Les Saints

Deux types de Saints

Il y a :

  1. Les saints anges : créés par Dieu purs esprits, avant les humains ; restés fidèles à Dieu, contrairement aux anges déchus, damnés pour l’éternité et devenus démons. Il y a différents types de saints anges répartis en hiérarchies.
  2. Les saints humains (hommes, femmes, enfants) : créés par Dieu corps et esprits, après les anges. Ce sont d’eux dont nous allons parler ici.

Qu’est-ce qu’un(e) Saint(e) ?

Un Saint est une personne qui, ayant librement choisi de vivre uni au Christ et de se laisser sauver par sa miséricorde, le rejoint directement au Ciel à son décès. Elle ne passe pas par le purgatoire, parce qu’elle n’a, dans sa vie quotidienne, “que des fautes involontaires et vénielles” (Valtorta, 300.4).

Au fil des siècles, l’Église a proclamé Saintes des personnes dont nous sommes certains qu’elles sont allées directement au Ciel, sans passer par le purgatoire, en raison de leur vie et des miracles qui ont été obtenus par leur intercession après leur mort, attestant ainsi de leur union à Lui.

Mais ces Saints “reconnus” ne constituent que la fine pointe de l’iceberg ; les autres étant anonymes.

À ce sujet, Jésus nous dit que les personnes sauvées (non damnées) devront “subir une purification après la vie, quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent” (Valtorta, 524.9). Cela veut aussi dire, que sur l’ensemble des personnes sauvées (non damnées), environ une sur cent va directement au Ciel et, donc, est Sainte.

Dès lors, choisir la sainteté c’est “être généreux avec son âme !” (Valtorta, 363.6)

“Le Seigneur parla à Moïse et dit : ‘Parle à toute l’assemblée des fils d’Israël. Tu leur diras : Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint. […]’” (Lv 19, 1-2)

Jésus : “Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait.” (Mt 5, 48)

Cette perfection ne doit pas tant être comprise au sens d’impeccabilité (du latin impeccabilis, “sans péché”), que d’accomplissement.

Sainte Thérèse de Lisieux : “Dieu ne m’inspirerait jamais de désirs qui ne peuvent être réalisés; ainsi malgré ma petitesse, je puis espérer être un saint.”

Pourquoi les Saints ?

Les Saints sont des monuments qui disent les merveilles de Dieu.

Révélation privée :

Jésus : “toute victoire de l’homme qui se divinise dans le Bien et se perfectionne pour appartenir à Dieu, qui est Perfection, est un monument élevé au saint Nom de Dieu. Tout homme qui devient saint est un monument élevé à la bienveillance, à la puissance et à la souveraineté de Dieu. C’est un monument qui, une fois de plus, dit aux peuples les merveilles de Dieu, afin qu’ils sachent qu’il est le Puissant et qu’il n’en est pas de plus grand au-dessus de lui.” (Valtorta, Les Cahiers, 30 mai 1944)

Comment devenir Saint(e) ?

Tous les baptisés – quel que soit leur état de vie – partagent deux vocations communes : la sainteté et l’évangélisation.

La sainteté n’est donc pas réservée aux religieux ou à une poignée de personnes prédestinées. Elle devrait être l’objectif de tous, car mieux vaut la choisir dès maintenant que de nous imposer les dures souffrances du purgatoire (sans même parler de l’horreur de l’enfer).

Jésus informe et nous questionne : “N’est-il pas préférable de souffrir ici, plutôt qu’au purgatoire ? Pensez ! le temps y est multiplié par mille !” (Valorta, 83.2)

Mais alors comment devenir Saint(e) ?

Jésus nous donne plusieurs clés :

Se conformer à la volonté de Dieu

Se laisser façonner comme l’argile dans les mains du potier.

Sainte Thérèse de Lisieux : “La sainteté consiste simplement à faire la volonté de Dieu et à être exactement ce que Dieu veut que nous soyons.”

Marthe Robin : “Être où Dieu nous veut, y faire ce que Dieu veut, c’est toute la sainteté.”

