L’aigle Saint Jean visé par les flèches de l’Ennemi

TABLE -

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Qui est Saint Jean ?

En se basant sur la Bible, les écrits des premiers chrétiens et la Tradition, l’Église enseigne, depuis toujours, que Jean est le fils de Zébédée, un patron de pêche galiléen (Mc 1, 19-20), et de Marie-Salomé. Il est disciple de Jean-Baptiste. Puis, il devient, avec son grand frère Jacques, l’un des douze apôtres du Christ avec qui il vit durant trois ans. Il est le plus jeune de ses apôtres. Il écrivit le quatrième évangile, les trois épîtres de Jean et le livre de l’Apocalypse.

Il est “le Théologien”, l’aigle qui est allé plus loin que tous les autres, le père des contemplatifs à l’école de Marie, celui qui clôt la Révélation publique.

Plusieurs points le singularisent. Il est :

  • Le plus jeune des apôtres.
  • Le seul apôtre présent au pied de la Croix.
  • Le seul auteur présent dans la Bible à révéler explicitement que “Dieu est amour“.
  • Le seul apôtre à ne pas avoir fondé d’église.
  • Le seul apôtre à ne pas être mort martyr.

Thèse : Les textes de Saint Jean présents dans le Nouveau Testament auraient été rédigés par Jean le Presbytre

La thèse

Parmi les nombreuses spéculations que charrie la théologie libérale, l’une d’entre elles, apparue à la fin du XVIIIème siècle, a le vent en poupe.

Voici ce qu’elle dit :

L’apôtre Jean et le “disciple bien-aimé” (mentionné dans l’évangile selon Saint Jean) seraient deux personnes distinctes. Le corpus johannique (le quatrième évangile, les trois épîtres de Jean et le livre de l’Apocalypse) n’aurait pas été rédigé par l’apôtre Jean, mais par Jean le Presbytre (aussi dit “Jean l’Ancien”), qui se serait auto-désigné sous le vocable “disciple bien-aimé”.

Les théoriciens de la thèse

Cette thèse semble avoir été émise la première fois par le théologien anglais Edward Evanson.

Puis, elle fut reprise par des protestants allemands : E. F. Vogel, C. G. Bretshneider, E. Lutzelberger, Strauss, Baur, Wendt, Spitta, Von Soden, Von der Goltz, Welhausen, Schwartz, et par les luthériens Adolf von Harnack (1851-1930) et Oscar Cullmann (1902-1999).

Puis, elle fut reprise par d’influents exégètes catholiques tels que Dodd (1960) et Brown (1990).

Nous pouvons encore mentionner : le père Jean Colson (1734-1801), François Le Quéré (1919-2012 ; il écrit : Recherches sur saint Jean, Qui est Jean ? Le quatrième évangile, la première Épître de saint Jean, l’Apocalypse, préface de Mgr René Laurentin, éditions F. X. de Guibert, 1994), Joseph A. Grassi (1922-2010), James H. Charlesworth, Xavier Léon-Dufour, Bernard Quilliet, le père Thomas Kowalski (l’exégète favori de Mgr Jean-Marie Lustiger et l’un des piliers de l’École cathédrale de Paris), le père Henry de Villefranche, l’écrivain Jean-Christian Petitfils (1944-), l’écrivain agnostique Bart D. Ehrman (1955-), l’écrivain gnostique Jean Staune (1963-), etc.

Ces auteurs partagent un goût prononcé pour le rationalisme, le modernisme et la critique historique (le “Jésus historique”).

Le pape Benoit XVI lui-même, à titre privé, penche en faveur de cette thèse dans son livre Jésus de Nazareth, et soutient que la deuxième et la troisième lettres de Saint Jean (2 Jn & 3 Jn) furent rédigées par Jean le Presbytre.

