Introduction
Dans le domaine des phénomènes surnaturels, il convient d’exercer un discernement consciencieux et prudent. En effet, tout ne vient pas de Dieu.
Comme nous allons le voir, le cas de l’Autrichien Jakob Lorber (1800-1864) est particulièrement révélateur de ce besoin de discernement.
La vie de Jakob Lorber nous est notamment parvenue par son biographe le Chevalier de Leitner [p21].
Pour le présent article, nous nous baserons sur le livre de Kurt Eggenstein (un partisan de Lorber), intitulé Le Sens caché des évangiles et l’avenir de l’humanité, Révélations du Christ à Jacob Lorber en 1840, qui a l’avantage de synthétiser de manière thématique ses textes.
Ici, les numéros de page donnés [entre crochets] renvoient à l’édition suivante : Kurt Eggenstein, Le Sens caché des évangiles et l’avenir de l’humanité, Révélations du Christ à Jacob Lorber en 1840, Collection “Mystiques et religions”, édité par Devry-Livres en 1981 (publication originale traduite de l’allemand par Valdo Secrétan : Der prophet Jakob Lorber verkündet bevorstehende katastrophen und das wahre Christentum, 1979). Notons que la collection “Mystiques et religions” des éditions Devry-Livres propose également des ouvrages sur l’ésotérisme, la Bhagavad-Gîta, le yoga, le tantra, le bouddhisme ou encore le soufisme [p565].
Le 15 mars 1840, à 6 heures du matin, Jakob Lorber entend distinctement, dans sa poitrine, au niveau de son cœur, une voix intérieure lui dire : “Lève-toi, prends ta plume et écris !” S’exécutant aussitôt, il va, à partir de ce moment-là, abandonner tout projet professionnel (Lorber était musicien) ou familial pour écrire, presque sans interruption, ce que lui dicte cette voix et ce jusqu’à la fin de ses jours.
Il écrit, quasi quotidiennement, dès le matin [p21], en toute conscience, de sa propre main et en direct [p22].
Jakob Lorber dit que la voix qu’il entend est celle de Jésus Christ. Le corpus total de ces dictées, rédigées de 1840 à 1864, comprendra, en tout, plus de 20.000 pages manuscrites (équivalent à plus de 10.000 pages imprimées), réparties sur environ 25 tomes, et se nomme La Nouvelle révélation. Son contenu entend compléter, corriger et dépasser la Révélation biblique, délivrer des informations sur les structures de l’univers [p31] et les origines de l’homme, transmettre des enseignements religieux, ou encore prophétiser de grandes catastrophes, notamment si le monde n’adopte pas cette “nouvelle révélation”.
Le corpus de La Nouvelle révélation est composé de quatre catégories d’écrits :
1. Écrits sur la création :
- Saturne
- Le Soleil naturel
- Le Grand horloger
- La Maison de Dieu
2. Écrits sur l’au-delà :
- L’évêque Martin
- Robert Blum
- Le Soleil spirituel
- Scènes spirituelles
3. Écrits sur Jésus Christ :
- Le Grand évangile de Jean (10 tomes, non achevé)
4. Écrits qui se qualifient eux-mêmes de “re-révélation” de textes apocryphes ou perdus :
- L’Enfance de Jésus (inspiré du protévangile de Jacques)
- Les Trois jours dans le temple
- Lettre de Paul à la communauté de Laodicée
- Correspondance entre Agbar Ukkama, roi d’Édesse et Jésus de Nazareth
Il est important de noter qu’aujourd’hui la société d’édition Lorber-Verlag (basée à Bietigheim, dans le Land de Bade-Wurtemberg, en Allemagne), publiant les textes de Lorber, a changé ou supprimé de nombreuses pages problématiques de La Nouvelle Révélation. Pour connaître la version complète, il faut disposer de la version originale allemande qui a cessé d’être éditée.
Cette société d’édition aurait pour but de répandre le plus largement possible les messages de La Nouvelle Révélation et les catastrophes annoncées [pp27-28]. Elle aurait déjà traduit en 22 langues les textes de Lorber et rassemblerait des milliers “d’amis spirituels” appartenant à de “grandes Églises chrétiennes” [p27].