Être comme des enfants

À rebours de son époque qui considérait les enfants comme des inférieurs, Jésus les prend en modèles : “Amen, je vous le dis : si vous ne changez pas pour devenir comme les enfants, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. Mais celui qui se fera petit comme cet enfant, celui-là est le plus grand dans le royaume des Cieux.” (Mt 18, 3-4)

Il s’agit ici de renaître spirituellement d’en haut (Jn 3, 3), de “recréer son âme” et de retrouver la pureté de son enfance. “Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.” (Mt 5, 8)

Vivre sous le regard omniscient de Dieu

Garder à la conscience que Dieu voit tout ce que nous faisons, nous permet d’éviter bien des égarements.

Un jeune homme s’adresse à Jésus. Il lui partage son désir de “savoir exactement ce qu’il est nécessaire de faire et ce que l’on doit éviter” pour le suivre, mais également ses inquiétudes quant à l’impossibilité de devenir “parfait”.

Jésus lui répond que si Dieu, qui connaît les capacités des hommes, nous invite à venir à Lui et à devenir parfait, c’est que cela est possible. Puis, il lui rappelle que Dieu ordonna à Abraham “de marcher en sa présence, car celui qui marche dans sa vie, convaincu de le faire sous le regard de Dieu, n’accomplit pas de mauvaises actions. En conséquence, il se met en condition de pouvoir devenir parfait comme Dieu l’invite à le faire.” (Valtorta, 514.3)

Se tourner vers la miséricorde de Dieu

“[Le Seigneur] sait de quoi nous sommes pétris, il se souvient que nous sommes poussière” (Ps 102, 14). Il connaît nos faiblesses et les assauts de satan pour nous arracher à la vie éternelle. Dès lors, Dieu pardonne avec joie à celui qui se repent, comme nous le voyons dans la parabole du fils prodigue. “C’est ainsi qu’il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion.” (Lc 15, 7)

“Tous les Saints n’ont pas bien commencé, mais tous ont bien terminé.” (Saint Curé d’Ars)

→ Lire notre article sur le péché et la réconciliation

Ne rien faire sans Jésus

Jésus nous dit que, sans Lui, nous ne pouvons rien faire (Jn 15, 5). Dès lors, cherchons à accomplir chacun de nos choix, à réaliser chacune de nos actions, à prononcer chacune de nos paroles avec Jésus, le Saint par excellence, afin d’être Saint comme Lui, devenir un autre Christ (alter Christi) et constater, comme Saint Paul, que si “je vis, ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi” (Ga 2, 20).

Jésus nous fortifie en nous donnant la grâce de sa bénédiction, mais c’est à nous d’accomplir seulement des œuvres saintes (elles constituent nos mérites) pour avoir le Ciel (Valtorta, 363.5).

→ Pour l’application concrète, lire notre article “Il n’est pas difficile de suivre Jésus”

Lutter et persévérer

Révélation privée :

Jésus : “Ce n’est pas parce que je vous ai appelés que vous serez saints : c’est parce que vous le serez devenus après mon appel. La sainteté est une construction que chacun élève par lui‑même. La Sagesse peut en indiquer la méthode et le plan, mais c’est à vous que le travail matériel revient.” (Valtorta, 366.3)

Les âmes victimes

Beaucoup de Saints et de mystiques sont des âmes victimes. Paratonnerres de l’humanité, ces personnes prennent sur elles la justice divine pour tous et endurent des souffrances surhumaines avec l’aide de Dieu. Il s’agit du plus haut degré de sainteté.

La première des âmes victimes est Jésus Christ lui-même, qui prend sur lui les péchés du monde.

→ Lire notre page consacrée aux âmes victimes

Combat spirituel

Jésus à ses apôtres : “Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : un serviteur n’est pas plus grand que son maître. Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi.” (Jn 15, 20)

Les Saints participent grandement à la conversion des pécheurs. Or, le diable ne saurait observer impassiblement ses proies lui échapper. Ainsi, plus une personne ou une œuvre porte du bon fruit, plus elle est combattue. Cela explique pourquoi quasiment tous les saints furent et sont persécutés (de leur vivant et parfois après leur mort), très fréquemment par des membres appartenant à leur hiérarchie ecclésiale.