Benoit XVI écrit ainsi : “Beaucoup d’exégètes parlent d’une école Johannique qui serait dirigée par un “prêtre Jean” très proche de l’apôtre, il existait, à Éphèse, une sorte d’école johannique qui se réclamait du disciple bien-aimé de Jésus, mais où cependant un certain “prêtre Jean” était l’autorité déterminante. Ce “prêtre” Jean apparaît dans la deuxième (1, 1) et la troisième Lettre (1, 1) de saint Jean comme expéditeur et auteur de la Lettre, mais simplement sous le titre “le prêtre” (l’Ancien), sans indiquer le nom de Jean. Manifestement, il n’est pas identique à l’apôtre, et ainsi nous rencontrons ici, expressément dans le texte canonique, la figure mystérieuse du prêtre. Il a dû être très proche de l’apôtre et il a peut-être même connu Jésus lui-même. Après la mort de l’apôtre, il passait tout à fait pour le porteur de son héritage. Dans la mémoire, les deux figures ont fini par se confondre. En tout cas, nous pouvons attribuer au “prêtre Jean” une fonction essentielle dans la rédaction définitive de l’Évangile, lors de laquelle il se savait toujours le dépositaire fidèle de la tradition transmise par le fils de Zébédée.” (Benoit XVI, Jésus de Nazareth)

Cette thèse connut un tel succès qu’aujourd’hui la plupart des exégètes catholiques y adhèrent.

Les arguments de la thèse

Les défenseurs de cette thèse s’appuient sur les arguments suivants :

  • Un argument de classe affirmant qu’un simple pêcheur galiléen ne peut pas :
    • connaître la servante du grand-prêtre,
    • être si avancé spirituellement,
    • écrire le grec.
  • Un argument d’autorité soutenant que si le disciple bien-aimé était assis à côté de Jésus lors de la dernière Cène, c’est parce que celle-ci se déroulait chez lui.
  • Un argument testamentaire se basant sur un témoignage attribué à Saint Papias, évêque d’Hiérapolis (Phrygie), au IIème siècle.

Nous détaillerons ces arguments plus loin.

Anti-thèse : La tradition chrétienne et l’Église sont unanimes sur le fait qu’il n’y a qu’un seul Jean, apôtre et rédacteur du quatrième évangile

La tradition chrétienne et l’Église ont toujours reconnu l’apôtre Jean comme le rédacteur du quatrième évangile. Ainsi :

  • les traditions apostoliques
  • les traditions locales
  • les pères de l’Église
  • les docteurs de l’Église
  • les saints
  • les mystiques
  • les apparitions de Saint Jean avec la Vierge Marie (16 recensées au total)
  • les liturgies
  • les martyrologes
  • les litanies des saints

… sont tous unanimes sur le fait que l’apôtre Saint Jean et l’auteur du corpus johannique sont une seule et même personne.

Les témoignages antiques sont formels

Témoignages du IIème siècle

Saint Irénée de Lyon se décrit lui-même comme le disciple de Polycarpe de Smyrne, lui-même disciple de l’apôtre Jean. Cette transmission en ligne directe explique la sagesse mariale de Saint Irénée : Marie, l’Ève nouvelle.

Saint Irénée de Lyon : “Après les autres disciples, Jean, le disciple du Seigneur qui reposa sur sa poitrine, publia lui aussi un évangile alors qu’il demeurait à Éphèse en Asie.” (Contre les Hérésies, III, 1, 1 ou 2?, an 180].

Saint Irénée de Lyon : “Cette foi a été annoncée par Jean, disciple du Seigneur. Il voulait par l’annonce de l’Évangile, enlever l’erreur qui avait été semée parmi les hommes par Cérinthe.” (Contre les Hérésies, III, 11, 1, an 180) Cérinthe aurait été un maître gnostique contemporain de Saint Jean.

