Introduction et précisions
La congrégation catholique des Augustins de l’Assomption fonde un groupe de presse en 1873. Son nom est d’abord “Bonne Presse” (à partir de 1889), puis “Bayard Presse” (à partir de 1969). L’idée fondatrice à l’origine du groupe était d’éclairer la conscience des catholiques, notamment à travers les pèlerinages. Cette impulsion donna lieu à la création du premier magazine du groupe, toujours actif aujourd’hui : Le Pèlerin. En grossissant au fil du temps, le groupe a acquis une influence non négligeable, notamment auprès des plus jeunes et des catholiques. Il est, aujourd’hui, en France, le 5ème groupe de presse et le 4ème éditeur d’hebdomadaires, de revues et de livres pour la jeunesse. La congrégation des Assomptionnistes, quant à elle, en est demeurée le propriétaire exclusif sans discontinuer.
S’il se trouve certainement de bonnes choses parmi les publications et les activités du Groupe Bayard, nous avons cependant croisé, au cours de nos études, un nombre significatif d’indices nous alertant sur le caractère problématique de ce géant de l’édition. Le présent dossier vise à les exposer pour permettre à tous un discernement plus éclairé. Son contenu se veut factuel et n’a nullement pour but d’incriminer des personnes – qu’elles travaillent pour le groupe ou qu’elles soient membres de la communauté des Assomptionnistes – souvent impuissantes, dépassées, voire peu conscientes de ces dérives.
Jusqu’à présent, le cléricalisme avait pour habitude de tenir au silence les lanceurs d’alerte et les victimes pour préserver une respectabilité de façade. Cette attitude ne fit qu’enfler des bombes à retardement dont les déflagrations furent plus nuisibles encore. Nous publions ce dossier avec le souci d’informer les lecteurs et l’espoir que les Assomptionnistes puissent prendre la mesure des problèmes internes à Bayard pour les désamorcer.
Comme vous le comprendrez, nous ne sommes pas des lecteurs assidus des publications du groupe Bayard. Nous ne rapportons donc ici qu’une infime partie de leurs faits, mais cet échantillon nous semble déjà suffisant pour poser un diagnostic. Toutefois, n’hésitez pas à nous communiquer ici tout élément complémentaire dont vous pourriez être en possession (en indiquant vos sources et en étant le plus précis possible). Nous actualiserons cette page autant que nécessaire.
Le journal La Croix : un militantisme progressiste au quotidien
Le quotidien La Croix a été lancé à la fin du XIXème siècle par les Augustins de l’Assomption. Il paraît pour la première le samedi 16 juin 1883 et ambitionne de “faire entendre haut et fort la voix des catholiques” et de concurrencer la “mauvaise” presse. Le Père François Picard, le supérieur général des Assomptionnistes, écrit en août 1881 : “Tout ce qui est catholique, nous l’adoptons ; tout ce qui se présente sous couleur douteuse, nous le rejetons ; tout ce qui est anticatholique, nous le combattons”. Mais, rapidement, les choses déraillent. Au moment de l’affaire Dreyfus (de 1894 à 1906), le journal se range du côte des antidreyfusards et prend vigoureusement parti contre le capitaine (puis lieutenant-colonel) juif.
Ces dernières décennies, le journal accorde sa ligne éditoriale sur la doxa en vigueur : immigrationnisme, multiculturalisme, écologisme, euro-atlantisme et européisme bruxellois, macronisme, etc.
Aujourd’hui, hormis pour sa rubrique religieuse, le journal emploie en très grande majorité des journalistes non pratiquants (se voulant donc objectifs).
De septembre 2019 à août 2023, Jérôme Chapuis – un membre des Young Leaders (comme Emmanuel Macron, Valérie Pécresse, Édouard Philippe, Nicolas Dupont-Aignan…) – occupe le poste de rédacteur en chef du quotidien La Croix. Le journal apparaît comme un organe militant au service d’un progressisme à l’allemande. Ainsi, offre-t-il ses colonnes à des auteurs cherchant à normaliser la franc-maçonnerie, l’avortement, l’homosexualité ou l’islam dans un style avant-gardiste.
