.
L’Église orthodoxe partage cette posture selon laquelle un chrétien ne peut pas être franc-maçon.
En revanche, les protestants acceptent plus facilement la double appartenance en raison de la liberté théologique qu’ils s’accordent. Ainsi y a-t-il souvent eu des ponts entre protestantisme et franc-maçonnerie. Nous pouvons mentionner à titre d’exemple, la rédaction en 1721 par James Anderson (pasteur presbytérien écossais) et Jean Théophile Désaguliers (pasteur anglican et fils de pasteur huguenot français) de l’un des textes fondateurs de la franc-maçonnerie spéculative en Angleterre : Les Constitutions d’Anderson.
→ Lire notre dossier sur le protestantisme pour plus de détails.
Militants réformistes
Toutefois, au sein de l’Église, certains militent pour que l’Église catholique réforme sa position et affirme qu’il est possible d’être à la fois catholique et membre de la franc-maçonnerie régulière.
Exemples :
- Le 22 juin 1971, Mgr Daniel Pézeril (évêque auxilaire de l’archevêque de Paris à partir de 1968) est reçu au Grand Temple de la Grande Loge de France, avec tous les honneurs maçonniques, par Pierre Simon, Grand Maître de la Grande Loge de France. À cette occasion, Mgr Pézeril donne une conférence intitulée “Les signes de l’Église catholique de demain”.
- Mgr Jean-Charles Thomas (évêque de Versailles de 1988 à 2001) encouragent le dialogue avec des frères de la GLDF
- Le père Michel Riquet (1968)
- Le père Bernard Besret (1993)
- Le père Jérôme Rousse-Lacordaire (1996)
- Le père Gabriel Ringlet (2002)
- Le père Jean Rigal (2013)
- En 1987, Paul Pistre, membre actif du service Incroyance-foi de l’Église de Toulouse, lance la publication du trimestriel La lettre aux catholiques amis des maçons et organisera plusieurs colloques sur ce thème en 2007 et 2010
- En 1993, Luc Nefontaine, chercheur à l’Université de Bruxelles dirigeant la chaire de maçonnologie, invite les représentants des grands cultes et de la franc-maçonnerie à un séminaire à l’Université. Mgr Van den Berghe, évêque d’Anvers est favorable au dialogue. Il publiera Église et Franc-maçonnerie.
- Le père Pascal Vesin, ex-curé de la paroisse de Megève (Haute-Savoie) renvoyé en 2013 pour son appartenance à la franc-maçonnerie.
- Le 25 janvier 2016, le père Jean Rigal (1929- ; ordonné en juin 1968), soutenu par le journal La Croix (du groupe Bayard), demande d'”écarter définitivement cette accusation de “péché grave”, imputée uniquement, du moins de cette façon, aux “initiés” des obédiences maçonniques” (lire sa tribune ; voir sur le site maçonnique Gadlu.info). Comme si les péchés étaient des objets subjectifs et évolutifs. Le père Rigal est mentionné dans le livre de Paul Pistre, Catholiques et franc-maçons, Éternels adversaires ? (Éditions Privat).
- L’ex-ambassadeur et prêtre autrichien Michael Heinrich Weninger (1951-), lui-même franc-maçon.
Passé par l’ENA, il fut conseiller politique auprès des présidents de la Commission européenne, Romano Prodi et José Manuel Barroso. Le 1er novembre 2012, le pape Benoît XVI le nomma au Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux. Il y travaille sur le dialogue avec l’islam en Europe, en Asie centrale et en Amérique latine. Dans sa thèse, publiée en 2019 par l’Université pontificale grégorienne, il plaide pour une réconciliation de l’Église catholique et de la franc-maçonnerie régulière. Il en tire un livre intitulé La loge & l’autel : Sur la réconciliation de l’Église catholique et de la Franc-Maçonnerie régulière (Éditions Löcker, 2020, pour la version originale, sommaire ; Éditions de l’Art Royal, 2025, 462 pages, pour la version française, sommaire ;). Écouter son intervention à la Grande Loge Nationale Française (GLNF).
Source : le site maçonnique Ledifice.net.
Les sociétés para-maçonniques
Il existe plusieurs sociétés proches de la maçonnerie :
- Rose-Croix (cherche à acquérir des pouvoirs surnaturels au moyen de techniques transmises par initiation ; karma ; réincarnation ; “Dieu” cosmique, impersonnel et diffus).
- Rotary Club.
- Lion’s Club, fondé en 1917 à Chicago (Illinois, USA) par l’homme d’affaire et franc-maçon Melvin Jones.
- Ordre indépendant du B’nai B’rith (ordre réservé aux juifs).
- Ordre martinistes, co-fondé en 1891 par les occultistes français Papus et Augustin Chaboseau.
- Témoins de Jéhovah (Watch Tower), fondé en 1870 par le pasteur américain Charles Taze Russell (1852-1916). Une pyramide fut érigée à proximité de sa tombe, au Rosemont Mount Hope and Evergreen United Cemeteries (à Ross Township, au nord de Pittsburgh, Pennsylvanie, USA)
- Mormons.
- Etc.
Ressources
Vidéos de cérémonies maçonniques
- Introduction d’un récipiendaire (novice) et serment maçonique
- Cérémonie commémorative des 300 ans de la création de la première loge d’Angleterre (1717-2017)
Témoignages vidéo
- Maurice Caillet : Un ex-18ème grade [du Grand-Orient de France] explique tout, Retour du Christ.
- Serge Abad-Gallardo : Conversion d’un franc-maçon, KTO.
- Christophe Flipo : De la franc-maçonnerie à Jésus, KTO.
Bibliographie
- Mgr Rey, Peut-on être chrétien et franc-maçon ?, Salvator, 2007.
- Serge Abad-Gallardo :
- Christophe Flipo, L’Adieu aux frères, éd. Cerf.
- Maurice Caillet, J’étais franc-maçon et Catholique et franc-maçon, est-ce possible ?
- John Daniel, Scarlet and The Beast, A History of the War Between English and French Freemasonry, 1995 (pdf)
« Ne prenez aucune part aux activités des ténèbres, elles ne produisent rien de bon ; démasquez-les plutôt. » (Ép, 5, 8-14)
Autres
Prière pour le pardon des franc-maçons et la protection de la France :
“Seigneur Jésus-Christ, qui vous plaisez à faire éclater votre toute-puissance principalement en pardonnant aux pécheurs, vous qui avez dit : “priez pour ceux qui vous persécutent et vous calomnient”, nous implorons la clémence de votre Cœur Sacré pour des âmes créées à l’image de Dieu, qui ont été misérablement trompées par les séductions de la franc-maçonnerie et se précipitent dans la voie de la perte éternelle. Ne permettez pas, nous vous en conjurons, que l’Église, votre sainte Épouse, soit opprimée, mais apaisé par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, votre Mère, et par les prières des justes, daignez vous souvenir de votre miséricorde infinie. Préservez la France de l’action malicieuse de la franc-maçonnerie. Oubliez la perversité de ses sectataires, et faites que revenant à Vous, ils consolent l’Église par des actes de pénitence et obtiennent la gloire éternelle, auprès de Vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.” (Imprimatur : cardinal Richard, archevêque de Paris, 2 juillet 1896)