À la mort de Lorber, son œuvre inachevée fut poursuivie, quelques années après, à Trieste, par Gottfried Mayerhofer (1807-1877) qui dit percevoir à son tour la même voix intérieure lui parler et rédigea quelques ouvrages sous sa dictée.
Ses écrits comprennent notamment :
- Sermons du Seigneur
- Secrets de vie
- Secrets de création
- Marque du temps
Ces livres contiendraient, eux aussi, des prémonitions scientifiques notamment sur les “particules corpusculaires et les ondes de la lumière”, parlant de manière anticipée de la diffraction des couleurs blanche, violette et rouge de la lumière [p26].
Une théologie hérétique
La réincarnation
En s’appuyant sur La Nouvelle Révélation, Kurt Eggenstein affirme que les Pères de l’Église auraient cru à la réincarnation et que “cette ancienne tradition fut transmise depuis toujours aux initiés” [p207]. Il s’agirait de “l’ancienne et pure doctrine” [p210]. Celle-ci serait indispensable à la “lente maturation” des âmes et à la poursuite de leur “développement”, la courte vie terrestre ne permettant nullement d’atteindre “la perfection qui nous rapprocherait déjà de Dieu” [pp208-209]. Les textes de Lorber nous disent que si l’âme peut revenir sur Terre, elle se réincarne “le plus souvent dans d’autres mondes habitables” [p180 & p209].
→ Lire notre article sur la fausse théorie de la réincarnation
L’apocatastase
Les textes de Lorber nous disent que l’enfer existera jusqu’à la fin des temps [p191], mais qu’il n’y a pas de condamnation éternelle [p188]. Cette théorie, que l’on trouve pour la première fois chez Origène, se nomme apocatastase. En s’appuyant sur La Nouvelle Révélation, Kurt Eggenstein affirme que “les damnés bénéficieraient plus tard d’un pardon généreux mais que cela devait être gardé secret afin que la crainte de l’enfer empêche les croyants de pécher” [p189]. Il ajoute que “les damnés pourront quitter leur prison s’ils décident de changer et de ne plus faire le mal” [p191] et que “[Dieu] témoignera sa compassion à chacun d’entre nous, dans l’au-delà et même en enfer, à condition que les damnés reconnaissent leurs fautes et prouvent leur volonté de mieux faire” [p194].
Ces affirmations illustrent bien ce que nous avons écrit dans notre article sur l’enfer : la tactique du diable consistant à promouvoir la théorie de l’enfer vide pour assoupir notre vigilance apparaît plus subtile que celle consistant à faire croire qu’il n’existe pas.
Un satan inoffensif
La Nouvelle Révélation dit ailleurs que nous n’avons “absolument pas à craindre satan”, car il “n’a le droit de s’approcher de personne”, et présente ses ruses comme “inoffensives”, n’ayant pas la capacité de “séduire” [p148].
Mais alors qu’en est-il de satan qui s’approche de Jésus pour le tenter au désert ? Ou encore des personnes possédées que délivre Jésus, comme ces deux hommes dont les démons, une fois expulsés, entrent dans des porcs (Mt 8, 28-32) ? Ou encore des sept démons qui étaient dans Marie-Madeleine avant qu’elle ne soit libérée par Jésus (Mc 16, 9 ; Lc 8, 2) ?
Le rejet du sacrement de réconciliation
La voix qui parle à Lorber s’oppose nettement au sacrement de réconciliation (la confession) [pp257-265]. Elle lui dit ainsi qu’”il est clair qu’aucun prêtre n’a jamais pu recevoir le droit de Dieu de remettre ou de retenir des péchés même étrangers” [in Grand Évangile VIII, 43, 12-14 ; cité p260] Ailleurs, elle affirme que “l’aumône couvre la plupart des péchés et, à celui qui pardonne, il sera aussi pardonné, aurait-il autant de péchés qu’il y a de sable dans la mer et d’herbe sur la terre. Ce sont les seuls moyens pour que chaque pécheur reçoive le pardon, sans avoir à recourir à toutes sortes de confessions.” [in Les Dons du Ciel II p32 ; cité p261] “Il n’y a pas d’objection à ce que quelqu’un éprouve le besoin de se confesser librement mais, en ce cas, ne soyez jamais des confesseurs représentant Dieu mais uniquement le frère, l’ami de l’âme et du corps de votre semblable qui souffre” [in Grand Évangile VIII, 194, 7 ; cité p263]
C’est là un indicateur clair de la marque du démon.