Notons que si, sur le site Internet de La Croix, bon nombre des articles sont payants, les plus militants apparaissent généralement en accès libre.
Voici quelques exemples :
Franc-maçonnerie
25 janvier 2016 : La Croix promeut la réintégration des Francs-Maçons au sein de l’Église catholique sous la plume du père Jean Rigal qui demande d'”écarter définitivement cette accusation de “péché grave”, imputée uniquement, du moins de cette façon, aux “initiés” des obédiences maçonniques” (comme si les péchés étaient des objets subjectifs et évolutifs). Lire notre dossier sur la franc-maçonnerie.
Progressisme, relativisme et politiquement correct
27 décembre 1999 : Cliquez-ici pour découvrir comment le père assomptionniste Michel Kubler et rédacteur en chef religieux de La Croix aurait modifié l’article de Claire Lesegretain, à son insu, pour salir l’initiative missionnaire des Vierges pèlerines.
4 décembre 2017 : Le journal instille le doute et le relativisme en concluant dans l’article Jésus a-t-il vraiment fait des miracles ? : “Alors, est-il important de croire aux miracles de Jésus ? Non… Le seul vrai miracle auquel la foi nous demande de croire c’est en sa résurrection, attestée par tous ceux qui l’ont vu vivant et par tous ceux qui encore aujourd’hui en vivent.”
Octobre 2019 : Isabelle de Gaulmyn se réjouit dans un éditorial de la fin de l’Église Tridentine.
Avril 2021 : Suite à l’incendie de Notre Dame de Paris, La Croix publie une tribune demandant à ce que la cathédrale soit transformée en musée.
25 janvier 2022 : La Croix fait la promotion du film militant anti-clérical La Religieuse de Guillaume Nicloux.
Printemps 2022 : Alors que le président de la République sortant, Emmanuel Macron, est assuré de sa réélection sans effort face à Marine Le Pen, La Croix se sent obliger d’appeler ouvertement à voter pour lui alors qu’il n’a de cesse de démanteler la France, la bioéthique et les acquis sociaux. Emmanuel fera tout pour inscrire l’avortement dans la Constitution et pour légaliser l’euthanasie.
22 février 2023 : La Croix publie une interview à charge de l’ancien dominicain Jacques Arnould contre le livre Dieu. La science, les preuves, alors qu’il n’a jamais donné la parole aux auteurs de ce livre.
21 juin 2023 : La Croix relaie la Journée internationale du yoga créée par les Nations unies en 2014 sans la moindre mise en garde contre les potentielles influences occultes de cette pratique spirituelle hindoue.
30 octobre 2025 : La Croix publie une tribune du “Collectif catholique P.A.I.X” vilipendant le film Sacré Cœur sur les apparitions de Jésus Christ à Sainte Marguerite-Marie Alacoque. Le collectif qualifie le film “d’extrême droite” en raison des soutiens des milliardaires Vincent Bolloré (JDD, CNews, C8, France Catholique) et Pierre-Édouard Stérin (Fonds du bien commun), et de la présence de l’abbé Matthieu Raffray parmi les personnes interviewées.
Avortement
28 mai 2018 : La Croix publie un éditorial de Isabelle de Gaulmyn complaisant avec la légalisation de l’avortement par référendum en Irlande. Autre source.
Été 2021 : La Croix a conseillé et donné 3 étoiles au film Never Rarely Sometimes Always faisant la promotion de l’avortement chez les adolescentes sous contrainte.
18 janvier 2025 : La Croix publie une tribune de l’historien Michel Leconte dans laquelle il admire “la recherche théologique si florissante des années soixante”, et déplore le “verrouillage doctrinal autoritaire” de Jean-Paul II avec les encycliques Veritatis splendor (août 1993) et Evangelium Vitae (mars 1995). Il déplore également “l’ancrage du magistère dans l’intransigeance”, notamment avec la déclaration du cardinal Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, affirmant “l’âme spirituelle de tout homme est immédiatement créée par Dieu” (février 1987), clôturant le débat sur l’avortement au sein de l’Église catholique.