Exemples :

  • Saint François d’Assise (1181 ou 1182-1226) fut exclu de l’Ordre des Franciscains dont il était le fondateur.
  • Des membres du clergé montèrent 70 chefs d’accusation contre Jeanne d’Arc (1412-1431) et la condamnèrent au bûcher (à l’âge de 19 ans !) comme “hérétique et relapse“. Or, elle sera canonisée cinq siècles plus tard et nommée par Pie XI, en 1922, sainte patronne secondaire de la France. La première sainte patronne de la France étant la Vierge. L’effigie de Jeanne d’Arc se trouve désormais dans presque toutes les églises de France et figure dans le Catéchisme de l’Église catholique (CEC, La grâce, 2005).
  • Philippe Néri (1515-1595), prêtre fondateur de la congrégation de l’Oratoire, fut accusé de folie et persécuté. Il répondit à ces attaques par la joie et l’obéissance à l’Église. Il sera béatifié en 1615 et canonisé en 1622.
  • Jean de la Croix (1542-1591), prêtre carme, fut exclu de son ordre monastique, mis au cachot, privé de Bible, humilié, fouetté, insulté, diffamé, excommunié par ses frères. Gravement malade et mourant, il sera interdit de visites. Très vite réhabilité pour sa sainteté et ses écrits magistraux, il sera béatifié en 1675, canonisé en 1726 et déclaré Docteur de l’Église en 1926.
  • Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690), sœur visitandine et mystique, fut persécutée (surtout après le départ de son confesseur, le père Claude La Colombière, pour l’Angleterre en 1675) en raison des apparitions de Jésus lui révélant son Sacré Coeur : ses sœurs de religion l’accusèrent d’être illuminée, folle ou possédée, sa supérieure la malmèna et l’humilia. À l’ouverture de son tombeau, on constata que son cerveau avait résisté à la corruption, 174 années après sa mort. Elle sera béatifiée en 1864 et canonisée en 1920.
  • Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), prêtre et fondateur de la Compagnie de Marie (congrégation des Pères montfortains) et de la congrégation des Filles de la sagesse, il est connu pour sa grande dévotion à la Vierge Marie et son infatigable apostolat dans les campagnes de l’Ouest de la France. Bien que très aimé des malades et des pauvres, il s’attira l’inimitié de certains prêtres pour son comportement jugé excentrique et fut écarté de sa charge d’aumônier de l’hôpital de Poitiers. Mgr de la Poype lui interdisit de prêcher dans le diocèse de Poitiers et Mgr de Beauvau lui interdisit de prêcher et de célébrer la messe dans le diocèse de Nantes. Pourtant, c’est bien le père de Montfort qui sera béatifié en 1888 et canonisé en 1947, et non ses détracteurs haut placés.
  • Jeanne Jugan (1792 – 1879), religieuse sous le nom de sœur Marie de la Croix et fondatrice des Petites Sœurs des Pauvres, fut rapidement démise de ses responsabilités par l’abbé Auguste Le Pailleur qui se fit passer pour le fondateur de la congrégation. Sœur Marie de la Croix accepta cette injustice et humiliation pendant 27 ans, jusqu’à son décès. Elle fut béatifiée en 1982 et canonisée en 2009. Aujourd’hui les Petites Sœurs des pauvres sont présentes partout dans le monde avec 2500 maisons.
  • Jean Bosco (1815-1888), prêtre et fondateur de la congrégation des salésiens, fut expulsé à maintes reprises avec les jeunes désœuvrés dont il s’occupait. Il fut interdit de donner le sacrement de réconciliation. Deux chanoines, Don Nasi et Don Alsoneti, tentèrent de le faire interner dans un asile psychiatrique. Il sera béatifié en 2 juin 1929 et canonisé en 1934.
  • Marcel Van (1928-1959) persécuté par l’aumônier de sa jeunesse en raison de sa piété, puis chassé du séminaire. Considéré comme apôtre de l’amour aux côtés de Sainte Thérèse de Lisieux, sa cause de béatification fut ouverte en 1997.
  • Bien d’autres exemples pourraient être mentionnés : Hildegarde de Bigen (devenue docteur de l’Église), Thérèse d’Avila (1515-1582 ; l’Inquisition la bloque, l’assigne à résidence et cherche à détruire la totalité de ses écrits, puis elle est béatifiée en 1614, canonisée en 1622 et déclarée Docteur de l’Église en 1970, première femme à recevoir ce titre), Pauline Jaricot (1799-1862 ; fondatrice des Œuvres Pontificales Missionnaires, moquée et oubliée en raison de sa vie mystique, puis béatifiée en 2022), Luisa Piccarreta (1865-1947 ; mystique italienne de la divine volonté, mise à l’Index, classée dans les Archives secrètes du Saint-Office, puis réhabilitée), Madeleine Aumont (1924-2016 ; la voyante de Dozulé), etc.