Tout homme, parce que héréditairement marqué par le péché originel et pécheur, a besoin de la Miséricorde de Dieu pour être sauvé. Or, Jésus nous a donné le sacrement de réconciliation comme moyen de Sa Miséricorde. Le dénier c’est prendre le risque de se présenter devant lui, au soir de notre vie, l’âme alourdie de nombreux péchés, potentiellement mortels.
Jésus dit à ses disciples : “Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus.” (Jn 20, 22-23)
Les autres points hérétiques
La voix qui dicte sa pensée à Lorber :
- dénonce la doctrine du purgatoire [p182] ;
- dit que le ciel et l’enfer ont chacun trois degrés (au lieu de sept) [p182] ;
- nie le jugement dernier [p205] ;
- nie la résurrection des morts [p205] ;
- affirme qu’une transformation de l’âme, en bien ou en mal, est encore possible dans l’au-delà [p184] et que même, après la vie terrestre, les âmes des “êtres diaboliques les plus réprouvés sur terre” peuvent être “éduqués et redressés” [p187].
Une attaque constante et systématique contre l’Église catholique romaine
Imitant l’approche protestante classique, les textes de Lorber entendent opposer les premiers chrétiens à l’institution catholique post-Justinienne [p188]. Les évêques de l’antiquité et Saint Augustin auraient “falsifié et inversé le sens des Évangiles” nous dit Kurt Eggenstein [p187].
La Nouvelle Révélation affirme que les textes bibliques connurent des “falsifications successives” et furent “réellement transformés” [p119].
Kurt Eggenstein résume : “La Nouvelle Révélation est l’ouverture du sceau de l’Évangile. Cette révélation doit purifier l’enseignement attribué à Jésus et annoncer aux hommes des derniers temps le véritable message du Christ.” [p123] Ce programme apparaît comme une énième tentative du démon de détourner les humains de la Bible et de l’Église catholique. La Nouvelle Révélation est une œuvre gnostique promettant de dévoiler une connaissance connue des initiés et sciemment cachée par l’Église catholique pour servir ses intérêts.
On ne semble jamais y trouver une critique des églises protestantes ou des autres religions.
Le pasteur réformé Herman Luger semble être l’un des seuls ministres chrétiens à avoir vu la main de Dieu dans l’œuvre de Lorber [p15].
Des critères de discernement défaillants
Les partisans de Lorber affirment que les dictées qu’il rédigea viennent nécessairement de Dieu en raison de deux critères :
- Lorber ne possédait pas ces connaissances par lui-même,
- et certaines de ces connaissances contiendraient des faits scientifiques qui n’auraient été découverts qu’une centaine d’années plus tard [p14]. Par exemple : la transformation de l’eau en glace lorsque celle-ci est soumise à une haute pression, l’invention de la télégraphie ou encore les vols intercontinentaux [p77].
Il est intéressant de noter que les musulmans cherchent également à accréditer l’islam par les prétendus “miracles scientifiques du Coran”.
Or, ces deux seuls critères sont nettement insuffisants puisque le diable possède ce genre de connaissances et peut les transmettre. (D’ailleurs, nous verrons que les textes de Lorber sont loin d’être si scientifiquement élevés que ce qu’en disent ses adeptes.)