Fragment de Muratori (vers 160-170) : “Le quatrième évangile est de Jean, l’un des disciples”

Prologue anti-marcionite (vers 170) : “L’apôtre Jean, que le Seigneur aimait beaucoup, a écrit en dernier cet évangile à la demande des évêques d’Asie contre Cérinthe et d’autres hérétiques, principalement contre la doctrine naissante des ébionites” (source)

Saint Papias affirmait au tout début du deuxième siècle que Saint Jean était bien l’auteur du quatrième évangile : “L’évangile de Jean a été publié et donné aux églises par Jean encore vivant dans la chair ; comme Papias nommément, de Hierapolis […] le rapporte” (Ancien prologue à Jean, tiré du codex Vaticanus Reg. Lat. 14)

Témoignages du IIIème siècle

Tertullien vers 210 (Contre Marcion IV, 2) : “Parmi les apôtres, Jean et Matthieu nous enseignent la foi”

Origène : “Quant à moi, j’estime que, même si les quatre évangiles sont comme des éléments de la foi de l’Église et qu’à partir d’eux, il apparaît que ce monde tout entier a été réconcilié avec Dieu par le Christ […] l’évangile de Jean nous est donné comme prémices des évangiles. […] Osons donc dire que l’évangile constitue les prémices de toutes les écritures, et que l’évangile transmis par Jean est prémices des évangiles.” (Commentaire sur l’évangile de Jean, I, 21-25, Sources Chrétiennes, n°120, éditions du Cerf, p.69)

Clément d’Alexandrie : “Cependant Jean, le dernier, voyant que le côté matériel avait été mis en lumière dans les évangiles, poussé par les disciples et divinement inspiré par l’Esprit, fit un évangile spirituel. Voilà ce que dit Clément.” (Hypotyposes, cité par Eusèbe, Histoire Ecclésiastique VI, XIV,7)

Témoignages du IVème siècle :

Saint Jérôme : “l’apôtre que Jésus-Christ aimait le plus, était fils de Zébédée et frère de Jacques, apôtre, à qui Hérode fit trancher la tête après la Passion du Seigneur. À la demande des évêques d’Asie, il écrivit le dernier son évangile, pour combattre Cerinthus et la secte naissante des ébionites, qui soutenait que le Christ n’existait pas avant Marie. Ce fut le motif qui le détermina à proclamer hautement la naissance divine du Sauveur.” (De viris illustribus, 9)

Épiphane : “En quatrième, Jean, marquant comme l’achèvement, se montra l’interprète d’une nature et condition plus sublime dans le Christ et de sa divinité éternelle.” (Contre les Hérésies, 2, 69, 23)

Eusèbe de Césarée : “En ce temps en Asie, survivait encore Jean, celui que Jésus aimait, qui fut à la fois apôtre et évangéliste.” (Histoire Ecclésiastique, III, XXIV)

Avancer par déduction

Jean tient une place privilégiée parmi les apôtres

La Bible nous montre que Jean tient une place privilégiée parmi les apôtres.

En effet :

Jean forme un binôme avec Pierre dans les évangiles synoptiques et dans les Actes des Apôtres (10 exemples).

Jean fait partie – avec son grand frère, Jacques le Majeur, et Simon-Pierre – des trois apôtres que Jésus prend avec lui lors de moments particulièrement intenses (trio d’intimité). Ainsi, eux seuls sont présents :

  • à la résurrection de la fille de Jaïre
  • à la Transfiguration de Jésus sur le Mont Thabor (Mt 17, 1-9 ; Mc 9, 2-13 ; Lc 9, 28-36)
  • à l’agonie de Jésus au jardin des Oliviers, la veille de sa crucifixion

Paul présente Jean comme étant l’une des trois colonnes de l’Église, aux côtés de Pierre et de Jacques le mineur (Ga 2, 9).

Or, parmi ces trois apôtres privilégiés, le qualitatif “disciple bien-aimé” ne peut pas désigner :

  • Jacques le Majeur, puisqu’il est mort martyrisé pour sa foi sous Hérode vers 42 (Ac 12, 2) et que l’auteur du quatrième évangile – qui se présente comme étant le disciple bien-aimé (Jn 21, 20 & 24) – l’écrivit une cinquantaine d’années plus tard.
  • Simon-Pierre, puisqu’il est explicitement distingué du disciple bien-aimé qui est jeune et court plus vite que lui (Jn 21, 20).

Après la Passion, Jean fit partie des sept apôtres retournés en Galilée et auxquels Jésus se manifesta, ressuscité, “sur le bord de la mer de Tibériade” (Jn 21, 1-2).

