Mystiques catholiques

Qu’on en parle ou non, la vie chrétienne est mystique

À partir du XIXe siècle, un courant libéral, né au sein du protestantisme, va progressivement pénétrer au sein du catholicisme. Son but est de réduire l’Écriture Sainte à objet matériel qui peut être contextualisé et étudié comme tout autre écrit. Cette recherche de “sérieux”, en se plaçant sous les injonctions des sciences académiques, est peut-être dû au traumatisme de l’affaire Galilée et à la volonté de se dissocier de l’accusation de superstition.

Cette posture suscite une suspicion face au surnaturel, une mise à distance du mystique, au profit des seules œuvres de charité. Aujourd’hui, par exemple, un défunt catholique réputé pour sa pratique héroïque des vertus est beaucoup plus facilement canonisable s’il n’est connu que pour son dévouement envers les pauvres que s’il est connu pour avoir eu une vie intensément mystique.

Pourtant la Bible, en raison de son inspiration et de sa vocation divines, n’est pas un livre comme les autres. Et la vie chrétienne est, par essence, profondément mystique. L’eucharistie – source et sommet de toute vie chrétienne et célébrée – est elle-même le plus grand des miracles et il a lieu quotidiennement à chaque messe.

L’Ancien comme le Nouveau testament sont parcourus de phénomènes mystiques : la révélation des Dix Commandements écrits par le doigt de Dieu sur des tables de pierre, la montée au Ciel du prophète Élie sur un char de feu, l’Annonciation de l’ange Gabriel à la Vierge Marie, les miracles de Jésus et des apôtres… le surnaturel est à chaque page.

Et, même si le clergé en parle peu, cela n’a pas cessé depuis. Après son ascension, le Christ a envoyé l’Esprit Saint pour guider son Église. Depuis 2000 ans, des baptisés reçoivent des grâces mystiques pour aider leurs semblables à découvrir l’invisible et l’Amour de Dieu.

Manifestations

Ces manifestations surnaturelles peuvent se manifester à travers divers phénomènes surnaturels et charismes :

  • révélations privées :
    • songes,
    • dictées,
    • locutions intérieures,
    • visions,
    • prémonitions,
    • prophéties,
    • extases,
  • manifestations corporelles :
    • stigmatisation visible ou invisible (le fait de porter les cinq blessures sacrées de Jésus Christ : la couronne d’épines, un clou dans chaque main, un clou aux pieds, le coup de lance qui ouvrit son coeur par le côté ; ex : Saint François d’Assise, Saint Padre Pio),
    • transpercement ou transverbération (du latin transverberare voulant dire “transpercer”, “traverser entièrement” ; un trait enflammé transperçant le cœur pour le purifier, semblable au coup de lance qui transperça, par le côté, le cœur de Jésus Christ sur la Croix ; Sainte Thérèse d’Avila qui connut plusieurs transpercements écrira dans Le Château Intérieur : “on dirait les affres de la mort… c’est un cruel et savoureux martyre”),
    • hyperthermie (température corporelle dépassant les 48°C),
    • inédie (abstention de nourriture ou de boisson au-delà de 2 mois),
    • bilocation (capacité d’être à plusieurs endroits simultanément ; ex : sœur Yvonne-Aimée de Malestroit, Saint Padre Pio)
    • lévitation (ex : Saint Joseph de Cupertino),
  • connaissances :
    • cardiognosie (“connaissance du cœur”, faculté de lire les pensées dans les cœurs des autres),
    • xénoglossie (faculté subite de parler ou d’écrire une langue étrangère sans l’avoir apprise),
    • hiérognosie (départager les vraies reliques des fausses ; ex : bienheureuse Anne-Catherine Emmerich),
  • matérialisations,
  • guérisons miraculeuses,
  • communions surnaturelles,
  • lacrimation (du latin lacrimare voulant dire “larmoyer” ; il s’agit de statues pleurant des larmes humaines ou du sang humain ; ex : 58 lacrimations de la Vierge à Syracuse, en Sicile, en 1953, officiellement reconnues par le cardinal Ernesto Ruffini, puis par le pape Pie XII le 17 octobre 1954 ; 101 lacrimations de la statue de Notre Dame de tous les peuples, à Akita, au Japon, entre 1975 et 1981, officiellement reconnues par Mgr John Shojiro Ito),
  • ressusciter des morts (une centaine de Saints thaumaturges, cf. Alain Mius, Quand les Saints ressuscitent les morts !, Éditions Resiac, 29 septembre 2014, 120 pages),
  • etc.