Ces pourquoi, les prêtres catholiques utilisent des critères de discernement plus nombreux et plus exigeants. Voici les cinq points qui doivent tous être cumulés pour authentifier une provenance divine :
- Les communications reçues doivent être conformes à la foi catholique et exemptes d’erreurs doctrinales et morales ;
- Le charisme doit produire des fruits spirituels abondants et constants (ex : conversions ; miracles confirmatifs durables), et une saine dévotion ;
- Les qualités morales de la personne qui reçoit le charisme sont avérées, dans le cas contraire l’événement provoque sa conversion ;
- Les dons extraordinaires ne doivent pas être témérairement recherchés par la personne qui en dispose, par exemple en vue d’être adulée. Le charisme reçu peut disparaître à tout moment ;
- Le charisme ne doit pas servir les intérêts personnels de la personne qui le reçoit (gloire, enrichissement), mais l’unité et l’édification de l’Église.
Une morale hasardeuse
On peut lire :
- Dans Terre et Lune : “Un juif, tel qu’il est actuellement, est entièrement un cochon ; déjà son apparence extérieure témoigne à tout le monde de quelle espèce animale cette race humaine fait partie. En général, un juif ressemble à un cochon, et il pue comme un cochon […].” [chapitre 74, 9-11]
- Dans Le Grand Évangile de Jean : “Punissez vos enfants quand ils rient ; il vaut mieux les entendre pleurer que rire ! Car le rire provient de l’enfer.” [tome 1, chapitre 169, 18].
Selon La Nouvelle Révélation :
- le viol ou l’adultère ne constituent pas des péchés contre la chasteté lorsque le but est la procréation d’un enfant [source] ;
- le rapport sexuel conjugal est une faute contre la chasteté si la femme y trouve du plaisir [source] ;
- lorsqu’il était enfant, Jésus aurait maudit un autre enfant qui l’avait dérangé dans son jeu, en conséquence de quoi ce dernier aurait été estropié [source ; notons que ce passage a été supprimé de la traduction française] ;
De nombreuses erreurs scientifiques et factuelles
Voici quelques passages problématiques de La Nouvelle Révélation.
Lorber écrit que :
- la planète Terre aurait, au pôle Nord, un trou de plusieurs dizaines de miles lui servant de bouche et, au pôle Sud, un second trou lui servant d’anus par lequel elle éliminerait ses excréments. Il affirme ailleurs que les êtres humains ne pourront jamais atteindre ces deux pôles ;
- les oiseaux voleraient à l’aide d’hydrogène (comme les ballons à hydrogène de son époque) ;
- Mars n’aurait pas de satellite (car qu’il est possède deux en réalité : Phobos et Déimos) ;
- la surface de la Lune serait constituée par une masse spongieuse similaire à de l’écume de mer solidifiée ;
- la face cachée de la Lune serait peuplée par des humains, des plantes et des animaux (des espèces aquatiques, des moutons de Lune et des oiseaux) ;
- des rivières et des lacs se trouveraient sur la Lune, et la fonte des neiges y provoquerait des inondations ;
- Saturne serait en majeure partie recouverte d’eau, avec de grandes étendues de glace et des neiges éternelles à ses deux pôles. Ses terres émergées seraient des îles immenses situées dans la partie médiane pouvant subir des raz de marées, et possédant de très hautes montagnes ;
- Saturne aurait une végétation composée d’arbres gigantesques et d’herbe bleue, ainsi qu’une faune exotique parmi laquelle on trouverait le poisson Bisorhiohiohio, l’éléphant Sisterkihi, l’ours bleu Ihur, le lion Horud, l’antilope Zigst aussi appelée “pied-pointu”… et des êtres humanoïdes.
On comprend pourquoi la société d’édition Lorber-Verlag a retiré 11 chapitres consécutifs de l’édition originale du volume Terre et Lune (malgré ce qu’affirme la préface de la 6ème édition).
Satan qui n’aime personne, pas même ceux qui le servent, semble s’être bien joué de Jakob Lorber en l’humiliant même sur ces points assez triviaux.