Anti-mystique
21 janvier 2020 : Le journal profite de la sortie du film Garabandal, Dieu seul le sait pour attaquer ces apparitions mariales ayant eu lieu dans le nord de l’Espagne entre 1961 et 1965, pourtant soutenues par le Padre Pio et dont les voyantes ont subies de graves persécutions de la part des responsables religieux locaux.
19 septembre 2024 : Alors que le Vatican donne son nihil obstat au sanctuaire marial de Madjugorje, le journal La Croix – complice des opposants à ces apparitions – s’empresse de titrer : “Le Vatican reconnaît le sanctuaire de Medjugorje mais pas les messages de la Vierge” pour garder la face. Ce qui est malhonnête puisque le Vatican s’est penché sur ses messages, les a commentés et les a précisés. Dans un parti pris flagrant, l’article fait tout pour minimiser l’événement, en utilisant les sous-titres internes suivants : “Aubaine pour l’Église” et “Rares miracles”.
4-5 avril 2026 : Pour son numéro papier n°43490, La Croix fait sa couverture sur le Linceul de Turin et publie un dossier de 13 pages intitulé “Saint Suaire, Le Vrai du Faux” visant à nier l’authenticité du Linceul. Le journal profite de ce dossier pour envoyer un coup de griffe supplémentaire à Maria Valtorta, p37.
Islam
2018 : Les éditions Bayard demande à la théologienne musulmane Nayla Tabbara de rédiger un livre visant à diffuser une image positive de l’islam en contorsionnant les versets coraniques pour leur donner un aspect féministe, inclusif et progressiste. Pour l’aider dans sa rédaction, les éditions Bayard lui mettent à disposition Marie Malzac, journaliste à La Croix. Ce travail désidératif de 227 pages sort le 17 octobre 2018 sous le titre L’islam pensé par une femme, au prix de 16,90€. Dans la foulée, le livre est présenté sur le site de la Conférence des évêques de France (SNRM/CEF) et Anne-Bénédicte Hoffner (future directrice de La Croix) se charge d’en faire la promotion dans les colonnes du quotidien. Ces efforts pour présenter l’islam comme une religion vertueuse, venant authentiquement de Dieu, masque sa dangerosité et son caractère fallacieux. Pire, en enjolivant l’islam, le groupe Bayard enferme nos frères et sœurs musulmans dans ce piège et les écarte des véritables moyens de Salut.
16 juin 2020 : Sophie de Villeneuve, dans un entretien donné sur Radio Notre-Dame et reproduit dans La Croix, qualifie l'”islam mystique” comme étant “une très belle religion”.
Janvier/février 2021 : La Croix lance sur youtube la série “Islam | ☪️ Paroles de musulmans engagés” visant à donner la parole à des musulmans progressistes et, semble-t-il, à véhiculer une image libérale et positive de l’islam. La série fera un flop.
10 juin 2025 : Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-eddine Hafiz, publie une tribune dans La Croix dans laquelle il s’alarme d’un climat islamophobe en France après les assassinats de deux musulmans.
Morale sexuelle
17 janvier 2026 : Dans sa chronique CORPUS, “Morale sexuelle : les chrétiens “hors des clous” peuvent-ils occuper des responsabilités dans l’Église ?“, la journaliste à La Croix, Youna Rivallain espère que l’Église assouplisse sa morale sexuelle et ordonne des hommes mariés pour intégrer plus largement. Un prêtre a rédigé une réponse.
Homosexualité
- La Croix critique La Manif Pour Tous et fait la promotion en 4ème de couverture d’un “couple” de lesbiennes.
- 25 février 2019 : Un prêtre anonyme témoigne : « Prêtre, j’ai décidé de vivre avec mon homosexualité, et non contre elle » accompagné d’un courrier des lecteurs enjoué.
- 30 septembre 2022 : « Pour les évêques flamands, l’amour entre deux individus de même sexe nous dit quelque chose de l’amour du Seigneur ».