Beaucoup de ces mystiques sont des âmes victimes. Paratonnerres de l’humanité, elles prennent sur elles la justice divine pour tous et endurent des souffrances surhumaines avec l’aide de Dieu. Il s’agit du plus haut degré de sainteté.

Riche de sa longue expérience du surnaturel, l’Église catholique a établi plusieurs critères – 5 pour être précis – pour discerner l’authenticité d’un charisme. Retrouvez ces critères ici.

Exemples de mystiques

Parce qu’il existe de très nombreux mystiques catholiques dans l’histoire de l’Église, nous recommandons de prioriser les mystiques récents les plus sûrs (car les révélations privées qu’elles reçoivent le sont pour un temps donné).

Parce qu’il existe de très nombreuses révélations privées, nous nous concentrons sur les plus grandes et les plus solides d’entre elles.

Ces écrits sont si riches et abondants qu’une vie entière ne suffirait pas.

Sainte Marguerite-Marie Alacoque (XVIIe siècle, France)

Grand apport : Sacré Cœur de Jésus et Amour de Dieu

Sœur Josefa Menendez

Ouvrage : Un Appel à l’Amour

Sœur Faustine Kowalska (XXe siècle, Pologne)

Grand apport : Miséricorde de Dieu

Ouvrage : Le Petit journal

→ Lire notre présentation générale de Faustine Kowalska

Maria Valtorta (XXe siècle, Italie)

Ouvrage : Le Poème de l’Homme-Dieu & autres écrits

Grand apport : Incarnation de Dieu

→ Lire notre présentation générale de Maria Valtorta

→ Lire tous nos articles concernant Maria Valtorta

Gabrielle Bossis (XIX et XXe siècle, France)

Ouvrage : LUI et moi

Gabrielle Bossis (1874-1950) est une mystique catholique française. Jésus lui parle du 22 août 1936 jusqu’au mois de mai 1950. Elle transcrit ces dialogues sur 13 cahiers. Ils seront publiés anonymement de son vivant avec imprimatur et nihil obstat, puis sous nom après son décès.

Alice Lenczewska (XX et XXIe siècle, Pologne)

Ouvrage : Journal spirituel

Mais aussi :

Révélations privées

Approximations

En périphérie de leur mission principale, les révélations privées transmises par les mystiques peuvent contenir des approximations. Ce ne sont pas des erreurs volontaires, mais des perceptions subjectives, une réalité vue avec le cœur, l’éducation, le vécu et la tradition de la personne. Ce halo est observé, par exemple, chez Thérèse Neumann qui a réellement vu la Passion au point de parler araméen. Mais sa fonction était de témoigner, et non d’écrire (elle n’a rien écrit). Ainsi, influencée par la liturgie traditionnelle qui représente les mages à la crèche, elle place l’adoration des mages avant la présentation de Jésus au Temple, ce qui est historiquement incorrect, puisque les mages ont enclenché la fuite en Égypte.

Il revient au Magistère de l’Église, exercé par ses dicastères et les théologiens qui les assistent, de réguler le contenu de révélations privées transmis par les mystiques, au cours d’enquêtes.

Combat spirituel

Les Saints participent grandement à la conversion des pécheurs. Or, le diable ne saurait observer impassiblement ses proies lui échapper. Ainsi, plus une personne ou une œuvre porte du bon fruit, plus elle est combattue. Cela explique pourquoi quasiment tous les Saints furent et sont persécutés (de leur vivant et parfois après leur mort), très fréquemment par des membres appartenant à leur hiérarchie ecclésiale.