Tous ces passages bibliques placent l’apôtre Jean comme le deuxième personnage le plus important après Simon-Pierre. Or, si Jean n’est pas le disciple bien-aimé dans l’évangile qui porte son nom, il en serait tout à fait absent et sans aucun rôle (hormis en Jn 21, 2 où il est simplement listé parmi les présents).

Le disciple bien-aimé tient une place privilégiée dans l’évangile de Jean

L’évangile de Jean nous apprend que le disciple bien-aimé :

  • est l’un des douze apôtres (puisqu’il n’y avait qu’eux avec Jésus lors de la dernière Cène, selon Mt 20, 17 ; Mt 26, 20) ;
  • pose sa tête sur la poitrine du Seigneur lors de la Cène (Jn 13, 25 ; Jn 21, 20) ;
  • est l’intime de Jésus que les autres sollicitent pour obtenir une réponse du Maître (à la Cène, Pierre lui demande de poser une question à Jésus) ;
  • est au pied de la Croix et y reçoit Marie pour mère (Jn 19, 25-27) ;
  • au moment de la Résurrection, il court au tombeau avec Pierre et fut le premier “à voir et à croire” ;
  • fait partie des sept disciples qui ont vu Jésus ressuscité en Galilée (Jn 21). Le Lac de Tibériade : “c’est le Seigneur” – “et lui ? Si je veux qu’il demeure” ;
  • a écrit le quatrième évangile.

En somme, le disciple bien-aimé y tient une place considérable. S’il s’agissait d’un treizième disciple (et non de l’apôtre Jean), il serait alors totalement et mystérieusement absent des autres textes du Nouveau Testament.

L’absence de marqueur nominatif

Lorsque deux personnages portent le même prénom, les rédacteurs leur adjoignent un marqueur nominatif pour prévenir toute confusion. Ainsi :

  • Puisqu’il y a deux Jacques, les rédacteurs parlent de “Jacques le Majeur” et de “Jacques le Mineur”.
  • Puisqu’il y a deux Jude, les rédacteurs parlent de “Jude” et de “Judas Iscariote”.
  • Puisqu’il y a plusieurs Marie, les rédacteurs parlent de “Marie de Nazareth”, de “Marie femme d’Alphée et fille de Clophas” et de “Marie de Magdala”.
  • Puisqu’il y a deux Jean, les rédacteurs parlent de “Jean le Baptiste” et de “Jean” (l’apôtre).

Or, le quatrième évangile est le seul à nommer Jean le Baptiste directement “Jean”. En effet, ici, un marqueur nominatif s’avère inutile puisque l’autre Jean est l’auteur même du texte.

Qui reçoit Marie pour Mère ?

Joseph étant déjà décédé au moment de la Passion et Jésus étant fils unique, celui-ci confie sa mère à la personne en laquelle il a le plus confiance. Il la choisit donc parmi ses apôtres et, au sein d’eux, parmi par les trois privilégiés (Simon-Pierre, Jacques le Majeur et Jean). Or, Pierre s’est enfui et que Jacques le Majeur sera bientôt le premier des Douze à mourir martyr. Le choix de Jésus se porte sur Jean.

Une cohérence rédactionnelle

Les textes formant le corpus johannique (le quatrième évangile, les trois épîtres de Jean et le livre de l’Apocalypse) partagent une grande proximité de style, de thèmes et de vocabulaire. Ainsi, les termes “Verbe” de Dieu, “au commencement”, “Je suis”, “garder les commandements”, “Femme” (pour désigner Marie), le diable menteur ou homicide “dès l’origine”… sont présents dans tous les écrits johanniques et nulle part ailleurs.

Déductions à partir des éléments contenus dans le texte du quatrième évangile

L’auteur du quatrième évangile est juif

Le quatrième évangile regorge de références aux écritures et aux croyances juives :

  • L’attente du Messie,
  • L’hostilité entre les juifs et les samaritains,
  • Lien entre le sabbat et la circoncision (Jn 4, 9),
  • Croyance que le Messie vivra pour toujours (Jn 7, 22),
  • Plus d’une vingtaine de renvois à l’Ancien Testament (Jn 12, 34 ; Is 9, 7),
  • Les citations y sont plus proches de l’hébreu ou de l’araméen que de la septante grecque.