- 18 octobre 2022 : Dans sa tribune Couples homosexuels : « Demander à Dieu de bénir un engagement d’amour nous éloigne de l’individualisme et du relativisme », le père assomptionniste Vincent Leclercq se réjouie de la publication d’une prière spécifique pour les couples homosexuels par les évêques flamands.
Mariage des prêtres
3 janvier 2026: Dans un article intitulé “Des hommes mariés, libérés de l’éducation de leurs enfants, pourraient être ordonnés prêtres“, le père Marc Cholin, du diocèse de Grenoble, propose que l’Église puisse ordonner des hommes mariés une fois leurs enfants devenus adultes.
Euthanasie
2019 : La Croix publie un article favorable à l’euthanasie de Vincent Lambert.
Vaccins
En pleine période Covid, La Croix multiplie les articles en faveur de la vaccination, relayant la doxa de l’OMS et des grands groupes pharmaceutiques sans filtre, mettant les pro-vaccins du côté de la science et les anti du côté de la croyance.
Bref, il est fort probable que, si tous les Français ne lisaient que le journal La Croix, la société ne changerait pas d’un iota.
La culture du monde
Le site Enfant.com
Le site Enfant.com appartient au groupe Bayard et propose des contenus conçus pour les jeunes parents. Parmi eux, nous pouvons trouver :
- Les plus beaux prénoms inspirés de la saga Harry Potter.
- La solution médicale basée sur le dons d’embryons congelés.
- Un renvoi vers Le kit de survie à la PMA, une la bande-dessinée visant à déculpabiliser le recours à la PMA.
Le magazine Notre Temps
Il s’agit d’un magazine du groupe s’adressant aux seniors. Là aussi, la culture du monde prédomine.
Sur le site Notretemps.com, la coach Isabelle Cyr propose des vidéos mensuelles de yoga adaptées pour les plus de 55 ans. Dans un article sur “les guérisseurs, les coupeurs de feu et les magnétiseurs”, le magazine met en avant les nombreux résultats satisfaisants obtenus, sans aucune mise en garde spirituelle. Ailleurs, il propose un quizz “pour tester vos connaissances sur l’univers de l’horoscope et du tarot.”
Le relativisme
Avec son site Internet Croire et ses plus de 30.000 documents traitant du christianisme, le groupe Bayard entend apporter “sa contribution au souci d’évangélisation de l’Église” et “une aide précieuse à tous ceux qui sont en charge de la transmission de la foi” (source).
Sur la page À quelle date Jésus est-il vraiment né ?, nous pouvons lire :
- “Quant au 25 décembre, ce n’est sûrement pas le jour exact où Jésus est né.”
- “Jésus avait alors environ 36 ans” au moment de sa mort.
La corruption des plus jeunes
Premier éditeur français pour la jeunesse, avec une vingtaine de magazines pour les enfants et adolescents de 1 à 18 ans (Pomme d’api, J’aime lire, Astrapi, Okapi, Phosphore…), 6 millions de lecteurs*, plus de 550 nouveaux livres, albums et BD jeunesses publiés chaque année, des productions digitales et audiovisuelles et des personnages stars des cours de récré (Petit Ours Brun, Ariol, Anatole Latuile, Mortelle Adèle…), Bayard Jeunesse est pleinement plongé dans le monde de l’enfance, pour le meilleur et pour le pire.
Jésus : “Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi, il est préférable pour lui qu’on lui accroche au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’il soit englouti en pleine mer. Malheureux le monde à cause des scandales ! Il est inévitable qu’arrivent les scandales ; cependant, malheureux celui par qui le scandale arrive !” (Mt 18, 6-7)
Propager le relativisme religieux
Le groupe de presse pour la jeunesse Milan était le concurrent laïc historique de Bayard jusqu’à ce qu’il soit racheté par ce dernier. Sur son site, Milan enseigne aux enfants qu’il n’y a pas de religion plus vraie que les autres et que de le croire relèverait du fanatisme.