Exemples :

  • Hildegarde de Bingen (1098-1179) : Après son décès son décès, les pèlerins affluaient en masse sur sa tombe où ils étaient gratifiés de très nombreux miracles. L’évêque du lieu (qui n’appréciait guère la Sainte qui n’avait jamais hésité à le remettre à sa place), demanda alors Hildegarde de cesser tout miracle. Ce qu’elle fit. Les clercs détruisirent ensuite toutes les demandes de procès en canonisation et la plongèrent dans l’oubli. Malgré ces entraves, l’Église catholique local la proclamera bienheureuse dès le XIIe siècle. Il faudra toutefois attendre l’année 2012 pour que le pape Benoît XVI étende son culte à l’Église universelle en la canonisant et la proclamant Docteur de l’Église.
  • Saint François d’Assise (1181 ou 1182-1226) fut exclu de l’Ordre des Franciscains dont il était le fondateur.
  • Des membres du clergé montèrent 70 chefs d’accusation contre Jeanne d’Arc (1412-1431) et la condamnèrent au bûcher (à l’âge de 19 ans !) comme “hérétique et relapse“. Or, elle sera canonisée cinq siècles plus tard et nommée par Pie XI, en 1922, sainte patronne secondaire de la France. La première sainte patronne de la France étant la Vierge. L’effigie de Jeanne d’Arc se trouve désormais dans presque toutes les églises de France et figure dans le Catéchisme de l’Église catholique (CEC, La grâce, 2005).
  • Philippe Néri (1515-1595), prêtre fondateur de la congrégation de l’Oratoire, fut accusé de folie et persécuté. Il répondit à ces attaques par la joie et l’obéissance à l’Église. Il sera béatifié en 1615 et canonisé en 1622.
  • Jean de la Croix (1542-1591), prêtre carme, fut exclu de son ordre monastique, mis au cachot, privé de Bible, humilié, fouetté, insulté, diffamé, excommunié par ses frères. Gravement malade et mourant, il sera interdit de visites. Très vite réhabilité pour sa sainteté et ses écrits magistraux, il sera béatifié en 1675, canonisé en 1726 et déclaré Docteur de l’Église en 1926.
  • Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690), sœur visitandine et mystique, fut persécutée (surtout après le départ de son confesseur, le père Claude La Colombière, pour l’Angleterre en 1675) en raison des apparitions de Jésus lui révélant son Sacré Coeur : ses sœurs de religion l’accusèrent d’être illuminée, folle ou possédée, sa supérieure la malmena et l’humilia. À l’ouverture de son tombeau, on constata que son cerveau avait résisté à la corruption, 174 années après sa mort. Elle sera béatifiée en 1864 et canonisée en 1920.
  • Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716), prêtre et fondateur de la Compagnie de Marie (congrégation des Pères montfortains) et de la congrégation des Filles de la sagesse, il est connu pour sa grande dévotion à la Vierge Marie et son infatigable apostolat dans les campagnes de l’Ouest de la France. Bien que très aimé des malades et des pauvres, il s’attira l’inimitié de certains prêtres pour son comportement jugé excentrique et fut écarté de sa charge d’aumônier de l’hôpital de Poitiers. Mgr de la Poype lui interdisit de prêcher dans le diocèse de Poitiers et Mgr de Beauvau lui interdisit de prêcher et de célébrer la messe dans le diocèse de Nantes. Pourtant, c’est bien le père de Montfort qui sera béatifié en 1888 et canonisé en 1947, et non ses détracteurs haut placés.
  • Jeanne Jugan (1792 – 1879), religieuse sous le nom de sœur Marie de la Croix et fondatrice des Petites Sœurs des Pauvres, fut rapidement démise de ses responsabilités par l’abbé Auguste Le Pailleur qui se fit passer pour le fondateur de la congrégation. Sœur Marie de la Croix accepta cette injustice et humiliation pendant 27 ans, jusqu’à son décès. Elle fut béatifiée en 1982 et canonisée en 2009. Aujourd’hui les Petites Sœurs des pauvres sont présentes partout dans le monde avec 2500 maisons.
  • Jean Bosco (1815-1888), prêtre et fondateur de la congrégation des salésiens, fut expulsé à maintes reprises avec les jeunes désœuvrés dont il s’occupait. Il fut interdit de donner le sacrement de réconciliation. Deux chanoines, Don Nasi et Don Alsoneti, tentèrent de le faire interner dans un asile psychiatrique. Il sera béatifié en 2 juin 1929 et canonisé en 1934.
  • Marcel Van (1928-1959) persécuté par l’aumônier de sa jeunesse en raison de sa piété, puis chassé du séminaire. Considéré comme apôtre de l’amour aux côtés de Sainte Thérèse de Lisieux, sa cause de béatification fut ouverte en 1997.
  • Bien d’autres exemples pourraient être mentionnés : Hildegarde de Bigen (devenue docteur de l’Église), Thérèse d’Avila (1515-1582 ; l’Inquisition la bloque, l’assigne à résidence et cherche à détruire la totalité de ses écrits, puis elle est béatifiée en 1614, canonisée en 1622 et déclarée Docteur de l’Église en 1970, première femme à recevoir ce titre), Pauline Jaricot (1799-1862 ; fondatrice des Œuvres Pontificales Missionnaires, moquée et oubliée en raison de sa vie mystique, puis béatifiée en 2022), Luisa Piccarreta (1865-1947 ; mystique italienne de la divine volonté, mise à l’Index, classée dans les Archives secrètes du Saint-Office, puis réhabilitée), Madeleine Aumont (1924-2016 ; la voyante de Dozulé), etc.