La Nouvelle Révélation contient également une foule de détails factuellement faux qui feront sourire les lecteurs de Maria Valtorta. Ainsi, selon ces textes :
- Joseph aurait eu plus de 70 ans lors de la fuite en Égypte [p273] – cela veut dire que plus de 50 ans le séparait de la Vierge Marie, ce qui est aberrant ;
- La Sainte Famille serait sortie d’Israël par le nord pour fuir Érode, puis aurait pris un bateau à Tyr pour gagner l’Égypte [p273] ;
- La Sainte Famille se serait établie à Ostrazine, en Égypte [p273] (en réalité à Matarea) ;
- L’apôtre Philippe aurait était célibataire (en réalité il était marié et avait deux filles) [p277] ;
- La Vierge Marie aurait attendu, comme tous, un Messie politique vainqueur des Romains [pp277-278].
La technique du cheval de Troie ou du ver dans la pomme
La voix qui dicte sa volonté à Lorber est suffisamment astucieuse pour enrober le faux dans du vrai afin d’atteindre son but premier : éloigner les âmes des sacrements du salut.
Pour ce faire, elle n’hésite pas à développer plusieurs éléments sensés. Ainsi, elle :
- critique les excès de “la science matérialiste” [p63] ;
- dénonce la théorie évolutionniste [p153] et affirme que l’ensemble de l’humanité descend d’un couple original unique [p155] ;
- dénonce les abus de “la critique scientifique de la Bible” [p121] ;
- met en garde contre “les faux prophètes” [p29]. (Cela rappelle fortement les emails de phishing ou d’hameçonnage dans lesquels les pirates informatiques, se faisant passer pour un organisme connu en vue de soutirer des données bancaires, ajoutent une ligne de mise en garde contre les fraudes en ligne.)
Cette technique du cheval de Troie ou du ver dans la pomme fonctionne, dans une certaine mesure, puisque les livres de Lorber sont facilement disponibles, y compris à La Procure – une entreprise fondée l’abbé Henri Delépine en 1898 qui, aujourd’hui, se veut être “la première librairie en Europe dans le domaine des religions et la librairie de référence pour le christianisme“.
Ce texte est dangereux pour les lecteurs sans assise catéchétique solide leur permettant de repérer les mensonges qui l’émaillent. Pour preuve, Lorber a fait de nombreux adeptes, dont certains très actifs sur Internet.
Conclusion
En affirmant que le diable est inoffensif, que les damnés peuvent quitter les tourments de l’enfer s’ils choisissent de changer, que les âmes auront le temps de se sanctifier dans leurs nombreuses vies à venir et que le sacrement de réconciliation ne fut pas désiré par Jésus Christ, la voix qu’entendait Lorber travaillait à endormir les lecteurs face à l’enjeu imminent de leur salut au cours de leur unique vie terrestre.
Ce qui est le plus troublant dans l’œuvre de Jakob Lorber n’est pas qu’elle soit fausse (nos bibliothèques municipales regorgent de choses fausses). Mais bien que Lorber lui-même – et des milliers de personnes après lui – aient pu y croire avec certitude, en faire leur boussole spirituelle et continuent, aujourd’hui, à investir une énergie considérable dans sa diffusion.
Ce constat doit être une invitation puissante à la recherche intransigeante de la vérité.
Certains pourront se demander comment Dieu a-t-il pu laisser Jakob Lorber s’égarer si loin, si longtemps ? Dieu qui est Amour veut tous nous sauver. Il n’oublie pas la brebis perdue au point de laisser celles qui sont à l’abri pour se mettre à sa recherche (Lc 15, 4-6). Il est donc certain que Dieu a dû mettre sur la route de Lorber des hommes, des lectures et des signes pour le sortir de ce guêpier. Toutefois l’homme, non diminué psychologiquement, est libre. Et si, malgré les efforts du Seigneur pour ramener Lorber dans son bercail, celui-ci s’est obstiné à lui préférer la voix qui lui dictait des hérésies jusqu’au terme de sa vie, cela ne peut être la faute de Dieu.
Une lueur d’espérance tout de même : selon ses partisans, Lorber aurait reçu, dans son agonie, les derniers sacrements catholiques ; peut-être a-t-il ainsi échappé in extremis à la voix qui pensait avoir définitivement mis le grappin sur lui ?