L’auteur du quatrième évangile est originaire de Palestine

L’auteur du quatrième évangile connaît très bien les localités et la topographie :

  • Jn 2, 11-12 : Il précise que Jésus “descend” de Cana de Galilée vers Capharnaüm, ce qui est exact puisque l’altitude de Cana de Galilée est supérieure d’environ 400 mètres à celle de Capharnaüm ;
  • Jn 4, 46-47 : Idem, Jésus “descend” bien à Capharnaüm ;
  • Jn 5, 1 : Jésus “monte” de Cana de Galilée à Jérusalem, ce qui est exact puisque l’altitude de Jérusalem est supérieure d’au moins 580 mètres à celle de Cana de Galilée ;
  • Jn 11, 18 : Description exacte de Béthanie “tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ)” ;
  • Jn 5, 2 : Description exacte de la piscine de Bethzatha (ou Bethesda) et de ses cinq colonnades (ou portiques) excavées par fouilles archéologiques dans les années 1950.
  • Jn 10, 23 : Mention exacte de la colonnade de Salomon dans le Temple de Jérusalem ;
  • Jn 6, 1, Jn 6, 23, Jn 21, 1 : Il est le seul évangéliste à parler de Tibériade (Hérode finit la construction de cette ville en l’an 20 après Jésus-Christ) ;

Sa description très précise de l’eau révèle qu’il est probablement un pêcheur.

  • Il écrit avant la destruction de Jérusalem (70 ap JC)

L’auteur du quatrième évangile est un témoin oculaire

L’auteur du quatrième évangile affirme être un témoin oculaire de la vie de Jésus, ce qui lui permet de donner :

  • des noms précis de personnes ;
  • des détails précis sur les événements ; par exemple : “Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus. Il n’était pas encore entré dans le village, mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré. Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie et la réconfortaient, la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ; ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer. Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds […]” (Jn 11, 29-32) ;
  • des détails précis sur les lieux : “il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit” (Jn 6, 10) ;
  • des indices temporels précis : les 6 jours avant la Pâque lorsque Jésus revint à Béthanie (Jn 12, 1) ; “10 heures” ; “6 heures” ; “7 heures” ; “il faisait nuit” ; “tôt le matin” ; “le soir” ; “la nuit” ; etc.
  • des détails précis sur les choses : type de pains disponibles lors de la multiplication de pains ; type de palmes employé lors de l’entrée triomphale à Jérusalem ; type de feu après duquel se chauffe Pierre ; tunique sans couture ; etc.
  • des nombre précis : les 6 jarres contenant 2 à 3 mesures chacune lors du miracle à Cana (Jn 2, 6) ; les 46 années pour reconstruire le Temple (Jn 2, 20) ; les 5 ex-maris de la Samaritaine (Jn 4, 18) ; les 38 ans de cécité du paralytique (Jn 5, 5) ; les 25 et 30 stades qu’avaient parcouru les apôtres lorsqu’il virent Jésus venir vers en eux en marchant sur l’eau (Jn 6, 19) ; les 4 jours depuis lesquels Lazare était mort (Jn 11, 17) ; les 300 pièces d’argent que valait le parfum utilisé par Marie Madeleine (Jn 12, 5) ; les 153 poissons de la pêche miraculeuse (Jn 21, 11) ; etc.

L’auteur du quatrième évangile est l’un des Douze apôtres

L’auteur du quatrième évangile connaît les apôtres intimement. Ainsi, il connaît :

  • les détails de leur appel ;
  • leur voyage en Samarie ;
  • leurs réactions, leurs pensées, leurs émotions, leurs incompréhensions (“De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ?”, Jn 1, 46) ;
  • ce qu’ils ont dit à Jésus et ce qu’ils ont échangé entre eux.

Il connaît des détails du quotidien de Jésus : toutes ses visites à Jérusalem ; là où Jésus irait pour être à l’écart, etc.