Les mystiques n’échappent pas à cette règle immuable.

Ainsi, encore récemment :

  • Mélanie Calvat (1831-1904) et Maximin Giraud (1835-1875), les deux petits voyants de la Salette, furent malmenés par un clergé acquis à Napoléon III, en raison du sévère secret que leur confia la Vierge. Maximin qui voulait ardemment accompagner et témoigner auprès des pèlerins venant au sanctuaire de la Salette fut éconduit par le clergé qui s’y était installé et mourut dans l’indigence à 39 ans. Le Saint-Office mit à l’Index l’apparition mariale de La Salette le 9 mai 1923. L’authenticité des messages de Notre Dame de la Salette est aujourd’hui officiellement reconnue par l’Église, même si le Secret reste peu partagé.
  • La stigmatisée bretonne Marie-Julie Jahenny (1850-1941) de La Fraudais (France) fut interdite de communion pendant onze ans et demi, jusqu’à ce que le pape intervienne en personne en 1888 pour la sortir de cette torture.
  • Les évêques portugais se montrèrent très négatifs vis-à-vis des apparitions à Fatima et les considéraient comme une supercherie. L’évêque du lieu interdit au curé de la paroisse et à ceux des environs de se rendre sur place le 13 octobre 1917 (jour du miracle annoncé à l’avance). L’Église institutionnelle refusa d’aider à la construction de la première chapelle demandée par la Vierge. L’administrateur de la localité, Artur de Oliveira Santos (un franc-maçon anticlérical), fit enlever et enfermer les trois petits voyants pour “trouble à l’ordre public” et les menaça de les plonger dans de l’huile bouillante s’ils ne lui révélaient pas le troisième secret. Consacré en 1984, le sanctuaire de Fatima constitue aujourd’hui l’un des plus grands lieux de pèlerinage mariaux au monde. Les voyants François et Jacinthe Marto furent béatifiés en 2000 et canonisés en 2017. Décédés à dix et à neuf ans, ils sont les plus jeunes bienheureux de l’Église. La cause de béatification de Lucie dos Santos – la troisième voyante – fut ouverte en 2008, trois ans après son décès.
  • Le Saint-Office mit à l’Index Le Petit journal de la mystique sœur Helena Kowalska (1905-1938), interdit la diffusion de l’image de Jésus Miséricordieux en mars 1959, et réprimanda durement le père Michel Sopoćko (1888-1975) chargé de faire connaître son œuvre et censura ses écrits. Le pape Saint Paul VI lèvera l’interdit sur son œuvre en 1978 et Helena Kowalska inspirera la deuxième encyclique du pape Saint Jean-Paul II, Dives in misericordia (Sur la Miséricorde Divine), publiée deux ans plus tard (cf. John L. Allen Jr., A saint despite Vatican reservations, National Catholic Reporter, 30.08.2002). Elle sera béatifiée en 1993 et canonisée en 2000, sous le nom de sœur Sainte Faustine. Le père Michel Sopoćko sera, quant à lui, béatifié en 2008.
  • Le Saint-Office décréta, le 1er juin 1960, la fin du procès de béatification de sœur Yvonne-Aimée de Malestroit (1901-1951), et l’interdiction de publier et de donner l’imprimatur à tout ouvrage sur elle. Or, l’évêque de Vannes, Mgr Boussard, donna l’imprimatur en 1985 à une première biographie sur cette très grande mystique (rédigée par l’abbé René Laurentin), et, en 2009, son successeur, Mgr Raymond Centène, demanda au Vatican de rouvrir l’enquête en vue de sa béatification.