Or, le catholicisme enseigne que l’homme doit se mettre en quête de la vérité et que celle-ci n’est qu’une (à l’inverse du relativisme ambiant dont Milan se fait l’écho). Par conséquent, toutes les religions ne se valent pas.
Éduquer les enfants au wokisme
Le wokisme consiste à valoriser les minorités en les présentant comme les victimes de discriminations de la part de la majorité oppressive et nocive (entendre ici : civilisation occidentale chrétienne hétérosexuelle).
Bayard Jeunesse édite des contenus wokistes, LGBT-friendly et liés au genre.
Exemples :
- En 2014, un roman de Francine Labrie et de David Goldstyn intitulé Ida-Jane et Olivier : Secrets de famille, à destination des enfants de 9 à 12 ans, construit autour de l’amitié de deux enfants vivant dans des familles homoparentales (par Bayard Canada).
- En 2015, un livre de Christine Baldacchino et d’Isabelle Malenfant intitulé Boris Brindamour et la robe orange, à destination des enfants à partir de 3 ans, parlant d’un petit garçon ostracisé par ses camarades parce qu’il aime porter une robe orange (par Bayard Canada).
- En 2015, un livre d’Émilie Rivard intitulé Ma vie autour d’une tasse John Deerede, à destination des jeunes de 14 ans et plus, racontant le quotidien d’Étienne, un jeune homosexuel (par Bayard Canada).
- En 2019, un livre de Stéphanie Duval, de Serge Hefez et d’Isabelle Maroger, intitulé D’où je viens ? Le petit livre pour parler de toutes les familles, à destination des enfants de 6 à 9 ans, présentant différents types de familles, y compris homoparentales.
- En février 2021, le magazine bimensuel Phosphore, destiné des jeunes de 15 à 19 ans, sort un numéro 100 % antisexiste sur le thème #MeToo. Dans lequel il est notamment possible de lire l’histoire de Pablo qui a décidé de porter “une jupe pour soutenir ses copines”.
- Le 16 juin 2022, le magazine Phosphore publie le témoignage d’une jeune femme de 19 ans qui raconte comment, après s’être renseignée sur Internet et avoir été influencée par les drag kings, en est venue à se définir comme “agenre” ou “non-binaire”, a demander à ses parents de la qualifier par le pronom “iel” et a opté pour un prénom “plus neutre”.
- En décembre 2022, le mensuel Youpi, à destination des enfants de 5 à 8 ans, vante l’immigration illégale versus les méchants policiers français à travers l’histoire Enfin en France.
- En 2023, un livre d’Odile Amblard et de Serge Hefez intitulé C’est quoi la différence entre genre et sexe ?, 70 questions d’ados sur l’identité, présenté comme “un guide solide de 160 pages à destination des 12-16 ans sur la question du genre, du sexisme à l’identité de genre en passant par l’orientation sexuelle. Tout ce qui questionne les ados sur ce sujet brûlant d’actualité est dans ce livre !« Est-ce qu’on naît forcément fille ou garçon ? », « ça veut dire quoi exactement, être féministe ? », « Est-ce qu’on choisit notre orientation sexuelle ? », « C’est quoi exactement, la différence entre le genre et le sexe ? »… Des plus jeunes ados jusqu’aux presqu’adultes, tous se questionnent de plus en plus au sujet de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre. Les connaissances et les réflexions sur la différence des sexes et sur le rapport sexe/genre ne cessent de progresser, et des débats parfois houleux agitent les familles, et l’ensemble de la société. De la question grammaticale à celle de la transition de genre, ce sont toutes les fondations de notre système de pensée qui sont questionnées. Ce livre propose des réponses factuelles, nuancées, sourcées à ces grandes questions qui chahutent les adolescents, sans qu’ils sachent vraiment à qui les poser. Plus de 70 questions sont ici rassemblées en 3 grandes parties : Filles-garçons : tous différents ? Tous égaux ? Mon orientation sexuelle : un choix ? C’est quoi, mon genre ?”