Après cette phase de persécution, vient la reconnaissance. (Parfois longtemps après.)

La reconnaissance officielle

Les quatre titres de distinction

L’Église accorde quatre titres de distinction successifs pour reconnaître publiquement la sainteté d’un fidèle catholique :

  • Serviteur de Dieu
  • Vénérable
  • Bienheureux (béatification)
  • Saint (canonisation)

Cette procédure de reconnaissance transite par, au moins, huit instances décisionnelles différentes avant d’aboutir à une béatification, puis à une canonisation.

La phase diocésaine

La cause en béatification est introduite par l’évêque du lieu où la personne a vécu la majeure partie de sa vie d’adulte. L’évêque doit attendre au moins cinq ans après la mort de la personne pour initier la procédure, afin que la décision ne soit pas influencée par l’émotion (cf. l’article 9a des Novæ leges pro causis sanctorum, Normes pour la cause des saints). Seul le pape peut faire exception à cette règle.

À partir de ce moment, “le fidèle catholique dont a été entreprise une cause de béatification et de canonisation est appelé serviteur de Dieu” (cf. l’article 4 § 2 de l’instruction Sanctorum Mater de la Congrégation pour les causes des saints).

Passé ce délai de cinq années, l’évêque constitue une commission canonique composée d’historiens et de théologiens qui devra produire une étude critique des écrits et recueillir les témoignages favorables et défavorables. Ce travail dure généralement de un à cinq ans.

La phase romaine

Si la commission canonique conclut son enquête favorablement, l’évêque clôt la phase diocésaine et transmet l’ensemble des documents et des témoignages recueillis à la Congrégation pour les causes des saints, à Rome. Ces documents et témoignages y sont présentés par un postulateur représentant soit le diocèse, soit un groupe de fidèles, soit la famille religieuse à laquelle appartenait le serviteur de Dieu.

Si la Congrégation accepte le dossier, un collège de cardinaux et d’évêques se prononce sur l’héroïcité des vertus de la personne.

Si ce collège se prononce favorablement, son jugement est soumis à l’approbation du pape.

Si le pape donne son approbation, un “décret d’héroïcité des vertus” est promulgué et la personne obtient le titre de “vénérable”. Elle peut alors faire l’objet d’un “culte public” : son image peut être exposée dans les églises et les chapelles, et des prières publiques et privées peuvent demander son intercession en vue d’obtenir une guérison physique miraculeuse.

Si un miracle est obtenu par son intercession, celui-ci doit être reconnu :

  1. par une commission médicale, sur la base d’un dossier permettant d’établir avec certitude la pathologie préexistante et le caractère inexplicable de la guérison en l’état actuel de la science ;
  2. puis, par une commission de théologiens chargés de vérifier les circonstances du miracle et de s’assurer que le miracle fut obtenu par l’intercession du vénérable.

Seule la béatification d’un martyr fait exception et ne requiert pas de miracle, à la stricte condition que les meurtriers aient agi par haine de la foi (odium fidei). “Le martyr rend témoignage au Christ, […] Il rend témoignage à la vérité de la foi et de la doctrine chrétienne. Il supporte la mort par un acte de force.” (CEC 2473).

Si ces deux commissions se prononcent favorablement, alors la personne est déclarée “bienheureuse” lors d’une liturgie eucharistique solennelle, après la proclamation de l’Évangile, sans rite liturgique additionnel.

Plus tard, dans une dernière étape, la personne pourra recevoir le titre perpétuel de “saint” si une seconde guérison physique miraculeuse est validement reconnue suite à son intercession.

Si l’Église reconnaît officiellement certaines personnes saintes et nous les donne en exemple, gardons à l’esprit que l’immense majorité des saints sont et resteront anonymes sur Terre. Selon Jésus, un sauvé sur cent serait saint et, donc, va directement au Ciel à l’heure de sa mort (Valtorta, 524.9) ; lire cette page pour plus de précisions.