Déduction à partir des éléments contenus dans le texte du livre de l’Apocalypse

L’auteur du livre de l’Apocalypse ne connaît pas d’autres apôtres que ceux formant le collège des Douze institué par Jésus. Or, au chapitre douze, il voit et écrit que “la muraille de la ville reposait sur douze fondations portant les douze noms des douze Apôtres de l’Agneau.” (Ap 21, 14)

Réponses aux objections de la thèse du treizième disciple caché

Objection 1 : Un pêcheur galiléen ne peut pas écrire quelque chose d’aussi profond

Les partisans de la thèse du treizième disciple caché avancent qu’un pêcheur galiléen n’aurait pas été en mesure d’écrire des textes aussi profonds.

Cet argument repose sur un postulat de classe grotesque selon lequel un individu né dans un milieu populaire serait condamné à la médiocrité.

Dans le cas de l’apôtre Jean, rappelons qu’il fut à l’école des trois meilleurs “professeurs” possible :

  • il fut disciple de Jean-Baptiste pendant trois ans,
  • puis de Jésus pendant trois ans,
  • puis de Marie pendant une vingtaine d’années.

Rappelons que Jésus est Dieu ; que Marie est Immaculée et pleine de grâce ; et que Jésus estimait beaucoup Jean[-Baptiste] (“parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne n’est plus grand que [lui]” Lc 7, 28).

Puis, l’apôtre Jean passa encore une quarantaine d’années à méditer, à prier et à transmettre la foi à ses disciples (dont Polycarpe de Smyrne).

Doit-on s’étonner que le summum de la formation spirituelle et de mise en pratique produise le summum des écrits spirituels ? C’est l’inverse qui serait suspect.

Le fait que Jean soit encore très jeune lorsqu’il rencontre Jésus est un avantage. En effet, il n’est pas encore engoncé dans une doctrine, des certitudes, voire des fausses croyances trop humaines, et peut plus facilement épouser la logique de Dieu, qui ne s’apprend pas de la sagesse humaine, mais de l’Esprit (1 Co 2, 13). Sa pureté qui lui confère cet accès privilégié à la grâce divine qui fait défaut à la plus part des pharisiens, sadducéens, scribes et docteurs de la loi. Nous voyons combien le rabbi Gamaliel peine à reconnaître Jésus, en dépit de sa sagesse et de son érudition.

Après l’Effusion de la Pentecôte, Jean n’est plus un simple pêcheur. Il est habité par l’Esprit Saint.

Exemple :

Il fut donné à l’apôtre Saint Jean de prophétiser à la Vierge Marie son Assomption, une intuition qu’il justifia par ces mots : “Moi, je suis un pauvre pêcheur ignorant. En fait de doctrine et d’Écritures, je ne sais rien d’autre que ce que le Maître m’a enseigné. Pourtant je suis comme un enfant, car je suis pur. Et grâce à cela, peut-être, j’en sais plus que les rabbis d’Israël parce que, comme il l’a dit, Dieu cache les choses aux sages et il les révèle aux petits, aux purs.” (Valtorta, 642.8)

Objection 2 : Un pêcheur galiléen ne peut pas connaître la servante du grand prêtre

Les partisans de la thèse du treizième disciple caché soutiennent qu’un pêcheur galiléen appartient à une catégorie sociale qui ne lui permet pas de connaître la servante du grand prêtre.

Voici ce que nous savons. Jean travaille avec son père, Zébédée, un patron de pêche ayant des “ouvriers” (Mc 1, 20). En raison de son activité professionnelle, Jean était amené à se rendre régulièrement à Jérusalem pour livrer le poisson pêché dans le lac de Tibériade. Il est probable qu’il avait parmi ses clients des notables de la ville et qu’à ce titre il connaisse leurs serviteurs. Cette possibilité est confirmée par les visions de Maria Valtorta :