  • Don Primo Mazzolari (1890-1959), prêtre et résistant italien, fut critiqué et sanctionné par certains responsables catholiques en raison de ses positions anti-fascistes, de sa proximité avec les pauvres et de son appel à une résistance chrétienne non-violente face à la guerre. Il fut notamment persécuté par le prêtre franciscain et médecin Agostino Gemelli (qui persécuta également le Padre Pio). En 1932, il fut transféré et le marginalisé dans la paroisse de Bozzolo, en Lombardie, où il passa le reste de sa vie. Ce ne fut qu’au soir de sa vie que ses qualités furent reconnues par le futur pape Paul VI et le pape Jean XXIII. En 2017, le pape François alla prier sur sa tombe. Une procédure en béatification est désormais en cours.
  • Dolindo Ruotolo (1882-1970), prêtre et mystique napolitain, fut persécuté pendant trente ans par le Saint-Office pour avoir confirmé l’authenticité des visions mystiques de Serafina Gentile, une jeune femme de Catane, qu’il avait suivi. Ses propos furent déformés et il fut accusé d’hérésie, suspendu de son ministère sacerdotal pendant deux ans et demi, soumis à un diagnostic psychiatrique (qui le confirma sain d’esprit), exclu de sa communauté, calmonié dans la presse, marginalisé comme un paria, forcé d’être exorcisé, gardé dans une sorte de prison sacerdotale du Saint-Office et exilé. Il accepta toutes ces injustices sans chercher à se défendre et en restant fidèle au jugement de l’Église. Le Padre Pio, avec qui il entretenait une correspondance, disait aux napolitains qui venaient à lui : “Pourquoi venez-vous ici alors que vous avez un saint chez vous, Don Ruotolo !”. Après son décès, l’Église le reconnut serviteur de Dieu et ouvrit son procès en béatification.
  • Le Saint-Office réprimanda le Padre Pio (1887-1968), à partir de juillet 1960. Il fut interdit, pendant plusieurs années, de dire la messe et de confesser (suspens a divinis). Or, le Padre Pio sera béatifié en 1999 et canonisé en 2002, sous le nom de Saint Pie de Pietrelcina.
  • Le Saint-Office violenta Luigia Sinapi (1916-1978), fille spirituelle du Padre Pio, jeune mystique et âme victime italienne très proche du pape Pie XII, notamment pour lui avoir annoncé son élection pontificale (que la Vierge lui révéla, deux ans à l’avance, le 12 avril 1937). Elle était haïe par de nombreux prélats de la curie romaine et du Saint-Office aux motifs qu’elle rapportait au pape leurs terribles agissements et défendait l’œuvre de Maria Valtorta. En représailles, ils la calomnièrent, la frappèrent, tentèrent de l’exorciser, de l’interner, et pire encore (cf. Valtorta, Lettere a Madre Teresa Maria, vol. 2, pp.279-283, avril 1950). Or, après cinq ans d’enquête, le 27 janvier 2025, le dicastère des Causes des Saints reconnaîtra ses vertus héroïques et qu’elle a “offert sa vie au Seigneur pour le salut des prêtres et de toutes les âmes”, et la déclarera vénérable.
  • Marthe Robin fut traînée dans la boue par le père Conrad De Meester.
  • Les voyants de Medjugorje furent durement persécutés par l’évêque du lieu. Mais, le 28 août 2024, le pape François donne son nihil obstat aux apparitions de Medjugorje (le plus haut de degré de reconnaissance possible depuis l’entrée en vigueur, 104 jours plus tôt, des nouvelles normes procédurales pour le discernement de phénomènes surnaturels) et approuve un texte reconnaissant la bonté des fruits spirituels liés à cette expérience et autorisant les fidèles à y adhérer, avec quelques précisions.