La communion des Saints

Jésus Christ est le seul médiateur entre Dieu et les hommes

Parce qu’il est le seul à être à la fois pleinement Dieu et pleinement homme, Jésus Christ est le “seul médiateur entre Dieu et les hommes” (1 Tm 2, 5).

Mais Dieu désire que nous coopérions à son œuvre de salut

Si Dieu avait voulu convertir tous les humains en un clin d’œil, il l’aurait fait par un simple mouvement de sa pensée. Mais, alors, il nous aurait aussitôt privé du plus beau de ses dons : le libre arbitre. Il choisit donc de passer par un peuple et des prophètes, puis des apôtres, des disciples et une Église, pour porter la Bonne Nouvelle à tous les habitants de la Terre.

Les Saints sont ceux qui, en tout temps, ont le plus admirablement répondu à cet appel à la coopération. Ils sont les amis de Dieu et le sel de la terre au cœur de l’humanité souffrante.

Révélation privée :

Jésus : “[La communion des saints] est l’union des prières et des souffrances aux mérites infinis du Christ pour les besoins des âmes [et] la première à y participer fut Marie […]” (Maria Valtorta, Les Cahiers, 12-15 mars 1944)

L’Église est le corps du Christ

Les baptisés composent les membres du corps du Christ (1 Co 12), l’Église qu’il a fondée sur Pierre.

Tout comme la vie et la destinée de l’homme ne sont pas exclusivement terrestres, l’Église du Christ n’est pas exclusivement terrestre.

Elle est composée de trois dimensions :

  • l’Église militante sur Terre ;
  • l’Église souffrante au purgatoire ;
  • et l’Église triomphante au Ciel.

Comme un même corps ne peut pas être démembré tout en restant vivant, il y a une relation et une union vivantes entre ces trois niveaux.

Les Saints sont vivants

Les Saints sont passés de la vie terrestre à la vie céleste. Ils sont avec Jésus Christ et contemplent sa gloire (Jn 17, 24). Ils sont vivants, dans la béatitude de Dieu. Souvenons-nous des paroles que Jésus, sur la croix, adressa au bon larron suite à sa conversion : “Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis.” (Lc 23, 43)

Ils sont les membres de l’Église triomphante.

Ainsi, dans le livre de l’Apocalypse, Jean affirme voir “une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main.” (Ap 7, 9).

La coopération à l’œuvre de salut de Dieu se poursuit au Ciel

Les Saints qui vivent dans la béatitude de Dieu poursuivent leur coopération pour le salut pour les humains sur Terre, afin que tous puissent rejoindre leur vraie patrie : l’Église triomphante.

Ainsi, si les trois niveaux du corps du Christ sont unis, rien ne nous interdit de demander à nos frères et sœurs chrétiens – ici, mais aussi là-haut – de prier avec nous et pour nous. Bien au contraire. En effet, parce que “la supplication du juste agit avec beaucoup de force” (Jc 5, 16), l’intercession nos frères et sœurs chrétiens du Ciel, dont la sanctification est achevée, est particulièrement importante.

Les Saints, libérés de leurs propres difficultés, peuvent plus pour nous au Ciel que sur Terre.

Ainsi, après l’Ascension de son Fils, la Vierge Marie était certaine “[qu’elle ne ferait] jamais autant pour les hommes que lorsque [elle se tiendrait] en prière au pied du Trône de Dieu”, au Ciel (Valtorta, 651.9).

Révélation privée :

Vierge Marie : “Parvenez, ô chrétiens, à cet amour total. Tout ce qui est terrestre perd sa valeur. Ne regardez que Dieu. Quand vous aurez cette pauvreté de désir, qui est une richesse incommensurable, Dieu se penchera sur votre esprit pour l’instruire d’abord, pour s’en saisir ensuite, et vous monterez avec lui vers le Père, le Fils, l’Esprit Saint, pour les connaître et les aimer pendant la bienheureuse éternité, et pour posséder leurs richesses de grâces pour vos frères. On n’est jamais si actif pour ses frères que lorsqu’on n’est plus parmi eux, mais que l’on est des lumières réunies à la divine Lumière.” (Valtorta, 651.11)