  • On apprend que les grands-parents de l’apôtre Jean vivent à Jérusalem et qu’il y a dans leur “maison, un continuel va-et-vient de pêcheurs de Génésareth”. (Valtorta, 25.3)
  • L’apôtre Jean explique à Jésus : “Moi, je connais Hanne et Caïphe. Ma famille a avec eux des rapports d’affaires et, quand j’étais en Judée, à cause de Jean-Baptiste, je venais aussi au Temple ; ils se montraient gentils avec le fils de Zébédée. Mon père leur réserve toujours le meilleur poisson ; c’est la coutume, sais-tu ? […] si tu es d’accord, je parlerai de toi au grand prêtre.” (Valtorta, 70.4)
  • Jacques le Majeur, le grand frère de Jean, confirme cette ancienne connaissance : “quand nous monterons à Jérusalem, j’enverrai mon frère chez Hanne. Je pourrais y aller, moi aussi, car je connais bien ce vieux renard. Mais Jean sait mieux s’y prendre. Et Hanne l’aimait bien autrefois, quand on écoutait les paroles de ce vieux loup, en le prenant pour un agneau ! J’enverrai Jean. Lui saura supporter même des insultes sans réagir.” (Valtorta, 566.8)
  • L’apôtre Jean dit à Jésus : “Maître, moi aussi je voudrais y aller, car je l’ai promis, moi aussi. J’ai des amis chez Hanne” (Valtorta, 582.4)
  • Infos complémentaires sur l’apôtre Jean dans les visions de Maria Valtorta.

Objection 3 : Un pêcheur galiléen ne pouvait pas écrire en grec

Les partisans de la thèse du treizième disciple caché avancent que, puisque le quatrième évangile fut rédigé en grec, son rédacteur ne peut pas être rédigé par un pêcheur galiléen.

Il est tout à fait possible que Jean (jeune et intelligent) ait appris à parler, lire et écrire le grec au cours des dizaines d’années qu’il passa au sein de cette culture avant de rédiger son évangile. Dans le cas contraire, rien ne l’aurait empêché de se faire aider dans sa rédaction par un disciple grec, comme le fit Saint Pierre avec Saint Marc.

Le Magistère de l’Église catholique est formel

La Révélation publique est close avec la mort du dernier apôtre (Jean). Par conséquent, si l’évangile selon Saint Jean avait été écrite par un autre auteur, décédé avant la rédaction de l’Apocalypse, alors l’Apocalypse n’appartiendrait plus au dépôt de la Révélation publique. Or, le Concile de Tolède a clos ce débat en 633 en affirmant que l’Apocalypse est de Jean l’évangéliste.

Les mystiques catholiques sont formels

Les trois mystiques catholiques ayant la vision complète de la vie de Jésus – Marie d’Agréda au XVIIème, Anne Catherine Emmerich au XIXème et Maria Valtorta au XXème siècle (464.17 ; 468.1) – ont toutes confirmé qu’il n’y avait qu’un seul Jean dans la troupe apostolique et que Jean l’apôtre, Jean l’évangéliste et le “disciple bien-aimé” étaient une seule et même personne.

Révélation privée :

Jésus : “Entre-temps, je te dis que, si vous faites une œuvre régulière, vous devez placer l’épisode de mercredi (20 septembre 1944) un an avant ma mort, car il tombe à l’époque de la moisson de ma trente-deuxième année.
Des nécessités de réconfort et d’instruction pour toi, ma bien-aimée, et pour d’autres, m’ont contraint à suivre un ordre spécial pour donner les visions et les dictées qui s’y rapportaient. Mais je vous indiquerai, au moment voulu, comment répartir les épisodes des trois années de vie publique.
L’ordre des évangiles est bon, mais pas parfait chronologiquement parlant. Un observateur attentif le remarque. Celui qui aurait pu donner l’ordre exact des faits — puisqu’il est resté avec moi depuis le commencement de l’évangélisation jusqu’à mon ascension —, ne l’a pas fait. En effet Jean, en vrai fils de la Lumière, s’est occupé et préoccupé de faire briller la Lumière à travers son vêtement de chair aux yeux des hérétiques qui attaquaient la réalité de la Divinité enfermée dans une chair humaine. Le sublime évangile de Jean a atteint son but surnaturel, mais la chronique de ma vie publique n’en a pas été aidée.
Les trois autres évangélistes sont semblables en ce qui concerne les faits, mais ils altèrent l’ordre du temps, car un seul des trois a été présent à presque toute ma vie publique : Matthieu, et il ne l’a mise par écrit que quinze ans plus tard. Quant aux autres, ils l’ont fait encore plus tard, et après en avoir entendu le récit de ma Mère, de Pierre, ainsi que des autres apôtres et disciples.
Je veux vous guider pour réunir les faits des trois ans, année par année.
Et maintenant, vois et écris : cet épisode suit celui de mercredi (20 septembre 1944).” (Valtorta, 468.1)