- Le magazine Un jour, une actu (dès 8 ans) verse dans le libéralisme sociétal et le relativisme : “ce qui est important, c’est de casser les stéréotypes, de faire ce qu’il te plaît, tout en respectant les différences des autres, mêmes celles qui te surprennent”. Et présente la marche des fiertés : “C’est une manifestation joyeuse qui a lieu tous les ans, en juin. Elle est organisée pour défendre les droits des personnes homosexuelles, bisexuelles, transgenres… C’est-à-dire qui aiment des personnes du même sexe, ou des deux sexes, ou qui ne se sentent pas en accord avec leur sexe. Avant, cette manifestation s’appelait Gay Pride. Mais le mot “gay” désigne surtout les hommes homosexuels. C’est pourquoi, en 2002, on l’a nommée Marche des fiertés pour exprimer la diversité des participants.” En toute impartialité bien sûr : “Aujourd’hui, en France, même si, malheureusement, ce n’est pas toujours bien accepté, chacun a le droit de tomber amoureux de qui il veut.”
Acclimater les enfants aux contenus d’horreur
Le Groupe Bayard diffuse auprès des enfants des contenus hautement nuisibles pour leur âme. Nous trouvons ainsi dans la rubrique “jeunesse” du site Internet des éditions Bayard, les thèmes suivants : horreur, frissons, sorcellerie, meurtre, etc.
Les livres “Chair de Poule” constituent une série de livres d’horreur à gros tirage, autrement plus macabres que Harry Potter et destinés au jeune public. Leur auteur, Robert Lawrence Stine, un romancier juif américain devenu millionnaire grâce à ses livres, se présente lui-même comme étant “le Stephen King [célèbre auteur de romans macabres] des enfants”. Il dira que son boulot consiste à terrifier les enfants (“My job: to terrify kids“). Le groupe Bayard a estimé pertinent d’en acquérir les droits exclusifs d’édition pour la France. Habituer les plus jeunes à ces contenus revient à préparer leur transition vers les productions les plus violentes et immorales, une fois adulte. Or, Jésus nous dit que pour entrer dans le Royaume des Cieux, il faut avoir “un cœur d’enfant”. En acclimatant les plus jeunes au pire du monde adulte, le groupe Bayard abîme gravement leur pureté.
Habituer les enfants au mal
Bayard Jeunesse a édité pendant 10 ans (de 2012 à 2022) la série de bandes dessinées pour enfants Mortelle Adèle, écrite par Antoine Dole (alias Mr Tan) et dessinée par Miss Prickly, puis par Diane Le Feyer. Ces albums mettent en scène une “héroïne” prénommée Adèle qui cultive l’art du sadisme et de répandre le mal, le tout dans un univers macabre et occulte.
Voici quelques planches tirées de l’album “L’enfer c’est les autres” à titre d’exemples :



Les dessins des enfants lecteurs illustrent bien cette transmission.
Ce type de contenus est redoutablement dangereux en ce qu’il cible les enfants à l’âge où ils commencent à lire seuls (hors contrôle parental) et où ils se construisent par imitation (on devient se que l’on contemple), sans avoir les capacités de mettre une distance critique entre l’objet et eux.
Et Bayard empoche gros :
- Avril 2018 : 1 million d’exemplaires vendus depuis le lancement en 2012
- Fin 2019 : 2,5 millions d’exemplaires vendus depuis le lancement en 2012
- Fin 2020 : 5 millions d’exemplaires vendus depuis le lancement en 2012
- En 2020, 4 bandes dessinées de la série Mortelle Adèle se situent dans le top 10 des bandes dessinées les plus vendus en France
- Début 2021 : 13 bandes dessinées de la série Mortelle Adèle se situent dans le top 20 des meilleures ventes hebdomadaires de bandes dessinées
Capitalisant sur le succès, le groupe Bayard multiplie les produits dérivés : magazines dédiés, figurines, jeux de société (Défis mortels, Poussez-vous les moches !), livres de jeux (La Révolte des bizarres !, L’Expérience interdite…), livres d’activité, romans, papeterie, etc.