Dans le livre de l’Apocalypse, Jean nous dit que les Saints du Ciel (les Vivants et les Anciens) offrent à Jésus Christ (l’Agneau) “les prières des Saints [de la Terre]” :

“Quand l’Agneau eut pris le Livre, les quatre Vivants et les vingt-quatre Anciens se jetèrent à ses pieds. Ils tenaient chacun une cithare et des coupes d’or pleines de parfums qui sont les prières des saints.” (Ap 5, 8)

Voici un échange instructif entre Marie de Kérioth, la mère de Judas, Simon-Pierre et Jésus au sujet de la coopération des Saints au salut des âmes :

Révélation privée :

La mère de Judas, qui vit dans une angoisse continuelle, demande À Jésus :
“si [une personne] ne réussit pas malgré son désir [à arracher l’un de ses proches à Satan] ? Quel sera son sort ?
– Celui que son âme mérite par sa bonté.
– Le Ciel ? Mais, Seigneur, une femme, une sœur ou une mère qui… qui ne parvient pas à sauver ceux qu’elle aime et qui les voit damnés, pourrait-elle obtenir le Paradis, même en étant au Paradis ? Ne crois-tu pas qu’elle ne connaîtra jamais la joie puisque… la chair de sa chair, le sang de son sang auront mérité la condamnation éternelle ? Moi, je pense qu’elle ne pourra pas être heureuse en voyant celui qu’elle aime en proie à une peine atroce…
– Tu es dans l’erreur, Marie. La vue de Dieu, la possession de Dieu sont les sources d’une béatitude tellement infinie qu’il ne subsiste aucune peine pour les bienheureux. Actifs et attentifs à aider les hommes qui peuvent encore être sauvés, ils ne souffrent plus pour ceux qui sont séparés de Dieu, et séparés d’eux-mêmes qui sont en Dieu. La communion des saints existe pour les saints.
– Mais s’ils aident ceux qui peuvent être encore sauvés, c’est signe que ces derniers ne le sont pas encore, objecte Pierre.
– Mais ils ont la volonté, au moins passive, de l’être. Ceux qui sont saints en Dieu aident même dans les besoins matériels pour faire passer ceux qui n’ont qu’une volonté passive à une volonté active. Me comprends-tu ?
– Oui et non. Voici un exemple : si, moi, j’étais au Ciel et si je voyais, supposons, un mouvement fugitif de bonté chez… Éli le pharisien, admettons, que ferais-je ?
– Tu te servirais de tous les moyens pour accroître ses bons mouvements.
– Et si ça ne servait à rien ? Ensuite ?
– Ensuite, quand lui serait damné, tu t’en désintéresserais.
– Et si, comme il l’est maintenant, il était tout à fait digne de damnation, mais m’était cher – ce qui n’arrivera jamais –, que devrais-je faire ?
– Sache avant tout que tu risques de te damner en disant qu’il ne t’est pas cher et qu’il ne le sera jamais. Ensuite, sache que si tu étais au Ciel, absolument uni à la Charité, tu prierais pour lui, pour son salut, jusqu’au moment de son jugement. Il y aura des âmes sauvées au dernier moment après une vie de prière pour elles.” (Valtorta, 376.5)

La communion des saints communique aux âmes luttant sur terre la Vie dont elle est comblée du fait qu’elle ne fait qu’un avec le Christ. Par elle, des forces surnaturelles nous sont infusées pour sortir du péché.

Révélation privée :