Par ailleurs, Jésus précise que “l’amour avait obtenu [à Jean] le moyen de le comprendre plus que tout autre.” (ref)

Pierre demande souvent à Jean d’interroger Jésus, car il ne lui refuse rien. (Valtorta, 459.7)

L’Église orthodoxe est formelle

L’Église orthodoxe, très attachée à la connaissance de l’église primitive, a toujours affirmé que le quatrième évangile a été rédigé par l’apôtre Jean.

Le calendrier catholique est formel

L’apôtre Saint Jean est inscrit au calendrier et il est vénéré comme le saint patron des théologiens et des imprimeurs.

Conclusion : Pourquoi s’attaquer à Saint Jean ?

Une dynamique d’inversion

“On veut faire de la nuit le jour.” (Job 17, 12)

Nous le savons, le satanisme c’est l’inversion. Ainsi, de la même manière que Judas considérait Jean comme un “garçon imbécile” (Valtorta, 567.12), les théologiens modernistes font passer l’apôtre Jean pour son contraire : ils le voient comme un piètre incapable, alors qu’il est le plus accompli de tous.

Jésus : “Jean était le soleil du groupe des apôtres” (Valtorta, Les Cahiers, 2 janvier 1944).

Jésus parlant de l’apôtre Jean : “c’est un aigle. Il est le plus fort de tous les apôtres, car il a compris le secret de la force, de la formation spirituelle : la méditation d’amour.” (Valtorta, 247.6)

Jésus : “en personne ma pensée ne s’imprime comme en mon Jean” (Valtorta, 540.1)

Jésus : “Jean est mon préféré ? Oui, mais justement, ne me ressemble-t-il pas en cela aussi ? Il est pur, aimant, obéissant, mais humble aussi. Je me mirais en lui et en lui je voyais mes vertus. C’est pourquoi je l’aimais comme un second moi-même. Je voyais sur lui le regard du Père qui le reconnaissait pour un petit Christ. Et ma Mère me disait : “En lui, j’ai le sentiment d’avoir un second fils. Il me semble te voir, toi, reproduit en lui qui n’est qu’un homme.”
Ah ! Comme la Pleine de Sagesse t’a bien connu, mon bien-aimé ! Les deux azurs de vos cœurs d’une pureté parfaite se sont unis en un voile unique pour me faire une protection d’amour et sont devenus un seul amour, avant même que je donne ma Mère à Jean et Jean à ma Mère. Ils s’étaient aimés parce qu’ils s’étaient reconnus semblables : enfants et frères du Père et du Fils.” (Valtorta, 49.11)

Diviser : infliger à Jésus sa dernière blessure

Au terme de sa troisième année publique, Jésus se confie à Jean en ces termes : “bientôt je vais aller à la mort et ma Mère restera seule. Je mourrai avec une goutte de douceur, dans mon océan de douleur, si je vois en toi un “fils” pour ma Mère […] Jean, tu es notre paix, et tu le seras encore à ce moment-là. Ne crains rien, Jean. Ton amour fera tout.” (Valtorta, 540.3)

En cherchant à séparer Jean de la Mère du Christ et en voulant confier Marie à un fantôme imaginaire, ces spéculateurs tentent – espérons inconsciemment – d’arracher cette ultime goutte de douceur au Christ et de le plonger dans une douleur complète.

On voit ici la marque du diviseur.

Martyriser

En cherchant à piétiner Jean, l’apôtre de l’Amour, ces spéculateurs – espérons inconsciemment – martyrisent le seul à ne pas être mort martyr.

Il est encore intéressant de noter que les franc-maçons – un satanisme niant la divinité de Jésus et son enseignement – n’utilisent que l’évangile de Jean dans leur rituel.