Jésus à ses apôtres : “Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : un serviteur n’est pas plus grand que son maître. Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi.” (Jn 15, 20)

Certaines personnes se sont même spécialisées dans cette persécution, y trouvant une raison de vivre et même un gagne pain. Chacun ayant ses cibles de prédilections. En France, nous pouvons mentionner, par exemple, Yves Chiron, Joachim Bouflet, Alexis Maillard, les pères Guillaume Chevallier et Dominique Auzenet. La plupart de ces personnes sont convaincues de rendre service à l’Église en agissant ainsi, se livrant corps et âme à leur rôle d’inquisiteurs auto-proclamés.

Pensons, par exemple, au père Conrad De Meester qui, animé d’une haine viscérale pour Marthe Robin, essaya pendant 20 ans de détruire sa mémoire, allant jusqu’à apprendre la graphologie dans ce but.

Ces auteurs se soutiennent mutuellement, tissant ainsi un narratif à charge homogène que les grands médias catholiques (La Croix, KTO, Famille Chrétienne…), mais également Wikipédia, accueillent avec délectation, leur assurant une diffusion maximale.

Bien sûr, les experts voient tout de suite les grosses ficelles de ces réquisitoires mensongers. Mais le public non averti (y compris les évêques, les prêtres et les fervents catholiques méconnaissant le sujet) est aisément influençable.

Exemples :

  • Le père Conrad De Meester était convaincu que Marthe Robin avait maquillé son écriture et plagié des mystiques. Il alla jusqu’à apprendre la graphologie pour démontrer sa thèse. L’argument peut impressionner. Sauf que les trois rapports qu’il rendit au sujet de Marthe Robin furent rejetés par le Vatican ; qu’il n’avait pas accès à toutes les archives diocésaines ni aux expertises graphologiques, couvertes par le secret ; et qu’une graphologue judiciaire, reconnue au niveau international, conclut à l’absence de plagiat de la part de Marthe Robin. (Cf. François de Muizon, La Vraie vie de Marthe Robin, Éditions du Saint-Léger, 2025.)
  • En juin 2023, Joachim Bouflet affirma dans l’émission de KTO L’Esprit des Lettres, du vaticaniste Jean-Marie Guénois, que les dix volumes de Maria Valtorta furent intitulés, à un certain moment, Le Cinquième évangile. Pour lui “cet intitulé dénonce exactement l’imposture”. L’argument peut impressionner. Sauf que n’importe qui connaissant le dossier sait que ces volumes n’ont jamais été intitulé ainsi, ni en italien, ni en français, ni dans aucune autre langue. Les personnes présentent sur le plateau, ignorant le sujet, ne le reprendront pas.

Vous pouvez compter sur Edifiant.fr pour défendre la vérité.