Jésus Christ : “Mais la faiblesse de l’homme est si grande que, de lui‑même, il ne saurait comprendre et agir, ni se repentir et se sauver. Plus l’homme est faible – car, pour l’âme, le péché est une faiblesse, une faiblesse qui augmente dans la mesure où le péché est plus grave ou plus fréquent et répété, et il parvient à tuer les forces de l’âme comme par consomption –, moins il est apte à comprendre, à agir, à se repentir et à se sauver. C’est alors que, par la communion des saints, des forces surnaturelles lui sont infusées, qui l’en rendent capables.
Elihu dit : “S’il se trouve près de lui un ange qui parle en sa faveur, Dieu aura pitié de lui.” (Jb 33, 23‑26) Au temps de Job, le ciel était uniquement peuplé d’anges. Les justes attendaient le Christ dans le séjour des limbes pour devenir citoyens des cieux. Mais maintenant, les processions des saints du ciel et de la terre se joignent aux anges.
Quelle douce chaîne unit et enserre, entre ses mailles faites de l’or de la charité, la terre et le ciel, les saints du ciel et les justes de la terre, pour entourer les pauvres de la terre d’une étreinte dont le fruit consiste en aide et en salut ! Je parle des vrais pauvres, de ceux qui sont privés de grâce ou en ont bien peu.
Cette sublime communion des âmes “vivantes” de la terre et du ciel est trop peu connue dans toute sa vérité. Ses buts sont de communiquer à leurs pauvres frères malades, mourants, et parfois déjà morts, la Vie dont elles sont comblées, puisqu’elles ne font qu’un avec moi, qui suis la Vie. Des prières pour obtenir une patience encore plus longanime de Dieu ou des éclairs, non de punition, mais d’amour qui convertissent les pécheurs à l’instar de Saul sur le chemin de Damas (Ac 9, 1‑6) ; et aussi des offrandes pour eux, des actes bénis d’immolation secrète et jamais suffisante qui se déversent tels des fleuves imposants dans les bassins des grâces célestes ; plus on en extrait des trésors, plus ces bassins en débordent, car chaque juste qui vit et chaque saint qui s’élève alimentent cet océan initialement formé de mon Sang, auquel j’associe vos larmes et vos mérites, car vous ne “faites qu’un avec moi” pour sauver comme pour aimer, pour souffrir comme pour vous réjouir.” (Maria Valtorta, Les Cahiers, 4 août 1944)

Nous chantons la litanie des Saints à la célébration de Pâques, lors des baptêmes d’adultes :

La Vierge Marie, première de tous les Saints

Elle est celle que Dieu a choisi pour s’incarner. Elle est celle qui connaît le plus intimement Jésus. Elle est la reine du Ciel (Ap 12).

La Vierge Marie sait qu’elle est sauvée et qu’elle vivra dans la béatitude de Dieu pour l’éternité, mais également que le monde entier la connaîtra pour son élection. C’est ce qu’elle proclame dans son cantique : “Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !” (Lc 1, 46-49)

→ Découvrir la Vierge Marie

L’Église catholique, comme autorité enseignante, continue d’expliciter la Révélation au fil des siècles

Jésus a donné l’Esprit Saint à son Église – l’Église catholique – pour transmettre sa Parole et ses Sacrements au fil des siècles, partout sur Terre. L’unité, la stabilité et la cohérence de l’Église catholique, depuis deux mille ans, attestent de cette conduite par l’Esprit Saint.

Jésus s’adressant à l’apôtre Saint Pierre : “je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux.” (Mt 16, 18-19)

Jésus : “le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.” (Jn 14, 26)

(À l’inverse, les sectes hérétiques qui se sont détachées de l’Église catholique ont très rapidement dégénéré dans une dynamique schismatique, attestant de l’esprit du diviseur. Ainsi, les protestants ne parvinrent jamais – pas même à leurs débuts – à s’accorder sur une théologie commune et, en 500 ans, ils se sont subdivisés en plus de 40.000 branches différentes ayant chacune leur propre interprétation des Écritures et de la vie chrétienne. Il en va de même dans l’islam où la mort de son fondateur plongea aussitôt ses adeptes dans d’horribles guerres fratricides jusqu’à nos jours.)

La compréhension de la relation entre les trois niveaux du corps du Christ en général, et la communion des Saints en particulier, s’explicita au fil du temps sous la conduite de l’Esprit Saint, au sein de l’Église catholique.

Le Catéchisme de l’Église catholique (CEC) résume cette dynamique ainsi : “même si la Révélation est achevée [avec le Nouveau Testament], elle n’est pas complètement explicitée ; il restera à la foi chrétienne d’en saisir graduellement toute la portée au cours des siècles” (CEC, §66).

Or, l’Église catholique a toujours enseigné la communion et l’intercession des Saints.

Les pères de l’Église

Les écrits des grands théologiens chrétiens des premiers siècles (aussi appelés “pères et mères de l’Église”), nous apprennent qu’ils vénéraient, dès les débuts, les Saints et se confiaient à leur intercession.