Saint Paul apôtre : “Fuyez le mal avec horreur, attachez-vous au bien.” (Rm 12, 9)
Inciter les enfants à faire du spiritisme
Dans son numéro d’octobre 2021 spécial Halloween, le magazine français Julie titre en couverture : “Esprit es-tu là ?” avec la photo d’une enfant jouant à la voyante. Dans son dossier central, le magazine incite les 10-14 ans à confectionner leur propre planche de ouija (en leur donnant le tutoriel à la page 15) et à appeler les esprits entre copines.
De nombreuses autres pages de ce numéro font la promotion d’Harry Potter ou suggèrent de regarder des films de vampires, de se raconter des histoire effrayantes ou encore d’organiser une murder party, une “fête du meurtre” (source).
Le père exorciste Gabriele Amorth expliquait en 2010, pour le livre Confessions, comment il avait délivré une adolescente possédée à la suite d’une seule séance de spiritisme entre amies. (Infos ici : https://edifiant.fr/gabriele-amorth)
Le 11 octobre 2021, la directrice de Milan Jeunesse, au téléphone, justifie ce choix par le fait que “ce sujet intéresse leur lectrices”, qu’ils ont “réalisé ce numéro avec le concours d’une psychologue” et qu’ils sont “laïcs”.
Ce seul numéro de Julie magazine a été écoulé à 45 000 exemplaires (35 000 par abonnements et 10 000 au détail), selon la directrice.
Avec la déchristianisation avancée de notre pays, nombre de parents et d’enfants ne percevront pas le danger.
Pour rappel, Julie Magazine appartient à 100% à Milan Presse, qui appartient à 100% au groupe Bayard, qui appartient à 100% à la communauté catholique des Augustins de l’Assomption.
Rappelons que la table de ouija fut largement promut par le businessman américain William Fuld entre les années 1890 et 1920 (site officiel). Elle fut plus tard popularisée auprès des jeunes par le groupe Hasbro – l’une des plus grosses entreprise du jouet au monde – qui faisait la promotion de ses propres planches à la télévision (voir ici une pub Hasbro de 1991). La fiche produit de ce jeu figure toujours sur leur site Internet.
Une internaute (Jacqueline Jacobson) a témoigné que son frère fut possédé à l’âge de 14 ans après avoir joué avec ce jeu que lui avait offert leur maman quatre ans plus tôt. D’après cette femme, son frère ne reçut aucune aide de la part d’un exorciste et fut envoyé en institution psychiatrique pour une grande partie de sa vie, subissant ces problèmes d’infestations jusqu’à son décès.
Le 5 mars 2012, Hasbro a annoncé avoir conclu un accord avec Universal Pictures et deux studios de production spécialisés dans les films d’horreur (Platinum Dunes et Blumhouse Productions) pour produire le thriller Ouija: Origin of Evil, inspiré de leur “jeu”.
“Si un individu se tourne vers les nécromanciens et vers les voyants pour se prostituer à leur suite, je tournerai mon visage contre lui et je le retrancherai du milieu de son peuple. Sanctifiez-vous et soyez saints, car je suis le Seigneur votre Dieu.” (Lv 20, 6-7)
“On ne trouvera chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu, personne qui scrute les présages, ou pratique astrologie, incantation, enchantement, personne qui use de magie, interroge les spectres et les esprits, ou consulte les morts. Car quiconque fait cela est en abomination pour le Seigneur, et c’est à cause de telles abominations que le Seigneur ton Dieu dépossède les nations devant toi. Toi, tu seras parfait à l’égard du Seigneur ton Dieu.” (Dt 18, 10-13)
La culture de mort
Peter Singer, le philosophe qui préfère les singes adultes aux bébés humains
Peter Singer est un philosophe utilitariste et antispéciste australien, titulaire d’une chaire de philosophie et d’éthique à l’université américaine de Princeton. Le New Yorker l’a qualifié “d’intellectuel vivant le plus influent”. Peter Singer désignent tous les êtres souffrants (humains comme animaux) sous l’appellation de “sentients”. Pour lui, les sentients peuvent être comparés et hiérarchisés entre eux sur la base de deux critères uniques : leur capacité à souffrir et leur capacité à faire des choix. Ainsi, par exemple, un nourrisson humain serait inférieur à un bonobo adulte du fait que sa capacité à choisir serait inférieur à celle du bonobo adulte. En suivant sa logique, Peter Singer soutient que les handicapés mentaux sont moins humains que certains grands singes et invoque ce “calcul utilitariste” pour défendre les avortements tardifs, l’infanticide et l’euthanasie. À l’inverse, l’Église soutient, à la suite de Jésus, que l’homme prime sur l’animal de manière inconditionnelle car lui seul possède une âme immortelle. Là encore, c’est Bayard qui se charge de répandre les idées Peter Singer en éditant son livre Questions d’éthique pratique (traduit par M. Marcuzzi), en 1997.