Voici quelques-unes de leurs citations :

Clément d’Alexandrie : “[Le vrai chrétien] est toujours pur pour la prière. Il prie aussi dans la société des anges, comme étant déjà de rang angélique, et il ne sort jamais de leur sainte garde ; et bien qu’il prie seul, le chœur des saints se tient à ses côtés [dans la prière]” (cf. Miscellanies 7, 12 ; 208 après Jésus-Christ)

Origène : “Mais ce n’est pas seulement le souverain sacrificateur [le Christ] qui prie pour ceux qui prient sincèrement, mais aussi les anges […] ainsi que les âmes des saints qui se sont déjà endormis” (cf. Prière 11 ; 233 après Jésus-Christ)

Cyprien de Carthage : “Souvenons-nous les uns des autres dans la concorde et l’unanimité. Des deux côtés [de la mort], prions toujours les uns pour les autres. Soulageons les fardeaux et les afflictions par l’amour mutuel, afin que si l’un de nous, par la rapidité de la condescendance divine, s’en va le premier, notre amour puisse continuer en présence du Seigneur et nos prières pour nos frères et sœurs ne cessent pas dans la présence de la miséricorde du Père” (cf. Lettres 56[60]:5 ; 253 après Jésus-Christ).

“Atticus, dors en paix, en sécurité et prie avec anxiété pour nos péchés” (inscription funéraire près de Sainte-Sabine à Rome ; 300 après Jésus-Christ)

Méthode : “Et toi aussi, ô honoré et vénérable Siméon, toi le premier hôte de notre sainte religion et maître de la résurrection des fidèles, sois notre patron et notre avocat auprès de ce Dieu Sauveur, que tu as jugé digne de recevoir dans tes bras. Nous chantons avec vous nos louanges au Christ, qui a le pouvoir de vie et de mort, en disant : « Vous êtes la vraie Lumière, procédant de la vraie Lumière ; le vrai Dieu, engendré du vrai Dieu” (cf. Oraison sur Siméon et Anne 14 ; 305 après Jésus-Christ)

Cyrille de Jérusalem : “Puis [pendant la prière eucharistique] nous faisons aussi mention de ceux qui se sont déjà endormis : premièrement, les patriarches, les prophètes, les apôtres et les martyrs, afin que, par leurs prières et leurs supplications, Dieu reçoive notre demande.” (cf. Leçons catéchétiques 23, 9 ; 350 après Jésus-Christ)

Éphraïm le Syrien : “Vous, martyrs victorieux qui avez enduré les tourments avec joie pour l’amour du Dieu et Sauveur, vous qui avez une hardiesse de parole envers le Seigneur lui-même, vous les saints, intercédez pour nous qui sommes des hommes timides et pécheurs, pleins de paresse, afin que la grâce du Christ puisse venir sur nous et éclairer notre cœur à tous afin que nous puissions l’aimer.” (cf. Commentaire sur Marc ; 370 après Jésus-Christ)

Éphraïm le Syrien : “Souvenez-vous de moi, vous, héritiers de Dieu, frères du Christ ; implorez sincèrement le Sauveur pour moi, afin que je sois libéré par le Christ de celui qui me combat jour après jour.” (cf. La peur à la fin de la vie ; 370 après Jésus-Christ)

La liturgie de Saint Basile : “Par le commandement de ton Fils unique, nous communiquons avec la mémoire de tes saints… par qui les prières et les supplications ont pitié de nous tous, et délivre-nous à cause de ton saint nom.” (cf. Liturgie de Saint Basile ; 373 après Jésus-Christ)

Grégoire de Nazianze : “Puissiez-vous [Cyprian] nous regarder d’en haut avec un regard propice et guider notre parole et notre vie ; et fais paître ce troupeau sacré […] réjouissez la Sainte Trinité, devant laquelle vous vous tenez.” (cf. Oraisons 17, 24 ; 380 après Jésus-Christ)

→ Vous pouvez retrouver plus de citations des pères de l’Église au sujet de la communion et de l’intercession des Saints, en anglais, sur cette page et sur Catholic.com.

Les Saints à travers les siècles

Ressources

→ Lire sur la communion des saints en anglais, sur Catholic.com

→ Lire sur l’intercession des saints en anglais, sur Catholic.com