Des partenariats douteux
Le groupe Bayard est partenaire de la chaîne de librairies La Procure. La Procure est une entreprise catholique fondée l’abbé Henri Delépine en 1898 qui, aujourd’hui, se veut être “la première librairie en Europe dans le domaine des religions et la librairie de référence pour le christianisme“. Or, cette chaîne vend de nombreux livres hérétiques, comme ceux de Jakob Lorber, René Guénon, Rudolf Steiner, Blavatsky, Alexandro Jodorowsky (versé sur le tarot), ou encore du magnétiseur Nizier Anthelme Philippe (alias maître Philippe de Lyon). Elle propose également, dans son rayon “Philosophie, éthique”, des livres pour s’initier aux arts divinatoires ou des kits complets de divination, strictement interdits par l’Église catholique.
En conclusion
Schizophrénie
D’un côté, nous avons un groupe qui se drape de l’esprit catholique. De l’autre, nous avons un florilège de productions diffusées à large échelle aux antipodes des enseignements de l’Église catholique. Cette schizophrénie est d’autant plus stupéfiante que le Groupe Bayard appartient intégralement à une congrégation religieuse rattachée à la Vierge Marie et composée d’hommes ayant tous prononcé des vœux basés sur la foi catholique.
Chevaux de Troie et influence
Depuis toujours, l’Église du Christ est sujette à des attaques sans nombre, provenant tant de l’extérieur que de l’intérieur. Elle constitue probablement l’épicentre du combat spirituel sur Terre, car satan sait que si elle tombe, tout tombe. Si les secousses sont violentes, le Christ nous a assuré qu’il demeure avec nous jusqu’à la fin des temps (Mt 28, 20) et que le mal ne l’emportera pas contre elle (Mt 16, 18). Chaque baptisé fait l’expérience, au niveau personnel, de ce combat. C’est pourquoi la prudence est l’une des quatre vertus cardinales, aux côtés de la tempérance, de la force d’âme et de la justice. Jésus nous enjoint à veiller et prier inlassablement dans l’attente de son retour et de la Pentecôte d’Amour.
“Je vous le dis, à vous mes amis : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, et après cela ne peuvent rien faire de plus. Je vais vous montrer qui vous devez craindre : craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir d’envoyer dans la géhenne. Oui, je vous le dis : c’est celui-là que vous devez craindre.” (Lc 12, 4-5)
Le quotidien La Croix peut, aujourd’hui encore, être considéré comme l’organe de presse officieux de la Conférence des évêques de France. Ainsi, par exemple, lors de la plénière des évêques à Lourdes, La Croix est le seul journal à être distribué abondamment et gratuitement aux participants. Il irrigue largement l’institution catholique en France, nombre de congrégations, paroisses, couvents, religieux et fidèles y étant abonnés.
Offre revue paroissiale en échange d’une présence dans l’église kiosque de petits fascicules édulcorés.
Responsabilité
Entre les avortements légitimés par les théories de Peter Singer et les oppressions et possessions démoniaques induites par les séances de ouija pratiquées par les jeunes lecteurs de Julie magazine, les Augustins de l’Assomption seront-ils en mesure d’assumer la responsabilité des dégâts provoqués par certains contenus promus par le groupe dont ils sont les seuls propriétaires et dont ils vivent, en partie, des rentes ?